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Cette annexe se rapporte à l'article Groies (terres de).

Origine des groies sensu stricto – Les conceptions des géologues et des pédologues

Quoiqu’anciens, ces travaux nous semblent toujours pertinents.

Les premiers auteurs

Le géologue J. Welsch (1907/1922) dit en parlant des terres de groies, que « cette terre végétale vient de la décalcification des calcaires sous-jacents, sous l’influence des eaux de pluie et de l’acide carbonique, le calcaire est dissout et entraîné et il reste sur place les matières impures du calcaire comme un peu d’argile ; car elle résiste longtemps à la dissolution, forme un résidu et s’accumule à la longue si elle n’est pas entraînée par les eaux ; en même temps les sels de fer s’oxydent et donnent une teinte ocreuse jaunâtre ou rougeâtre à la masse ». Welsch a donc bien compris l’essentiel. Aujourd’hui nous remplacerions seulement le mot « décalcification » par « décarbonatation ».

Verdié et al. (1935) ont consacré un article à la confrontation entre les termes vernaculaires usités en Charente et leur interprétation par la pédologie, discipline débutante alors en France. Ils définissent les « terres de groie » comme l’association d’argile rouge et de pierres calcaires « en proportion assez grande ». Ces dernières « s’usent et disparaissent en surface, mais elles sont remplacées sans cesse par celles du sous-sol, car la couche arable est peu profonde et ne dépasse guère 20 à 30 cm. Le sol se reforme donc, comme il s’est formé entièrement sur place, par renouvellement et mouvement vertical de bas en haut des pierres. Ces pierres proviennent elles-mêmes de la partie supérieure du sous-sol qui se trouve délitée par suite des gelées, de la vie des racines, etc ».


La synthèse de G. Callot (1972)

Callot a publié en 1972 une synthèse très complète de tout ce qu’il avait observé et compris à propos des « terres de groies ». Il y insiste sur plusieurs points :

  • Il signale que le terme vernaculaire « terres de groies » recouvre des types de sols très variés ;
  • Il analyse le rôle des différents facteurs de la pédogenèse : nature et état des calcaires jurassiques sous-jacents ; actions climatiques et paléoclimatiques ; actions périglaciaires ; rôle de la topographie, etc.
  • Au cours de son exposé, il explicite un certain nombre de termes utilisés par les agriculteurs, tels que « petites groies », « grosses groies », « groies à platins », « groies à banches debout ».

page 45 :
« L’étude pédologique du bassin de la Charente qui intéresse près de 200.000 ha de sols calcaires a permis de montrer qu’il existait sous la même appellation vernaculaire "Terres de Groies" des sols très variés. Si dans la plupart des cas, les "terres de groies" s’associent à des sols constitués par une fraction fine rougeâtre mêlée à des fragments calcaires plus ou moins nombreux, dans cette région des Charentes, cette appellation a largement dépassé ce concept central et englobe tout un ensemble de sols développés sur calcaires, apparentés aux rendzines à forte effervescence, aux rendzines rouges, aux sols bruns calcaires, voire aux sols fersiallitiques.
Ces différences génétiques ont d’ailleurs été parfaitement ressenties sur le plan agronomique par l’agriculteur, qui parle de "petites groies", "groies à platins", etc. ».

Page 46 :
« L’étude cartographique de toute cette région, complétée par de nombreuses toposéquences, nous a permis non seulement d’établir les liaisons qui existent entre les caractéristiques agronomiques et génétiques des différents faciès, mais aussi de mettre en évidence les principaux facteurs de différenciation des sols et de souligner en particulier le rôle du substratum calcaire, des actions paléoclimatiques (gélifraction), de la topographie et de l’action anthropique. Parmi tous ces facteurs, la nature de la roche calcaire et son type d’altération jouent un rôle particulièrement important, aussi bien dans la pédogenèse que dans la répartition des sols dans le paysage ».

Page 47 :
« Principales famille des "terres de groies" :
Dans la région Nord des Charentes, cette appellation vernaculaire regroupe l’ensemble des sols cultivés, développés sur substratum calcaire peu profond (profondeur généralement inférieure à 40 cm). D’après Coquand (1858), ce terme semble provenir du mot gravois (corruption du mot gravier usité en Touraine).
Il correspond en fait à un ensemble des sols constitués par de nombreux graviers calcaires mêlés à une fraction argileuse, brune ou rouge, calcaire ou non calcaire.
L’étude cartographique de ce terroir nous a permis de constater qu’il existait au sein de cette appellation vernaculaire différents types de sols, dont la nature était en liaison étroite avec les faciès de la roche calcaire sous-jacente.
Les diverses familles peuvent s’intégrer dans 5 sous-groupes de la classification française.

  • 1° Rendzines à forte effervescence sur calcaires marneux
  • 2° Rendzines modales sur calcaires marneux
  • 3° Rendzines rouges sur calcaires en plaquettes

« Sur près de 100.000 ha de la zone étudiée, les calcaires en plaquettes du Jurassique supérieur et les calcaires durs du Dogger donnent naissance à des sols très caillouteux avec une terre fine en argileuse brun-rouge. S’il existe certaines variations analytiques liées surtout aux différences de teneur en calcaire, le profil modal se présente généralement comme suit :

  • un horizon de culture (Ap) de 15 cm d’épaisseur environ, de couleur brune à brun-rouge caillouteux (10 à 70% de graviers et cailloux calcaires), à structure grumeleuse moyennement ou faiblement calcaire dans la fraction fine ;

Un horizon sous cultural de 20 cm d’épaisseur, de couleur brune ou brun-rouge, lui-même argilo caillouteux, à structure polyédrique fine et reposant sur les dalles calcaires plus ou moins fissurées ou démantelées ;

  • un sous-sol caillouteux :
    • Sur calcaires en plaquettes, le sous-sol, constitué par des cailloux calcaires avec remplissage d’argile rouge dans les fentes, comporte également des feuillets marneux. C’est la roche-mère du sol actuel ;
    • Sur calcaire dur, le substratum emprisonne dans les poches de dissolution des argiles rouges résiduelles provenant d’une altération plus ancienne.

Si les sols de cette unité montrent certaines propriétés morphologiques assez voisines, il faut toutefois distinguer 2 familles en fonction de la nature de la roche calcaire sous-jacente.

  • a) Rendzines rouges, moyennement calcaires, sur calcaire marneux souvent en plaquettes (...)
  • b) Rendzines rouges pauvres en calcaire actif

Sur calcaire dur en l’absence de phénomènes de gélifraction[1], la roche libère plus difficilement les fragments calcaires. Toutefois, sur certains calcaires oolithiques[2], la structure pétrographique de la roche peut favoriser son altération. Sur ces roches dures, les « terres de Groies » apparaissent alors comme un mélange d’éclats calcaires avec une argile rouge d’altération ancienne piégée dans les poches de dissolution.

  • 4° Sols bruns calcaires sur marnes et colluvions.

Localisées essentiellement dans les zones dépressionnaires ces sols généralement plus profonds que les « terres de groies » typiques se développent sur marne ou sur certaines colluvions caillouteuses de bas de pente. Si parfois les aspects de surface peuvent amener certains agriculteurs à confondre ces sols avec des groies, leurs caractéristiques morphologiques (profondeur) et agronomiques (réserve en eau plus élevée) les en différencient nettement.

  • Sols fersiallitiques recalcifiés

Dans certains secteurs du Civraisien, lorsque les calcaires sont recouverts par une argile rouge peu épaisse (60 cm environ), Les sols s’apparentent à des sols fersiallitique à réserves calciques (Terre rouge du Poitou), localement lorsque le substratum est peu profond (inférieur à 40 cm), les fragments calcaires peuvent se mêler à ces matériaux résiduels et recalcifiés ou même recalcariser la terre fine. Moins caillouteux que les « terres de groies » typiques, ces sols sont parfois appelés « grosses groies ».

Page 54 :
« Rôle du substratum calcaire
La distribution des différents types de sols dans le paysage nous a permis de constater les relations qui existaient entre le sol et la roche sous-jacente. En particulier, certaines caractéristiques morphologiques (couleur du sol, forme et nature des éléments calcaires) ou analytiques (teneur en carbonates, en fer) sont en liaison étroite avec la nature des calcaires, comme le montre le tableau 1. Ces liaisons sont d’autant plus fortes que le substratum est peu profond et plus marneux ».

Tableau 1 : Relations entre les teneurs en carbonates et en fer des « terres de groies » avec la nature des calcaires sous-jacents. (Les caractéristiques analytiques modales prises en considérations sont celles de l’horizon sous-cultural - Épaisseur moyenne de l’ordre de 20 cm).
Faciès de la roche
Calcaire %
Fer %
Couleur
Classification française CPCS 1967
Total Actif Total Libre
Marnes et calcaires marneux 40-60 20 1,5-1,8 0,9-1,2 Brun jaune Rendzines à forte effervescence et sols bruns calcaires
Calcaire avec niveaux marneux 20-40 10-14 2,2-2,5 1,4-1,9 Brun à brun-jaune Rendzines modales et sols bruns calcaires
Calcaires en plaquettes 15-35 5-10 2,6-3,3 1,4-2,5 Brun à brun-rouge Rendzines pauvres en calcaire fin et sols fersiallitiques lithiques
Calcaire dur 2-15 0 3,5-5,0 2,5-4,0 Brun rouge Sols fersiallitiques et rendzines pauvres en calcaire fin

Page 55 :
« Lessivage des carbonates
Sur ces matériaux calcaires et sous ce climat océanique, le lessivage des carbonates est rapide comme le soulignent les observations faites sous forêt où les sols sont toujours décarbonatés. Cette décarbonation [sic] est particulièrement rapide sur calcaires durs et calcaires en plaquettes et gélifractés et fissurés ».

« Les actions périglaciaires
Dans toute cette région calcaire, les actions périglaciaires ont été particulièrement intenses et ont fait l’objet d’étude approfondie par les géomorphologues. Ces manifestations cryonivales, se traduisant sous différentes formes suivant la nature et la porosité des calcaires, l’épaisseur des bancs calcaires et la position topographique. *Sur les plateaux, les surfaces de gélifraction entraînent l’existence d’un sous-sol disloqué rendant les sols très perméables. *En bordure de certains talwegs, il est fréquent d’observer des sols cellulaires. Expliquant aussi ainsi la présence de dalles calcaires redressées dans le sous-sol. Les « terres de groies » « à banches debout » trouvent d’ailleurs leur explication par ce phénomène…. La gélifraction du substratum calcaire s’est produite au cours des diverses phases glaciaires quaternaires, mais surtout au Würm. Les calcaires en plaquettes du Jurassique supérieur (Ptérocérien et Callovien) se sont particulièrement bien prêtés à ces actions périglaciaires, libérant ainsi les très nombreux fragments calcaires que l’on retrouve dans les « terres de Groies » développées sur ces formations ».

Page 56 :
« Actions rubéfiantes
Dans toute cette région Nord des Charentes émergée depuis le Crétacé, les traces des pédogenèses anciennes sont particulièrement nettes sur les calcaires durs du Dogger. Elles se traduisent par l’existence d’argiles rouges à silex qui sont en réalité des paléosols. (…)

En bordure de ces formations, les « terres de Groies » montrent souvent une fraction fine de couleur rouge, très argileuse, héritée en fait des paléosols existants sur les calcaires. Dans le cadre de la classification française, elles présentent alors certaines caractéristiques de sols fersiallitiques rendziniformes ».

« Rôle de la topographie
Si du point de vue pédogenèse le rôle de la topographie est souvent sous-estimé, du point de vue agronomique ce facteur joue un rôle important en conditionnant la profondeur des sols et par suite ses réserves en eau. De nombreuses appellations vernaculaires sont d’ailleurs en relation avec ce facteur. L’agriculteur parle ainsi de « petites groies », sols peu profonds situés sur les ruptures de pente, ou de « grosses groies », sols profonds, plus frais, en bas de pente. Sur plateau ou sur pente moyenne lorsque le sous-sol est peu profond et non gélifracté les labours remontent fréquemment des dalles calcaires, on parle alors de « groies à platins ».

Page 58 :
« Conclusion – Comparaison des « terres de groies » charentaises avec celles d’autres régions calcaires
Au travers de cette première approche cartographique et morphologique des « terres de Groies » de la région nord des Charentes, nous avons mis en évidence qu’il existait en fait d’importantes variations pédogénétiques au sein d’une même appellation vernaculaire. Toutefois, les « terres de Groies » développées sur le calcaire en plaquettes gélifracté, par suite de leur extension (50% environ de la superficie des secteurs dits « de Groies » et de leurs caractéristiques originales (aspect graveleux) sont particulièrement caractéristiques de cette région calcaire.

Page 59 :
« Parmi tous les faciès observés, certaines familles montrent des analogies avec les « Terres de Groies » d’autres secteurs calcaires. Toutefois, chaque région naturelle présente des caractéristiques pédologiques et morphologiques liées à l’environnement et qui lui sont propres. Ainsi, les « Terres de Groies » étudiées par Servant et Barthès (1971) dans la plaine de Niort et par Ducloux (1971) sur la plaine Vendéenne paraissent d’une manière générale plus riches en limon et peu calcaires. Les « Terres de Groies » formées sur calcaire marno-gréseux crétacé au sud d’Angoulême et dans le bassin versant de la Lizonne (Servant et Barthès, 1970) sont plus sableuses et riches en calcaire total, par suite de la nature même de la roche mère et des formations résiduelles environnantes »


La carte pédologique Angoulême (Callot, 1975)

Dans la notice de la carte pédologique, feuille Angoulême (1975), Callot est très clair. Pour lui, seules les « rendzines rouges » ou « sols fersiallitiques carbonatés » correspondent aux véritables « terres de groies ». « Cet ensemble de sols s’étend sur de vastes plateaux à champs ouverts, entrecoupés de vallons en berceau et de vallées sèches… Il présente un intérêt tout particulier dans cette région puisqu’il regroupe des sols connus localement sous le terme vernaculaire de « Terres de Groies ». Il s’agit en fait de sols très caillouteux et graveleux, d’une profondeur moyenne de l’ordre de 2 cm [erreur typographique – en réalité 20 ou 25 cm], montrant un horizon sous cultural faiblement rubéfié. La forme et la dimension des cailloux, la granulométrie de la terre fine, les teneurs en calcaire, varient en fonction de la nature de la roche mère et de l’intensité de la gélifraction qu’elle a subie. Suivant la profondeur du sol, la grosseur ou l’importance de la fraction caillouteuse, l’agriculteur parle de « petites groies » : sol peu profond avec nombreux petits graviers calcaires, de « grosses groies », sols argileux peu caillouteux, plus profonds, de « groies à platins » lorsqu’il remonte avec la charrue des « plates » ou « banches », dalles calcaires à grain fin, de « groies à banches debout », sol présentant un sous-sol avec cailloux calcaires redressés ».


Les travaux de J. Ducloux (1971 et 1989)

Ils ont été menés dans un autre contexte géologique et paysagique : celui de la Plaine vendéenne, située beaucoup plus au nord.

1971, p. 12 :
« Les vallons secs et les flancs des vallées portent des sols calcimagnésiques saturés, minces et secs, à charge caillouteuse calcaire, qui reposent directement sur le substratum. Ce sont les terres de groie poitevines ».

p. 20 :
« Les terres de groie s’étendent en contrebas des sols des plateaux où apparaît le substratum calcaire à faible profondeur. Ce sont toujours des sols minces à charge caillouteuse calcaire, plus ou moins importante selon les façons culturales »...

p. 21 :
« Cependant, leur genèse semble plus complexe qu’une simple décalcarification, et les terres de groie doivent avoir des origines fort diverses. L’étude des séquences de la Plaine de Luçon-Fontenay-le-Comte permet de se faire une idée plus précise de leur origine.
Les terres de groie les plus épaisses ne dépassent pas 35 - 40 cm. Elles se situe alors sur des gradins immédiatement inférieurs aux plateaux et n’occupent qu’une surface restreinte ».

p. 22 :
« Ces sols se rangent apparemment dans le groupe des sols bruns calciques (CPCS, 1967). Cependant, ils ne résultent vraisemblablement pas de l’apparition d’un horizon structural décalcifié. En fait, ils doivent dériver génétiquement des sols lessivés sur limons. On y retrouve la trace de nombreux revêtements argileux, sous forme de papules. Les bancs calcaires sont également peu fracturés et restent toujours horizontaux. Ces « groies à banche plate » (Verdié et al., 1935) doivent résulter de remaniements relativement peu intenses des sols sur limons, peut-être provoqués par les cryoturbations du Quaternaire récent. (...)
Les terres de groie les plus minces s’étendent principalement sur la bordure méridionale de la plaine Vendéenne, en contrebas des sols sur limons. Elles ont de 10 à 25 cm de profondeur et l’ensemble du solum est intéressé par les façons culturales. La charge en cailloux et graviers calcaires est très variable. Si elle retentit dans la teneur en calcaire total de la terre fine (3% au maximum) elle n’apparaît plus dans les limons fins à l’analyse. Le calcaire actif est absent. On peut penser que la recharge en calcaire s’effectue essentiellement par remontée et fragmentation d’éléments grossiers par les instruments aratoires ».

Il y aurait donc convergence d’aspect de ces sols vendéens avec les « groies » charentaises : sols peu épais sur roches calcaires dures, terre argileuse rougeâtre peu carbonatée et présence de cailloux calcaires. Mais on ne peut les observer que là où des sols beaucoup plus épais ont été érodés. En effet, en lames minces, on retrouve des revêtements argileux plus ou moins remaniés liés à la préexistence de sols lessivés tronqués.

1989, p. 75 :
« Rendzines modales sur les calcaires marneux du Malm.
Les caractères essentiels sont une texture d’ensemble d’argile lourde, une charge en graviers et cailloux calcaires en plaquettes assez bien distribuée dans tout le profil, et ne constituant pas de ce fait une contrainte au travail du sol, une teneur en calcaire élevée, un substratum gélifracté se débitant horizontalement.
Ce dernier trait les fait appeler « groix à banches plates ». De par leur texture argileuse, ils craignent un peu les excès d’humidité qui rendent leur travail difficile. Ce sont cependant des sols très fertiles, à réserve en eau convenable, par suite des fissures verticales et des joints marneux de la roche.

pp. 77 et 78 :
« Les rendzines, pauvres en calcaire fin.
Sur les calcaires durs et gélifractés du Bathonien surtout, mais aussi sur le Bajocien, les « terres de groie » poitevines occupent une surface importante de la Plaine vendéenne.
Il s’agit toujours de sols minces, brun rouge (7,5 YR), reposant sur le substratum à dalles, peu redressé par les cryoturbations. La charge en cailloux, graviers et sables calcaires est très variable selon les façons culturales aussi les teneurs en calcaire total de la terre fine sont-elles variables, mais le calcaire actif est absent. La texture est celle d’un limon sablo argileux, avec 20 à 30% d’argile et 65 à 55% de limon. La structure est essentiellement polyédrique à grumeleuse et le pH toujours au-dessus de la neutralité.
D’un point de vue agricole, ces terres de groie sont parmi les sols les plus fertiles de la région, quoiqu’ils soient un peu séchards (...) »

p. 81 :
« Les sols bruns calciques sur les calcaires du Dogger
Les sols appartiennent aux « terres de groie profondes » qui se distinguent par une charge en cailloux calcaires insignifiante, une épaisseur de 50 cm en moyenne, l’existence d’un horizon (B) bien structuré, ressemblant à un horizon textural (cependant, aucun revêtement argileux n’est visible), une texture de l’horizon Ap comprenant 20 à 30% d’argile et 65 à 55% de limon. Les bancs calcaires sont peu fracturés et restent horizontaux (« banche plate »).
D’un point de vue agricole, ce sont des sols bien adaptés aux céréales et aux plantes sarclées ».


Notes

  1. Fragmentation de roches dures par le gel.
  2. Calcaires tendres constitués principalement de petites boulettes millimétriques.


Références citées

  • Callot G., 1972. Les "Terres de Groies" sur calcaires jurassiques en Charentes. Principaux facteurs de différenciation des sols. Science du Sol, 1 : 45-61.
  • Callot G., 1975. Carte pédologique de France à 1/100 000. Feuille Angoulême. Notice explicative. INRA. 171 p.
  • Coquand A. 1858. Description physique, géologique, paléontologique et minéralogique du département de la Charente, t. 1. Besançon. 542 p.
  • C.P.C.S., 1967. Classification des sols. Travaux de la Commission de Pédologie et de Cartographie des Sols, 1963-1967. Multicopie, Inra Orléans, 96 p.
  • Ducloux J., 1971. Les sols de la plaine vendéenne sur substratum calcaire bathonien. Bull. AFES, n° 3 : 11-28.
  • Ducloux J., 1989. Carte pédologique de France à 1/100 000. Feuille Fontenay-le-Comte. Notice explicative. INRA, 204 p.
  • Servant. J., Barthès, J.-P., 1970. Étude pédologique du bassin versant de la Lizonne, à 1/50 000. SES n° 125. INRA. Montpellier. 170 p.
  • Servant J., Barthès J.-P., 1971. Étude pédologique de la région de Niort (Deux-Sèvres). SES n° 143, INRA. Montpellier. 66 p. + annexes.
  • Verdié H., Siloret G., Franc de Ferrière J., 1935. Les sols de la Charente Inférieure. Relations entre la pédologie et les désignations locales. Dunod, Paris. 43 p. +1 carte en couleurs.
  • Welsch J., 1907. Le Haut Poitou. Annales de Géographie, 16 (87) : 204-222. Texte intégral.
  • Welsch J., 1907/1922. Les régions naturelles du Poitou dans les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne. Poitiers (1922 rééd. Paris, La Maison Rustique, 23 p., 4 coupes. 1 carte géol. en couleurs à 1/ 600 000).
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