Sables - Annexe 3

De Les Mots de l'agronomie
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Cette annexe se rapporte à l'article Sables.

Différents types de sables et de terres (textures) sableuses, dans les textes de toutes époques

Dans la littérature agronomique ancienne comme dans celle plus récente, il est souvent fait mention de sables, parfois purs, mais le plus souvent associés à des quantités variables d’argile, de limons, voire de matières organiques. Ci-dessous le lecteur trouvera de nombreuses citations relatives à des terres contenant du sable. N’ont pas été retenus ici les qualificatifs « aride », « gros » ou « grossier », « fin », « léger », « stérile », « calcaire », « siliceux »…


Composition des sables

« Il y a des sables de nature fort différente selon la nature des grains qui les composent. Les uns vus au microscope paraissent des fragments de cristal ; d’autres, des fragments de silex ; d’autres sont de petits cristaux très chargés de fer ; enfin d’autres sont de petits fragments de pierres calcaires. De là il suit que la plupart des sables étant poussés au feu se vitrifient, & que quelques-uns se calcinent en chaux. Il suit aussi que plusieurs résistent à l’impression des acides, tandis que quelques-uns y cèdent, étant de nature calcaire : & ceux-ci sont des pierres réduites en petites parcelles » (Duhamel du Monceau, 1762 : 79). Au feu, les silicates « se vitrifient » tandis que les carbonates « se calcinent en chaux ».

« Le sable, dans les sols, est généralement formé de silice dont la cohésion est extrêmement forte, et de quelques traces de matières étrangères qui le colorent ». (Bixio, 1844 : 23).

« Le sable est constitué surtout par des grains de quartz provenant de l’altération et de l’usure des roches fondamentales. Il contient aussi des débris d’autres minéraux présents dans ces roches, notamment des paillettes de mica et des fragments de feldspath ». (Demolon et Leroux, 1933 : 51).

Duhamel du Monceau est un des rares auteurs à signaler que des sols sableux cultivés puissent être calcaires. C’est le cas, par exemple, des sables dunaires littoraux dans lesquels sont cultivées les célèbres carottes de Créances (bénéficiant maintenant d’une AOP).


Sables gras

En agriculture, « gras » est un des mots d’emplois les plus anciens et plus constants. C’est d’abord la sensation que donne la terre au toucher, que nous pouvons relier à la présence d’argile. C’est aussi la capacité de la terre à fournir aux plantes les aliments dont elles ont besoin – d’où vient le mot engrais, qui à l’origine désignait le fumier.

« L’espèce de terrain qui convient le mieux aux oliviers est celui dont le sous-sol est de gravier, pourvu que la couche supérieure se compose d’argile mélangée de sable. Un sol gras et sablonneux n’est pas moins bon » (Columelle, ca. 42 ap. J.C., L II et V).

« Désirez-vous faire une plantation d’oliviers dans un endroit à part, choisissez un terrain graveleux ou argileux ramolli par le sable, ou un sablon gras [pinguem sabulonem] » « [Les néfliers] viennent aussi dans les pays froids, surtout dans un sablon gras [sabulone pingui], dans un terrain graveleux mêlé de sable, ou dans une argile pierreuse. » (Palladius, Ve siècle, L. III, 18 et IV, 3).

« [L’olivier] desire terre glaireuse ou croye [argile] dissoulte par mixtion de sablon ou gras sablon ou terre bien moiste et mole par nature. » (de Crescens, [[ca. 1306] 1373] 2023, ch. 5, 18).

« En général à moins que la terre ne soit excellente ou de cette sorte de sable gras, tel que l’on en voit dans la vallée de Beaufort en Anjou, & dans quelqu’autres Pays, lequel malgré son nom de sable, est le meilleur de tous les fonds, pour le froment & autres productions. » (Turbilly, 1760 : 85).

« Le mélange de la glaise avec le sable fait ce qu’on appelle le sable gras. C’est une excellente terre pour les arbres, quand ce sable a beaucoup de fond. En général le sable gras est très fertile ; mais il est difficile à travailler, surtout quand la glaise domine. Quand ce sable très chargé de glaise est humide, il en résulte une terre poisseuse, qui se pétrit & s’attache aux outils. Quand il est sec, c’est une terre difficile à entamer. Quand le sable domine, la terre est plus aisée à travailler ; elle se durcit moins par la sécheresse, & les racines s’y étendent mieux. J’en ai lavé dans beaucoup d’eau que je versais d’un vase dans un autre. Après l’avoir laissé reposer, j’ai eu d’un côté du sable pur, & de l’autre de la glaise presque pure. C’est donc une terre formée de l’alliage de ces deux substances ». (Duhamel du Monceau, 1762 : 80).

« Les terres fortes & argileuses, ou dont la qualité est un sable gras, doivent être labourées le plus profondément qu’il est possible. » (Rozier, 1783, article Charrue).

« La carotte demande une terre profonde, substantielle, et surtout parfaitement meuble ; elle ne craint pas un sable un peu gras, s’il n’est pas pierreux » « [Mûrier] Un sable gras, mêlé de terre substantielle et fraîche, est ce qui lui convient. » « Le poirier se soutient dans les sables gras qui ont du fond » « la bonté des pommes de terre dépend autant de la nature du sol que des espèces. Toutes sont tendres, farineuses, dans un sable un peu gras » (François de Neufchâteau, dir., 1827, t. 1 : 151 ; t. 2 : 137, 358, 379).

« La luzerne préfère à toutes autres les bonnes terres franches, les sables gras, les dépôts limoneux bien égouttés et les terres argilo-sablo-marneuses. » (Leclerc-Thouin, 1835a : 515).

Sables maigres

« Maigre » est l’opposé de « gras » : dépourvu d’argile et peu fertile.

« Les terres qui ne contiennent qu’un sable maigre [sabulo macer] ou du gravier pur leur sont aussi contraires : car, quoique l’olivier n’y meure pas, il n’y pousse jamais avec vigueur. » (Columelle, ca. 42 ap. J.C., L. V).

« Rejetez absolument la terre argileuse du potier, la terre marécageuse et celle où l’eau séjourne, le sable maigre [sabulo macer] et le gravier pur ; quoique l’olivier y vienne, jamais il n’acquiert de vigueur. » (Palladius, Ve siècle, L. III, 18).

« [L’olivier] het croye [argile] de potier et terre hoilleuse et celle ou il y a tous temps humeur et maigre sablon et nue terre glaireuse et combien qu’il repreigne en telle terre, toutesvoies il n’i puet amender. » (de Crescens, [[ca. 1306] 1373] 2023, ch. 5, 18)

« [Sologne] Le sol en général est un sable maigre et pauvre, variant de quatre à huit pouces de profondeur, et reposant sur une couche argileuse imperméable à l’eau. » » (François de Neufchâteau, dir., 1827, t. 1 : 379)

« Le châtaignier réussit très bien dans les sables profonds les plus maigres » « Quelques propriétaires de terrains sableux et maigres ont essayé d’établir des haies d’ajonc marin » (Royer, 1839 : 189 et 209).

Sables de diverses couleurs

« D’un autre côté, le sable blanc dans le territoire du Tésin, le sable noir en plusieurs lieux, et le sable rouge, même mélangés avec une terre grasse, sont improductifs. » (Pline l’Ancien, ca. 70-77 ap. J.C., L. XVII).

« Le sable noir et le sable rouge sont bons, pourvu qu’ils soient mêlés de terre forte. » (Palladius, Ve siècle, L. II, 13).

« La terre argilleuse est bonne, mais la seulle argille leur est contraire. Noir sablon ou rouge est bon, ou forte terre est meslee. » (de Crescens, [[ca. 1306] 1373] 2023, ch. 4, 7)

« Quand le sable est gras & jaune, alors il se trouve bon pour le grain, & quand il est blanc & sec, bon pour les bois, & fruits sauvages » (Estienne & Liebault, 1564, f. 5r).

« Les Anémones veulent une terre légère, composée d’un tiers de sable jaune, d’un tiers de terre à potager, & d’un tiers de terreau, le tout passé à la claie. (…) La terre qu’on donne aux œillets doit être réglée sur l’espèce dont ils sont : les violets, les pourprés, les rouges, les piquetés, demandent une terre composée d’un tiers de sable noir qui se trouve dans les marais & sur le bord des ruisseaux (…) Les meilleurs fonds de terre pour les plantes potagères, sont ceux qu’on appelle sables noirs, mais ni trop secs, ni trop humides » (Alletz, 1760, t. 1 : 41 ; t. 2 : 116 & 523).

« Les terres de pur sable sont blanches, noires, bleuâtres, rouges, jaunes, plus ou moins dures les unes que les autres. Il y en a de couleur cendrée qui sont ordinairement couvertes de lande ou de bruyère, & dont on fait des pacages. » (Forbonnais, 1754 : 562).

« Du sable mouvant, pur. Il y en a de blanc, de noir, de bleuâtre, de rouge, de jaune, de rude, de doux, d’autre enfin qui n’est qu’une poussière extrêmement légère. Il y en a encore du gris, du noir, du cendré, que l’on trouve dans les communaux, & qui est le plus insipide de tous » (Mortimer, [ca. 1720] 1771 : 161).

« Une terre sablonneuse qui aurait ces mêmes qualités, fournirait de très bonnes récoltes ; le sable noir est le meilleur. » (Young, [1778] 1789 : 64).

« . Les sables blancs quartzeux, ne sont si chauds que parce qu’ils ne perdent que très lentement la chaleur qui s’y est accumulée, la grande sécheresse en est aussi la cause, car ces sables ne peuvent aucunement conserver l’humidité. » (François de Neufchâteau, dir., 1827, t. 1 : 164).


Qualificatifs divers

Sables fossiles

« Sables fossiles » désigne celui trouvé dans des sédiments sableux géologiques, par opposition à celui des rivières ou du bord de mer.

« Quiconque fait bâtir doit se connaître en chaux et en sable. Il y a trois espèces de sables fossiles [fossiliae arenae], le noir, le blanc et le rouge. (…) A défaut de sable fossile [fossilis arena], on pourra se servir de celui de rivière ou de mer. (…) Le sable fossile [fossiles arenae, au pluriel] est bon pour le ciment des murailles et pour les voûtes, à cause de sa prompte dessiccation. » (Palladius, Ve siècle, L. I, 10).

« SABLE, arène menue, gravier qui se trouve particulièrement dans les rivières : on se sert du sable de rivière pour sabler les Jardins. Il y a encore d’autres sables qu’on emploie pour le même usage, & qui sont des sables fossiles. » (Liger, 1715, t. 2 : 309).


Sables humeux (humifères ?)

« Aucun pays ne l’emporte sur la Belgique sous le rapport agricole et aucun pays ne montre mieux à quel point s’étend l’empire des qualités distinctives du sol. Autant d’espèces de terres, autant de systèmes d’organisation rurale. Dans le pays wallon, autour de Jauche, de Jodoigne, de Nivelles, des terres lourdes et compactes sont divisées en très grandes fermes ; dans le Brabant, des terres plus friables et moins pesantes en ont fait prévaloir de moyennes, et sur les sables humeux des pays de Saint-Nicolas et de Termonde n’en subsistent que de très petites. » (Passy, 1846 : 53-54).


Sables limoneux

L’adjectif « limoneux », trouvé dans la littérature, est piégeux pour un lecteur actuel : ce n’est qu’au XXe siècle que la catégorie granulométrique « limon », intermédiaire entre le sable et l’argile, a été adoptée par les [agronome, agronomie : étymologie]]agronomes ; jusque-là, le mot désignait les matériaux terreux que les rivières transportent et laissent après une inondation.

« Lorsqu’on fouilla les terres pour établir les fondements de la nouvelle Monnaie, on tira de quelques endroits, à dix-huit ou vingt pieds de profondeur, un sable gras & limonneux que je me proposai de comparer avec les autres terres composées ou pures qui faisaient la matière de mes épreuves. J’employai d’abord pour la dix-neuvième expérience ce sable limonneux seul & sans aucun mélange ; le blé y a réussi pendant les trois années ; il y était très beau, surtout en 1772, & le succès n’y était guère moins marqué l’année suivante.

XXe Expérience. Ce même sable gras avec lequel je mêlai du fumier sur le pied de 2/8 de celui-ci, & de 7/8 du premier, me servit pour la vingtième expérience; le blé y était beau & vigoureux au Printemps de 1771 ; on y voyait en Été un assez grand nombre d’épis; mais au mois de Juillet les tiges y éprouvèrent un desséchement trop prompt ; l’épi n’y mûrit qu’imparfaitement & ne donna qu’un grain glacé & retrait : il fut très beau au contraire en 1772, & le succès n’y fut pas moins frappant l’année suivante, tant par l’abondance des tiges que par la qualité du grain.

XXIe Expérience. Je rapprochai de cette expérience sur un sable gras & limonneux, qui était, selon toute apparence, un dépôt très ancien de la rivière de Seine, j’en rapprochai, dis-je, l’expérience sur une terre inculte depuis longtemps, mais qui me parut bonne par elle-même : je la pris dans un endroit du clos des Chartreux qui avait été couvert longtemps par de vieux arbres, & d’où ils avaient été arrachés depuis peu. Cette terre inculte m’avait servi en partie pour la quinzième & la dix-septième expérience dont j’ai parlé. Je l’employai seule pour la vingt-unième, & je la rendis plus comparable par-là avec la dix-neuvième, où le sable limonneux était sans aucun mélange, ou était tel au moins que je l’avais trouvé. Le blé dans cette terre inculte fut beau & vigoureux en 1771 ; plus remarquable encore par sa force & sa beauté en 1772 ; & si la touffe de blé n’y a pas été aussi fournie en 1773 qu’elle l’avait été les deux années précédentes, elle a donné néanmoins un assez grand nombre de tiges, & un grain bien nourri. » (Tillet, 1774 : 18-19).

« Le coteau renforcé couvre des vents du nord la plaine de Bordeaux composée en grande partie d’un sable limoneux du côté de la mer, & qui lui doit son existence. » (Rozier, 1781, article Agriculture).


Sablon mâle

« Le gravier donnera des veines [d’eau] médiocres et incertaines, mais d’une douceur remarquable ; le sablon mâle, le sable et le carboncle [sabulo masculus et arena et carbunculus], des veines sûres et intarissables. » (Palladius, Ve siècle, L. IX, 8).


Sables mouvants ( = purs, meubles, pouvant être déplacés par le vent ?)

« Du sable mouvant, pur. Il y en a de blanc, de noir, de bleuâtre, de rouge, de jaune, de rude, de doux, d’autre enfin qui n’est qu’une poussière extrêmement légère. Il y en a encore du gris, du noir, du cendré, que l’on trouve dans les communaux, & qui est le plus insipide de tous : les graviers sont de même nature & de même espèce » (Mortimer, [ca. 1720] 1771  : 161.

« Du Bassin des Landes de Bordeaux. (…) Tout ce bassin est visiblement un dépôt de la mer ; tantôt le terrain se trouve composé d’un sable pur & quelquefois mouvant, ce qui forme & a formé les dunes » (Rozier, 1781, article Agriculture).

« J’ai eu le plaisir, depuis lors, de voir mon opinion confirmée par une expérience faite dans le jardin de l’abbaye de Postel, située dans un sable aussi mouvant que celui du pays de Waes. (…) Cette expérience démontre évidemment, combien la situation plate et horizontale est contraire à la fertilisation d’un sol sablonneux mouvant (…) Lorsqu’on voit ces terres stériles de sable mouvant converties en un jardin toujours fertile, et cette quantité incroyable de maisons, et cette foule prodigieuse d’habitants qui ignorent la mendicité et qui sont tous plus ou moins à leur aise, on ne peut s’empêcher de rechercher avec empressement la cause de tant de prodiges ! (de Burtin, 1809 : 15 & 18).

« Sous la dénomination de mauvais terrain on comprend tantôt un sable mouvant et sec, tantôt une glaise humide, froide et tenace. » (Thaer, [1809] 1811 : 32).

« Lorsqu’on n’a pas le terrain tel qu’on le voudrait, on peut y suppléer en mêlant avec les terres trop fortes de la cendre, du sable, des gravois, du crottin de cheval, dans la proportion de deux tiers de l’un pour un de l’autre. (…) C’est le meilleur moyen qu’on puisse employer pour faire réussir des arbres de toute espèce, même dans des sables mouvants. » (François de Neufchâteau, dir., 1827, t. 1 : 418).

En ce qui concerne les « sables mouvants » au sens moderne, voir annexe 2.


Sables vifs

« Les terres, que tout le monde regarde comme mauvaises, & qui véritablement se trouvent de la moindre qualité, sont les sables vifs & brûlants, propres à faire du mortier étant mêlés avec de la chaux. Il y en a de blancs, de jaunâtres & de rouges ; ils sont généralement abandonnés comme stériles ; (…). Ces sables vifs ne poussent quelquefois rien du tout, ce sont là les moindres. » (Turbilly, 1760 : 14-15).


Textures diverses

Leclerc-Thouin, 1835b

« Mais tous les terrains dans lesquels l’argile domine sont loin d’être aussi homogènes dans leur composition que nous les avons jusqu’ici supposés ; lorsqu’ils contiennent de l’oxyde de fer en surabondance, du sable et de la chaux carbonatée en proportions plus appréciables, leurs propriétés se modifient. De là ces diverses sortes de terres auxquelles on a donné les noms d’argilo-ferrugineuses, argilo-calcaires, argilo-sableuses, argilo-ferrugino-calcaires, argilo-ferrugino-siliceuses ou sableuses, argilo-calcaro-sableuses, argilo-sablo-calcaires, etc. (…)

  1. Terres sablo-argileuses. Elles viennent naturellement se placer à côté des terres franches, dont elles ne diffèrent que parce que la proportion du sable siliceux qu’elles contiennent l’emporte sur celle de l’argile. (…)
  2. Terres quartzeuses et graveleuses. (…)
  3. Terres granitiques. — Elles sont encore à peu près dans le même cas. La décomposition du granite donne naissance à un sable argileux très aride par lui-même et assez peu susceptible d’amélioration, à moins d’amendements calcaires ou argilo-calcaires, et d’abondants engrais. (…)
  4. Les terres volcaniques (…)
  5. Terres sablo-argilo-ferrugineuses. — Elles ont deux inconvénients de plus que les terres simplement sablonneuses. — La couleur brunâtre ou violâtre qu’elles doivent à l’oxyde de fer, et qui les caractérise autant au moins que leur fâcheuse disposition à s’agglomérer en espèces de poudingues plus ou moins compactes, les rend d’un accès plus facile encore à l’excessive chaleur, et la surabondance de cet oxyde s’oppose parfois complètement à toute végétation. (…)
  6. Terres de sable de bruyères. Ces terres, que je placerais au rang des meilleures et des plus utiles en jardinage, sont, au contraire, des moins fertiles pour la grande culture. - Elles contiennent cependant, uni à un sable ordinairement très fin, à une petite quantité d’alumine et d’oxyde de fer, une quantité de terreau considérable, dû à la décomposition successive des plantes qui les recouvrent. (…)
  7. Sols de sable pur. — Ils se présentent tantôt en monticules qui bordent les rivages de la mer sous le nom de dunes ; — tantôt en masses plus ou moins régulièrement planes et mouvantes, que les vents poussent de proche en proche dans l’intérieur des terres ; — tantôt enfin en plaines dont la surface mieux abritée se couvre de quelques plantes d’une végétation chétive, qui donnent au sol un premier degré de stabilité. (…)


Dehérain, 1892

« Mais tous les terrains dans lesquels l’argile domine sont loin d’être aussi homogènes dans leur composition que nous les avons jusqu’ici supposés ; lorsqu’ils contiennent de l’oxide de fer en surabondance, du sable et de la chaux carbonatée en proportions plus appréciables, leurs propriétés se modifient. De là ces diverses sortes de terres auxquelles on a donné les noms d’argilo-ferrugineuses, argilo-calcaires, argilo-sableuses, argilo-ferrugino-calcaires, argilo-ferrugino-siliceuses ou sableuses, argilo-calcaro-sableuses, argilo-sablo-calcaires, etc. (…).

I. Terres sablo-argileuses. Elles viennent naturellement se placer à côté des terres franches, dont elles ne diffèrent que parce que la proportion du sable siliceux qu’elles contiennent l’emporte sur celle de l’argile.
En pratique, le passage des unes aux autres est inappréciable, et ce que j’ai dit des premières se rapporte encore aux secondes. Tant que le sable ne domine que faiblement, le mélange change à peine d’aspect ; mais, à mesure qu’on s’éloigne du point moyen, où les sols argilo-sableux se confondent avec les terres sablo-argileuses, il devient assez facile de distinguer ces dernières » (Bixio, 1844 : 25 et 29).

« Le troisième groupe comprend les terres dans lesquelles l’élément dominant est le sable. Les terres sablo-argileuses confinent aux terres franches, mais sont plus légères, plus faciles à travailler, très perméables, elles exigent des fumures fréquentes, elles sont continues, mais peuvent devenir mobiles si le sable n’est pas bien cimenté par l’argile. On y remédie à l’aide des fumures de fumier de ferme consommé riche en humus ; les amendements calcaires doivent être proscrits, ils exercent une influence fâcheuse, en exagérant la perméabilité.
La classe VII comprend les terres sablo-calcaires, elles sont encore très perméables, comme les précédentes elles se dessèchent aisément, elles peuvent être continues, mais mobiles, les apports d’argile par le colmatage y sont naturellement avantageux ; comme les précédentes elles exigent des fumures fréquentes de fumier de ferme ; le sainfoin s’y développe aisément.
La classe VIII comprend les terres sablo-humifères, elles sont en général situées dans le fond des vallées, elles peuvent être avantageusement assainies par des fossés d’écoulement, elles sont continues ; elles acquièrent des qualités précieuses quand elles sont amendées avec du calcaire ; les houblonnières sont souvent établies dans des terres de cette nature ; elles sont particulièrement précieuses pour certaines plantes de jardin » (Dehérain, 1892 : 368).


Références citées

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  • De Crescens P. (Pietro de Crescenzi), [[ca. 1306] 1373] 2023. Le livre des prouffitz champestres et ruraulx de Pierre de Crescens (traduction faite en 1373 du Ruralium commodorum opus, sous le titre Rustican du labour des champs, translaté du latin de Pierre de Crescens en français, par l'ordre de Charles V, roi de France). Vol. 1 : Introduction et texte (livres I-VIII), édité par Fleur Vigneron. Honoré Champion, Paris, 2023, 806 p.
  • Dehérain P.P., 1892. Traité de chimie agricole. Développement des végétaux, terre arable, amendements et engrais. § 109. Constitution physique des terres.
  • Demolon A, Leroux D., 1933. Guide pour l’étude expérimentale du sol. Gauthier-Villars, Paris, 214 p.
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  • Estienne C., Liebault J., 1564. L’agriculture et maison rustique. Paris, 155 feuillets + Epistre + tables. Texte intégral sur archive.org.
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