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	<title>Les Mots de l'agronomie - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5246</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Références citées */ Suppression liens vers articles payants&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=&lt;br /&gt;
|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022, mis à jour le 24 avril 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’une [[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). ). Des recherches sont menées sous culture de miscanthus implantée dans des aires d’alimentation de captage d’eau pour documenter le devenir de l’azote et des pesticides laissés par les précédents culturaux (projet MisEauVert) ou mettre en évidence des génotypes présentant différents équilibres entre absorption et recyclage de l’azote pour contribuer à extraire les surplus d’azote dans des aires prioritaires&amp;lt;ref&amp;gt;[https://recherche.ademe.fr/mistigation-miscanthus-et-services-ecosystemiques-pour-les-collectivites-locales projet MisTigation]&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAE dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAE. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAE va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 Projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://miseauvert.hub.inrae.fr/ Projet MisEauVert]&lt;br /&gt;
*[https://mistigation.hub.inrae.fr/ Projet MisTigation]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Chiang Y.-C., Hodkinson T., 2008. Miscanthus: Genetic Resources and Breeding Potential to Enhance Bioenergy Production. ''In'': W. Vermerris, ed., ''Genetic Improvement of Bioenergy Crops''. Springer, New York: 295–308.&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Renvoize S.A., Chiang Y.-C., et al., 2011. Developing Miscanthus for Bioenergy. ''In'': N. G. Halford, A. Karp, eds., ''Energy Crops''. Royal Society of Chemistry, London: 301–321.&lt;br /&gt;
*Ferchaud F., Boissy J., Mouny J.-C., Duparque A., Marsac S., Chenu C., 2022. Projet CE-CARB : cultures énergétiques et stockage de carbone dans les sols. Rapport final, 125 p. [https://librairie.ademe.fr/agriculture-alimentation-foret-bioeconomie/5389-ce-carb-cultures-energetiques-et-stockage-de-carbone.html#product-presentation Texte intégral] sur le site de l'ADEME.&lt;br /&gt;
*Ferchaud F., Mary B., 2016. Drainage and Nitrate Leaching Assessed During 7 Years Under Perennial and Annual Bioenergy Crops. ''Bioenergy Res.'', 9: 656–670. &lt;br /&gt;
*Hodkinson T., Chase M., Lledo M., Salamin N., Renvoize S., 2002a. Phylogenetics of ''Miscanthus'', ''Saccharum'' and related genera (''Saccharinae, Andropogoneae, Poaceae'') based on DNA sequences from ITS nuclear ribosomal DNA and plastid trnL intron and trnL-F intergenic spacers. ''J. Plant Res.'', 115: 381–392. &lt;br /&gt;
*Hodkinson T., Chase M., Takahashi C., Leitch I., Bennett M., Renvoize S., 2002b. The use of DNA sequencing (ITS and trnL-F), AFLP, and fluorescent in situ hybridization to study allopolyploid ''Miscanthus'' ''(Poaceae''). ''Am. J. Bot.'', ,89: 279–286. [https://doi.org/10.3732/ajb.89.2.279 Texte intégral].&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5245</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
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		<updated>2026-04-24T10:08:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Références citées */ correction errata&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=&lt;br /&gt;
|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022, mis à jour le 24 avril 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’une [[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). ). Des recherches sont menées sous culture de miscanthus implantée dans des aires d’alimentation de captage d’eau pour documenter le devenir de l’azote et des pesticides laissés par les précédents culturaux (projet MisEauVert) ou mettre en évidence des génotypes présentant différents équilibres entre absorption et recyclage de l’azote pour contribuer à extraire les surplus d’azote dans des aires prioritaires&amp;lt;ref&amp;gt;[https://recherche.ademe.fr/mistigation-miscanthus-et-services-ecosystemiques-pour-les-collectivites-locales projet MisTigation]&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAE dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAE. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAE va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 Projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://miseauvert.hub.inrae.fr/ Projet MisEauVert]&lt;br /&gt;
*[https://mistigation.hub.inrae.fr/ Projet MisTigation]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Chiang Y.-C., Hodkinson T., 2008. Miscanthus: Genetic Resources and Breeding Potential to Enhance Bioenergy Production. ''In'': W. Vermerris, ed., ''Genetic Improvement of Bioenergy Crops''. Springer, New York: 295–308.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5244</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture */ Renvoi en note&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
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|Annexe 1=&lt;br /&gt;
|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022, mis à jour le 24 avril 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’une [[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). ). Des recherches sont menées sous culture de miscanthus implantée dans des aires d’alimentation de captage d’eau pour documenter le devenir de l’azote et des pesticides laissés par les précédents culturaux (projet MisEauVert) ou mettre en évidence des génotypes présentant différents équilibres entre absorption et recyclage de l’azote pour contribuer à extraire les surplus d’azote dans des aires prioritaires&amp;lt;ref&amp;gt;[https://recherche.ademe.fr/mistigation-miscanthus-et-services-ecosystemiques-pour-les-collectivites-locales projet MisTigation]&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAE dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAE. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAE va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 Projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://miseauvert.hub.inrae.fr/ Projet MisEauVert]&lt;br /&gt;
*[https://mistigation.hub.inrae.fr/ Projet MisTigation]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Chiang Y.-C., Hodkinson T., 2008. Miscanthus: Genetic Resources and Breeding Potential to Enhance Bioenergy Production. ''In'': W. Vermerris, ed., ''Genetic Improvement of Bioenergy Crops''. Springer, New York: 295–308.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5243</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
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		<updated>2026-04-24T10:05:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Impacts environnementaux et services écosystémiques */ mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
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|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022, mis à jour le 24 avril 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’une [[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;/L par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). ). Des recherches sont menées sous culture de miscanthus implantée dans des aires d’alimentation de captage d’eau pour documenter le devenir de l’azote et des pesticides laissés par les précédents culturaux (projet MisEauVert) ou mettre en évidence des génotypes présentant différents équilibres entre absorption et recyclage de l’azote pour contribuer à extraire les surplus d’azote dans des aires prioritaires&amp;lt;ref&amp;gt;[https://recherche.ademe.fr/mistigation-miscanthus-et-services-ecosystemiques-pour-les-collectivites-locales projet MisTigation]&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAE dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire » (https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAE. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAE va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 Projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://miseauvert.hub.inrae.fr/ Projet MisEauVert]&lt;br /&gt;
*[https://mistigation.hub.inrae.fr/ Projet MisTigation]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Chiang Y.-C., Hodkinson T., 2008. Miscanthus: Genetic Resources and Breeding Potential to Enhance Bioenergy Production. ''In'': W. Vermerris, ed., ''Genetic Improvement of Bioenergy Crops''. Springer, New York: 295–308.&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Renvoize S.A., Chiang Y.-C., et al., 2011. Developing Miscanthus for Bioenergy. ''In'': N. G. Halford, A. Karp, eds., ''Energy Crops''. Royal Society of Chemistry, London: 301–321.&lt;br /&gt;
*Ferchaud F., Boissy J., Mouny J.-C., Duparque A., Marsac S., Chenu C., 2022. Projet CE-CARB : cultures énergétiques et stockage de carbone dans les sols. Rapport final, 125 p. [https://librairie.ademe.fr/agriculture-alimentation-foret-bioeconomie/5389-ce-carb-cultures-energetiques-et-stockage-de-carbone.html#product-presentation Texte intégral] sur le site de l'ADEME.&lt;br /&gt;
*Ferchaud F., Mary B., 2016. Drainage and Nitrate Leaching Assessed During 7 Years Under Perennial and Annual Bioenergy Crops. ''Bioenergy Res.'', 9: 656–670. &lt;br /&gt;
*Hodkinson T., Chase M., Lledo M., Salamin N., Renvoize S., 2002a. Phylogenetics of ''Miscanthus'', ''Saccharum'' and related genera (''Saccharinae, Andropogoneae, Poaceae'') based on DNA sequences from ITS nuclear ribosomal DNA and plastid trnL intron and trnL-F intergenic spacers. ''J. Plant Res.'', 115: 381–392. &lt;br /&gt;
*Hodkinson T., Chase M., Takahashi C., Leitch I., Bennett M., Renvoize S., 2002b. The use of DNA sequencing (ITS and trnL-F), AFLP, and fluorescent in situ hybridization to study allopolyploid ''Miscanthus'' ''(Poaceae''). ''Am. J. Bot.'', ,89: 279–286. [https://doi.org/10.3732/ajb.89.2.279 Texte intégral].&lt;br /&gt;
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*Jury C., Girones J., Vo L.T.T., 2022. One-step preparation procedure, mechanical properties and environmental performances of miscanthus-based concrete blocks. ''Mater. Today Commun.'', 31, (sous presse)&lt;br /&gt;
*Jury C., Thomas H.L., Carrere H., 2021. Life Cycle Assessment of Two Alkaline Pretreatments of Sorghum and Miscanthus and of Their Batch Co-digestion with Cow Manure. ''Bioenergy Res''[https://doi.org/10.1016/j.mtcomm.2022.103575 Texte intégral]. &lt;br /&gt;
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*Linde-Laursen I., 1993. Cytogenetic Analysis of Miscanthus ‘Giganteus’, an Interspecific Hybrid. ''Hereditas'', 119 : 297–300. &lt;br /&gt;
*Martin L., 2018. ''Modéliser l’insertion territoriale du ''Miscanthus x giganteus'' à partir des décisions des agriculteurs : une approche exploitant le modèle du raisonnement à partir de cas''. Thèse, Université de Lorraine, 264 p.&lt;br /&gt;
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*Tamura K., Uwatoko N., Yamashita H., Fujimori M., Akiyama Y., Shoji A., Sanada Y., Okumura K., Gau M., 2016. Discovery of Natural Interspecific Hybrids Between Miscanthus Sacchariflorus and Miscanthus Sinensis in Southern Japan: Morphological Characterization, Genetic Structure, and Origin. ''Bioenergy Res.'', 9 : 315–325. &lt;br /&gt;
*Zapater M., Catterou M., Mary B., Ollier M., Fingar L., Mignot E., Ferchaud F., Strullu L., Dubois F., Brancourt-Hulmel M., 2017. A Single and Robust Critical Nitrogen Dilution Curve for Miscanthus × giganteus and Miscanthus sinensis. ''Bioenergy Research'', 10: 115–128. [https://doi.org/10.1007/s12155-016-9781-8 Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5242</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
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		<updated>2026-04-24T10:03:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France */ correction errata&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=&lt;br /&gt;
|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022, mis à jour le 24 avril 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’une [[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt;  sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). ). Des recherches sont menées sous culture de miscanthus implantée dans des aires d’alimentation de captage d’eau pour documenter le devenir de l’azote et des pesticides laissés par les précédents culturaux (projet MisEauVert) ou mettre en évidence des génotypes présentant différents équilibres entre absorption et recyclage de l’azote pour contribuer à extraire les surplus d’azote dans des aires prioritaires&amp;lt;ref&amp;gt;[https://recherche.ademe.fr/mistigation-miscanthus-et-services-ecosystemiques-pour-les-collectivites-locales projet MisTigation]&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAE dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire » (https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAE. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAE va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 Projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://miseauvert.hub.inrae.fr/ Projet MisEauVert]&lt;br /&gt;
*[https://mistigation.hub.inrae.fr/ Projet MisTigation]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Chiang Y.-C., Hodkinson T., 2008. Miscanthus: Genetic Resources and Breeding Potential to Enhance Bioenergy Production. ''In'': W. Vermerris, ed., ''Genetic Improvement of Bioenergy Crops''. Springer, New York: 295–308.&lt;br /&gt;
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*Ferchaud F., Boissy J., Mouny J.-C., Duparque A., Marsac S., Chenu C., 2022. Projet CE-CARB : cultures énergétiques et stockage de carbone dans les sols. Rapport final, 125 p. [https://librairie.ademe.fr/agriculture-alimentation-foret-bioeconomie/5389-ce-carb-cultures-energetiques-et-stockage-de-carbone.html#product-presentation Texte intégral] sur le site de l'ADEME.&lt;br /&gt;
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*Jury C., Thomas H.L., Carrere H., 2021. Life Cycle Assessment of Two Alkaline Pretreatments of Sorghum and Miscanthus and of Their Batch Co-digestion with Cow Manure. ''Bioenergy Res''[https://doi.org/10.1016/j.mtcomm.2022.103575 Texte intégral]. &lt;br /&gt;
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*Linde-Laursen I., 1993. Cytogenetic Analysis of Miscanthus ‘Giganteus’, an Interspecific Hybrid. ''Hereditas'', 119 : 297–300. &lt;br /&gt;
*Martin L., 2018. ''Modéliser l’insertion territoriale du ''Miscanthus x giganteus'' à partir des décisions des agriculteurs : une approche exploitant le modèle du raisonnement à partir de cas''. Thèse, Université de Lorraine, 264 p.&lt;br /&gt;
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*Tamura K., Uwatoko N., Yamashita H., Fujimori M., Akiyama Y., Shoji A., Sanada Y., Okumura K., Gau M., 2016. Discovery of Natural Interspecific Hybrids Between Miscanthus Sacchariflorus and Miscanthus Sinensis in Southern Japan: Morphological Characterization, Genetic Structure, and Origin. ''Bioenergy Res.'', 9 : 315–325. &lt;br /&gt;
*Zapater M., Catterou M., Mary B., Ollier M., Fingar L., Mignot E., Ferchaud F., Strullu L., Dubois F., Brancourt-Hulmel M., 2017. A Single and Robust Critical Nitrogen Dilution Curve for Miscanthus × giganteus and Miscanthus sinensis. ''Bioenergy Research'', 10: 115–128. [https://doi.org/10.1007/s12155-016-9781-8 Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5241</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
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		<updated>2026-04-24T10:00:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Suite mise à jour avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
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|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=&lt;br /&gt;
|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022, mis à jour le 24 avril 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’un[[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt;  sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). ). Des recherches sont menées sous culture de miscanthus implantée dans des aires d’alimentation de captage d’eau pour documenter le devenir de l’azote et des pesticides laissés par les précédents culturaux (projet MisEauVert) ou mettre en évidence des génotypes présentant différents équilibres entre absorption et recyclage de l’azote pour contribuer à extraire les surplus d’azote dans des aires prioritaires&amp;lt;ref&amp;gt;[https://recherche.ademe.fr/mistigation-miscanthus-et-services-ecosystemiques-pour-les-collectivites-locales projet MisTigation]&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAE dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire » (https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAE. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAE va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 Projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://miseauvert.hub.inrae.fr/ Projet MisEauVert]&lt;br /&gt;
*[https://mistigation.hub.inrae.fr/ Projet MisTigation]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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*Zapater M., Catterou M., Mary B., Ollier M., Fingar L., Mignot E., Ferchaud F., Strullu L., Dubois F., Brancourt-Hulmel M., 2017. A Single and Robust Critical Nitrogen Dilution Curve for Miscanthus × giganteus and Miscanthus sinensis. ''Bioenergy Research'', 10: 115–128. [https://doi.org/10.1007/s12155-016-9781-8 Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5240</id>
		<title>Miscanthus : une culture nouvelle en France</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Miscanthus_:_une_culture_nouvelle_en_France&amp;diff=5240"/>
		<updated>2026-04-24T09:49:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Début mise à jour avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Maryse Brancourt-Hulmel]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=&lt;br /&gt;
|Article 1=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 juin 2022&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=9 juin 2022&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Botanique et origine==&lt;br /&gt;
Le nom ''miscanthus'' réunit deux mots grecs qui se réfèrent à la particularité de sa fleur (Fig. 1) : ''mischos'' désigne une tige qui fait écho au pédoncule, c’est-à-dire une petite tige se situant au niveau de la fleur qui est elle-même regroupée avec d’autres fleurs au sein de la panicule, tandis que ''anthos'' désigne la fleur (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 1. Fleur de miscanthus ; en bas à gauche la tige qui est à l’origine du mot miscanthus.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est parfois appelé à tort « herbe à éléphant », dénomination réservée à l’[[espèce]] ''Pennisetum purpureum'' (Stapf, 1912).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la famille des graminées (''Poaceae''), le genre ''Miscanthus'' appartient à la tribu des Andropogoneae, qui comprend également le [[maïs]], le [[sorgho]] et la [[canne à sucre]]. Au sens large, il contient une vingtaine d’espèces (Scally ''et al.'', 2001) ; mais des analyses phylogénétiques au niveau moléculaire en ont redessiné les contours dans un sens plus strict, certaines espèces s’étant avérées plus proches d’autres genres (Hodkinson ''et al.'', 2002a) : ''Miscanthus sensu stricto'' comprend ainsi une dizaine d’espèces. A l’état naturel, il couvre une large aire géographique à l’Est et au Sud-Est de l’Asie (Fig. 2), les quelques espèces africaines ne faisant pas partie du genre au sens strict. Dans ce genre au sens strict, le génome comporte un nombre de base de 19 chromosomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_2.JPG|450px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 2. Distribution des principales espèces répertoriées en Asie (d’après Clifton-Brown ''et al.'', 2008). ''M. x giganteus'' se rencontre dans les aires où cohabitent ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus géant cultivé en France appartient à l’espèce ''Miscanthus x giganteus'', issue du croisement naturel spontané entre ''M. sacchariflorus'' et ''M. sinensis''. La plante d’origine, collectée par le botaniste danois Aksel Olsen dans une île au sud du Japon, fut apportée au Danemark en 1935 (Linde-Laursen, 1993). De nouveaux hybrides naturels ont été trouvés depuis (Tamura ''et al.'', 2016), plus particulièrement dans les aires où cohabitent ses deux espèces parentales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''Miscanthus x giganteus'' est triploïde (3 x 19, soient 57 chromosomes) et donc stérile. Côté maternel, il provient d’un ''M. sacchariflorus'' tétraploïde (4 x 19 chromosomes). Côté paternel, il vient d’un ''M. sinensis'' diploïde (2 x 19 chromosomes), connu sous le nom de roseau de Chine. Le nombre chromosomique de base du miscanthus est quasiment le double de celui du sorgho qui est de 10. L’analyse comparative des génomes séquencés de ''M. sinensis'' et du sorgho montre que chaque chromosome du sorgho s’aligne sur une paire de chromosomes de ''M. sinensis'', à l’exception d’un chromosome du miscanthus qui correspond à la fusion de deux chromosomes du sorgho (Mitros ''et al.'', 2020). Du fait que l’ordre des séquences nucléotidiques soit bien conservé entre les deux génomes, il est probable que la duplication du génome de ''M. sinensis'' soit très ancienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une autre espèce, ''M. floridulus'', se trouve dans les mêmes zones géographiques que ''M. sinensis''. Du fait de sa relative sensibilité au [[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel|gel]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2011), elle pousse généralement dans des zones à basse altitude (Hodkinson ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''M. x giganteus'', ''M. sinensis'' et ''M. sacchariflorus'' ont été identifiées comme présentant le plus grand [[potentiel]] de production de [[biomasse]] et ''M. floridulus'' peut également atteindre des hauts [[Signification des rendements|rendements]] (Clifton-Brown ''et al.'', 2008).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Adoption et culture du miscanthus en agriculture en France==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_3.jpg|500px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 3. Vue d’une collection de miscanthus en cours de végétation comportant un miscanthus géant (''Miscanthus x giganteus'') à gauche, trois roseaux de Chine (''Miscanthus sinensis'') au centre et un ''Miscanthus sacchariflorus'' à droite.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le miscanthus est une graminée pérenne que l’on peut [[cultiver]] pendant plusieurs années, jusqu’à 20 voire 25 ans pour le miscanthus géant. La stérilité de celui actuellement cultivé en France réduit à zéro le risque d’[[invasivité]] par dispersion de graines dans l’environnement. Il possède un rhizome, organe souterrain de réserve à partir duquel la plante se [[développement|développe]] et qui lui permet de se multiplier par voie [[végétative]].&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le rhizome est [[planté]] en avril-mai, puis il grossit d’année en année tout en restant compact. Il permet à la plante de recycler les [[éléments minéraux]] nécessaires à sa [[croissance]]. Ainsi, l’accumulation de l’[[azote]] dans les parties souterraines à l’automne et sa [[remobilisation]] au printemps permettent au miscanthus d’être productif avec très peu d’[[engrais azotés]] (Strullu ''et al.'', 2011). ). Les faibles besoins en azote, 100 kg/ha pour viser une production de 13 t/ha de matière sèche (Zapater ''et al'', 2017), sont en effet compensés par ce recyclage dans des sols bien pourvus (Strullu ''et al'', 2011, Leroy ''et al'', 2022), ce qui implique un éventuel apport d’engrais azotés seulement en sols ayant été diagnostiqués pauvres en azote. Sa [[productivité]] élevée est due à une photosynthèse de type C4 capable de se dérouler en [[climat ]]tempéré frais (Long &amp;amp; Spence, 2013). Aucune [[maladie]] ni aucun [[ravageur]] ne lui étant préjudiciables en France à ce jour, à l’exception du taupin, sa culture ne requiert pas de [[fongicides]]. Les deux premières années, elle nécessite un [[désherbage]] mécanique ou chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_4.JPG|400px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 4. Récolte de miscanthus à maturité en fin d’hiver. L’ensileuse est cachée par le miscanthus, ce qui montre sa taille imposante.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très ressemblant morphologiquement à la canne à sucre (Fig. 3), le miscanthus produit des tiges qui sont [[Récolte|récoltées]] annuellement. La récolte se fait le plus souvent en fin d’hiver pour permettre à la plante un recyclage complet des nutriments des parties aériennes vers le rhizome. Le miscanthus, alors dépourvu de ses feuilles, est devenu très sec et peut contenir plus de 80-85 % de [[matière sèche]]. Les tiges peuvent être récoltées avec une [[ensileuse]] (comme pour le maïs) pour les réduire en copeaux de 10 à 50 mm (Fig. 4). Selon les usages, les copeaux peuvent être stockés en vrac, voire dépoussiérés et conditionnés en big bags ou en sacs de différents volumes. Ils peuvent aussi être densifiés sous forme de granulés après un nouveau broyage. Enfin, la récolte peut aussi s’effectuer avec une [[faucheuse]] puis être pressée en balles, à haute densité (280-300 kg/m3) en raison de la faible densité de la [[paille]]. Après chaque récolte, la plante émet de nouvelles tiges au printemps suivant pour une nouvelle saison de végétation. Elle voit alors son nombre de tiges et leur section augmenter au fil des années et les tiges peuvent mesurer jusqu’à 4 m de hauteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rendements moyens oscillent entre 8,4 et 11,3 tonnes de matière sèche par hectare au niveau national pour la période 2015-2021&amp;lt;ref&amp;gt;Ces estimations ont été réalisées à partir de données rassemblées par France miscanthus pour la période 2015-2021, en excluant les surfaces en première année de culture car la première année correspond à l’installation de la culture et n’est pas récoltée.&amp;lt;/ref&amp;gt;. [1]. En rythme de croisière, la production atteint un potentiel de 13 t/ha de matière sèche&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les surfaces en miscanthus ont presque triplé sur la période 2015-2024, passant de 4000 à 11500 ha, ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 12.5 %. Sur la même période, l’augmentation annuelle du nombre d’exploitations avoisine également 12.5 %, environ 2600 exploitations ont produit du miscanthus en 2024&amp;lt;ref&amp;gt;https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2025/07/Memo-statistique-2024-vF-corrigee.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[agriculteurs]] adoptent la culture du miscanthus pour diverses raisons. A partir d’un[[enquête]] réalisée auprès de dix producteurs de miscanthus en Côte d’Or (Martin, 2012), les dix agriculteurs enquêtés ont tous axé leur choix technique sur la base de l’adaptation de la culture aux [[territoire]]s [[Contrainte|contraignants]], de son [[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France|itinéraire technique]] simple, de ses faibles besoins en intrants, de la pérennité de la culture et de l’amélioration des conditions de travail qui résulte des faibles contraintes liées à sa gestion dès lors qu’elle est implantée. Parmi les facteurs sociaux, les dix agriculteurs sondés ont tous cherché à diversifier leur métier et à répondre aux enjeux de l’énergie tandis que huit d’entre eux l’ont réalisé par goût pour l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Utilisation et débouchés==&lt;br /&gt;
En France, le miscanthus a été initialement utilisé en [[horticulture]], la première [[champ, pièce, parcelle|parcelle]] agricole ayant été implantée en Alsace en 1993. C’est à partir des années 2000 qu’on a pu constater un intérêt croissant pour sa culture, les premiers débouchés ayant principalement visé la production de biocombustible. L’association France miscanthus, créée en 2009 et qui regroupe les entreprises les plus actives dans le développement de cette culture en France, a recensé les premiers projets marquants, qui ont permis l’installation de chauffage collectif et domestique, voire le développement d’installations industrielles. Ces projets résultaient de la volonté d’une autonomie énergétique, étant donné le coût croissant de l’énergie et la prise de conscience de la raréfaction des énergies fossiles. Depuis lors, d’autres débouchés ont pris de l’ampleur. Le paillage horticole s’est surtout développé à partir des années 2010 et sa demande ne fait que croître auprès des collectivités territoriales et de leurs groupements. L’année 2017 marque une nouvelle étape car ces collectivités ne sont plus autorisées à utiliser des [[produits phytopharmaceutiques]] sur leur territoire. Le paillage intéresse également les [[viticulteurs]] pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Parallèlement, on assiste à une demande de miscanthus pour une valorisation en litière pour animaux, qui concerne l’aviculture, les chevaux, les bovins et les animaux de compagnie. Le pouvoir absorbant de la paille et une litière indemne de poussière, de produits phytosanitaires, voire de maladies, sont en effet des qualités recherchées. Enfin, des usages émergents tels les matériaux de construction et les composites à base de miscanthus commencent tout juste à se développer. L’essor de ces matériaux de construction devrait s’intensifier suite à la réglementation environnementale 2020 qui met les matériaux biosourcés comme solutions prioritaires dans les constructions neuves et par la mise en place d’un cadre normatif pour accompagner la production industrielle de tels matériaux (exemple du projet NG2B pour les granulats servant à produire des bétons biosourcés). Du côté de l’industrie automobile, une formulation de composite à base de miscanthus a été validée par PSA Peugeot Citroën dans le cadre du projet Biomasse pour le futur, ce qui ouvre la voie à sa commercialisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts environnementaux et [[services écosystémiques]]== &lt;br /&gt;
Parallèlement à ces débouchés, la culture est de plus en plus valorisée pour ses services écosystémiques, c’est-à-dire pour les biens ou les services que les hommes peuvent tirer de la culture pour assurer leur bien-être. En 2017, le miscanthus a été reconnu comme [[surface d’intérêt écologique]] dans le cadre de la politique agricole. Cette culture pérenne permet de [[stocker du carbone dans le sol]]. Dans un essai de longue durée mené par l’INRAE dans la Somme, les stocks de carbone organique sous une culture de miscanthus sans apport d’azote et récoltée en fin d’hiver (comme le plus souvent chez les agriculteurs), ont augmenté en moyenne entre 2006 et 2019 de 0.98 t C/ha/an sur les 40 premiers centimètres de [[sol]] (Ferchaud ''et al.'', 2022). Des initiatives sont conduites pour implanter la culture sur des aires d’alimentation de captages afin de protéger la ressource en eau car elle peut jouer un rôle tampon en prélevant des [[nitrates]] du sol et en limitant la [[lixiviation]]. Sous miscanthus sans apport azoté et récolté tardivement, Ferchaud et Mary (2016) mesurent un pic de nitrates dans le sol sur les deux premières années de culture (168.5 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; sur 150 cm de sol, soient 33.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; par horizon de 30 cm) mais la culture récupère ensuite ces nitrates car la concentration dans le sol devient dix fois plus faible et se stabilise à un niveau très faible de 16.7 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt;  sur 150 cm de sol, soient 3.3 mg NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt; L&amp;lt;sup&amp;gt;−1&amp;lt;/sup&amp;gt; par horizon de 30 cm (moyenne des 7 années suivantes). Le miscanthus peut aussi se [[cultiver en bandes]] pour limiter l’[[érosion]] des sols dans les zones sensibles aux inondations et aux coulées de boues. Ces bandes anti-érosion représentent un service particulièrement intéressant autour des zones habitées. Sur sol [[limon : le mot|limoneux]], Mazur ''et al.'' (2021) montrent en effet le rôle anti-érosion d’une bande cultivée perpendiculairement à des pentes moyennes (d’environ 11%) : le ruissellement est alors réduit de 17%, les volumes d’érosion sous forme de rigoles de 89.3 % et la perte de sol de 29%. Enfin, un autre service concerne la protection des zones habitées par une ceinture plantée en miscanthus. En raison de la hauteur de la culture et de ses faibles besoins en intrants azotés et produits phytosanitaires, le miscanthus crée une zone tampon non traitée qui peut faire écran vis-à-vis des cultures conventionnelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les impacts environnementaux, ils ont fait l’objet d’une analyse de cycle de vie pour deux débouchés à base de miscanthus (projet Biomasse pour le futur). Pour la production de béton à base de miscanthus, cette analyse le place au même niveau que la production de brique, à l’exception de l’impact vis-à-vis du climat qui est meilleur. Quant au méthane produit à partir de miscanthus, il génère des impacts équivalents à ceux du gaz naturel, mais il se démarque également sur le climat où il est bien meilleur (Jury ''et al.'', 2022). Dans chaque cas, la compétition pour le changement d’usage des sols a été prise en compte et l’impact environnemental s’améliore lorsque le miscanthus est cultivé sur des terres qui ne sont pas en compétition avec l’usage alimentaire. Ainsi, la culture du miscanthus sur les zones sensibles précitées présente un double avantage : au niveau écosystémique mais également au niveau des impacts environnementaux associés aux débouchés à base de miscanthus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Réticences rencontrées vis-à-vis de cette nouvelle culture==&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_5.jpg|650px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 5. Après destruction d’un essai de miscanthus âgé de 9 ans, absence de repousses dans un champ de blé semé. Sur la partie droite, on aperçoit l’autre moitié de l’essai de miscanthus qui est encore en place.'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tant que nouvelle culture, le miscanthus nécessite l’apprentissage et la maîtrise de techniques inhabituelles. Ainsi, les dix agriculteurs enquêtés dans l’étude précitée ont évoqué leurs incertitudes quant aux modalités de récolte de la culture (Martin, 2018) ; la récolte hivernale exige notamment une [[portance]] de sol suffisante pour le passage des engins agricoles. A l’inverse, les agriculteurs enquêtés n’ont pas évoqué d’incertitude vis-à-vis de l’implantation car celle-ci a été externalisée. Ceci est d’ailleurs généralement le cas car elle nécessite un matériel spécifique, de surcroît peu utilisé sur l’exploitation étant donné le caractère pérenne de la plante. La réorganisation de l’[[assolement]] suite à l’introduction de cette plante pérenne ne semble pas être un frein majeur puisqu’elle n’a été évoquée que par deux agriculteurs sur les dix. Au niveau économique, c’est l’avance de trésorerie qui préoccupe les dix agriculteurs car il faut compter au moins deux années avant que la culture n’arrive à pleine production. A cela s’ajoute un coût d’implantation élevé en raison des rhizomes qui sont chers à produire. Mais dans les projets à visée de service écosystémique, ce coût est souvent pris en charge par les agences de l’eau ou les collectivités territoriales. Des questionnements ont parfois été émis quant à la destruction de la culture, cette technique étant jusque-là assez peu répandue en agriculture. En 2016, un essai âgé de 9 ans a été détruit sur le site de l’INRAe dans la Somme et la culture de blé qui a suivi n’a pas montré de repousses de miscanthus (Fig. 5). Une fiche technique a d’ailleurs été développée sur la destruction d’une culture de miscanthus dans le cadre du réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire » (https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre élément peut freiner l’engagement des agriculteurs. Si l’implantation du miscanthus s’avère idéale dans les zones sensibles en raison des services écosystémiques qu’il peut rendre, il est cependant nécessaire de développer des débouchés à proximité de ces zones du fait de la faible densité de la paille de miscanthus. En effet, l’implantation dans les zones sensibles nécessite d’impliquer différents acteurs au niveau territorial, parfois nombreux, ce qui peut allonger la durée d’émergence de projets locaux et émousser la motivation des agriculteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau sociétal, la culture de miscanthus a parfois été la cible de préjugés. La question de l’invasivité s’est d’abord légitimement posée. La stérilité des miscanthus cultivés en agriculture réduit à zéro le risque de dispersion de graines dans l’environnement. La sélection à l’INRAE tient d’ailleurs compte de ce critère environnemental de non-invasivité. Si des [[variété]]s devaient être développées par la voie de graines en France afin de diminuer les coûts d’implantation, la sélection devrait alors y associer un mécanisme de stérilité par voie génétique. Le risque d’invasivité n’est cependant pas nul en horticulture, où les variétés commercialisées sont le plus souvent fertiles. Une étude américaine a en effet montré que des M. sinensis se sont naturalisés à partir de variétés horticoles (Clark ''et al.'', 2014). Certaines entreprises françaises sont cependant sensibilisées à cette question et commencent à s’intéresser au développement de variétés horticoles stériles par le biais de l’INRAe. En outre, le caractère traçant du rhizome pourrait être un facteur d’invasivité. Si certaines espèces comme ''M. sacchariflorus'' sont connues pour avoir un rhizome traçant, d’autres présentent un rhizome compact (Fig. 6). C’est le cas de ''M. x giganteus'' tout comme ''M. sinensis'', une autre espèce ciblée par la sélection pour élargir le pool de variétés (Fig. 3). On peut toutefois souligner ici que la sélection du miscanthus représente un des rares exemples où une demande sociétale de non-invasivité est intégrée comme critère de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Miscanthus_6.jpg|550px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Figure 6. Illustration du caractère non traçant du miscanthus géant cultivé (à l’arrière) comparativement à un ''Miscanthus sacchariflorus'' (à l’avant).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, la question de la destruction du miscanthus interroge également le citoyen qui fait peut-être l’analogie avec le bambou. Non seulement, il est possible de détruire une culture de miscanthus comme évoqué précédemment, mais cette destruction représente un avantage environnemental puisqu’elle va générer un stockage supplémentaire de carbone dans le sol qui peut représenter jusqu’à 12 % du carbone organique du sol entrant dans l’humus (Ferchaud ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour conclure==&lt;br /&gt;
Cette filière en pleine émergence nécessite des connaissances sur beaucoup de fronts, ce qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives, en particulier pour la recherche à l’INRAe. Tandis que les surfaces cultivées ont rapidement augmenté et les usages et services se sont diversifiés, l’offre variétale est restée limitée à un seul clone cultivé à France, ce qui fragilise la culture au moindre aléa climatique ou phytosanitaire. Par conséquent, l’INRAe va continuer à progresser dans la connaissance de la génétique et de la diversité génétique des miscanthus. Des progrès en matière de sélection sont attendus pour prendre en compte les spécificités au sein du genre Miscanthus afin de répondre à une diversité de milieux, d’utilisations ou encore de services écosystémiques émergents. Chaque nouvel usage nécessitera en outre d’analyser la possibilité de création de valeur selon des performances qui soient favorables aux niveaux productif, technique, économique et environnemental. Enfin, on peut s’attendre à ce que la forte demande en services écosystémiques soit un élément moteur pour continuer à accompagner le développement futur de la culture mais des retours d’expérience restent encore largement à documenter pour la plupart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/ Association France miscanthus]&lt;br /&gt;
*[https://www.cerema.fr/fr/actualites/carte-identite-betons-vegetaux Bétons biosourcés]&lt;br /&gt;
*[https://anr.fr/ProjetIA-11-BTBR-0006 projet Biomasse pour le futur]&lt;br /&gt;
*[https://france-miscanthus.org/wp-content/uploads/2019/11/fiche-destruction-miscanthus.pdf Réseau mixte technologique « Biomasse et Territoire »]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Chiang Y.-C., Hodkinson T., 2008. Miscanthus: Genetic Resources and Breeding Potential to Enhance Bioenergy Production. ''In'': W. Vermerris, ed., ''Genetic Improvement of Bioenergy Crops''. Springer, New York: 295–308.&lt;br /&gt;
*Clifton-Brown J., Renvoize S.A., Chiang Y.-C., et al., 2011. Developing Miscanthus for Bioenergy. ''In'': N. G. Halford, A. Karp, eds., ''Energy Crops''. Royal Society of Chemistry, London: 301–321.&lt;br /&gt;
*Ferchaud F., Boissy J., Mouny J.-C., Duparque A., Marsac S., Chenu C., 2022. Projet CE-CARB : cultures énergétiques et stockage de carbone dans les sols. Rapport final, 125 p. (document interne).&lt;br /&gt;
*Ferchaud F., Mary B., 2016. Drainage and Nitrate Leaching Assessed During 7 Years Under Perennial and Annual Bioenergy Crops. ''Bioenergy Res.'', 9: 656–670. &lt;br /&gt;
*Hodkinson T., Chase M., Lledo M., Salamin N., Renvoize S., 2002a. Phylogenetics of ''Miscanthus'', ''Saccharum'' and related genera (''Saccharinae, Andropogoneae, Poaceae'') based on DNA sequences from ITS nuclear ribosomal DNA and plastid trnL intron and trnL-F intergenic spacers. ''J. Plant Res.'', 115: 381–392. &lt;br /&gt;
*Hodkinson T., Chase M., Takahashi C., Leitch I., Bennett M., Renvoize S., 2002b. The use of DNA sequencing (ITS and trnL-F), AFLP, and fluorescent in situ hybridization to study allopolyploid ''Miscanthus'' ''(Poaceae''). ''Am. J. Bot.'', ,89: 279–286. [https://doi.org/10.3732/ajb.89.2.279 Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Hodkinson T.R., Klaas M., Jones M.B., Prickett R., Barth S., 2015. Miscanthus: a case study for the utilization of natural genetic variation. ''Plant Genet. Resour.-Charact. Util.'', 13: 219–237. [https://doi.org/10.1017/S147926211400094X Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Jury C., Girones J., Vo L.T.T., 2022. One-step preparation procedure, mechanical properties and environmental performances of miscanthus-based concrete blocks. ''Mater. Today Commun.'', 31, (sous presse)&lt;br /&gt;
*Jury C., Thomas H.L., Carrere H., 2021. Life Cycle Assessment of Two Alkaline Pretreatments of Sorghum and Miscanthus and of Their Batch Co-digestion with Cow Manure. ''Bioenergy Res''. &lt;br /&gt;
*Linde-Laursen I., 1993. Cytogenetic Analysis of Miscanthus ‘Giganteus’, an Interspecific Hybrid. ''Hereditas'', 119 : 297–300. &lt;br /&gt;
*Martin L., 2018. ''Modéliser l’insertion territoriale du ''Miscanthus x giganteus'' à partir des décisions des agriculteurs : une approche exploitant le modèle du raisonnement à partir de cas''. Thèse, Université de Lorraine, 264 p.&lt;br /&gt;
*Mazur A., Kowalczyk-Jusko A., 2021. The Assessment of the Usefulness of Miscanthus x giganteus to Water and Soil Protection against Erosive Degradation. ''Resour.-BASEL'' 10. [https://www.mdpi.com/2079-9276/10/7/66/htm Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Mitros T., Session A.M., James B.T., et al., 2020. Genome biology of the paleotetraploid perennial biomass crop Miscanthus. ''Nat. Commun.'', 11. [https://doi.org/10.1038/s41467-020-18923-6 Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Scally L., Hodkinson T., Jones M., 2001. Origins and Taxonomy of Miscanthus. ''In'': M.B. Jones, M. Walsh, eds., ''Miscanthus for Energy and Fibre''. James &amp;amp; James, London: 1–9.&lt;br /&gt;
*Stapf O., 1912. Elephant Grass. A New Fodder Plant. (''Pennisetum purpureum'', Schum.). ''Kew Bot. Garden Bull.'': 309–316.&lt;br /&gt;
*Strullu L., Cadoux S., Preudhomme M., Jeuffroy M.-H., Beaudoin N., 2011. Biomass production and nitrogen accumulation and remobilisation by Miscanthus x giganteus as influenced by nitrogen stocks in belowground organs. ''Field Crops Res.'', 121: 381–391. &lt;br /&gt;
*Sun Q., Lin Q., Yi Z.-L., Yang Z.-R., Zhou F.-S., 2010. A taxonomic revision of Miscanthus s.l. (Poaceae) from China. ''Bot. J. Linn. Soc.'', 164: 178–220. [https://doi.org/10.1111/j.1095-8339.2010.01082.x Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Tamura K., Uwatoko N., Yamashita H., Fujimori M., Akiyama Y., Shoji A., Sanada Y., Okumura K., Gau M., 2016. Discovery of Natural Interspecific Hybrids Between Miscanthus Sacchariflorus and Miscanthus Sinensis in Southern Japan: Morphological Characterization, Genetic Structure, and Origin. ''Bioenergy Res.'', 9 : 315–325. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Liste_provisoire_des_Mots_de_l%27agronomie&amp;diff=5239</id>
		<title>Liste provisoire des Mots de l'agronomie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Liste_provisoire_des_Mots_de_l%27agronomie&amp;diff=5239"/>
		<updated>2026-03-31T09:13:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise à jour liste&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Termes susceptibles de faire l'objet d'un ou plusieurs articles (liste non limitative)==&lt;br /&gt;
Toutes les espèces cultivées, toutes les maladies des plantes et tous les parasites ou ravageurs, tous les outils agricoles... peuvent faire l'objet d'un article, même si leur nom ne figure pas ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les termes en rouge n'ont pas encore été traités. Lorsqu'ils sont en bleu, cela signifie qu'un article leur est déjà consacré ; vous pouvez alors vérifier si un deuxième angle de vue ne peut pas être envisagé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=A=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Abri]]&lt;br /&gt;
*[[Absorption racinaire]]&lt;br /&gt;
*[[Absorption foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Acclimatation]]&lt;br /&gt;
*[[Acre]]&lt;br /&gt;
*[[Activateur biologique]]&lt;br /&gt;
*[[Adaptation]]&lt;br /&gt;
*[[Ados]]&lt;br /&gt;
*[[Adventice]]&lt;br /&gt;
*[[Agent pathogène]]&lt;br /&gt;
*[[Agrégat, élément structural]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculteur]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture biologique]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture comparée]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture de conservation]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture de précision]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture intégrée]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture raisonnée]]&lt;br /&gt;
*[[Agroécologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agroforesterie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrométéorologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agronome, agronomie]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Agrophysiologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrostologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrosystème, agroécosystème]]&lt;br /&gt;
*[[Agrume]]&lt;br /&gt;
*[[Alimentation des cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Alios]]&lt;br /&gt;
*[[Allélopathie]]&lt;br /&gt;
*[[allocation des ressources]]&lt;br /&gt;
*[[Allogamie, autogamie]]&lt;br /&gt;
*[[Allotement des parcelles dans l’exploitation]]&lt;br /&gt;
*[[Alternatif, alternativité]]&lt;br /&gt;
*[[Aluminium, toxicité aluminique]]&lt;br /&gt;
*[[Amélioration culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Amélioration foncière]]&lt;br /&gt;
*[[Amélioration variétale]]&lt;br /&gt;
*[[Aménagement]]&lt;br /&gt;
*[[Amendement]]&lt;br /&gt;
*[[Ammoniac, Ammonitrate]]&lt;br /&gt;
*[[Analyse de plante]]&lt;br /&gt;
*[[Analyse de terre]]&lt;br /&gt;
*[[Analyse de variance]]&lt;br /&gt;
*[[Andain]]&lt;br /&gt;
*[[Anguillule]]&lt;br /&gt;
*[[Année culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Anthracnose]]&lt;br /&gt;
*[[Aphanomyces]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Appellation contrôlée]]&lt;br /&gt;
*[[Appellations vernaculaires]]&lt;br /&gt;
*[[Aptitude (culturale, d’un sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Arable]]&lt;br /&gt;
*[[Arachide]]&lt;br /&gt;
*[[Araire]]&lt;br /&gt;
*[[Arboriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Argile, argileux]]&lt;br /&gt;
*[[Aride, aridité]]&lt;br /&gt;
*[[Arrosage : voir irrigation]]&lt;br /&gt;
*[[Asphyxie racinaire]]&lt;br /&gt;
*[[Assainissement]]&lt;br /&gt;
*[[Assec]]&lt;br /&gt;
*[[Assimilation chlorophyllienne]]&lt;br /&gt;
*[[Association d'espèces]] : voir [[Cultures associées]]&lt;br /&gt;
*[[Assolement, sole]]&lt;br /&gt;
*[[Atelier de production]]&lt;br /&gt;
*[[Aubues]]&lt;br /&gt;
*[[Autofécondation]]&lt;br /&gt;
*[[Autonomie par rapport aux intrants]]&lt;br /&gt;
*[[Auxiliaire (faune), contre-parasites]]&lt;br /&gt;
*[[Avertissements agricoles]]&lt;br /&gt;
*[[Azote dans les végétaux]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=B=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Bande enherbée, bande tampon]]&lt;br /&gt;
*[[Banque de gènes]]&lt;br /&gt;
*[[Banque de graines du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Bases échangeables]] : voir [[Cations échangeables du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Bassin d’approvisionnement]]&lt;br /&gt;
*[[Bassin de culture]]&lt;br /&gt;
*[[Bassin versant]]&lt;br /&gt;
*[[Battance du sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Batteuse]]&lt;br /&gt;
*[[Bêche, bêchage]]&lt;br /&gt;
*[[Besoins (en eau, en éléments nutritifs) d’une culture]]&lt;br /&gt;
*[[Betterave]]&lt;br /&gt;
*[[Bilans de l’azote : prévisionnel, apparent]]&lt;br /&gt;
*[[Bilan de rayonnement]]&lt;br /&gt;
*[[Bilan hydrique]]&lt;br /&gt;
*[[Billon, billonnage]]&lt;br /&gt;
*[[Binage, biner, binette]]&lt;br /&gt;
*[[Bioagresseur ]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Biocontrôle]]&lt;br /&gt;
*[[Biodisponibilité / échangeabilité]]&lt;br /&gt;
*[[Biodiversité]]&lt;br /&gt;
*[[Biodynamie]]&lt;br /&gt;
*[[Biologie du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Biomasse (végétale, microbienne)]]&lt;br /&gt;
*[[Biométrie]]&lt;br /&gt;
*[[Bisaille]]&lt;br /&gt;
*[[Blé]]&lt;br /&gt;
*[[Bloc d’irrigation]]&lt;br /&gt;
*[[Boisseau]]&lt;br /&gt;
*[[Bonnes conditions agricoles et environnementales]]&lt;br /&gt;
*[[Bonnes pratiques agricoles]]&lt;br /&gt;
*[[Bordure]]&lt;br /&gt;
*[[Bouture, bouturage]]&lt;br /&gt;
*[[Bois Raméal Fragmenté]]&lt;br /&gt;
*[[Brise-vent]]&lt;br /&gt;
*[[Brûlis]]&lt;br /&gt;
*[[Buttage]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=C=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Cacao]]&lt;br /&gt;
*[[Calendrier cultural]]&lt;br /&gt;
*[[Capacité au champ]]&lt;br /&gt;
*[[Capacité d'échange cationique du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Capacité de rétention du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Carence]]&lt;br /&gt;
*[[Carie (maladie)]]&lt;br /&gt;
*[[Cartographie agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Caractérisation analytique du sol]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Cations échangeables du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Cep, recépage]]&lt;br /&gt;
*[[Céréale]]&lt;br /&gt;
*[[Champ]]&lt;br /&gt;
*[[Champ, pièce, parcelle]]&lt;br /&gt;
*[[Chaintre]]&lt;br /&gt;
*[[Chantier de travail agricole]]&lt;br /&gt;
*[[Chanvre]]&lt;br /&gt;
*[[Charbon (maladie des végétaux)]]&lt;br /&gt;
*[[Chargement (au pâturage]]&lt;br /&gt;
*[[Charrue]]&lt;br /&gt;
*[[Châssis]]&lt;br /&gt;
*[[Chaulage]]&lt;br /&gt;
*[[Chaumage, chaume, chaumer]]&lt;br /&gt;
*[[Chisel]]&lt;br /&gt;
*[[Chlorose]]&lt;br /&gt;
*[[Chou]]&lt;br /&gt;
*[[Classification des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Climat]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[C/N (rapport : dans les plantes, le sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Coefficient apparent d’utilisation de l’azote]]&lt;br /&gt;
*[[Cohésion du sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Colmatage]]&lt;br /&gt;
*[[Colza]]&lt;br /&gt;
*[[Compaction]]&lt;br /&gt;
*[[Compétition, Concurrence]]&lt;br /&gt;
*[[Complexes : absorbant, argilo-humique]]&lt;br /&gt;
*[[Comportement agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Composantes du rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Compost]]&lt;br /&gt;
*[[Conductivité hydraulique du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Conduite des cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Confort hydrique des plantes]]&lt;br /&gt;
*[[Connaissances locales]]&lt;br /&gt;
*[[Conservation des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Consommation de luxe]]&lt;br /&gt;
*[[Contrainte agronomique, naturelle]]&lt;br /&gt;
*[[Conversion de l’énergie solaire]]&lt;br /&gt;
*[[Cosse, cossu]]&lt;br /&gt;
*[[Cotonnier]]&lt;br /&gt;
*[[Couche]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Couche-limite]]&lt;br /&gt;
*[[Couleurs des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Couverts végétaux]]&lt;br /&gt;
*[[Couverture du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Couverture (effet de)]]&lt;br /&gt;
*[[Croissance végétale, végétative]]&lt;br /&gt;
*[[Croissance (substance de)]]&lt;br /&gt;
*[[Croskill]]&lt;br /&gt;
*[[Croûte]]&lt;br /&gt;
*[[Culture (travail du sol, plante cultivée)]]&lt;br /&gt;
*[[Cultures associées, association d'espèces]]&lt;br /&gt;
*[[Culture attelée]]&lt;br /&gt;
*[[Culture dérobée]]&lt;br /&gt;
*[[Culture hors-sol]]&lt;br /&gt;
*[[Culture intercalaire]]&lt;br /&gt;
*[[Culture Intermédiaire Piège à Nitrates]]&lt;br /&gt;
*[[Culture sur brûlis]]&lt;br /&gt;
*[[Cultivar]]&lt;br /&gt;
*[[Cultivateur]]&lt;br /&gt;
*[[Cycles biogéochimiques (H2O, C, N, etc)]]&lt;br /&gt;
*[[Cycle cultural]]&lt;br /&gt;
*[[Cycle de Krebs]]&lt;br /&gt;
*[[Cycle végétatif]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=D= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Déchaumage]]&lt;br /&gt;
*[[Déchausser]]&lt;br /&gt;
*[[Décision technique]]&lt;br /&gt;
*[[Décompactage]]&lt;br /&gt;
*[[Déficit hydrique]]&lt;br /&gt;
*[[Déficit de saturation de l’air]]&lt;br /&gt;
*[[Défriche-brûlis]]&lt;br /&gt;
*[[Défricher]] : voir [[Friche, défricher]]&lt;br /&gt;
*[[Défoncement, défoncer]]&lt;br /&gt;
*[[Dégradation des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Degré-jour]] : voir [[Temps thermique (sommes de températures)]]&lt;br /&gt;
*[[Déjections animales]]&lt;br /&gt;
*[[Démariage]]&lt;br /&gt;
*[[Dénitrification]]&lt;br /&gt;
*[[Densité apparente du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Densité de semis]]&lt;br /&gt;
*[[Dépérissement]]&lt;br /&gt;
*[[Dépiquage]]&lt;br /&gt;
*[[Déprimage, déprimer (une prairie)]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Désertification]]&lt;br /&gt;
*[[Désherbant]] : voir [[Herbicide]]&lt;br /&gt;
*[[Dessaisonner, dessoler]]&lt;br /&gt;
*[[Développement, stades de développement]]&lt;br /&gt;
*[[Distinction, Homogénéité, Stabilité)]]&lt;br /&gt;
*[[Diagnostic agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Diagnostic foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Diagnostic floristique (prairies)]]&lt;br /&gt;
*[[Différables (travaux agricoles)]]&lt;br /&gt;
*[[Dispositif expérimental]]&lt;br /&gt;
*[[Diversification]]&lt;br /&gt;
*[[Domaine de recommandations]]&lt;br /&gt;
*[[Dominance (différentes acceptions)]]&lt;br /&gt;
*[[Dormance]]&lt;br /&gt;
*[[Dragées]]&lt;br /&gt;
*[[Drainage]]&lt;br /&gt;
*[[Dry-farming]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=E= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Échantillon]]&lt;br /&gt;
*[[Échaudage]]&lt;br /&gt;
*[[Écheniller, échenilloir]]&lt;br /&gt;
*[[Écimage]]&lt;br /&gt;
*[[Éclaircir, éclaircissage]]&lt;br /&gt;
*[[Écobuage]]&lt;br /&gt;
*[[Écologie]]&lt;br /&gt;
*[[Écophysiologie]]&lt;br /&gt;
*[[Écroûtage, écroûter]]&lt;br /&gt;
*[[Effet de bordure]]&lt;br /&gt;
*[[Effet de serre]]&lt;br /&gt;
*[[Effet d’oasis]]&lt;br /&gt;
*[[Effet précédent]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience d’interception du rayonnement]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience de conversion de l’énergie]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience de l’eau]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience de transpiration]]&lt;br /&gt;
*[[Élaboration du rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Élément minéral]]&lt;br /&gt;
*[[Éliciteur]]&lt;br /&gt;
*[[Emblaver]]&lt;br /&gt;
*[[Émonder, émondage]]&lt;br /&gt;
*[[Émotter]]&lt;br /&gt;
*[[Engrais]]&lt;br /&gt;
*[[Engrais vert]]&lt;br /&gt;
*[[Ennemi des cultures]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Enquête agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Enracinement]]&lt;br /&gt;
*[[Ensiler, ensilage]]&lt;br /&gt;
*[[Épeautre]]&lt;br /&gt;
*[[Épi, épier, épiaison]]&lt;br /&gt;
*[[Épigénétique]]&lt;br /&gt;
*[[Épisolum]] : Voir [[Solum]]&lt;br /&gt;
*[[Ergot]] (maladie)&lt;br /&gt;
*[[Érosion]]&lt;br /&gt;
*[[Escourgeon]] : voir [Orge]]&lt;br /&gt;
*[[Espalier]]&lt;br /&gt;
*[[Espèce, variété, cultivar]]&lt;br /&gt;
*[[Essai]]&lt;br /&gt;
*[[Essarter, essartage]]&lt;br /&gt;
*[[État du milieu]]&lt;br /&gt;
*[[Étaupinage]]&lt;br /&gt;
*[[Étiolement]]&lt;br /&gt;
*[[Étouffer, plantes étouffantes]]&lt;br /&gt;
*[[Étrépage]]&lt;br /&gt;
*[[Étude fréquentielle]]&lt;br /&gt;
*[[Évapotranspiration, bilan hydrique, irrigation]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Évolage]]&lt;br /&gt;
*[[Excès d’eau]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Expérimentation]]&lt;br /&gt;
*[[Expérimentation-système]]&lt;br /&gt;
*[[Exposition]]&lt;br /&gt;
*[[Extirpateur]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=F= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Façon culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Facteur limitant]]&lt;br /&gt;
*[[Faculté germinative]]&lt;br /&gt;
*[[Faim d’azote]]&lt;br /&gt;
*[[Fanage, fenaison]]&lt;br /&gt;
*[[Fatigue des terres]] : voir [[Repos et fatigue des terres]]&lt;br /&gt;
*[[Faune du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Faux-semis]]&lt;br /&gt;
*[[Fécond, fécondité]]&lt;br /&gt;
*[[Ferme, fermier, fermage]]&lt;br /&gt;
*[[Ferme de (à) références]]&lt;br /&gt;
*[[Ferme-modèle ou pilote]]&lt;br /&gt;
*[[Fertilisation]]&lt;br /&gt;
*[[Fertilité]]&lt;br /&gt;
*[[Fève, féverole]]&lt;br /&gt;
*[[Fixation symbiotique]]&lt;br /&gt;
*[[Flétrissement]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Foisonner, foisonnement]]&lt;br /&gt;
*[[Fonctionnement du couvert végétal]]&lt;br /&gt;
*[[Fonction de pédotransfert]]&lt;br /&gt;
*[[Fongicide]]&lt;br /&gt;
*[[Fonte des semis]]&lt;br /&gt;
*[[Forte (terre)]]&lt;br /&gt;
*[[Fourrage]]&lt;br /&gt;
*[[Fourrière ou tournière]]&lt;br /&gt;
*[[Fractionnement de l’azote]]&lt;br /&gt;
*[[Franc, franche, affranchissement]]&lt;br /&gt;
*[[Friche, défricher]]&lt;br /&gt;
*[[Froment]]&lt;br /&gt;
*[[Fruit, fructifier, fructification]]&lt;br /&gt;
*[[Fumier]]&lt;br /&gt;
*[[Fumure, fumer]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=G= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Garluche]]&lt;br /&gt;
*[[Gazon]]&lt;br /&gt;
*[[Gel, gelée]]&lt;br /&gt;
*[[Génération spontanée]]&lt;br /&gt;
*[[Génotype]]&lt;br /&gt;
*[[Gerbe]]&lt;br /&gt;
*[[Gley, pseudo-gley]]&lt;br /&gt;
*[[Grain]] : voir [[Céréale]]&lt;br /&gt;
*[[Grande culture]]&lt;br /&gt;
*[[Granulométrie et diagrammes de texture]]&lt;br /&gt;
*[[Greffe, porte-greffe]]&lt;br /&gt;
*[[Grenaison]]&lt;br /&gt;
*[[Grison]] &lt;br /&gt;
*[[Guéret]]&lt;br /&gt;
*[[Gypsage]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=H=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Haie]]&lt;br /&gt;
*[[Hanneton]]&lt;br /&gt;
*[[Haricot]]&lt;br /&gt;
*[[Haute Valeur Environnementale]]&lt;br /&gt;
*[[Herbage]]&lt;br /&gt;
*[[Herbicide]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Herse, hersage]]&lt;br /&gt;
*[[Hétérosis]]&lt;br /&gt;
*[[Histoire culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Hivernage]]&lt;br /&gt;
*[[Horizon]]&lt;br /&gt;
*[[Hormone végétale]]&lt;br /&gt;
*[[Hors-sol]]&lt;br /&gt;
*[[Horticulture]]&lt;br /&gt;
*[[Houe]]&lt;br /&gt;
*[[Humidité du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Humus]]&lt;br /&gt;
*[[Hybride]]&lt;br /&gt;
*[[Hydraulique agricole]]&lt;br /&gt;
*[[Hydromorphie]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=I= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Idéotype variétal]]&lt;br /&gt;
*[[Immobilisation]]&lt;br /&gt;
*[[Infrastructure agroécologique]]&lt;br /&gt;
*[[Indicateur]]&lt;br /&gt;
*[[Indice d’aridité]]&lt;br /&gt;
*[[Indice de fréquence de traitement]]&lt;br /&gt;
*[[Indice de récolte]]&lt;br /&gt;
*[[Indice foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Innovation technique]]&lt;br /&gt;
*[[Inoculation, inoculer, inoculum]]&lt;br /&gt;
*[[Insecticide]]&lt;br /&gt;
*[[Intensif, intensification]]&lt;br /&gt;
*[[Interaction génotype x milieu]]&lt;br /&gt;
*[[Interculture]]&lt;br /&gt;
*[[Irrigation / arrosage]]&lt;br /&gt;
*[[Isohydrique, anisohydrique (plantes)]]&lt;br /&gt;
*[[Itinéraire physiologique]]&lt;br /&gt;
*[[Itinéraire technique]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=J= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Jachère]]&lt;br /&gt;
*[[Jardin, jardinage]]&lt;br /&gt;
*[[Jours disponibles pour les travaux des champs]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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=K= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
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=L= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Labour]]&lt;br /&gt;
*[[Laboureur]]&lt;br /&gt;
*[[Lande]]&lt;br /&gt;
*[[Légume, légumineuse]]&lt;br /&gt;
*[[Lessivage]]&lt;br /&gt;
*[[Levée, lever]]&lt;br /&gt;
*[[Libération lente, libération contrôlée]]&lt;br /&gt;
*[[Limace]]&lt;br /&gt;
*[[Limon : le mot]]&lt;br /&gt;
*[[Lin]]&lt;br /&gt;
*[[Litière]]&lt;br /&gt;
*[[Lixiviation]]&lt;br /&gt;
*[[Loi de dilution]]&lt;br /&gt;
*[[Liebig et la loi du minimum]]&lt;br /&gt;
*[[Loi de restitution]]&lt;br /&gt;
*[[Lot de parcelles, de culture]]&lt;br /&gt;
*[[Lutte biologique]]&lt;br /&gt;
*[[Lutte intégrée]]&lt;br /&gt;
*[[Lutte raisonnée]]&lt;br /&gt;
*[[Luzerne]]&lt;br /&gt;
*[[Lysimétrie]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=M= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Mâchefer]]&lt;br /&gt;
*[[Machinisme]]&lt;br /&gt;
*[[Maïs]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Maladies des plantes]]&lt;br /&gt;
*[[Malherbologie]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Manioc]]&lt;br /&gt;
*[[Mars]]&lt;br /&gt;
*[[Matière organique du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Matière sèche]]&lt;br /&gt;
*[[Mauvaise herbe]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanisation]]&lt;br /&gt;
*[[Mélange de variétés]]&lt;br /&gt;
*[[Menus grains]]&lt;br /&gt;
*[[Mesures de surface agraires]]&lt;br /&gt;
*[[Méthode Coïc]]&lt;br /&gt;
*[[Microclimat]]&lt;br /&gt;
*[[Microbes (microfaune et flore) du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Mil, millet]]&lt;br /&gt;
*[[Mildiou]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Milieu naturel]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Milieu physique]]&lt;br /&gt;
*[[Minéralisation]]&lt;br /&gt;
*[[Minimum (loi du)]]&lt;br /&gt;
*[[Miscanthus]]&lt;br /&gt;
*[[Mise en valeur (d’un terrain, d’un milieu)]]&lt;br /&gt;
*[[Modèle (divers usages et acceptions)]]&lt;br /&gt;
*[[Modélisation]]&lt;br /&gt;
*[[Molluscicide]]&lt;br /&gt;
*[[Monoculture]]&lt;br /&gt;
*[[Monter, montaison]]&lt;br /&gt;
*[[Morcellement parcellaire (conséquences agronomiques)]]&lt;br /&gt;
*[[Mots piégés]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Motte]]&lt;br /&gt;
*[[Mouillère]]&lt;br /&gt;
*[[Moutarde]]&lt;br /&gt;
*[[Mulch]]&lt;br /&gt;
*[[Multifonctionnalité de l’agriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Multiplication végétative]]&lt;br /&gt;
*[[Mycorhize]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=N= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Navet, navette]]&lt;br /&gt;
*[[Nématodes]]&lt;br /&gt;
*[[Nielle]]&lt;br /&gt;
*[[Nitrification]]&lt;br /&gt;
*[[Nomenclatures vernaculaires des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Non-labour]]&lt;br /&gt;
*[[Nouer, nouaison]]&lt;br /&gt;
*[[Novale, terre novale]]&lt;br /&gt;
*[[Nutrition azotée]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=O= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Objectif de rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Oïdium]]&lt;br /&gt;
*[[Oléagineux, oléoprotéagineux]]&lt;br /&gt;
*[[Oligoéléments]]&lt;br /&gt;
*[[Opération culturale, technique]]&lt;br /&gt;
*[[Organisation (de l’azote)]]&lt;br /&gt;
*[[Outil d’aide à la décision]]&lt;br /&gt;
*[[Outils et opérations de travail du sol]] (dossier)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=P= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Paille, paillage, paillasson, menues pailles]]&lt;br /&gt;
*[[Palissade, palissage, palisser]]&lt;br /&gt;
*[[Paquet technologique ]]&lt;br /&gt;
*[[Parasite, parasitoïde]]&lt;br /&gt;
*[[Parcage]]&lt;br /&gt;
*[[Parcelle, parcellaire]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Parcelle-guide]]&lt;br /&gt;
*[[Parcours]]&lt;br /&gt;
*[[Pathosystème]]&lt;br /&gt;
*[[Pâtis]]&lt;br /&gt;
*[[Pâturage (continu, tournant, rationné, rationnel...)]]&lt;br /&gt;
*[[Paysage]]&lt;br /&gt;
*[[Pédoclimat]]&lt;br /&gt;
*[[Pédoclimatique]]&lt;br /&gt;
*[[Pédologie]]&lt;br /&gt;
*[[Pépinière]]&lt;br /&gt;
*[[Performance agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Pesticide]]&lt;br /&gt;
*[[Peuplement végétal, cultivé]]&lt;br /&gt;
*[[pF]]&lt;br /&gt;
*[[pH du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Phénologie]]&lt;br /&gt;
*[[Phosphore]]&lt;br /&gt;
*[[Photopériode, photopériodisme]]&lt;br /&gt;
*[[Photosynthèse]]&lt;br /&gt;
*[[Phyllochrone]]&lt;br /&gt;
*[[Physionomie de la végétation prairiale]]&lt;br /&gt;
*[[Phytophage / herbivore]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Phytosanitaire]]&lt;br /&gt;
*[[Phytosociologie]]&lt;br /&gt;
*[[Phytotechnie]]&lt;br /&gt;
*[[Phytotoxicité]]&lt;br /&gt;
*[[Piétin]]&lt;br /&gt;
*[[Pincer, pincement]]&lt;br /&gt;
*[[Planche, plate-bande]]&lt;br /&gt;
*[[Plan de fumure]]&lt;br /&gt;
*[[Plan d'expérience]]&lt;br /&gt;
*[[Plant, planter, transplanter]]&lt;br /&gt;
*[[Plante améliorante]]&lt;br /&gt;
*[[Plante épuisante, salissante]]&lt;br /&gt;
*[[Plante génétiquement modifiée]]&lt;br /&gt;
*[[Plantes indicatrices]]&lt;br /&gt;
*[[Plante racine]]&lt;br /&gt;
*[[Plante sarclée]]&lt;br /&gt;
*[[Plante tinctoriale]]&lt;br /&gt;
*[[Plantes transgéniques]]&lt;br /&gt;
*[[Plâtre, plâtrage]]&lt;br /&gt;
*[[Point de flétrissement permanent]]&lt;br /&gt;
*[[Pollinisation]]&lt;br /&gt;
*[[Pois]]&lt;br /&gt;
*[[Pollution]]&lt;br /&gt;
*[[Pomme de terre]]&lt;br /&gt;
*[[Porosité]]&lt;br /&gt;
*[[Portance]]&lt;br /&gt;
*[[Potentialités]]&lt;br /&gt;
*[[Potager]]&lt;br /&gt;
*[[Potasse]]&lt;br /&gt;
*[[Potentiel de croissance]]&lt;br /&gt;
*[[Potentiel hydrique]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Pourriture (grise, noble,...)]]&lt;br /&gt;
*[[Pouvoir évaporant de l’air]]&lt;br /&gt;
*[[Pouvoir germinatif]]&lt;br /&gt;
*[[Prairie]]&lt;br /&gt;
*[[Prairie artificielle]]&lt;br /&gt;
*[[Pralinage]]&lt;br /&gt;
*[[Pratique agricole]]&lt;br /&gt;
*[[Pratiques locales /paysannes]]&lt;br /&gt;
*[[Précédent]]&lt;br /&gt;
*[[Précocité]]&lt;br /&gt;
*[[Préparation du champ]]&lt;br /&gt;
*[[Pression de sélection]]&lt;br /&gt;
*[[Pré-verger]]&lt;br /&gt;
*[[Principe]]&lt;br /&gt;
*[[Printanisation]]&lt;br /&gt;
*[[Prise de force]]&lt;br /&gt;
*[[Processus de production]]&lt;br /&gt;
*[[Productivité]]&lt;br /&gt;
*[[Profil cultural]]&lt;br /&gt;
*[[Profil hydrique]]&lt;br /&gt;
*[[Progrès technique]]&lt;br /&gt;
*[[Prophylaxie]]&lt;br /&gt;
*[[Protéagineux]]&lt;br /&gt;
*[[Protection des végétaux]]&lt;br /&gt;
*[[Protection intégrée, production intégrée]]&lt;br /&gt;
*[[Prototypage]]&lt;br /&gt;
*[[Pseudo-labour]]&lt;br /&gt;
*[[Pulvériseur / pulvérisateur]]&lt;br /&gt;
*[[Pureté spécifique, variétale]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Q= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Qualité]]&lt;br /&gt;
*[[Quotient photothermique]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=R= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Raccourcisseur de paille]]&lt;br /&gt;
*[[Raie, dérayure, rayon, rayonner]]&lt;br /&gt;
*[[Raison, rationnel]]&lt;br /&gt;
*[[Rasette]]&lt;br /&gt;
*[[Rattrapage]]&lt;br /&gt;
*[[Ravageur / déprédateur / peste]]&lt;br /&gt;
*[[Rayonnement intercepté, absorbé]]&lt;br /&gt;
*[[Rayonnement photosynthétiquement actif]]&lt;br /&gt;
*[[Référence technique, référentiel]]&lt;br /&gt;
*[[Refus au pâturage)]]&lt;br /&gt;
*[[Règle de décision]]&lt;br /&gt;
*[[Régulateur de croissance]]&lt;br /&gt;
*[[La régulation biologique en agronomie]]&lt;br /&gt;
*[[Régulation stomatique]]&lt;br /&gt;
*[[Relevage 3 points]]&lt;br /&gt;
*[[Reliquats azotés, reliquats sortie hiver]]&lt;br /&gt;
*[[Rémanence]]&lt;br /&gt;
*[[Remembrement]]&lt;br /&gt;
*[[Remembrement, la genèse]]&lt;br /&gt;
*[[Remuer]] : voir labour, fanage&lt;br /&gt;
*[[Rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Repiquage]]&lt;br /&gt;
*[[Repos et fatigue des terres)]]&lt;br /&gt;
*[[Réserve en eau du sol]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Réserve utile, facilement utilisable]]&lt;br /&gt;
*[[Résistance / sécheresse, froid, maladies, parasites, herbicides, insecticides, fongicides...]]&lt;br /&gt;
*[[Respiration des végétaux]]&lt;br /&gt;
*[[Ressources génétiques]]&lt;br /&gt;
*[[Ressuyée (terre), ressuyage]]&lt;br /&gt;
*[[Rétrogradation]]&lt;br /&gt;
*[[Révolution fourragère]]&lt;br /&gt;
*[[Révolution verte]]&lt;br /&gt;
*[[Rhizosphère]]&lt;br /&gt;
*[[Riz, rizière, riziculture]]&lt;br /&gt;
*[[Rotation des cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Rotation-cadre]]&lt;br /&gt;
*[[Rotavator]]&lt;br /&gt;
*[[Rouille (maladie)]]&lt;br /&gt;
*[[Roulage, rouler, rouleau]]&lt;br /&gt;
*[[Routine]]&lt;br /&gt;
*[[Rusticité, rustique]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=S= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Saison (diverses acceptions)]]&lt;br /&gt;
*[[Salinité]]&lt;br /&gt;
*[[Santé des plantes]]&lt;br /&gt;
*[[Sarcler, sarclage, sarcloir]]&lt;br /&gt;
*[[Sarrasin]]&lt;br /&gt;
*[[Savoirs locaux]]&lt;br /&gt;
*[[Sécheresse]]&lt;br /&gt;
*[[Sélection]]&lt;br /&gt;
*[[Sel, sels minéraux]]&lt;br /&gt;
*[[Semelle de labour]]&lt;br /&gt;
*[[Semences paysannes]]&lt;br /&gt;
*[[Semis, semaille, semence]]&lt;br /&gt;
*[[Semis direct]]&lt;br /&gt;
*[[Semis à la volée, en lignes]]&lt;br /&gt;
*[[Semis sous couvert]]&lt;br /&gt;
*[[Sénescence]]&lt;br /&gt;
*[[Sensibilité du suivant]]&lt;br /&gt;
*[[Séquestration du carbone]]&lt;br /&gt;
*[[Serre, serrer]]&lt;br /&gt;
*[[Seuil de tolérance]]&lt;br /&gt;
*[[Sève]]&lt;br /&gt;
*[[Sillon]]&lt;br /&gt;
*[[Silo]]&lt;br /&gt;
*[[Situation culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Sociétés d’agriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Sol]]&lt;br /&gt;
*[[Sombre, somar, semor]] : voir [[jachère]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Somme des températures]] : voir [[Temps thermique (sommes de températures)]]&lt;br /&gt;
*[[Sorgho]]&lt;br /&gt;
*[[Source/puits]]&lt;br /&gt;
*[[Sous-solage]]&lt;br /&gt;
*[[Stabilité structurale]]&lt;br /&gt;
*[[Stades de développement (épi à 1 cm, rosettte,...)]]&lt;br /&gt;
*[[Statistique]]&lt;br /&gt;
*[[Steiner (méthode)]]&lt;br /&gt;
*[[Stimulant, stimulation]]&lt;br /&gt;
*[[Stock semencier du sol ]]&lt;br /&gt;
*[[Structure du couvert]]&lt;br /&gt;
*[[Structure du sol, état structural, dégradation structurale]]&lt;br /&gt;
*[[Substance de croissance]]&lt;br /&gt;
*[[Succession de cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Suivi d'exploitation]]&lt;br /&gt;
*[[Surface de compensation écologique, Surface avec couvert environnemental (SCE)]]&lt;br /&gt;
*[[Surface foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Surpâturage]]&lt;br /&gt;
*[[Symbiose]]&lt;br /&gt;
*[[Système agraire]]&lt;br /&gt;
*[[Système de culture]]&lt;br /&gt;
*[[Systémique]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;| &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=T= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Taille, tailler]]&lt;br /&gt;
*[[Talle, taller, tallage]]&lt;br /&gt;
*[[Tarière]]&lt;br /&gt;
*[[Taupage]]&lt;br /&gt;
*[[Taupin]]&lt;br /&gt;
*[[Techniques Culturales Simplifiées, Techniques Culturales Sans Labour]]&lt;br /&gt;
*[[Télédétection]]&lt;br /&gt;
*[[Témoin]]&lt;br /&gt;
*[[Temps thermique (sommes de températures)]]&lt;br /&gt;
*[[Terrain, terroir]]&lt;br /&gt;
*[[Terrasse]]&lt;br /&gt;
*[[Terre]]&lt;br /&gt;
*[[Terreau]]&lt;br /&gt;
*[[Territoire]]&lt;br /&gt;
*[[Terroir]]&lt;br /&gt;
*[[Texture du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Tolérance / sécheresse, froid, maladies, parasites...]]&lt;br /&gt;
*[[Tour de plaine]]&lt;br /&gt;
*[[Toxicité aluminique]]&lt;br /&gt;
*[[Trait de vie d’une espèce]]&lt;br /&gt;
*[[Traitement]]&lt;br /&gt;
*[[Transplantation]]&lt;br /&gt;
*[[Travail du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Trèfle]]&lt;br /&gt;
*[[Trémois]]&lt;br /&gt;
*[[Trésorerie fourragère]]&lt;br /&gt;
*[[Triticale]]&lt;br /&gt;
*[[Tritordeum]]&lt;br /&gt;
*[[Typologie]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=U= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=V= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Valeur culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Variété, pureté variétale]]&lt;br /&gt;
*[[Variétés locales]]&lt;br /&gt;
*[[Variété multilignes]]&lt;br /&gt;
*[[Valeur agricole et technologique]]&lt;br /&gt;
*[[Vecteur (insecte)]]&lt;br /&gt;
*[[Végétation, végéter]]&lt;br /&gt;
*[[Ver]]&lt;br /&gt;
*[[Ver de terre]]&lt;br /&gt;
*[[Verger]]&lt;br /&gt;
*[[Vernalisation]]&lt;br /&gt;
*[[Versoir, oreille]]&lt;br /&gt;
*[[Vigueur]]&lt;br /&gt;
*[[Vigueur hybride]]&lt;br /&gt;
*[[Viticulture]]&lt;br /&gt;
*[[Vocation d'un sol ou terrain]]&lt;br /&gt;
*[[André Voisin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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=Y= &lt;br /&gt;
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=Z= &lt;br /&gt;
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*[[Zéro de végétation]] Voir [[Temps thermique (sommes de température)]]&lt;br /&gt;
*[[Zonage]]&lt;br /&gt;
*[[Zones humides]]&lt;br /&gt;
|}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Les_prairies_de_1945_%C3%A0_aujourd%E2%80%99hui_:_de_la_production_de_fourrages_%C3%A0_la_fourniture_de_services_%C3%A0_la_soci%C3%A9t%C3%A9&amp;diff=5238</id>
		<title>Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société</title>
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		<updated>2026-03-31T08:59:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteurs'' : [[A pour auteur:: Michel Duru]]''' et ''' [[A pour auteur:: Charlène Bouvier]]'''&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Définition des différents types de prairies&lt;br /&gt;
|Annexe 2=&lt;br /&gt;
|Annexe 3=&lt;br /&gt;
|Annexe 4=&lt;br /&gt;
|Article 1=Agroécologie&lt;br /&gt;
|Article 2=Fourrage&lt;br /&gt;
|Article 3=Prairie artificielle&lt;br /&gt;
|Article 4=Prairie permanente&lt;br /&gt;
|Article 5=Prairie temporaire&lt;br /&gt;
|Article 6=Pâturage&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation= 19 mars 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=30 mars 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction==&lt;br /&gt;
La prairie est, dans la durée historique, un objet difficile à définir pour les [[agronome, agronomie : étymologie|agronomes]] et complexe à délimiter dans l’espace pour les géographes (cas des [[lande]]s, des estives). Elle a également été et est toujours un objet complexe pour la recherche en agronomie. Il existe ainsi une agronomie de la prairie qui s’est construite avec ses propres approches, concepts et méthodes, différents de ceux de l’agronomie des [[grandes cultures]]. Cet article veut retracer l’évolution de l’agronomie de la prairie et celle des finalités données à la prairie en fonction des différents contextes agricoles et écologiques depuis 1945. Nous nous limiterons ici au cas de la France, tout en mentionnant les emprunts faits à d’autres écoles de pensée et de pratiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition du mot Prairie==&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Les prairies sont des surfaces agricoles et pastorales dont la végétation, herbacée, est utilisée pour la production de [[fourrage]] à récolter et/ou pour le [[pâturage]] d’animaux d’élevage.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles résultent d’une interaction entre la végétation et les herbivores, sans la présence desquels la forêt occuperait l’essentiel de l’espace en plaine, ne laissant la prairie dominante qu’au-dessus d’une certaine altitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’un point de vue botanique, elles sont composées le plus souvent de graminées et de [[Légume, légumineuse|légumineuses]], et souvent de plantes diverses en plus faible proportion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette définition très large englobe une grande diversité de prairies que les agronomes différencient selon leur composition floristique, leurs usages, leur [[productivité]] et leur durée. Un grand nombre de termes existe chez les éleveurs pour désigner ces surfaces (&amp;lt;u&amp;gt;[[pré]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[parc]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[herbage]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[pâturage]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;pâture&amp;lt;/u&amp;gt;...). Même si les agronomes reprennent parfois ces termes, ils classent les prairies en trois grandes catégories pensées selon leur cycle productif : les [[Prairie artificielle|prairies artificielles]], les [[Prairie temporaire|prairies temporaires]] et les [[Prairie permanente|prairies permanentes]]. Leurs définitions détaillées sont données dans l’[[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société - Annexe 1|annexe 1]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ce qu’elles laissent penser, ces expressions n’apportent pas d’informations sur le niveau d’artificialisation de la prairie. Déjà employé, dans un sens peu précis, par [[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]] en 1600, l’adjectif « artificiel » utilisé pour décrire des prairies est un héritage des textes de la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle qui ont précédé (et préparé) la révolution agricole du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, révolution qui se caractérise notamment par la généralisation de cultures de légumineuses au sein des rotations en remplacement de la [[jachère]]. Les « fourrages artificiels » deviennent synonymes de « progrès » contrairement aux prairies permanentes, souvent appelées « naturelles » et jugées trop peu [[Productivité|productives]]. Pour autant, ces dernières ne sont pas naturelles en ce qu’elles n’existeraient pas sans des interventions techniques fréquentes ([[fertilisation]], gestion du pâturage, [[fauche]], [[Herse, hersage|hersage]]...), parfois même intensives. Quant à leur permanence, il faut la relativiser. Si certaines prairies peuvent être très anciennes, d’autres sont plus récentes. Historiquement, les usages du sol ont beaucoup évolué et les prairies n’ont pas été épargnées. Le qualificatif de « permanente » doit être interprété comme un accent mis sur la durée d’implantation plus longue de la végétation des prairies permanentes. Tout comme l’usage des sols, la durée d’implantation nécessaire pour mériter le qualificatif de permanente a évolué au cours de l’histoire. Aujourd’hui, une prairie est considérée « permanente » à partir de cinq ans d’implantation selon les règles de la politique agricole commune en Europe (PAC). Dans les années 1950, une prairie temporaire restait implantée entre trois et six ans tant que son [[rendement]] était jugé suffisant. Les critères utilisés par les agronomes ont ainsi une dimension normative qui n’a pas forcément de signification biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La prairie à l’époque de la « révolution fourragère » de l’après-guerre ? (1945 – 1960)==&lt;br /&gt;
===L’ouverture d’un nouveau champ de recherche pour l’agronomie===&lt;br /&gt;
Bien qu’elle ait fait l’objet de travaux agronomiques au cours des siècles précédents, la prairie se trouve au cœur des enjeux agricoles et agronomiques au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle est perçue comme un moyen d’augmenter la production de lait et de viande sans détourner des denrées directement valorisables par les humains alors que la pénurie alimentaire sévit en France. L’herbe et ses racines sont également vues comme un moyen d’entretenir la [[fertilité]] des sols appauvris par plusieurs années d’exploitation dans un contexte de pénurie d’[[engrais]] minéraux comme organiques. C’est alors un tout nouveau champ de recherche qui s’ouvre pour l’agronomie française. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les agronomes de la recherche publique calquent leur approche de la prairie sur celle développée par les agronomes britanniques dans la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le ley-farming qui consiste à intégrer dans les [[assolement]]s, pour une durée variable, des prairies temporaires composées de [[Espèce, variété, cultivar|variétés]] de graminées et de légumineuses [[sélection]]nées et à les faire pâturer, semble alors particulièrement adapté aux objectifs donnés à la prairie. Dès 1946 à l’Inra, une équipe de jeunes agronomes dirigée par Jean Rebischung pose les bases de l’agronomie de la prairie. Tout est à créer : choisir les graminées et légumineuses à sélectionner, mettre au point les schémas de sélection, définir les critères de cette sélection, élaborer les méthodes d’[[expérimentation]], déterminer les techniques d’exploitation, définir les critères de qualité agronomique des prairies et étudier la conduite du pâturage (Rebischung, 1948 et 1960).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après des essais sur prairies permanentes et temporaires, les agronomes de l’équipe de Versailles élaborent le modèle agricole de la « chaîne de pâturage ». Ces essais mettent en évidence la différence de comportement entre les populations de graminées prairiales quant à leur date de départ en végétation que les agronomes nomment alors la «[[précocité]]». Cette dernière devient un critère de sélection central puisqu’elle permet de jouer sur l’étalement de la production d’herbe. Dans un contexte où le pâturage est considéré comme la méthode de récolte la plus économique, cet étalement est perçu comme le moyen de fournir au bétail une herbe pâturable sur la plus longue période de l’année possible. Mais l’irrégularité saisonnière de la vitesse de pousse de l’herbe oblige les agronomes à s’intéresser aux différentes méthodes de stockage des excédents printaniers ainsi qu’à la conduite du pâturage. Il s’agit de trouver un compromis entre les besoins du bétail et le rythme de [[croissance]] de l’herbe. Mais le manque de domaines expérimentaux limite grandement les possibilités de l’équipe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Prairie permanente contre prairie temporaire, une réelle controverse scientifique ?===&lt;br /&gt;
Ce modèle agricole ne laisse que peu de place aux prairies permanentes, jugées trop peu productives et de mauvaise qualité, qui recouvrent pourtant douze millions d’hectares. De nombreux agronomes, dont [[A pour personne citée:: René Dumont|René Dumont]], professeur à l’Ina et Louis Hédin, chercheur à l’Inra, encouragent alors leur retournement. Cela n’empêche pas pour autant Louis Hédin d’étudier les prairies permanentes par leur composition floristique en s’appuyant sur les acquis de la [[phytosociologie]] et de l’écologie pour enrichir l’approche agronomique encore très empirique et inadaptée à l’étude de peuplements multi-spécifiques et pérennes (Hédin, 1952).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1954, Pierre Chazal, conseiller agricole, et [[A pour personne citée:: René Dumont|René Dumont]] publient ''La nécessaire révolution fourragère et l’expérience lyonnaise'', ouvrage dans lequel ils présentent les résultats des essais menés depuis 1948 chez des éleveurs dans le département du Rhône sur les prairies temporaires (Chazal et Dumont, 1954). C’est dans cet ouvrage que René Dumont propose l’expression de « révolution fourragère » pour désigner le retournement massif des prairies permanentes afin de leur substituer des prairies temporaires introduites dans les assolements. Mais c’est un article de l’éleveur normand [[André Voisin]] de 1953 qui déclenche une importante controverse avec les agronomes de la recherche publique (Voisin, 1953). Voisin défend les prairies permanentes en argumentant qu’elles peuvent être facilement améliorées agronomiquement par une conduite adaptée du pâturage et une fertilisation conséquente (Voisin, 1953 et 1957). Il est soutenu par Léon Der Khatchadourian, ingénieur en chef des Services agricoles et inspecteur de l’Agriculture, qui étudie depuis les années 1930 la conduite du pâturage sur prairies permanentes (Der Khatchadourian, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les prises de position apparaissent initialement dogmatiques, les agronomes sont amenés à nuancer leurs propos lorsqu’ils s’intéressent à l’application des résultats de leur recherche. Dans leurs contacts avec les éleveurs, ils constatent les avantages qu’apporte la combinaison des différents types de prairies à l’échelle de l’exploitation. Ils insistent également sur la nécessité d’adapter les types de prairies et la composition botanique des prairies temporaires en fonction de la diversité des conditions climatiques et pédologiques locales. Dumont lui-même invite à la nuance dès 1954. « Dans l’état actuel de nos connaissances en matière de prairie française, il n’est cependant évidemment pas question de conseiller demain le retournement de nos 12 millions d’hectares de prairies permanentes (...) La solution optimum dépendra d’abord du micromilieu, et l’expérience locale des deux techniques d’amélioration de l’herbe apportera aux agriculteurs des éléments précieux de décision. Il est prudent de refuser tout apriorisme : soyons sportifs, le meilleur triomphera, et ce ne sera pas le même partout » (Dumont, 1954). La prairie permanente n’est pas totalement condamnée, en raison des avantages qu’elle peut avoir par rapport à la prairie temporaire dans certaines situations, mais aussi du manque de connaissances sur l’exploitation des prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’agronomie et son approche réductionniste en difficulté pour saisir la prairie (1960 –1974)==&lt;br /&gt;
===Un changement de regard sur les prairies (1960-1974)===&lt;br /&gt;
Au cours des années 1960, les agronomes de la recherche publique et du développement agricole se questionnent sur la diffusion relative des prairies temporaires et du modèle de la chaîne de pâturage. Pour certains, les explications sont techniques. Les variétés doivent être améliorées. Des adaptations techniques doivent être proposées localement en fonction du contexte [[pédoclimatique]]. Les éleveurs n’auraient pas un niveau technique suffisant pour appliquer correctement les résultats de la recherche. Pour d’autres, les raisons se trouvent ailleurs, résidant dans les nombreux bouleversements qu’entraîne la modification d’une technique d’exploitation à l’échelle de l’exploitation agricole. La manière dont les éleveurs conduisent leur exploitation et dont ils prennent leurs décisions commencent à intéresser quelques agronomes qui se rapprochent alors des sciences sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, le regard sur la prairie marque un tournant qui va se traduire par la fin de l’accroissement des surfaces de prairies permanentes (encadré 1) et, surtout, par un changement de regard sur leur valeur fourragère. La raison principale est le soutien important de la politique agricole commune (PAC), qui se met en place afin de répondre à une demande croissante de produits alimentaires (consommation intérieure puis exportation). Cela va engendrer une profonde transformation du [[paysage]], avec d’abord le développement rapide mais limité des prairies temporaires, qui va rapidement se stabiliser, puis du [[maïs]], exploité en [[ensilage]], et enfin l’effondrement des légumineuses fourragères ([[luzerne]]…) et le recul des prairies permanentes. Le cadre réglementaire se construit avec les catalogues de variétés pour les différentes espèces fourragères et une commercialisation de semences d’espèces pures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’intensification des prairies temporaires passe par les leviers de la génétique et de la fertilisation azotée. Les surfaces facilement accessibles, [[Mécanisation|mécanisable]]s, présentant des [[Potentiel de production|potentiels de production]] intéressants sont alors le centre de toutes les attentions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant cette période, et malgré le soutien de certains agronomes au premier rang desquels André Voisin, la prairie permanente n’est plus vraiment à l’honneur. Les [[Champ, pièce, parcelle|parcelles]] présentant des [[Contrainte agronomique|contraintes]] sont délaissées, exploitées à la marge, voire retournent en landes ou vers la forêt. Après être ainsi passé par un pic de près de 12,3 millions d’hectares à la fin des années 1960, les prairies permanentes ne recouvraient plus en 2005 que 8 millions d’hectares.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Encadré 1- Évolution des surfaces en prairies et en cultures fourragères (Plantureux ''et al''., 2012).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Fichier:Prairie-image-01.png|vignette]]En France, les surfaces en prairies permanentes n’ont cessé de croître au cours de la première partie du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, passant d’environ 20 % à plus de 40 % de la SAU (Surface Agricole Utile) au recensement agricole de 1970 (figure 1). Ces surfaces correspondent très majoritairement à des surfaces en herbe, avec parfois la présence de ligneux, et qui ne font pas l’objet d’un retournement pendant une durée variable (6 ans au minimum pour la statistique agricole).&lt;br /&gt;
Plusieurs raisons expliquent cette augmentation quasi linéaire des surfaces de prairies permanentes. En premier lieu, la très forte évolution des habitudes alimentaires de la population a généré une forte demande de produits animaux. Face à la quasi-absence de l’intensification de la production fourragère par la fertilisation et l’amélioration génétique, seule une augmentation des surfaces a permis de faire face à cette demande, conduisant à la conversion de [[culture|cultures]], de landes et de forêts. En second lieu, l’industrialisation du pays et les guerres successives ont induit une forte diminution de la main d’œuvre et du bétail de trait&amp;lt;ref&amp;gt;Pendant la 1&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, les chevaux de trait ont été réquisitionnés pour aller au front, où un million sont morts. Et, pendant la seconde, les Allemands ont emporté en Allemagne une grande partie du bétail.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans les campagnes, favorisant l’essor de l’industrie et des services. Le niveau encore faible de mécanisation et de motorisation de l’agriculture ne permettait plus de cultiver des surfaces importantes, provoquant ainsi la conversion des cultures en prairies.&lt;br /&gt;
Si les évolutions au cours du siècle dernier ont été très importantes, la diminution de la surface en prairie permanente constatée au cours de ces 30 dernières années s’inscrit avant tout après une très forte croissance qui peut ou doit aussi nous amener à relativiser quelque peu les enjeux de cette évolution récente.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Vers l’identification des facteurs de variation de la pousse de l’herbe===&lt;br /&gt;
Les recherches entamées dans l’après-guerre prennent de l’ampleur en 1962 avec la création de la Station d’Amélioration des plantes fourragères de Lusignan dans le département de la Vienne. La jeune équipe de Versailles, dont Yves Demarly prend la direction, y déménage et y met en place les infrastructures et moyens nécessaires à leurs recherches de génétique et de [[phytotechnie]]. La polyploïdie et l’allogamie&amp;lt;ref&amp;gt;L’allogamie est un mode de reproduction sexuée chez les plantes à fleurs où les deux gamètes mâle et femelle proviennent de deux parents différents. La polyploïdie qualifie les individus ou les cellules qui présentent plus de deux lots de chromosomes 3n ou 4n chromosomes, les individus normaux ayant 2n chromosomes). L’hétérosis est un effet sur la vigueur, qui est supérieure chez certains animaux ou végétaux hybrides, par rapport à la vigueur des individus dont ils sont issus.&amp;lt;/ref&amp;gt; des plantes prairiales, et la volonté de maximiser l’hétérosis, poussent les agronomes de Lusignan à importer dans la recherche française les outils de la génétique quantitative naissante à l’étranger. Dans l’obtention de nouvelles variétés, la qualité alimentaire occupe une bonne place mais la difficulté à la définir et la mainmise des zootechniciens sur cet objet d’étude rendent la tâche difficile aux agronomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette équipe approfondit également les premières recherches sur les modalités d’exploitation de la prairie qui posent des questions spécifiques en raison de la capacité de l’herbe à repousser après une exploitation et à la pluri-annualité de la prairie. En effet, il faut étudier les effets de la date de la première coupe sur la production et sur les cycles de repousse de l’année ainsi que sur le rythme de croissance de l’herbe des années suivantes. '''Contrairement aux agronomes des grandes cultures, ceux de la prairie ne cherchent pas à atteindre le rendement maximal en une récolte (une coupe). Ils doivent penser la production herbagère dans le temps et trouver un compromis entre production et pérennité.''' Pour cela, ils mènent de front recherche appliquée pour tester différents rythmes de coupe, et recherche fondamentale qui croise physiologie végétale et bioclimatologie pour identifier les processus biologiques intervenant dans la pousse de l’herbe et les effets du climat sur ces derniers (Gillet, 1969).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La revendication de la prairie permanente comme un objet agronomique===&lt;br /&gt;
Louis Hédin poursuit ses réflexions épistémologiques entre agronomie, phytosociologie et écologie pour élaborer des outils permettant d’étudier l’évolution des prairies permanentes sous l’effet des techniques d’exploitation. En reprenant le concept de succession écologique, lui et Michel Kerguélen, agronome diplômé en sciences naturelles, tentent de dresser des séries évolutives de la composition floristique des prairies pour les différents contextes pédoclimatiques français. L’objectif est ensuite de proposer une classification agronomique qui permet d’associer à chaque stade d’une série évolutive des techniques d’exploitation permettant de faire évoluer la composition floristique vers une flore jugée de meilleure qualité agronomique (Hédin ''et al''., 1972). Le manque de connaissances sur l’autoécologie et l’écophysiologie&amp;lt;ref&amp;gt;L’autoécologie est la science qui étudie l'ensemble des relations d'une espèce vivante avec son milieu, délimite les conditions qui permettent la survie de l'espèce, sa reproduction… L’écophysiologie est la science qui étudie les réponses comportementales et physiologiques des organismes à leur environnement&amp;lt;/ref&amp;gt;. des différentes espèces prairiales et sur la [[Compétition, concurrence|compétition]] inter- et intra-spécifique au sein de la prairie limitent la réalisation d’un tel outil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michel Vivier, conseiller de la Chambre d’Agriculture du Calvados, s’inspire de cette approche et, dans sa thèse, revendique la prairie permanente comme étant un objet que seule l’agronomie peut étudier. Il met en avant les nombreuses nuances floristiques qu’entraîne la diverse intensité des interventions techniques mais aussi les finalités productives de l’agronomie qui diffèrent de celles de la phytosociologie, qui est dans une démarche d’inventaire (Vivier, 1971). Cependant, il peine également à tirer des conclusions pratiques de ses recherches en raison du nombre d’interactions qu’il identifie au sein des prairies permanentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Optimiser l’utilisation des fourrages : un changement de perspective (1975 – 1989)&amp;lt;ref&amp;gt;Les sections 5 à 7 s’appuient largement sur un papier écrit pour les 60 ans de la revue Fourrages (Revaud Allézard ''et al''., 2019) de l’Association Francophone pour les Prairies et les Fourrages (AFPF).&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
La crise pétrolière de 1972 met brutalement en cause le contexte agricole sur les enjeux d’énergie et de protéines mais les accords internationaux dominés par les USA limitent rapidement les soutiens européens efficaces à la culture des protéagineux (Bertrand ''et al''., 1983). Le département de génétique végétale de l’INRA arrête même en 1992 les recherches sur le [[lupin]], la [[féverole]] et le [[soja]], pourtant relancées 10 ans auparavant. Les [[Culture associée|associations]] de plantes fourragères suscitent dans le même temps un intérêt croissant. Même si les acquis de la Révolution fourragère sont largement adoptés, ses limites dans certaines situations commencent à être reconnues, et d’autres modèles d’« intensification [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|raisonnée]] » commencent à percer. D’où l’intérêt pour les prairies à base [[ray-grass]] anglais – [[trèfle]] blanc pâturées à un rythme relativement lent mais régulier (« système POCHON »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion du pâturage progresse dans la maîtrise de la nutrition et de la fertilisation azotée, qui est par ailleurs devenue plus onéreuse et reconnue comme pouvant produire des pollutions azotées (nitrates) dans les eaux. L’analyse conjointe de la dynamique de croissance et des prélèvements de minéraux (N, puis P et K) des plantes a représenté un progrès considérable permettant d’effectuer un diagnostic (le diagnostic de nutrition azotée) pour ajuster les doses de fertilisants au niveau de la parcelle. Les spécificités des prairies (couvert pluriannuel exploité plusieurs fois par an, stockage de l’azote dans le sol et dans les organes non récoltés, multiplicité et importance des flux d’azote via les restitutions au pâturage, [[lixiviation]], [[fixation symbiotique]] d’azote par les légumineuses...) ont permis de proposer des références (Lemaire et Gastal, 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre évolution spécifique de cette période est le regain d’intérêt pour la prairie permanente et la progression des connaissances sur la végétation des prairies. C’est aussi en 1973 que le soutien à la valorisation de l’herbe fait son apparition en France. Ce soutien est indirect puisque l’ISM (Indemnité Spéciale Montagne), spécifique à l’élevage bovin de montagne, puis en 1975 les ICHN (Indemnités Compensatoires de Handicaps Naturels) viennent conforter des zones où l’herbe est souvent la seule ressource fourragère. Ces aides restent toutefois encore relativement spécifiques de zones dites « de handicaps ». C’est surtout avec la réforme de la PAC en 1992 et la mise en place de la PMSEE (Prime au Maintien des Systèmes d’Élevage Extensifs) que la prairie de plus ou moins longue durée, mais également les estives ou les landes moins productives, peuvent prétendre à un soutien spécifique. L’objectif premier de ce dispositif, qui sera reconduit en 1998, était de maintenir les élevages dans les territoires plus difficiles et ainsi un potentiel de valorisation de ces surfaces qui risquaient de retourner vers la forêt. Implicitement, cette politique conduit à une forme de répartition nationale des surfaces fourragères, les zones montagneuses ou à climat défavorable étant associées à la prairie, les zones plus favorables au maïs ensilage (Plantureux ''et al.'', 2012), voire une régression des effectifs de ruminants dans certaines zones de plaine (Poitou-Charentes, Lorraine…).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’irruption des questions environnementales et la multifonctionnalité des prairies (1990 – 2004)==&lt;br /&gt;
Les préoccupations se sont d’abord focalisées sur les pollutions produites par l’intensification des systèmes de production et l’utilisation importante de la fertilisation minérale ou organique : lixiviation de gestion des déjections animales (Vertès ''et al''., 2018). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question environnementale est initialement surtout vue comme une contrainte. Au début de cette période, les légumineuses connaissent un léger regain d’intérêt ; elles sont essentielles pour mettre en place une agriculture durable ; elles contribuent également aux objectifs de qualité (des produits ou des eaux) et à répondre à une nouvelle préoccupation : l’autonomie protéique et fourragère des exploitations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à des crises sanitaires graves de l’élevage, certaines dérives de systèmes intensifs font émerger une demande de produits sûrs et sains et un environnement de qualité, qui redonnent un poids aux prairies permanentes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les préoccupations environnementales se sont progressivement élargies à la biodiversité. « Une nouvelle représentation de la prairie s’élabore au début des années 2000, autour de ses multiples fonctions, économiques, environnementales et sociétales » (Béranger et Lacombe, 2019).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les politiques publiques, se mettent en place à partir de 2000 des Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE), qui seront suivis en 2003 des Contrats d’Agriculture Durable (CAD) dont certains prévoient la conservation de prairies permanentes, en associant explicitement des objectifs de production et d’environnement. En 2003, c’est la mise en place d’un nouveau dispositif à l’intitulé explicite vis-à-vis de ces enjeux : la Prime à l’Herbe Agro-Environnementale. Les règles d’éligibilité et les cahiers des charges à respecter se précisent et deviennent plus contraignants, en lien avec des objectifs environnementaux diversifiés. Les surfaces déclarées en prairies permanentes doivent être maintenues pendant les 5 années qui suivent la signature du contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’écologie pour repenser la prairie et la richesse de ses services pour l’agriculture (2005 – 2019)==&lt;br /&gt;
Même si les surfaces en prairies continuent de reculer lentement, leur place dans la réflexion agricole progresse ; on assiste surtout à un changement de paradigme. Sous l’influence de l’écologie, de l’[[agroécologie]] et des nouveaux concepts et approches disponibles, la perspective s’élargit encore : la prairie et l’exploitation agricole sont devenues des éléments d’un bassin versant et d’un territoire et prennent place dans un paysage. Elles rendent des services écosystémiques variés (Martin ''et al''., 2020). De nombreux travaux montrent leur intérêt pour boucler les cycles de l’azote et du carbone (Soussana et Lemaire, 2014). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’étude de la végétation fait appel à la notion de composition fonctionnelle qui va progressivement permettre une approche systémique des différents services fournis par les prairies (Pollinisation, Bien-être animal, Santé…) (encadré 2). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, le Concours “Prairies fleuries » créé en 2010 à l'initiative des Parcs Nationaux et des Parcs Naturels Régionaux a donné un regain d’intérêt aux prairies permanentes. Il est soutenu par une mesure agri-environnementale qui n’impose pas de pratiques aux agriculteurs, mais fixe un résultat à atteindre en termes de diversité floristique. Les agriculteurs perçoivent positivement le fait que l’obligation de résultat liée à cette MAE reconnaisse leur savoir-faire et n’impose pas formellement un changement de leurs pratiques. Cependant, ils n’ont engagé que des prairies déjà riches en fleurs ; la MAE soutient donc les pratiques en place plus qu’elle n’incite à en changer (Nettier ''et al''., 2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Encadré 2- Évaluation de la valeur d’usage des prairies et des services écosystémiques par l’approche fonctionnelle (Duru ''et al''., 2017 ; 2015)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|La composition floristique des prairies, qu’elles soient temporaires ou permanentes, évolue selon les conditions du [[Milieu naturel|milieu]] (climat et sol) et les pratiques de gestion (fertilisation, nombre de coupes, chargement en bétail...). Une avancée scientifique pour mettre en relation les pratiques et facteurs du milieu avec la valeur d’usage agricole et les services écosystémiques porte sur leur caractérisation fonctionnelle. Elle repose sur le regroupement d’espèces en catégories de plantes ayant des fonctions similaires, par exemple pour la capture des nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La composition des prairies ainsi que leur distribution spatio-temporelle permettent d’évaluer la fourniture d’une large gamme de services en distinguant cinq fonctions des prairies (Duru et Therond, 2018) : &lt;br /&gt;
* une ressource alimentaire pour les animaux, &lt;br /&gt;
* une infrastructure écologique pour les cycles biogéochimiques, &lt;br /&gt;
* un habitat pour des organismes à l’origine de services de régulations biologiques, &lt;br /&gt;
* un « couvert de services », mais aussi &lt;br /&gt;
* un aliment fonctionnel au travers d’effets physiologiques bénéfiques dépassant les fonctions nutritionnelles habituelles. Ainsi, la composition des produits animaux (lait, viande) issus d’une alimentation à base d’herbe contribue à réduire, tant pour les animaux que pour les hommes, le déficit de l’alimentation en oméga-3 et les risques de maladies chroniques associés. Ces cinq rôles contribuent aussi à la fourniture de services culturels (choix alimentaires par exemple) en spécifiant notamment les processus écologiques sous-jacents.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette approche permet de bâtir des [[typologie]]s de prairies prenant en compte des services écosystémiques.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==De nouveaux enjeux en émergence (2020 – …)==&lt;br /&gt;
===Un rôle accru des prairies dans la « compétition ''food-feed'' »===&lt;br /&gt;
L’élevage de ruminants est depuis longtemps critiqué pour ses impacts environnementaux (émissions de méthane et d’azote). Désormais, il l’est aussi pour la sécurité alimentaire. En effet, bien que cet élevage (bovins, ovins et caprins) utilise une grande surface en prairies (7,9 millions d’hectares de prairies permanentes et 3,2 millions d’hectares de prairies temporaires), il utilise aussi presque 4 millions d’hectares de [[terres arables]] ([[céréale]]s, [[oléo-protéagineux, maïs ensilage), soit presqu’autant que les monogastriques (porcs et volaille) qui nous apportent autant de protéines dans l’assiette. Dès lors, circonscrire l’alimentation des ruminants aux prairies devient un impératif, même si la production par hectare et par animal est moindre (Duru, en cours).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est ainsi suggéré un recentrage de l’élevage des ruminants sur les prairies permanentes, avec un complément alimentaire limité, apporté notamment par des prairies temporaires plus riches en légumineuses (« retour à l’herbe »). Ce choix permettrait de « libérer » de 3 à 5 millions d’hectares de terres arables, qui nourrissent aujourd’hui les ruminants et sont consacrées principalement au maïs ensilage, au [[colza]] (pour les tourteaux) et aux céréales. La viande de bœuf serait alors largement issue d’un élevage laitier (vaches de réforme, génisses et jeunes mâles), impliquant des croisements avec des races à viande ou le recours à des races mixtes ou légères, supportant un engraissement à l’herbe, produisant lait et viande de qualité́ et si possible plus adaptées aux fortes chaleurs. Une telle production serait valorisée économiquement, au profit des éleveurs, par une politique rigoureuse de labellisation, dans un contexte de réduction de la consommation permettant de sauvegarder le pouvoir d’achat des consommateurs (Demarcq ''et al''., 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Des fonctions non alimentaires en développement===&lt;br /&gt;
La méthanisation de la biomasse et l’agri-voltaïsme par panneaux posés au-dessus des prairies sont deux moyens de produire de l’énergie sans entrer en compétition avec notre alimentation, tout en ayant une efficience énergétique très supérieure aux agrocarburants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’agri-voltaïsme consiste en des installations couplant une production photovoltaïque associée à une production agricole principale sur la base d’une synergie de fonctionnement. L’objectif est de pallier la consommation des terres agricoles en conférant un double usage à certains espaces : production agricole et production d’électricité verte. Les parcours utilisés par des ovins se prêtent tout particulièrement à ces installations : l’ombre des, panneaux ne réduit pas la production d’herbe, voire la favorise, et elle améliore le bien-être animal (protection contre les fortes températures) (Crestey ''et al''., 2021). Au niveau actuel déjà fort élevé du soutien d’État à la production photovoltaïque, cela ne pourra toutefois concerner que des surfaces minimes. Leur développement doit cependant être très encadré pour éviter des effets rebonds (Duru et Therond, 2019)&lt;br /&gt;
Et outre la production de biogaz à partir des déjections animales, l’utilisation des surplus d’herbe pourrait également fournir 10 à 20 % du biogaz issu de la biomasse (Meyer ''et al''., 2018).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les prairies jouent un rôle central dans les approches « ''one-health'' » du système alimentaire===&lt;br /&gt;
Le changement de contexte important depuis les années 1990 amène à réviser la place de l’élevage de ruminants et par là celle des prairies. Les effets positifs de ces dernières sont maintenant démontrés pour l’environnement local et global, pour la valeur nutritionnelle des produits qui en sont issus, ainsi que pour la santé et le bien-être animal (Duru ''et al''., 2023). Dès lors, il ne s’agit pas de supprimer l’élevage de ruminants, mais plutôt de le redimensionner à la hauteur de ce que peuvent permettre de fournir les prairies en énergie et en protéines. Une telle option est gagnante pour la sécurité alimentaire, le climat et les pollutions, le bien-être animal ainsi que la santé humaine. Certaines prospectives ont montré que la prairie serait un acteur clef de la transition écologique (Poux et Aubert, 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées== &lt;br /&gt;
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*Crestey M., Dervishi V., Fradin J., Pavie J., 2021. ''L’agrivoltaïsme appliqué à L'élevage des ruminants''. [https://idele.fr/detail-article/guide-pratique-lagrivoltaisme-applique-a-lelevage-des-ruminants Texte intégral] sur le site de l’IDELE.&lt;br /&gt;
*Chazal P., Dumont R., 1954. ''La nécessaire révolution fourragère et l’expérience lyonnaise''. Paris, Le journal de la France agricole. 170 p.&lt;br /&gt;
*Demarcq F, Couturier C, Duru M, Morineau J, Boitas M, Bureau J.C., 2022. ''Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire''. Note 24 de La Fabrique Ecologique [https://www.lafabriqueecologique.fr/les-prairies-et-lelevage-de-ruminants-au-coeur-de-la-transition-agricole-et-alimentaire/ Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Der Khatchadourian L., 1954. ''L’exploitation intensive des prairies permanentes''. Paris, Hachette, 164 p.&lt;br /&gt;
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*Duru M., Jouany C., Theau J. P., Granger S., Cruz P., 2013. L’écologie fonctionnelle pour évaluer et prédire l’aptitude des prairies permanentes à rendre des services. ''Fourrages'', 213 : 21-34. [https://www.researchgate.net/profile/Claire-Jouany/publication/297313555_Functional_ecology_for_evaluating_and_predicting_the_aptitude_of_permanent_grassland_to_provide_services/links/5c3d9bd292851c22a375dbb8/Functional-ecology-for-evaluating-and-predicting-the-aptitude-of-permanent-grassland-to-provide-services.pdf Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Duru M., Jouany C., Theau J. P., Granger S., &amp;amp; Cruz P., 2015. A plant‐functional‐type approach tailored for stakeholders involved in field studies to predict forage services and plant biodiversity provided by grasslands. ''Grass and Forage Science'', 70 (1): 2-18. [https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/gfs.12129?casa_token=8dSTKPah0cAAAAAA:NNzuM53wVauAz-tMwkQGqWk7cQoByVBCgimDYohcOS1FV1w2VvHp1WYRQCmWbo-XLYMyqFRXuxrlpH_F Résumé].&lt;br /&gt;
*Duru M., Therond O., 2018. La prairie dans tous ses états : 1. Une approche multi-niveaux et multi-domaines de ses atouts pour l’agriculture et la société. ''Fourrages'', 236 : 229-237. [https://afpf-asso.fr/_objects/afpf_revues/f236-duru-3257.pdf Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Duru M., Therond O., 2019 « Une seule santé » revisitée pour analyser les relations entre environnement et système alimentaire. ''Regards n°08''.&lt;br /&gt;
*Duru M, Magne M, Martin G, Therond O., 2024 Pourquoi et comment réorienter l’élevage de ruminants ? une analyse du champ à l’assiette. ''Fourrages'', 259 : 31-45. [https://hal.science/hal-04871063/ Texte intégral] ; [https://afpf-asso.fr/revue/impacts-et-services-atmospheriques-des-prairies-et-des-fourrages-paturage-des-monogastriques?a=2444 Texte intégral].&lt;br /&gt;
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*Hédin L., Kerguélen M., de Montard F.-X., 1972. ''Écologie de la prairie permanente française''. Paris, Masson, 219 p.&lt;br /&gt;
*Lemaire G., Gastal F., 2016. Improved estimation of nitrogen uptake in grasslands using the nitrogen dilution curve: Improved estimation of nitrogen uptake in grasslands. ''Agronomy for Sustainable Development'', 36 (3): 47.&lt;br /&gt;
*Martin G., Durand, J. L., Duru, M., Gastal, F., Julier, B., Litrico, I., Jeuffroy, M. H., 2020. Role of ley pastures in tomorrow’s cropping systems. A review. ''Agronomy for Sustainable Development'', 40 (3): 17. &lt;br /&gt;
*Meyer A.K.P., Ehimen E.A., Holm-Nielsen, J.B., 2018. Future European biogas: Animal manure, straw and grass potentials for a sustainable European biogas production. ''Biomass and Bioenergy'', 111: 154-164. [https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0961953417301691?casa_token=Aa-rf59c3BQAAAAA:KUiFDdUp43i0MOorVwIs183BpUv0T3EAfvVv9Unr4AC7VEOwTRqJPIVxvr7w9_WjM7CUVOSWJg9n Résumé et introduction].&lt;br /&gt;
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*Morlon P., Lemaire G., Pflimlin A., Bouvier C., de Faccio Carvalho P. C., 2021. André Voisin, éleveur laitier en Normandie et chercheur indépendant. ''Encyclopédie : Question sur...'', [https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/questions-sur/1101q03-andre-voisin-eleveur-laitier-en-normandie-et Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Nettier B., Dobremez L., Sérès C., Pauthenet Y., Orsini M., Kosmala L., Fleury P., 2011. Préservation de la biodiversité par les éleveurs : atouts et limites de la mesure agri-environnementale « Prairies fleuries ». ''Fourrages,'' 208 : 283-92. [https://afpf-asso.fr/revue/la-biodiversite-des-prairies-contexte-approches-et-politiques-publiques?a=1861 Texte intégral]&lt;br /&gt;
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*Revaud Allézard, V., Huygue, C., Lemaire, G., Vertes, F., 2019. Bouquet de thèmes, bouquet d’auteurs... pour fêter 60 ans d’évolution de Fourrages. ''Fourrages'', 240 : 273-288. [https://afpf-asso.fr/revue/les-60-ans-de-la-revue?a=2227 Texte intégral.&lt;br /&gt;
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*Vivier M., 1971. ''Les prairies permanentes du Bessin et du Pays d’Auge''. Thèse de doctorat en sciences, Université de Caen. 373 p.&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1953. Grandeurs et faiblesses du ley-farming. ''Bulletin Technique d’ Information'', 82 : 673-704.&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1957. ''Productivité de l’herbe.'' Paris, Flammarion, 476 p. Réédition 2001 : La France agricole, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Les_prairies_de_1945_%C3%A0_aujourd%E2%80%99hui_:_de_la_production_de_fourrages_%C3%A0_la_fourniture_de_services_%C3%A0_la_soci%C3%A9t%C3%A9&amp;diff=5237</id>
		<title>Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société</title>
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		<updated>2026-03-31T08:58:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Définition du mot Prairie */ Lien interne&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteurs'' : [[A pour auteur:: Michel Duru]]''' et ''' [[A pour auteur:: Charlène Bouvier]]'''&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Définition des différents types de prairies&lt;br /&gt;
|Annexe 2=&lt;br /&gt;
|Annexe 3=&lt;br /&gt;
|Annexe 4=&lt;br /&gt;
|Article 1=Agroécologie&lt;br /&gt;
|Article 2=Fourrage&lt;br /&gt;
|Article 3=Prairie artificielle&lt;br /&gt;
|Article 4=Prairie permanente&lt;br /&gt;
|Article 5=Prairie temporaire&lt;br /&gt;
|Article 6=Pâturage&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation= 19 mars 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=30 mars 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction==&lt;br /&gt;
La prairie est, dans la durée historique, un objet difficile à définir pour les [[agronome, agronomie : étymologie|agronomes]] et complexe à délimiter dans l’espace pour les géographes (cas des [[lande]]s, des estives). Elle a également été et est toujours un objet complexe pour la recherche en agronomie. Il existe ainsi une agronomie de la prairie qui s’est construite avec ses propres approches, concepts et méthodes, différents de ceux de l’agronomie des [[grandes cultures]]. Cet article veut retracer l’évolution de l’agronomie de la prairie et celle des finalités données à la prairie en fonction des différents contextes agricoles et écologiques depuis 1945. Nous nous limiterons ici au cas de la France, tout en mentionnant les emprunts faits à d’autres écoles de pensée et de pratiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition du mot Prairie==&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Les prairies sont des surfaces agricoles et pastorales dont la végétation, herbacée, est utilisée pour la production de [[fourrage]] à récolter et/ou pour le [[pâturage]] d’animaux d’élevage.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles résultent d’une interaction entre la végétation et les herbivores, sans la présence desquels la forêt occuperait l’essentiel de l’espace en plaine, ne laissant la prairie dominante qu’au-dessus d’une certaine altitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’un point de vue botanique, elles sont composées le plus souvent de graminées et de [[Légume, légumineuse|légumineuses]], et souvent de plantes diverses en plus faible proportion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette définition très large englobe une grande diversité de prairies que les agronomes différencient selon leur composition floristique, leurs usages, leur [[productivité]] et leur durée. Un grand nombre de termes existe chez les éleveurs pour désigner ces surfaces (&amp;lt;u&amp;gt;[[pré]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[parc]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[herbage]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[pâturage]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;pâture&amp;lt;/u&amp;gt;...). Même si les agronomes reprennent parfois ces termes, ils classent les prairies en trois grandes catégories pensées selon leur cycle productif : les [[Prairie artificielle|prairies artificielles]], les [[Prairie temporaire|prairies temporaires]] et les [[Prairie permanente|prairies permanentes]]. Leurs définitions détaillées sont données dans l’[[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société - Annexe 1|annexe 1]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ce qu’elles laissent penser, ces expressions n’apportent pas d’informations sur le niveau d’artificialisation de la prairie. Déjà employé, dans un sens peu précis, par [[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]] en 1600, l’adjectif « artificiel » utilisé pour décrire des prairies est un héritage des textes de la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle qui ont précédé (et préparé) la révolution agricole du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, révolution qui se caractérise notamment par la généralisation de cultures de légumineuses au sein des rotations en remplacement de la [[jachère]]. Les « fourrages artificiels » deviennent synonymes de « progrès » contrairement aux prairies permanentes, souvent appelées « naturelles » et jugées trop peu [[Productivité|productives]]. Pour autant, ces dernières ne sont pas naturelles en ce qu’elles n’existeraient pas sans des interventions techniques fréquentes ([[fertilisation]], gestion du pâturage, [[fauche]], [[Herse, hersage|hersage]]...), parfois même intensives. Quant à leur permanence, il faut la relativiser. Si certaines prairies peuvent être très anciennes, d’autres sont plus récentes. Historiquement, les usages du sol ont beaucoup évolué et les prairies n’ont pas été épargnées. Le qualificatif de « permanente » doit être interprété comme un accent mis sur la durée d’implantation plus longue de la végétation des prairies permanentes. Tout comme l’usage des sols, la durée d’implantation nécessaire pour mériter le qualificatif de permanente a évolué au cours de l’histoire. Aujourd’hui, une prairie est considérée « permanente » à partir de cinq ans d’implantation selon les règles de la politique agricole commune en Europe (PAC). Dans les années 1950, une prairie temporaire restait implantée entre trois et six ans tant que son [[rendement]] était jugé suffisant. Les critères utilisés par les agronomes ont ainsi une dimension normative qui n’a pas forcément de signification biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La prairie à l’époque de la « révolution fourragère » de l’après-guerre ? (1945 – 1960)==&lt;br /&gt;
===L’ouverture d’un nouveau champ de recherche pour l’agronomie===&lt;br /&gt;
Bien qu’elle ait fait l’objet de travaux agronomiques au cours des siècles précédents, la prairie se trouve au cœur des enjeux agricoles et agronomiques au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle est perçue comme un moyen d’augmenter la production de lait et de viande sans détourner des denrées directement valorisables par les humains alors que la pénurie alimentaire sévit en France. L’herbe et ses racines sont également vues comme un moyen d’entretenir la [[fertilité]] des sols appauvris par plusieurs années d’exploitation dans un contexte de pénurie d’[[engrais]] minéraux comme organiques. C’est alors un tout nouveau champ de recherche qui s’ouvre pour l’agronomie française. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les agronomes de la recherche publique calquent leur approche de la prairie sur celle développée par les agronomes britanniques dans la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le ley-farming qui consiste à intégrer dans les [[assolement]]s, pour une durée variable, des prairies temporaires composées de [[Espèce, variété, cultivar|variétés]] de graminées et de légumineuses [[sélection]]nées et à les faire pâturer, semble alors particulièrement adapté aux objectifs donnés à la prairie. Dès 1946 à l’Inra, une équipe de jeunes agronomes dirigée par Jean Rebischung pose les bases de l’agronomie de la prairie. Tout est à créer : choisir les graminées et légumineuses à sélectionner, mettre au point les schémas de sélection, définir les critères de cette sélection, élaborer les méthodes d’[[expérimentation]], déterminer les techniques d’exploitation, définir les critères de qualité agronomique des prairies et étudier la conduite du pâturage (Rebischung, 1948 et 1960).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après des essais sur prairies permanentes et temporaires, les agronomes de l’équipe de Versailles élaborent le modèle agricole de la « chaîne de pâturage ». Ces essais mettent en évidence la différence de comportement entre les populations de graminées prairiales quant à leur date de départ en végétation que les agronomes nomment alors la «[[précocité]]». Cette dernière devient un critère de sélection central puisqu’elle permet de jouer sur l’étalement de la production d’herbe. Dans un contexte où le pâturage est considéré comme la méthode de récolte la plus économique, cet étalement est perçu comme le moyen de fournir au bétail une herbe pâturable sur la plus longue période de l’année possible. Mais l’irrégularité saisonnière de la vitesse de pousse de l’herbe oblige les agronomes à s’intéresser aux différentes méthodes de stockage des excédents printaniers ainsi qu’à la conduite du pâturage. Il s’agit de trouver un compromis entre les besoins du bétail et le rythme de [[croissance]] de l’herbe. Mais le manque de domaines expérimentaux limite grandement les possibilités de l’équipe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Prairie permanente contre prairie temporaire, une réelle controverse scientifique ?===&lt;br /&gt;
Ce modèle agricole ne laisse que peu de place aux prairies permanentes, jugées trop peu productives et de mauvaise qualité, qui recouvrent pourtant douze millions d’hectares. De nombreux agronomes, dont [[A pour personne citée:: René Dumont|René Dumont]], professeur à l’Ina et Louis Hédin, chercheur à l’Inra, encouragent alors leur retournement. Cela n’empêche pas pour autant Louis Hédin d’étudier les prairies permanentes par leur composition floristique en s’appuyant sur les acquis de la [[phytosociologie]] et de l’écologie pour enrichir l’approche agronomique encore très empirique et inadaptée à l’étude de peuplements multi-spécifiques et pérennes (Hédin, 1952).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1954, Pierre Chazal, conseiller agricole, et [[A pour personne citée:: René Dumont|René Dumont]] publient ''La nécessaire révolution fourragère et l’expérience lyonnaise'', ouvrage dans lequel ils présentent les résultats des essais menés depuis 1948 chez des éleveurs dans le département du Rhône sur les prairies temporaires (Chazal et Dumont, 1954). C’est dans cet ouvrage que René Dumont propose l’expression de « révolution fourragère » pour désigner le retournement massif des prairies permanentes afin de leur substituer des prairies temporaires introduites dans les assolements. Mais c’est un article de l’éleveur normand [[André Voisin]] de 1953 qui déclenche une importante controverse avec les agronomes de la recherche publique (Voisin, 1953). Voisin défend les prairies permanentes en argumentant qu’elles peuvent être facilement améliorées agronomiquement par une conduite adaptée du pâturage et une fertilisation conséquente (Voisin, 1953 et 1957). Il est soutenu par Léon Der Khatchadourian, ingénieur en chef des Services agricoles et inspecteur de l’Agriculture, qui étudie depuis les années 1930 la conduite du pâturage sur prairies permanentes (Der Khatchadourian, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les prises de position apparaissent initialement dogmatiques, les agronomes sont amenés à nuancer leurs propos lorsqu’ils s’intéressent à l’application des résultats de leur recherche. Dans leurs contacts avec les éleveurs, ils constatent les avantages qu’apporte la combinaison des différents types de prairies à l’échelle de l’exploitation. Ils insistent également sur la nécessité d’adapter les types de prairies et la composition botanique des prairies temporaires en fonction de la diversité des conditions climatiques et pédologiques locales. Dumont lui-même invite à la nuance dès 1954. « Dans l’état actuel de nos connaissances en matière de prairie française, il n’est cependant évidemment pas question de conseiller demain le retournement de nos 12 millions d’hectares de prairies permanentes (...) La solution optimum dépendra d’abord du micromilieu, et l’expérience locale des deux techniques d’amélioration de l’herbe apportera aux agriculteurs des éléments précieux de décision. Il est prudent de refuser tout apriorisme : soyons sportifs, le meilleur triomphera, et ce ne sera pas le même partout » (Dumont, 1954). La prairie permanente n’est pas totalement condamnée, en raison des avantages qu’elle peut avoir par rapport à la prairie temporaire dans certaines situations, mais aussi du manque de connaissances sur l’exploitation des prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’agronomie et son approche réductionniste en difficulté pour saisir la prairie (1960 –1974)==&lt;br /&gt;
===Un changement de regard sur les prairies (1960-1974)===&lt;br /&gt;
Au cours des années 1960, les agronomes de la recherche publique et du développement agricole se questionnent sur la diffusion relative des prairies temporaires et du modèle de la chaîne de pâturage. Pour certains, les explications sont techniques. Les variétés doivent être améliorées. Des adaptations techniques doivent être proposées localement en fonction du contexte [[pédoclimatique]]. Les éleveurs n’auraient pas un niveau technique suffisant pour appliquer correctement les résultats de la recherche. Pour d’autres, les raisons se trouvent ailleurs, résidant dans les nombreux bouleversements qu’entraîne la modification d’une technique d’exploitation à l’échelle de l’exploitation agricole. La manière dont les éleveurs conduisent leur exploitation et dont ils prennent leurs décisions commencent à intéresser quelques agronomes qui se rapprochent alors des sciences sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, le regard sur la prairie marque un tournant qui va se traduire par la fin de l’accroissement des surfaces de prairies permanentes (encadré 1) et, surtout, par un changement de regard sur leur valeur fourragère. La raison principale est le soutien important de la politique agricole commune (PAC), qui se met en place afin de répondre à une demande croissante de produits alimentaires (consommation intérieure puis exportation). Cela va engendrer une profonde transformation du [[paysage]], avec d’abord le développement rapide mais limité des prairies temporaires, qui va rapidement se stabiliser, puis du [[maïs]], exploité en [[ensilage]], et enfin l’effondrement des légumineuses fourragères ([[luzerne]]…) et le recul des prairies permanentes. Le cadre réglementaire se construit avec les catalogues de variétés pour les différentes espèces fourragères et une commercialisation de semences d’espèces pures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’intensification des prairies temporaires passe par les leviers de la génétique et de la fertilisation azotée. Les surfaces facilement accessibles, [[Mécanisation|mécanisable]]s, présentant des [[Potentiel de production|potentiels de production]] intéressants sont alors le centre de toutes les attentions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant cette période, et malgré le soutien de certains agronomes au premier rang desquels André Voisin, la prairie permanente n’est plus vraiment à l’honneur. Les [[Champ, pièce, parcelle|parcelles]] présentant des [[Contrainte agronomique|contraintes]] sont délaissées, exploitées à la marge, voire retournent en landes ou vers la forêt. Après être ainsi passé par un pic de près de 12,3 millions d’hectares à la fin des années 1960, les prairies permanentes ne recouvraient plus en 2005 que 8 millions d’hectares.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Encadré 1- Évolution des surfaces en prairies et en cultures fourragères (Plantureux ''et al''., 2012).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Fichier:Prairie-image-01.png|vignette]]En France, les surfaces en prairies permanentes n’ont cessé de croître au cours de la première partie du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, passant d’environ 20 % à plus de 40 % de la SAU (Surface Agricole Utile) au recensement agricole de 1970 (figure 1). Ces surfaces correspondent très majoritairement à des surfaces en herbe, avec parfois la présence de ligneux, et qui ne font pas l’objet d’un retournement pendant une durée variable (6 ans au minimum pour la statistique agricole).&lt;br /&gt;
Plusieurs raisons expliquent cette augmentation quasi linéaire des surfaces de prairies permanentes. En premier lieu, la très forte évolution des habitudes alimentaires de la population a généré une forte demande de produits animaux. Face à la quasi-absence de l’intensification de la production fourragère par la fertilisation et l’amélioration génétique, seule une augmentation des surfaces a permis de faire face à cette demande, conduisant à la conversion de [[culture|cultures]], de landes et de forêts. En second lieu, l’industrialisation du pays et les guerres successives ont induit une forte diminution de la main d’œuvre et du bétail de trait&amp;lt;ref&amp;gt;Pendant la 1&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, les chevaux de trait ont été réquisitionnés pour aller au front, où un million sont morts. Et, pendant la seconde, les Allemands ont emporté en Allemagne une grande partie du bétail.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans les campagnes, favorisant l’essor de l’industrie et des services. Le niveau encore faible de mécanisation et de motorisation de l’agriculture ne permettait plus de cultiver des surfaces importantes, provoquant ainsi la conversion des cultures en prairies.&lt;br /&gt;
Si les évolutions au cours du siècle dernier ont été très importantes, la diminution de la surface en prairie permanente constatée au cours de ces 30 dernières années s’inscrit avant tout après une très forte croissance qui peut ou doit aussi nous amener à relativiser quelque peu les enjeux de cette évolution récente.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Vers l’identification des facteurs de variation de la pousse de l’herbe===&lt;br /&gt;
Les recherches entamées dans l’après-guerre prennent de l’ampleur en 1962 avec la création de la Station d’Amélioration des plantes fourragères de Lusignan dans le département de la Vienne. La jeune équipe de Versailles, dont Yves Demarly prend la direction, y déménage et y met en place les infrastructures et moyens nécessaires à leurs recherches de génétique et de [[phytotechnie]]. La polyploïdie et l’allogamie&amp;lt;ref&amp;gt;L’allogamie est un mode de reproduction sexuée chez les plantes à fleurs où les deux gamètes mâle et femelle proviennent de deux parents différents. La polyploïdie qualifie les individus ou les cellules qui présentent plus de deux lots de chromosomes 3n ou 4n chromosomes, les individus normaux ayant 2n chromosomes). L’hétérosis est un effet sur la vigueur, qui est supérieure chez certains animaux ou végétaux hybrides, par rapport à la vigueur des individus dont ils sont issus.&amp;lt;/ref&amp;gt; des plantes prairiales, et la volonté de maximiser l’hétérosis, poussent les agronomes de Lusignan à importer dans la recherche française les outils de la génétique quantitative naissante à l’étranger. Dans l’obtention de nouvelles variétés, la qualité alimentaire occupe une bonne place mais la difficulté à la définir et la mainmise des zootechniciens sur cet objet d’étude rendent la tâche difficile aux agronomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette équipe approfondit également les premières recherches sur les modalités d’exploitation de la prairie qui posent des questions spécifiques en raison de la capacité de l’herbe à repousser après une exploitation et à la pluri-annualité de la prairie. En effet, il faut étudier les effets de la date de la première coupe sur la production et sur les cycles de repousse de l’année ainsi que sur le rythme de croissance de l’herbe des années suivantes. '''Contrairement aux agronomes des grandes cultures, ceux de la prairie ne cherchent pas à atteindre le rendement maximal en une récolte (une coupe). Ils doivent penser la production herbagère dans le temps et trouver un compromis entre production et pérennité.''' Pour cela, ils mènent de front recherche appliquée pour tester différents rythmes de coupe, et recherche fondamentale qui croise physiologie végétale et bioclimatologie pour identifier les processus biologiques intervenant dans la pousse de l’herbe et les effets du climat sur ces derniers (Gillet, 1969).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La revendication de la prairie permanente comme un objet agronomique===&lt;br /&gt;
Louis Hédin poursuit ses réflexions épistémologiques entre agronomie, phytosociologie et écologie pour élaborer des outils permettant d’étudier l’évolution des prairies permanentes sous l’effet des techniques d’exploitation. En reprenant le concept de succession écologique, lui et Michel Kerguélen, agronome diplômé en sciences naturelles, tentent de dresser des séries évolutives de la composition floristique des prairies pour les différents contextes pédoclimatiques français. L’objectif est ensuite de proposer une classification agronomique qui permet d’associer à chaque stade d’une série évolutive des techniques d’exploitation permettant de faire évoluer la composition floristique vers une flore jugée de meilleure qualité agronomique (Hédin ''et al''., 1972). Le manque de connaissances sur l’autoécologie et l’écophysiologie&amp;lt;ref&amp;gt;L’autoécologie est la science qui étudie l'ensemble des relations d'une espèce vivante avec son milieu, délimite les conditions qui permettent la survie de l'espèce, sa reproduction… L’écophysiologie est la science qui étudie les réponses comportementales et physiologiques des organismes à leur environnement&amp;lt;/ref&amp;gt;. des différentes espèces prairiales et sur la [[Compétition, concurrence|compétition]] inter- et intra-spécifique au sein de la prairie limitent la réalisation d’un tel outil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michel Vivier, conseiller de la Chambre d’Agriculture du Calvados, s’inspire de cette approche et, dans sa thèse, revendique la prairie permanente comme étant un objet que seule l’agronomie peut étudier. Il met en avant les nombreuses nuances floristiques qu’entraîne la diverse intensité des interventions techniques mais aussi les finalités productives de l’agronomie qui diffèrent de celles de la phytosociologie, qui est dans une démarche d’inventaire (Vivier, 1971). Cependant, il peine également à tirer des conclusions pratiques de ses recherches en raison du nombre d’interactions qu’il identifie au sein des prairies permanentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Optimiser l’utilisation des fourrages : un changement de perspective (1975 – 1989)&amp;lt;ref&amp;gt;Les sections 5 à 7 s’appuient largement sur un papier écrit pour les 60 ans de la revue Fourrages (Revaud Allézard ''et al''., 2019) de l’Association Francophone pour les Prairies et les Fourrages (AFPF).&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
La crise pétrolière de 1972 met brutalement en cause le contexte agricole sur les enjeux d’énergie et de protéines mais les accords internationaux dominés par les USA limitent rapidement les soutiens européens efficaces à la culture des protéagineux (Bertrand ''et al''., 1983). Le département de génétique végétale de l’INRA arrête même en 1992 les recherches sur le [[lupin]], la [[féverole]] et le [[soja]], pourtant relancées 10 ans auparavant. Les [[Culture associée|associations]] de plantes fourragères suscitent dans le même temps un intérêt croissant. Même si les acquis de la Révolution fourragère sont largement adoptés, ses limites dans certaines situations commencent à être reconnues, et d’autres modèles d’« intensification [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|raisonnée]] » commencent à percer. D’où l’intérêt pour les prairies à base [[ray-grass]] anglais – [[trèfle]] blanc pâturées à un rythme relativement lent mais régulier (« système POCHON »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion du pâturage progresse dans la maîtrise de la nutrition et de la fertilisation azotée, qui est par ailleurs devenue plus onéreuse et reconnue comme pouvant produire des pollutions azotées (nitrates) dans les eaux. L’analyse conjointe de la dynamique de croissance et des prélèvements de minéraux (N, puis P et K) des plantes a représenté un progrès considérable permettant d’effectuer un diagnostic (le diagnostic de nutrition azotée) pour ajuster les doses de fertilisants au niveau de la parcelle. Les spécificités des prairies (couvert pluriannuel exploité plusieurs fois par an, stockage de l’azote dans le sol et dans les organes non récoltés, multiplicité et importance des flux d’azote via les restitutions au pâturage, [[lixiviation]], [[fixation symbiotique]] d’azote par les légumineuses...) ont permis de proposer des références (Lemaire et Gastal, 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre évolution spécifique de cette période est le regain d’intérêt pour la prairie permanente et la progression des connaissances sur la végétation des prairies. C’est aussi en 1973 que le soutien à la valorisation de l’herbe fait son apparition en France. Ce soutien est indirect puisque l’ISM (Indemnité Spéciale Montagne), spécifique à l’élevage bovin de montagne, puis en 1975 les ICHN (Indemnités Compensatoires de Handicaps Naturels) viennent conforter des zones où l’herbe est souvent la seule ressource fourragère. Ces aides restent toutefois encore relativement spécifiques de zones dites « de handicaps ». C’est surtout avec la réforme de la PAC en 1992 et la mise en place de la PMSEE (Prime au Maintien des Systèmes d’Élevage Extensifs) que la prairie de plus ou moins longue durée, mais également les estives ou les landes moins productives, peuvent prétendre à un soutien spécifique. L’objectif premier de ce dispositif, qui sera reconduit en 1998, était de maintenir les élevages dans les territoires plus difficiles et ainsi un potentiel de valorisation de ces surfaces qui risquaient de retourner vers la forêt. Implicitement, cette politique conduit à une forme de répartition nationale des surfaces fourragères, les zones montagneuses ou à climat défavorable étant associées à la prairie, les zones plus favorables au maïs ensilage (Plantureux ''et al.'', 2012), voire une régression des effectifs de ruminants dans certaines zones de plaine (Poitou-Charentes, Lorraine…).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’irruption des questions environnementales et la multifonctionnalité des prairies (1990 – 2004)==&lt;br /&gt;
Les préoccupations se sont d’abord focalisées sur les pollutions produites par l’intensification des systèmes de production et l’utilisation importante de la fertilisation minérale ou organique : lixiviation de gestion des déjections animales (Vertès ''et al''., 2018). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question environnementale est initialement surtout vue comme une contrainte. Au début de cette période, les légumineuses connaissent un léger regain d’intérêt ; elles sont essentielles pour mettre en place une agriculture durable ; elles contribuent également aux objectifs de qualité (des produits ou des eaux) et à répondre à une nouvelle préoccupation : l’autonomie protéique et fourragère des exploitations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à des crises sanitaires graves de l’élevage, certaines dérives de systèmes intensifs font émerger une demande de produits sûrs et sains et un environnement de qualité, qui redonnent un poids aux prairies permanentes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les préoccupations environnementales se sont progressivement élargies à la biodiversité. « Une nouvelle représentation de la prairie s’élabore au début des années 2000, autour de ses multiples fonctions, économiques, environnementales et sociétales » (Béranger et Lacombe, 2019).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les politiques publiques, se mettent en place à partir de 2000 des Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE), qui seront suivis en 2003 des Contrats d’Agriculture Durable (CAD) dont certains prévoient la conservation de prairies permanentes, en associant explicitement des objectifs de production et d’environnement. En 2003, c’est la mise en place d’un nouveau dispositif à l’intitulé explicite vis-à-vis de ces enjeux : la Prime à l’Herbe Agro-Environnementale. Les règles d’éligibilité et les cahiers des charges à respecter se précisent et deviennent plus contraignants, en lien avec des objectifs environnementaux diversifiés. Les surfaces déclarées en prairies permanentes doivent être maintenues pendant les 5 années qui suivent la signature du contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’écologie pour repenser la prairie et la richesse de ses services pour l’agriculture (2005 – 2019)==&lt;br /&gt;
Même si les surfaces en prairies continuent de reculer lentement, leur place dans la réflexion agricole progresse ; on assiste surtout à un changement de paradigme. Sous l’influence de l’écologie, de l’[[agroécologie]] et des nouveaux concepts et approches disponibles, la perspective s’élargit encore : la prairie et l’exploitation agricole sont devenues des éléments d’un bassin versant et d’un territoire et prennent place dans un paysage. Elles rendent des services écosystémiques variés (Martin ''et al''., 2020). De nombreux travaux montrent leur intérêt pour boucler les cycles de l’azote et du carbone (Soussana et Lemaire, 2014). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’étude de la végétation fait appel à la notion de composition fonctionnelle qui va progressivement permettre une approche systémique des différents services fournis par les prairies (Pollinisation, Bien-être animal, Santé…) (encadré 2). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, le Concours “Prairies fleuries » créé en 2010 à l'initiative des Parcs Nationaux et des Parcs Naturels Régionaux a donné un regain d’intérêt aux prairies permanentes. Il est soutenu par une mesure agri-environnementale qui n’impose pas de pratiques aux agriculteurs, mais fixe un résultat à atteindre en termes de diversité floristique. Les agriculteurs perçoivent positivement le fait que l’obligation de résultat liée à cette MAE reconnaisse leur savoir-faire et n’impose pas formellement un changement de leurs pratiques. Cependant, ils n’ont engagé que des prairies déjà riches en fleurs ; la MAE soutient donc les pratiques en place plus qu’elle n’incite à en changer (Nettier ''et al''., 2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Encadré 2- Évaluation de la valeur d’usage des prairies et des services écosystémiques par l’approche fonctionnelle (Duru ''et al''., 2017 ; 2015)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|La composition floristique des prairies, qu’elles soient temporaires ou permanentes, évolue selon les conditions du [[Milieu naturel|milieu]] (climat et sol) et les pratiques de gestion (fertilisation, nombre de coupes, chargement en bétail...). Une avancée scientifique pour mettre en relation les pratiques et facteurs du milieu avec la valeur d’usage agricole et les services écosystémiques porte sur leur caractérisation fonctionnelle. Elle repose sur le regroupement d’espèces en catégories de plantes ayant des fonctions similaires, par exemple pour la capture des nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La composition des prairies ainsi que leur distribution spatio-temporelle permettent d’évaluer la fourniture d’une large gamme de services en distinguant cinq fonctions des prairies (Duru et Therond, 2018) : &lt;br /&gt;
* une ressource alimentaire pour les animaux, &lt;br /&gt;
* une infrastructure écologique pour les cycles biogéochimiques, &lt;br /&gt;
* un habitat pour des organismes à l’origine de services de régulations biologiques, &lt;br /&gt;
* un « couvert de services », mais aussi &lt;br /&gt;
* un aliment fonctionnel au travers d’effets physiologiques bénéfiques dépassant les fonctions nutritionnelles habituelles. Ainsi, la composition des produits animaux (lait, viande) issus d’une alimentation à base d’herbe contribue à réduire, tant pour les animaux que pour les hommes, le déficit de l’alimentation en oméga-3 et les risques de maladies chroniques associés. Ces cinq rôles contribuent aussi à la fourniture de services culturels (choix alimentaires par exemple) en spécifiant notamment les processus écologiques sous-jacents.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette approche permet de bâtir des [[typologie]]s de prairies prenant en compte des services écosystémiques.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==De nouveaux enjeux en émergence (2020 – …)==&lt;br /&gt;
===Un rôle accru des prairies dans la « compétition ''food-feed'' »===&lt;br /&gt;
L’élevage de ruminants est depuis longtemps critiqué pour ses impacts environnementaux (émissions de méthane et d’azote). Désormais, il l’est aussi pour la sécurité alimentaire. En effet, bien que cet élevage (bovins, ovins et caprins) utilise une grande surface en prairies (7,9 millions d’hectares de prairies permanentes et 3,2 millions d’hectares de prairies temporaires), il utilise aussi presque 4 millions d’hectares de [[terres arables]] ([[céréale]]s, [[oléo-protéagineux, maïs ensilage), soit presqu’autant que les monogastriques (porcs et volaille) qui nous apportent autant de protéines dans l’assiette. Dès lors, circonscrire l’alimentation des ruminants aux prairies devient un impératif, même si la production par hectare et par animal est moindre (Duru, en cours).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est ainsi suggéré un recentrage de l’élevage des ruminants sur les prairies permanentes, avec un complément alimentaire limité, apporté notamment par des prairies temporaires plus riches en légumineuses (« retour à l’herbe »). Ce choix permettrait de « libérer » de 3 à 5 millions d’hectares de terres arables, qui nourrissent aujourd’hui les ruminants et sont consacrées principalement au maïs ensilage, au [[colza]] (pour les tourteaux) et aux céréales. La viande de bœuf serait alors largement issue d’un élevage laitier (vaches de réforme, génisses et jeunes mâles), impliquant des croisements avec des races à viande ou le recours à des races mixtes ou légères, supportant un engraissement à l’herbe, produisant lait et viande de qualité́ et si possible plus adaptées aux fortes chaleurs. Une telle production serait valorisée économiquement, au profit des éleveurs, par une politique rigoureuse de labellisation, dans un contexte de réduction de la consommation permettant de sauvegarder le pouvoir d’achat des consommateurs (Demarcq ''et al''., 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Des fonctions non alimentaires en développement===&lt;br /&gt;
La méthanisation de la biomasse et l’agri-voltaïsme par panneaux posés au-dessus des prairies sont deux moyens de produire de l’énergie sans entrer en compétition avec notre alimentation, tout en ayant une efficience énergétique très supérieure aux agrocarburants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’agri-voltaïsme consiste en des installations couplant une production photovoltaïque associée à une production agricole principale sur la base d’une synergie de fonctionnement. L’objectif est de pallier la consommation des terres agricoles en conférant un double usage à certains espaces : production agricole et production d’électricité verte. Les parcours utilisés par des ovins se prêtent tout particulièrement à ces installations : l’ombre des, panneaux ne réduit pas la production d’herbe, voire la favorise, et elle améliore le bien-être animal (protection contre les fortes températures) (Crestey ''et al''., 2021). Au niveau actuel déjà fort élevé du soutien d’État à la production photovoltaïque, cela ne pourra toutefois concerner que des surfaces minimes. Leur développement doit cependant être très encadré pour éviter des effets rebonds (Duru et Therond, 2019)&lt;br /&gt;
Et outre la production de biogaz à partir des déjections animales, l’utilisation des surplus d’herbe pourrait également fournir 10 à 20 % du biogaz issu de la biomasse (Meyer ''et al''., 2018).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les prairies jouent un rôle central dans les approches « ''one-health'' » du système alimentaire===&lt;br /&gt;
Le changement de contexte important depuis les années 1990 amène à réviser la place de l’élevage de ruminants et par là celle des prairies. Les effets positifs de ces dernières sont maintenant démontrés pour l’environnement local et global, pour la valeur nutritionnelle des produits qui en sont issus, ainsi que pour la santé et le bien-être animal (Duru ''et al''., 2023). Dès lors, il ne s’agit pas de supprimer l’élevage de ruminants, mais plutôt de le redimensionner à la hauteur de ce que peuvent permettre de fournir les prairies en énergie et en protéines. Une telle option est gagnante pour la sécurité alimentaire, le climat et les pollutions, le bien-être animal ainsi que la santé humaine. Certaines prospectives ont montré que la prairie serait un acteur clef de la transition écologique (Poux et Aubert, 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
[[Catégorie:P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
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		<updated>2026-03-30T17:04:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Derniers articles mis en ligne&lt;/p&gt;
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| colspan=&amp;quot;3&amp;quot;  align=&amp;quot;center&amp;quot; | &amp;lt;big&amp;gt;'''Un ouvrage collectif sur le vocabulaire et les concepts utilisés en agronomie francophone'''&amp;lt;/big&amp;gt;.&lt;br /&gt;
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&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;« Tout travail a besoin d’une matière à laquelle il s’applique. Le sol est la matière que la nature donne au travail agricole, et des produits que le travail obtient du sol, on tire la matière de tout autre travail. […] Sans travail le sol ne produit rien, c’est seulement par le travail qu’il atteint sa valeur » (Thaër, [1809] 1811 : 85).&amp;lt;br&amp;gt; Le travail du sol est défini comme l’ensemble des façons culturales, opérations mécaniques visant à maintenir ou à mettre un terrain (un champ, une parcelle) dans l’état physique considéré comme le plus favorable possible à la réussite d’une culture.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Explorez dans cet article quelques facettes de l'expression « travail du sol ».&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
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| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | Cet ouvrage se propose de définir et surtout de mettre en perspective historique et critique les mots et expressions utilisés par les agronomes dans leur activité professionnelle, qu'il s'agisse d'objets matériels, de techniques, de méthodes, de concepts... D'où viennent-ils ? Dans quels contextes et pour quels usages ont-ils été créés ? À quels débats et controverses ont-ils donné lieu et donnent-ils encore lieu ? Ce dictionnaire s'adresse à tous ceux qui s'intéressent aux débats actuels sur l'agriculture et le monde rural : agronomes, historiens et géographes, enseignants et étudiants, et toute personne désireuse de mieux connaître l'activité agricole et le vocabulaire qui la décrit.&amp;lt;/span&amp;gt;. &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| align=&amp;quot;right&amp;quot; | '''[[Fonctionnement éditorial|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;En savoir plus&amp;lt;/span&amp;gt;]]...'''&lt;br /&gt;
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{{Tableau W}}&lt;br /&gt;
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{{Tableau X}}&lt;br /&gt;
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{{Tableau Y}}&lt;br /&gt;
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{{Tableau Z}}&lt;br /&gt;
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&amp;lt;tab name=&amp;quot;Derniers articles mis en ligne&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
*[[Tarière]] ''(septembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Limon : le mot]] ''(novembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Lixiviation]] ''(février 2026)''&lt;br /&gt;
*[[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société]] ''(mars 2026)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&amp;lt;tab name=&amp;quot;Articles à compléter&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Parmi les propositions ou ébauches d’articles que nous avons reçus, certaines ne peuvent être publiées telles quelles, mais constituent des bases pouvant être complétées ou achevées par d’autres personnes. Si, sur un de ces sujets, vous avez des choses à dire qui s’inscrivent dans les objectifs des ''Mots de l'agronomie'', contactez-nous vite ! &lt;br /&gt;
* « Ados, billon, planche de labour : agronomie »&lt;br /&gt;
* « Fruit » ou « Fruits et légumes »&lt;br /&gt;
* « Prophylaxie » (en productions végétales)&lt;br /&gt;
* « Ségala »&lt;br /&gt;
* « Stock semencier du sol » ou « Banque de graines du sol »&lt;br /&gt;
* « Terrain »&lt;br /&gt;
* « Territoire »&lt;br /&gt;
* « Xénobiotiques »&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tabs&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|  align=&amp;quot;center&amp;quot; | style=&amp;quot;white-space: nowrap;&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  align=&amp;quot;&amp;quot;| '''Les articles du dictionnaire ''Les mots de l'agronomie'' peuvent également être consultés par :'''&lt;br /&gt;
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{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width =95%&lt;br /&gt;
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| Le dictionnaire &amp;lt;i&amp;gt;Les mots de l'agronomie&amp;lt;/i&amp;gt; est publié par le département ACT (Action, Transitions et Territoires) d'INRAE (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).&lt;br /&gt;
* Directeur de la publication : '''Christophe Soulard''', INRAE, chef du département ACT&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Les_prairies_de_1945_%C3%A0_aujourd%E2%80%99hui_:_de_la_production_de_fourrages_%C3%A0_la_fourniture_de_services_%C3%A0_la_soci%C3%A9t%C3%A9_-_Annexe_1&amp;diff=5231</id>
		<title>Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société - Annexe 1</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Les_prairies_de_1945_%C3%A0_aujourd%E2%80%99hui_:_de_la_production_de_fourrages_%C3%A0_la_fourniture_de_services_%C3%A0_la_soci%C3%A9t%C3%A9_-_Annexe_1&amp;diff=5231"/>
		<updated>2026-03-30T17:02:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en ligne annexe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;30 mars 2026&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=Définition de différents types de prairies=&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;(adapté de Michaud et al., 2021 et de Plantureux ''et al''., 2012)&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Prairie artificielle|prairies artificielles]] sont des surfaces de moins de cinq ans, semées quasi exclusivement en légumineuses fourragères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Prairie permanente|prairies permanentes]] sont composées majoritairement d’espèces pérennes ou natives dans un écosystème géré sur du long terme. Parmi les prairies permanentes on distingue les prairies semi-naturelles (les plus diversifiées), implantées depuis plus de 10 ans, et des prairies plus récentes, de 5 à 10 ans, ou conduites de façon plus intensive. Elles sont composées de graminées, [[Légume, légumineuse|légumineuses]] et autres dicotylédones appelées en agronomie « diverses ». Les proportions de graminées, légumineuses et autres dicotylédones varient selon les prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différents termes désignent les prairies permanentes selon les usages qu’en font les éleveurs. Les &amp;lt;u&amp;gt;parcs&amp;lt;/u&amp;gt;, les &amp;lt;u&amp;gt;pâtures&amp;lt;/u&amp;gt; ou les &amp;lt;u&amp;gt;[[pâturages]]&amp;lt;/u&amp;gt; renvoient aux surfaces uniquement pâturées (&amp;lt;u&amp;gt;parc&amp;lt;/u&amp;gt; désignant généralement une prairie entourée de clôtures), alors que les &amp;lt;u&amp;gt;prés&amp;lt;/u&amp;gt; ou les &amp;lt;u&amp;gt;prés de fauche&amp;lt;/u&amp;gt; désignent généralement les parcelles uniquement fauchées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, plus de la moitié (56 %) des prairies sont uniquement pâturées, 8 % uniquement fauchées et 36 % d’usage mixte. Ces termes correspondent bien à l’usage et non à la nature de la prairie puisqu’ils peuvent s’appliquer aussi aux [[Prairie temporaire|prairies temporaires]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les surfaces pâturées, certaines ont un statut particulier : les &amp;lt;u&amp;gt;estives&amp;lt;/u&amp;gt; et les &amp;lt;u&amp;gt;alpages&amp;lt;/u&amp;gt; se définissent par rapport à l’altitude et à la fonction d’alimentation au pâturage des animaux pendant une période estivale parfois limitée (généralement entre deux et cinq mois). Les &amp;lt;u&amp;gt;parcours&amp;lt;/u&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le mot &amp;lt;u&amp;gt;parcours&amp;lt;/u&amp;gt; avait autrefois un sens juridique et non technique ou écologique. Il s’agissait d’un droit autorisant les habitants d’un village à envoyer pâturer leur bétail sur le finage d’un autre village.&amp;lt;/ref&amp;gt; désignent des surfaces généralement rencontrées dans des conditions [[pédoclimatique]]s séchantes (cas typique du sud du Massif central), où la faible quantité d’herbe produite par hectare est compensée par une grande surface offerte aux animaux, et mobilisant le plus souvent un mode de pâturage itinérant. Contrairement aux estives, alpages et parcours, les &amp;lt;u&amp;gt;landes&amp;lt;/u&amp;gt; se retrouvent partout, dans des situations très variées de plaine ou de montagne, et sont caractérisées par la coexistence d’une strate herbacée et d’arbustes (bruyères, genêts, myrtilles, buis, ajoncs...). Elles sont souvent les témoins d’une dynamique actuelle de fermeture, puisque le développement de ligneux traduit un taux de prélèvement faible ne permettant pas de maîtriser la dynamique naturelle de la végétation (complexification de la structure des couverts, apparition d’une nouvelle forme de vie basée sur une stratégie très conservatrice des organes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Les_prairies_de_1945_%C3%A0_aujourd%E2%80%99hui_:_de_la_production_de_fourrages_%C3%A0_la_fourniture_de_services_%C3%A0_la_soci%C3%A9t%C3%A9&amp;diff=5230</id>
		<title>Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Les_prairies_de_1945_%C3%A0_aujourd%E2%80%99hui_:_de_la_production_de_fourrages_%C3%A0_la_fourniture_de_services_%C3%A0_la_soci%C3%A9t%C3%A9&amp;diff=5230"/>
		<updated>2026-03-30T16:59:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en ligne article&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteurs'' : [[A pour auteur:: Michel Duru]]''' et ''' [[A pour auteur:: Charlène Bouvier]]'''&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Définition des différents types de prairies&lt;br /&gt;
|Annexe 2=&lt;br /&gt;
|Annexe 3=&lt;br /&gt;
|Annexe 4=&lt;br /&gt;
|Article 1=Agroécologie&lt;br /&gt;
|Article 2=Fourrage&lt;br /&gt;
|Article 3=Prairie artificielle&lt;br /&gt;
|Article 4=Prairie permanente&lt;br /&gt;
|Article 5=Prairie temporaire&lt;br /&gt;
|Article 6=Pâturage&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation= 19 mars 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=30 mars 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction==&lt;br /&gt;
La prairie est, dans la durée historique, un objet difficile à définir pour les [[agronome, agronomie : étymologie|agronomes]] et complexe à délimiter dans l’espace pour les géographes (cas des [[lande]]s, des estives). Elle a également été et est toujours un objet complexe pour la recherche en agronomie. Il existe ainsi une agronomie de la prairie qui s’est construite avec ses propres approches, concepts et méthodes, différents de ceux de l’agronomie des [[grandes cultures]]. Cet article veut retracer l’évolution de l’agronomie de la prairie et celle des finalités données à la prairie en fonction des différents contextes agricoles et écologiques depuis 1945. Nous nous limiterons ici au cas de la France, tout en mentionnant les emprunts faits à d’autres écoles de pensée et de pratiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition du mot Prairie==&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Les prairies sont des surfaces agricoles et pastorales dont la végétation, herbacée, est utilisée pour la production de [[fourrage]] à récolter et/ou pour le [[pâturage]] d’animaux d’élevage.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles résultent d’une interaction entre la végétation et les herbivores, sans la présence desquels la forêt occuperait l’essentiel de l’espace en plaine, ne laissant la prairie dominante qu’au-dessus d’une certaine altitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’un point de vue botanique, elles sont composées le plus souvent de graminées et de [[Légume, légumineuse|légumineuses]], et souvent de plantes diverses en plus faible proportion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette définition très large englobe une grande diversité de prairies que les agronomes différencient selon leur composition floristique, leurs usages, leur [[productivité]] et leur durée. Un grand nombre de termes existe chez les éleveurs pour désigner ces surfaces (&amp;lt;u&amp;gt;[[pré]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[parc]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[herbage]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[pâturage]]&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;pâture&amp;lt;/u&amp;gt;...). Même si les agronomes reprennent parfois ces termes, ils classent les prairies en trois grandes catégories pensées selon leur cycle productif : les [[Prairie artificielle|prairies artificielles]], les [[Prairie temporaire|prairies temporaires]] et les [[Prairie permanente|prairies permanentes]]. Leurs définitions détaillées sont données dans l’[[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société - Annexe 1|annexe 1]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ce qu’elles laissent penser, ces expressions n’apportent pas d’informations sur le niveau d’artificialisation de la prairie. Déjà employé, dans un sens peu précis, par [[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]] en 1600, l’adjectif « artificiel » utilisé pour décrire des prairies est un héritage des textes de la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle qui ont précédé (et préparé) la révolution agricole du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, révolution qui se caractérise notamment par la généralisation de cultures de légumineuses au sein des rotations en remplacement de la jachère. Les « fourrages artificiels » deviennent synonymes de « progrès » contrairement aux prairies permanentes, souvent appelées « naturelles » et jugées trop peu [[Productivité|productives]]. Pour autant, ces dernières ne sont pas naturelles en ce qu’elles n’existeraient pas sans des interventions techniques fréquentes ([[fertilisation]], gestion du pâturage, [[fauche]], [[Herse, hersage|hersage]]...), parfois même intensives. Quant à leur permanence, il faut la relativiser. Si certaines prairies peuvent être très anciennes, d’autres sont plus récentes. Historiquement, les usages du sol ont beaucoup évolué et les prairies n’ont pas été épargnées. Le qualificatif de « permanente » doit être interprété comme un accent mis sur la durée d’implantation plus longue de la végétation des prairies permanentes. Tout comme l’usage des sols, la durée d’implantation nécessaire pour mériter le qualificatif de permanente a évolué au cours de l’histoire. Aujourd’hui, une prairie est considérée « permanente » à partir de cinq ans d’implantation selon les règles de la politique agricole commune en Europe (PAC). Dans les années 1950, une prairie temporaire restait implantée entre trois et six ans tant que son [[rendement]] était jugé suffisant. Les critères utilisés par les agronomes ont ainsi une dimension normative qui n’a pas forcément de signification biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La prairie à l’époque de la « révolution fourragère » de l’après-guerre ? (1945 – 1960)==&lt;br /&gt;
===L’ouverture d’un nouveau champ de recherche pour l’agronomie===&lt;br /&gt;
Bien qu’elle ait fait l’objet de travaux agronomiques au cours des siècles précédents, la prairie se trouve au cœur des enjeux agricoles et agronomiques au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle est perçue comme un moyen d’augmenter la production de lait et de viande sans détourner des denrées directement valorisables par les humains alors que la pénurie alimentaire sévit en France. L’herbe et ses racines sont également vues comme un moyen d’entretenir la [[fertilité]] des sols appauvris par plusieurs années d’exploitation dans un contexte de pénurie d’[[engrais]] minéraux comme organiques. C’est alors un tout nouveau champ de recherche qui s’ouvre pour l’agronomie française. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les agronomes de la recherche publique calquent leur approche de la prairie sur celle développée par les agronomes britanniques dans la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le ley-farming qui consiste à intégrer dans les [[assolement]]s, pour une durée variable, des prairies temporaires composées de [[Espèce, variété, cultivar|variétés]] de graminées et de légumineuses [[sélection]]nées et à les faire pâturer, semble alors particulièrement adapté aux objectifs donnés à la prairie. Dès 1946 à l’Inra, une équipe de jeunes agronomes dirigée par Jean Rebischung pose les bases de l’agronomie de la prairie. Tout est à créer : choisir les graminées et légumineuses à sélectionner, mettre au point les schémas de sélection, définir les critères de cette sélection, élaborer les méthodes d’[[expérimentation]], déterminer les techniques d’exploitation, définir les critères de qualité agronomique des prairies et étudier la conduite du pâturage (Rebischung, 1948 et 1960).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après des essais sur prairies permanentes et temporaires, les agronomes de l’équipe de Versailles élaborent le modèle agricole de la « chaîne de pâturage ». Ces essais mettent en évidence la différence de comportement entre les populations de graminées prairiales quant à leur date de départ en végétation que les agronomes nomment alors la «[[précocité]]». Cette dernière devient un critère de sélection central puisqu’elle permet de jouer sur l’étalement de la production d’herbe. Dans un contexte où le pâturage est considéré comme la méthode de récolte la plus économique, cet étalement est perçu comme le moyen de fournir au bétail une herbe pâturable sur la plus longue période de l’année possible. Mais l’irrégularité saisonnière de la vitesse de pousse de l’herbe oblige les agronomes à s’intéresser aux différentes méthodes de stockage des excédents printaniers ainsi qu’à la conduite du pâturage. Il s’agit de trouver un compromis entre les besoins du bétail et le rythme de [[croissance]] de l’herbe. Mais le manque de domaines expérimentaux limite grandement les possibilités de l’équipe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Prairie permanente contre prairie temporaire, une réelle controverse scientifique ?===&lt;br /&gt;
Ce modèle agricole ne laisse que peu de place aux prairies permanentes, jugées trop peu productives et de mauvaise qualité, qui recouvrent pourtant douze millions d’hectares. De nombreux agronomes, dont [[A pour personne citée:: René Dumont|René Dumont]], professeur à l’Ina et Louis Hédin, chercheur à l’Inra, encouragent alors leur retournement. Cela n’empêche pas pour autant Louis Hédin d’étudier les prairies permanentes par leur composition floristique en s’appuyant sur les acquis de la [[phytosociologie]] et de l’écologie pour enrichir l’approche agronomique encore très empirique et inadaptée à l’étude de peuplements multi-spécifiques et pérennes (Hédin, 1952).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1954, Pierre Chazal, conseiller agricole, et [[A pour personne citée:: René Dumont|René Dumont]] publient ''La nécessaire révolution fourragère et l’expérience lyonnaise'', ouvrage dans lequel ils présentent les résultats des essais menés depuis 1948 chez des éleveurs dans le département du Rhône sur les prairies temporaires (Chazal et Dumont, 1954). C’est dans cet ouvrage que René Dumont propose l’expression de « révolution fourragère » pour désigner le retournement massif des prairies permanentes afin de leur substituer des prairies temporaires introduites dans les assolements. Mais c’est un article de l’éleveur normand [[André Voisin]] de 1953 qui déclenche une importante controverse avec les agronomes de la recherche publique (Voisin, 1953). Voisin défend les prairies permanentes en argumentant qu’elles peuvent être facilement améliorées agronomiquement par une conduite adaptée du pâturage et une fertilisation conséquente (Voisin, 1953 et 1957). Il est soutenu par Léon Der Khatchadourian, ingénieur en chef des Services agricoles et inspecteur de l’Agriculture, qui étudie depuis les années 1930 la conduite du pâturage sur prairies permanentes (Der Khatchadourian, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les prises de position apparaissent initialement dogmatiques, les agronomes sont amenés à nuancer leurs propos lorsqu’ils s’intéressent à l’application des résultats de leur recherche. Dans leurs contacts avec les éleveurs, ils constatent les avantages qu’apporte la combinaison des différents types de prairies à l’échelle de l’exploitation. Ils insistent également sur la nécessité d’adapter les types de prairies et la composition botanique des prairies temporaires en fonction de la diversité des conditions climatiques et pédologiques locales. Dumont lui-même invite à la nuance dès 1954. « Dans l’état actuel de nos connaissances en matière de prairie française, il n’est cependant évidemment pas question de conseiller demain le retournement de nos 12 millions d’hectares de prairies permanentes (...) La solution optimum dépendra d’abord du micromilieu, et l’expérience locale des deux techniques d’amélioration de l’herbe apportera aux agriculteurs des éléments précieux de décision. Il est prudent de refuser tout apriorisme : soyons sportifs, le meilleur triomphera, et ce ne sera pas le même partout » (Dumont, 1954). La prairie permanente n’est pas totalement condamnée, en raison des avantages qu’elle peut avoir par rapport à la prairie temporaire dans certaines situations, mais aussi du manque de connaissances sur l’exploitation des prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’agronomie et son approche réductionniste en difficulté pour saisir la prairie (1960 –1974)==&lt;br /&gt;
===Un changement de regard sur les prairies (1960-1974)===&lt;br /&gt;
Au cours des années 1960, les agronomes de la recherche publique et du développement agricole se questionnent sur la diffusion relative des prairies temporaires et du modèle de la chaîne de pâturage. Pour certains, les explications sont techniques. Les variétés doivent être améliorées. Des adaptations techniques doivent être proposées localement en fonction du contexte [[pédoclimatique]]. Les éleveurs n’auraient pas un niveau technique suffisant pour appliquer correctement les résultats de la recherche. Pour d’autres, les raisons se trouvent ailleurs, résidant dans les nombreux bouleversements qu’entraîne la modification d’une technique d’exploitation à l’échelle de l’exploitation agricole. La manière dont les éleveurs conduisent leur exploitation et dont ils prennent leurs décisions commencent à intéresser quelques agronomes qui se rapprochent alors des sciences sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, le regard sur la prairie marque un tournant qui va se traduire par la fin de l’accroissement des surfaces de prairies permanentes (encadré 1) et, surtout, par un changement de regard sur leur valeur fourragère. La raison principale est le soutien important de la politique agricole commune (PAC), qui se met en place afin de répondre à une demande croissante de produits alimentaires (consommation intérieure puis exportation). Cela va engendrer une profonde transformation du [[paysage]], avec d’abord le développement rapide mais limité des prairies temporaires, qui va rapidement se stabiliser, puis du [[maïs]], exploité en [[ensilage]], et enfin l’effondrement des légumineuses fourragères ([[luzerne]]…) et le recul des prairies permanentes. Le cadre réglementaire se construit avec les catalogues de variétés pour les différentes espèces fourragères et une commercialisation de semences d’espèces pures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’intensification des prairies temporaires passe par les leviers de la génétique et de la fertilisation azotée. Les surfaces facilement accessibles, [[Mécanisation|mécanisable]]s, présentant des [[Potentiel de production|potentiels de production]] intéressants sont alors le centre de toutes les attentions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant cette période, et malgré le soutien de certains agronomes au premier rang desquels André Voisin, la prairie permanente n’est plus vraiment à l’honneur. Les [[Champ, pièce, parcelle|parcelles]] présentant des [[Contrainte agronomique|contraintes]] sont délaissées, exploitées à la marge, voire retournent en landes ou vers la forêt. Après être ainsi passé par un pic de près de 12,3 millions d’hectares à la fin des années 1960, les prairies permanentes ne recouvraient plus en 2005 que 8 millions d’hectares.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Encadré 1- Évolution des surfaces en prairies et en cultures fourragères (Plantureux ''et al''., 2012).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Fichier:Prairie-image-01.png|vignette]]En France, les surfaces en prairies permanentes n’ont cessé de croître au cours de la première partie du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, passant d’environ 20 % à plus de 40 % de la SAU (Surface Agricole Utile) au recensement agricole de 1970 (figure 1). Ces surfaces correspondent très majoritairement à des surfaces en herbe, avec parfois la présence de ligneux, et qui ne font pas l’objet d’un retournement pendant une durée variable (6 ans au minimum pour la statistique agricole).&lt;br /&gt;
Plusieurs raisons expliquent cette augmentation quasi linéaire des surfaces de prairies permanentes. En premier lieu, la très forte évolution des habitudes alimentaires de la population a généré une forte demande de produits animaux. Face à la quasi-absence de l’intensification de la production fourragère par la fertilisation et l’amélioration génétique, seule une augmentation des surfaces a permis de faire face à cette demande, conduisant à la conversion de [[culture|cultures]], de landes et de forêts. En second lieu, l’industrialisation du pays et les guerres successives ont induit une forte diminution de la main d’œuvre et du bétail de trait&amp;lt;ref&amp;gt;Pendant la 1&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, les chevaux de trait ont été réquisitionnés pour aller au front, où un million sont morts. Et, pendant la seconde, les Allemands ont emporté en Allemagne une grande partie du bétail.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans les campagnes, favorisant l’essor de l’industrie et des services. Le niveau encore faible de mécanisation et de motorisation de l’agriculture ne permettait plus de cultiver des surfaces importantes, provoquant ainsi la conversion des cultures en prairies.&lt;br /&gt;
Si les évolutions au cours du siècle dernier ont été très importantes, la diminution de la surface en prairie permanente constatée au cours de ces 30 dernières années s’inscrit avant tout après une très forte croissance qui peut ou doit aussi nous amener à relativiser quelque peu les enjeux de cette évolution récente.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Vers l’identification des facteurs de variation de la pousse de l’herbe===&lt;br /&gt;
Les recherches entamées dans l’après-guerre prennent de l’ampleur en 1962 avec la création de la Station d’Amélioration des plantes fourragères de Lusignan dans le département de la Vienne. La jeune équipe de Versailles, dont Yves Demarly prend la direction, y déménage et y met en place les infrastructures et moyens nécessaires à leurs recherches de génétique et de [[phytotechnie]]. La polyploïdie et l’allogamie&amp;lt;ref&amp;gt;L’allogamie est un mode de reproduction sexuée chez les plantes à fleurs où les deux gamètes mâle et femelle proviennent de deux parents différents. La polyploïdie qualifie les individus ou les cellules qui présentent plus de deux lots de chromosomes 3n ou 4n chromosomes, les individus normaux ayant 2n chromosomes). L’hétérosis est un effet sur la vigueur, qui est supérieure chez certains animaux ou végétaux hybrides, par rapport à la vigueur des individus dont ils sont issus.&amp;lt;/ref&amp;gt; des plantes prairiales, et la volonté de maximiser l’hétérosis, poussent les agronomes de Lusignan à importer dans la recherche française les outils de la génétique quantitative naissante à l’étranger. Dans l’obtention de nouvelles variétés, la qualité alimentaire occupe une bonne place mais la difficulté à la définir et la mainmise des zootechniciens sur cet objet d’étude rendent la tâche difficile aux agronomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette équipe approfondit également les premières recherches sur les modalités d’exploitation de la prairie qui posent des questions spécifiques en raison de la capacité de l’herbe à repousser après une exploitation et à la pluri-annualité de la prairie. En effet, il faut étudier les effets de la date de la première coupe sur la production et sur les cycles de repousse de l’année ainsi que sur le rythme de croissance de l’herbe des années suivantes. '''Contrairement aux agronomes des grandes cultures, ceux de la prairie ne cherchent pas à atteindre le rendement maximal en une récolte (une coupe). Ils doivent penser la production herbagère dans le temps et trouver un compromis entre production et pérennité.''' Pour cela, ils mènent de front recherche appliquée pour tester différents rythmes de coupe, et recherche fondamentale qui croise physiologie végétale et bioclimatologie pour identifier les processus biologiques intervenant dans la pousse de l’herbe et les effets du climat sur ces derniers (Gillet, 1969).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La revendication de la prairie permanente comme un objet agronomique===&lt;br /&gt;
Louis Hédin poursuit ses réflexions épistémologiques entre agronomie, phytosociologie et écologie pour élaborer des outils permettant d’étudier l’évolution des prairies permanentes sous l’effet des techniques d’exploitation. En reprenant le concept de succession écologique, lui et Michel Kerguélen, agronome diplômé en sciences naturelles, tentent de dresser des séries évolutives de la composition floristique des prairies pour les différents contextes pédoclimatiques français. L’objectif est ensuite de proposer une classification agronomique qui permet d’associer à chaque stade d’une série évolutive des techniques d’exploitation permettant de faire évoluer la composition floristique vers une flore jugée de meilleure qualité agronomique (Hédin ''et al''., 1972). Le manque de connaissances sur l’autoécologie et l’écophysiologie&amp;lt;ref&amp;gt;L’autoécologie est la science qui étudie l'ensemble des relations d'une espèce vivante avec son milieu, délimite les conditions qui permettent la survie de l'espèce, sa reproduction… L’écophysiologie est la science qui étudie les réponses comportementales et physiologiques des organismes à leur environnement&amp;lt;/ref&amp;gt;. des différentes espèces prairiales et sur la [[Compétition, concurrence|compétition]] inter- et intra-spécifique au sein de la prairie limitent la réalisation d’un tel outil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michel Vivier, conseiller de la Chambre d’Agriculture du Calvados, s’inspire de cette approche et, dans sa thèse, revendique la prairie permanente comme étant un objet que seule l’agronomie peut étudier. Il met en avant les nombreuses nuances floristiques qu’entraîne la diverse intensité des interventions techniques mais aussi les finalités productives de l’agronomie qui diffèrent de celles de la phytosociologie, qui est dans une démarche d’inventaire (Vivier, 1971). Cependant, il peine également à tirer des conclusions pratiques de ses recherches en raison du nombre d’interactions qu’il identifie au sein des prairies permanentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Optimiser l’utilisation des fourrages : un changement de perspective (1975 – 1989)&amp;lt;ref&amp;gt;Les sections 5 à 7 s’appuient largement sur un papier écrit pour les 60 ans de la revue Fourrages (Revaud Allézard ''et al''., 2019) de l’Association Francophone pour les Prairies et les Fourrages (AFPF).&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
La crise pétrolière de 1972 met brutalement en cause le contexte agricole sur les enjeux d’énergie et de protéines mais les accords internationaux dominés par les USA limitent rapidement les soutiens européens efficaces à la culture des protéagineux (Bertrand ''et al''., 1983). Le département de génétique végétale de l’INRA arrête même en 1992 les recherches sur le [[lupin]], la [[féverole]] et le [[soja]], pourtant relancées 10 ans auparavant. Les [[Culture associée|associations]] de plantes fourragères suscitent dans le même temps un intérêt croissant. Même si les acquis de la Révolution fourragère sont largement adoptés, ses limites dans certaines situations commencent à être reconnues, et d’autres modèles d’« intensification [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|raisonnée]] » commencent à percer. D’où l’intérêt pour les prairies à base [[ray-grass]] anglais – [[trèfle]] blanc pâturées à un rythme relativement lent mais régulier (« système POCHON »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion du pâturage progresse dans la maîtrise de la nutrition et de la fertilisation azotée, qui est par ailleurs devenue plus onéreuse et reconnue comme pouvant produire des pollutions azotées (nitrates) dans les eaux. L’analyse conjointe de la dynamique de croissance et des prélèvements de minéraux (N, puis P et K) des plantes a représenté un progrès considérable permettant d’effectuer un diagnostic (le diagnostic de nutrition azotée) pour ajuster les doses de fertilisants au niveau de la parcelle. Les spécificités des prairies (couvert pluriannuel exploité plusieurs fois par an, stockage de l’azote dans le sol et dans les organes non récoltés, multiplicité et importance des flux d’azote via les restitutions au pâturage, [[lixiviation]], [[fixation symbiotique]] d’azote par les légumineuses...) ont permis de proposer des références (Lemaire et Gastal, 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre évolution spécifique de cette période est le regain d’intérêt pour la prairie permanente et la progression des connaissances sur la végétation des prairies. C’est aussi en 1973 que le soutien à la valorisation de l’herbe fait son apparition en France. Ce soutien est indirect puisque l’ISM (Indemnité Spéciale Montagne), spécifique à l’élevage bovin de montagne, puis en 1975 les ICHN (Indemnités Compensatoires de Handicaps Naturels) viennent conforter des zones où l’herbe est souvent la seule ressource fourragère. Ces aides restent toutefois encore relativement spécifiques de zones dites « de handicaps ». C’est surtout avec la réforme de la PAC en 1992 et la mise en place de la PMSEE (Prime au Maintien des Systèmes d’Élevage Extensifs) que la prairie de plus ou moins longue durée, mais également les estives ou les landes moins productives, peuvent prétendre à un soutien spécifique. L’objectif premier de ce dispositif, qui sera reconduit en 1998, était de maintenir les élevages dans les territoires plus difficiles et ainsi un potentiel de valorisation de ces surfaces qui risquaient de retourner vers la forêt. Implicitement, cette politique conduit à une forme de répartition nationale des surfaces fourragères, les zones montagneuses ou à climat défavorable étant associées à la prairie, les zones plus favorables au maïs ensilage (Plantureux ''et al.'', 2012), voire une régression des effectifs de ruminants dans certaines zones de plaine (Poitou-Charentes, Lorraine…).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’irruption des questions environnementales et la multifonctionnalité des prairies (1990 – 2004)==&lt;br /&gt;
Les préoccupations se sont d’abord focalisées sur les pollutions produites par l’intensification des systèmes de production et l’utilisation importante de la fertilisation minérale ou organique : lixiviation de gestion des déjections animales (Vertès ''et al''., 2018). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question environnementale est initialement surtout vue comme une contrainte. Au début de cette période, les légumineuses connaissent un léger regain d’intérêt ; elles sont essentielles pour mettre en place une agriculture durable ; elles contribuent également aux objectifs de qualité (des produits ou des eaux) et à répondre à une nouvelle préoccupation : l’autonomie protéique et fourragère des exploitations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à des crises sanitaires graves de l’élevage, certaines dérives de systèmes intensifs font émerger une demande de produits sûrs et sains et un environnement de qualité, qui redonnent un poids aux prairies permanentes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les préoccupations environnementales se sont progressivement élargies à la biodiversité. « Une nouvelle représentation de la prairie s’élabore au début des années 2000, autour de ses multiples fonctions, économiques, environnementales et sociétales » (Béranger et Lacombe, 2019).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les politiques publiques, se mettent en place à partir de 2000 des Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE), qui seront suivis en 2003 des Contrats d’Agriculture Durable (CAD) dont certains prévoient la conservation de prairies permanentes, en associant explicitement des objectifs de production et d’environnement. En 2003, c’est la mise en place d’un nouveau dispositif à l’intitulé explicite vis-à-vis de ces enjeux : la Prime à l’Herbe Agro-Environnementale. Les règles d’éligibilité et les cahiers des charges à respecter se précisent et deviennent plus contraignants, en lien avec des objectifs environnementaux diversifiés. Les surfaces déclarées en prairies permanentes doivent être maintenues pendant les 5 années qui suivent la signature du contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’écologie pour repenser la prairie et la richesse de ses services pour l’agriculture (2005 – 2019)==&lt;br /&gt;
Même si les surfaces en prairies continuent de reculer lentement, leur place dans la réflexion agricole progresse ; on assiste surtout à un changement de paradigme. Sous l’influence de l’écologie, de l’[[agroécologie]] et des nouveaux concepts et approches disponibles, la perspective s’élargit encore : la prairie et l’exploitation agricole sont devenues des éléments d’un bassin versant et d’un territoire et prennent place dans un paysage. Elles rendent des services écosystémiques variés (Martin ''et al''., 2020). De nombreux travaux montrent leur intérêt pour boucler les cycles de l’azote et du carbone (Soussana et Lemaire, 2014). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’étude de la végétation fait appel à la notion de composition fonctionnelle qui va progressivement permettre une approche systémique des différents services fournis par les prairies (Pollinisation, Bien-être animal, Santé…) (encadré 2). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, le Concours “Prairies fleuries » créé en 2010 à l'initiative des Parcs Nationaux et des Parcs Naturels Régionaux a donné un regain d’intérêt aux prairies permanentes. Il est soutenu par une mesure agri-environnementale qui n’impose pas de pratiques aux agriculteurs, mais fixe un résultat à atteindre en termes de diversité floristique. Les agriculteurs perçoivent positivement le fait que l’obligation de résultat liée à cette MAE reconnaisse leur savoir-faire et n’impose pas formellement un changement de leurs pratiques. Cependant, ils n’ont engagé que des prairies déjà riches en fleurs ; la MAE soutient donc les pratiques en place plus qu’elle n’incite à en changer (Nettier ''et al''., 2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Encadré 2- Évaluation de la valeur d’usage des prairies et des services écosystémiques par l’approche fonctionnelle (Duru ''et al''., 2017 ; 2015)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|La composition floristique des prairies, qu’elles soient temporaires ou permanentes, évolue selon les conditions du [[Milieu naturel|milieu]] (climat et sol) et les pratiques de gestion (fertilisation, nombre de coupes, chargement en bétail...). Une avancée scientifique pour mettre en relation les pratiques et facteurs du milieu avec la valeur d’usage agricole et les services écosystémiques porte sur leur caractérisation fonctionnelle. Elle repose sur le regroupement d’espèces en catégories de plantes ayant des fonctions similaires, par exemple pour la capture des nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La composition des prairies ainsi que leur distribution spatio-temporelle permettent d’évaluer la fourniture d’une large gamme de services en distinguant cinq fonctions des prairies (Duru et Therond, 2018) : &lt;br /&gt;
* une ressource alimentaire pour les animaux, &lt;br /&gt;
* une infrastructure écologique pour les cycles biogéochimiques, &lt;br /&gt;
* un habitat pour des organismes à l’origine de services de régulations biologiques, &lt;br /&gt;
* un « couvert de services », mais aussi &lt;br /&gt;
* un aliment fonctionnel au travers d’effets physiologiques bénéfiques dépassant les fonctions nutritionnelles habituelles. Ainsi, la composition des produits animaux (lait, viande) issus d’une alimentation à base d’herbe contribue à réduire, tant pour les animaux que pour les hommes, le déficit de l’alimentation en oméga-3 et les risques de maladies chroniques associés. Ces cinq rôles contribuent aussi à la fourniture de services culturels (choix alimentaires par exemple) en spécifiant notamment les processus écologiques sous-jacents.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette approche permet de bâtir des [[typologie]]s de prairies prenant en compte des services écosystémiques.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==De nouveaux enjeux en émergence (2020 – …)==&lt;br /&gt;
===Un rôle accru des prairies dans la « compétition ''food-feed'' »===&lt;br /&gt;
L’élevage de ruminants est depuis longtemps critiqué pour ses impacts environnementaux (émissions de méthane et d’azote). Désormais, il l’est aussi pour la sécurité alimentaire. En effet, bien que cet élevage (bovins, ovins et caprins) utilise une grande surface en prairies (7,9 millions d’hectares de prairies permanentes et 3,2 millions d’hectares de prairies temporaires), il utilise aussi presque 4 millions d’hectares de [[terres arables]] ([[céréale]]s, [[oléo-protéagineux, maïs ensilage), soit presqu’autant que les monogastriques (porcs et volaille) qui nous apportent autant de protéines dans l’assiette. Dès lors, circonscrire l’alimentation des ruminants aux prairies devient un impératif, même si la production par hectare et par animal est moindre (Duru, en cours).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est ainsi suggéré un recentrage de l’élevage des ruminants sur les prairies permanentes, avec un complément alimentaire limité, apporté notamment par des prairies temporaires plus riches en légumineuses (« retour à l’herbe »). Ce choix permettrait de « libérer » de 3 à 5 millions d’hectares de terres arables, qui nourrissent aujourd’hui les ruminants et sont consacrées principalement au maïs ensilage, au [[colza]] (pour les tourteaux) et aux céréales. La viande de bœuf serait alors largement issue d’un élevage laitier (vaches de réforme, génisses et jeunes mâles), impliquant des croisements avec des races à viande ou le recours à des races mixtes ou légères, supportant un engraissement à l’herbe, produisant lait et viande de qualité́ et si possible plus adaptées aux fortes chaleurs. Une telle production serait valorisée économiquement, au profit des éleveurs, par une politique rigoureuse de labellisation, dans un contexte de réduction de la consommation permettant de sauvegarder le pouvoir d’achat des consommateurs (Demarcq ''et al''., 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Des fonctions non alimentaires en développement===&lt;br /&gt;
La méthanisation de la biomasse et l’agri-voltaïsme par panneaux posés au-dessus des prairies sont deux moyens de produire de l’énergie sans entrer en compétition avec notre alimentation, tout en ayant une efficience énergétique très supérieure aux agrocarburants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’agri-voltaïsme consiste en des installations couplant une production photovoltaïque associée à une production agricole principale sur la base d’une synergie de fonctionnement. L’objectif est de pallier la consommation des terres agricoles en conférant un double usage à certains espaces : production agricole et production d’électricité verte. Les parcours utilisés par des ovins se prêtent tout particulièrement à ces installations : l’ombre des, panneaux ne réduit pas la production d’herbe, voire la favorise, et elle améliore le bien-être animal (protection contre les fortes températures) (Crestey ''et al''., 2021). Au niveau actuel déjà fort élevé du soutien d’État à la production photovoltaïque, cela ne pourra toutefois concerner que des surfaces minimes. Leur développement doit cependant être très encadré pour éviter des effets rebonds (Duru et Therond, 2019)&lt;br /&gt;
Et outre la production de biogaz à partir des déjections animales, l’utilisation des surplus d’herbe pourrait également fournir 10 à 20 % du biogaz issu de la biomasse (Meyer ''et al''., 2018).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les prairies jouent un rôle central dans les approches « ''one-health'' » du système alimentaire===&lt;br /&gt;
Le changement de contexte important depuis les années 1990 amène à réviser la place de l’élevage de ruminants et par là celle des prairies. Les effets positifs de ces dernières sont maintenant démontrés pour l’environnement local et global, pour la valeur nutritionnelle des produits qui en sont issus, ainsi que pour la santé et le bien-être animal (Duru ''et al''., 2023). Dès lors, il ne s’agit pas de supprimer l’élevage de ruminants, mais plutôt de le redimensionner à la hauteur de ce que peuvent permettre de fournir les prairies en énergie et en protéines. Une telle option est gagnante pour la sécurité alimentaire, le climat et les pollutions, le bien-être animal ainsi que la santé humaine. Certaines prospectives ont montré que la prairie serait un acteur clef de la transition écologique (Poux et Aubert, 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées== &lt;br /&gt;
*Bertrand J, Laurent C, Leclercq V, 1983. ''Le Monde du Soja''. Paris, Maspero, 127p.&lt;br /&gt;
*Béranger C., Bonnemaire J., 2009. ''Prairies, herbivores, territoires : quels enjeux ?'' Versailles, Quae, 177p.&lt;br /&gt;
*Béranger C., 2012. ''Les représentations de la prairie dans la pensée agronomique du XIX° siècle.'' Manuscrit non publié. 33 p.&lt;br /&gt;
*Béranger, C., Lacombe, P., 2019. La recherche agronomique et la révolution agricole de l’après-guerre : l’exemple des prairies. ''Fourrages'', 240, 265-272. [https://afpf-asso.fr/revue/les-60-ans-de-la-revue?a=2226 Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Bouvier C., 2021. André Voisin dans le paysage de la recherche agronomique. La notion d’“années de misère” dans les années 1950. ''NA3F'', 1-12. [https://www.academie-agriculture.fr/publications/notes-academiques/n3af-note-de-recherche-andre-voisin-dans-le-paysage-de-la-recherche Texte intégral] sur le site de l’Académie d’Agriculture.&lt;br /&gt;
*Bouvier C., 2024. La ‘révolution fourragère’ revisitée. Quelles prairies pour l’après-guerre ? (1945-1960). In : ''Sciences, techniques et agriculture. Des Lumières au XX° siècle'', Bordeaux, 147-167.&lt;br /&gt;
*Bouvier C., 2026. ''L’agronomie française et la question de la prairie dans le temps de la modernisation agricole. Épistémologie historique d’une scientificité introuvable (1946-1974)''. Thèse de doctorat en histoire, Université Lumière Lyon 2, 947 p.&lt;br /&gt;
*Crestey M., Dervishi V., Fradin J., Pavie J., 2021. ''L’agrivoltaïsme appliqué à L'élevage des ruminants''. [https://idele.fr/detail-article/guide-pratique-lagrivoltaisme-applique-a-lelevage-des-ruminants Texte intégral] sur le site de l’IDELE.&lt;br /&gt;
*Chazal P., Dumont R., 1954. ''La nécessaire révolution fourragère et l’expérience lyonnaise''. Paris, Le journal de la France agricole. 170 p.&lt;br /&gt;
*Demarcq F, Couturier C, Duru M, Morineau J, Boitas M, Bureau J.C., 2022. ''Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire''. Note 24 de La Fabrique Ecologique [https://www.lafabriqueecologique.fr/les-prairies-et-lelevage-de-ruminants-au-coeur-de-la-transition-agricole-et-alimentaire/ Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Der Khatchadourian L., 1954. ''L’exploitation intensive des prairies permanentes''. Paris, Hachette, 164 p.&lt;br /&gt;
*Dumont R., 1954. ''Progrès fourragers dans les pays scandinaves et en Grande-Bretagne''. Paris, SADEP,  110 p.&lt;br /&gt;
*Duru M., Jouany C., Theau J. P., Granger S., Cruz P., 2013. L’écologie fonctionnelle pour évaluer et prédire l’aptitude des prairies permanentes à rendre des services. ''Fourrages'', 213 : 21-34. [https://www.researchgate.net/profile/Claire-Jouany/publication/297313555_Functional_ecology_for_evaluating_and_predicting_the_aptitude_of_permanent_grassland_to_provide_services/links/5c3d9bd292851c22a375dbb8/Functional-ecology-for-evaluating-and-predicting-the-aptitude-of-permanent-grassland-to-provide-services.pdf Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Duru M., Jouany C., Theau J. P., Granger S., &amp;amp; Cruz P., 2015. A plant‐functional‐type approach tailored for stakeholders involved in field studies to predict forage services and plant biodiversity provided by grasslands. ''Grass and Forage Science'', 70 (1): 2-18. [https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/gfs.12129?casa_token=8dSTKPah0cAAAAAA:NNzuM53wVauAz-tMwkQGqWk7cQoByVBCgimDYohcOS1FV1w2VvHp1WYRQCmWbo-XLYMyqFRXuxrlpH_F Résumé].&lt;br /&gt;
*Duru M., Therond O., 2018. La prairie dans tous ses états : 1. Une approche multi-niveaux et multi-domaines de ses atouts pour l’agriculture et la société. ''Fourrages'', 236 : 229-237. [https://afpf-asso.fr/_objects/afpf_revues/f236-duru-3257.pdf Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Duru M., Therond O., 2019 « Une seule santé » revisitée pour analyser les relations entre environnement et système alimentaire. ''Regards n°08''.&lt;br /&gt;
*Duru M, Magne M, Martin G, Therond O., 2024 Pourquoi et comment réorienter l’élevage de ruminants ? une analyse du champ à l’assiette. ''Fourrages'', 259 : 31-45. [https://hal.science/hal-04871063/ Texte intégral] ; [https://afpf-asso.fr/revue/impacts-et-services-atmospheriques-des-prairies-et-des-fourrages-paturage-des-monogastriques?a=2444 Texte intégral].&lt;br /&gt;
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*Hédin L., Kerguélen M., de Montard F.-X., 1972. ''Écologie de la prairie permanente française''. Paris, Masson, 219 p.&lt;br /&gt;
*Lemaire G., Gastal F., 2016. Improved estimation of nitrogen uptake in grasslands using the nitrogen dilution curve: Improved estimation of nitrogen uptake in grasslands. ''Agronomy for Sustainable Development'', 36 (3): 47.&lt;br /&gt;
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*Meyer A.K.P., Ehimen E.A., Holm-Nielsen, J.B., 2018. Future European biogas: Animal manure, straw and grass potentials for a sustainable European biogas production. ''Biomass and Bioenergy'', 111: 154-164. [https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0961953417301691?casa_token=Aa-rf59c3BQAAAAA:KUiFDdUp43i0MOorVwIs183BpUv0T3EAfvVv9Unr4AC7VEOwTRqJPIVxvr7w9_WjM7CUVOSWJg9n Résumé et introduction].&lt;br /&gt;
*Michaud A., Plantureux S., Baumont R., Delaby L., 2021. Les prairies, une richesse et un support d’innovation pour des élevages de ruminants plus durables et acceptables. ''INRAE Productions Animales'', 33 (3) : 153–172. [https://productions-animales.org/article/view/4543 Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Morlon P., Lemaire G., Pflimlin A., Bouvier C., de Faccio Carvalho P. C., 2021. André Voisin, éleveur laitier en Normandie et chercheur indépendant. ''Encyclopédie : Question sur...'', [https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/questions-sur/1101q03-andre-voisin-eleveur-laitier-en-normandie-et Texte intégral].&lt;br /&gt;
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*Osty P.-L., 1974. Comment s’effectue le choix des techniques et des systèmes de production ? Cas d’une région herbagère dans les Vosges (région de Rambervillers). ''Fourrages'', 59 : 53-70. [https://afpf-asso.fr/article/comment-s-effectue-le-choix-des-techniques-et-des-systemes-de-production-cas-d-une-region-herbagere-dans-les-vosges-region-de-rambervillers Texte intégral] &lt;br /&gt;
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*Rebischung J., 1948. Problèmes posés par la sélection des graminées fourragères. ''Bulletin technique d’information'', 23 : 641-750.&lt;br /&gt;
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*Revaud Allézard, V., Huygue, C., Lemaire, G., Vertes, F., 2019. Bouquet de thèmes, bouquet d’auteurs... pour fêter 60 ans d’évolution de Fourrages. ''Fourrages'', 240 : 273-288. [https://afpf-asso.fr/revue/les-60-ans-de-la-revue?a=2227 Texte intégral.&lt;br /&gt;
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*Vertès F., Simon J.C., Laurent F., Besnard A., 2008. Prairies et qualité de l'eau. Évaluation des risques de lixiviation d'azote et optimisation des pratiques. ''Fourrages'', 192 : 423-440. [https://hal.science/hal-01460833/ Texte intégral] ; [https://afpf-asso.fr/revue/prairies-fourrages-et-impacts-sur-la-qualite-de-l-eau-1re-partie?a=1678 Texte intégral].&lt;br /&gt;
*Vivier M., 1971. ''Les prairies permanentes du Bessin et du Pays d’Auge''. Thèse de doctorat en sciences, Université de Caen. 373 p.&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1953. Grandeurs et faiblesses du ley-farming. ''Bulletin Technique d’ Information'', 82 : 673-704.&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1957. ''Productivité de l’herbe.'' Paris, Flammarion, 476 p. Réédition 2001 : La France agricole, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Liste_provisoire_des_Mots_de_l%27agronomie&amp;diff=5229</id>
		<title>Liste provisoire des Mots de l'agronomie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Liste_provisoire_des_Mots_de_l%27agronomie&amp;diff=5229"/>
		<updated>2026-03-30T16:58:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : ajout titre nouvel article&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Termes susceptibles de faire l'objet d'un ou plusieurs articles (liste non limitative)==&lt;br /&gt;
Toutes les espèces cultivées, toutes les maladies des plantes et tous les parasites ou ravageurs, tous les outils agricoles... peuvent faire l'objet d'un article, même si leur nom ne figure pas ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les termes en rouge n'ont pas encore été traités. Lorsqu'ils sont en bleu, cela signifie qu'un article leur est déjà consacré ; vous pouvez alors vérifier si un deuxième angle de vue ne peut pas être envisagé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=A=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Abri]]&lt;br /&gt;
*[[Absorption racinaire]]&lt;br /&gt;
*[[Absorption foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Acclimatation]]&lt;br /&gt;
*[[Acre]]&lt;br /&gt;
*[[Activateur biologique]]&lt;br /&gt;
*[[Adaptation]]&lt;br /&gt;
*[[Ados, billon, planche de labour : les mots]]&lt;br /&gt;
*[[Adventice]]&lt;br /&gt;
*[[Agent pathogène]]&lt;br /&gt;
*[[Agrégat, élément structural]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculteur]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture biologique]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture comparée]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture de conservation]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture de précision]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture intégrée]]&lt;br /&gt;
*[[Agriculture raisonnée]]&lt;br /&gt;
*[[Agroécologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agroforesterie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrométéorologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agronome, agronomie : étymologie]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Agrophysiologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrostologie]]&lt;br /&gt;
*[[Agrosystème, agroécosystème]]&lt;br /&gt;
*[[Agrume]]&lt;br /&gt;
*[[Alimentation des cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Alios]]&lt;br /&gt;
*[[Allélopathie]]&lt;br /&gt;
*[[allocation des ressources]]&lt;br /&gt;
*[[Allogamie, autogamie]]&lt;br /&gt;
*[[Allotement des parcelles dans l’exploitation]]&lt;br /&gt;
*[[Alternatif, alternativité]]&lt;br /&gt;
*[[Aluminium, toxicité aluminique]]&lt;br /&gt;
*[[Amélioration culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Amélioration foncière]]&lt;br /&gt;
*[[Amélioration variétale]]&lt;br /&gt;
*[[Aménagement]]&lt;br /&gt;
*[[Amendement]]&lt;br /&gt;
*[[Ammoniac, Ammonitrate]]&lt;br /&gt;
*[[Analyse de plante]]&lt;br /&gt;
*[[Analyse de terre]]&lt;br /&gt;
*[[Analyse de variance]]&lt;br /&gt;
*[[Andain]]&lt;br /&gt;
*[[Anguillule]]&lt;br /&gt;
*[[Année culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Anthracnose]]&lt;br /&gt;
*[[Aphanomyces]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Appellation contrôlée]]&lt;br /&gt;
*[[Appellations vernaculaires]]&lt;br /&gt;
*[[Aptitude (culturale, d’un sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Arable]]&lt;br /&gt;
*[[Arachide]]&lt;br /&gt;
*[[Araire]]&lt;br /&gt;
*[[Arboriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Argile, argileux]]&lt;br /&gt;
*[[Aride, aridité]]&lt;br /&gt;
*[[Arrosage : voir irrigation]]&lt;br /&gt;
*[[Asphyxie racinaire]]&lt;br /&gt;
*[[Assainissement]]&lt;br /&gt;
*[[Assec]]&lt;br /&gt;
*[[Assimilation chlorophyllienne]]&lt;br /&gt;
*[[Assolement, sole]]&lt;br /&gt;
*[[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810]]&lt;br /&gt;
*[[Atelier de production]]&lt;br /&gt;
*[[Aubues]]&lt;br /&gt;
*[[Autofécondation]]&lt;br /&gt;
*[[Autonomie par rapport aux intrants]]&lt;br /&gt;
*[[Auxiliaire (faune), contre-parasites]]&lt;br /&gt;
*[[Avertissements agricoles]]&lt;br /&gt;
*[[Azote dans les végétaux]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=B=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Bande enherbée, bande tampon]]&lt;br /&gt;
*[[Banque de gènes]]&lt;br /&gt;
*[[Banque de graines du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Bases échangeables]] : voir [[Cations échangeables du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Bassin d’approvisionnement]]&lt;br /&gt;
*[[Bassin de culture]]&lt;br /&gt;
*[[Bassin versant]]&lt;br /&gt;
*[[Battance du sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Batteuse]]&lt;br /&gt;
*[[Bêche, bêchage]]&lt;br /&gt;
*[[Besoins (en eau, en éléments nutritifs) d’une culture]]&lt;br /&gt;
*[[Betterave]]&lt;br /&gt;
*[[Bilans de l’azote : prévisionnel, apparent]]&lt;br /&gt;
*[[Bilan de rayonnement]]&lt;br /&gt;
*[[Bilan hydrique]]&lt;br /&gt;
*[[Billon, billonnage]]&lt;br /&gt;
*[[Binage, biner, binette]]&lt;br /&gt;
*[[Bioagresseur ]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Biocontrôle]]&lt;br /&gt;
*[[Biodisponibilité / échangeabilité]]&lt;br /&gt;
*[[Biodiversité]]&lt;br /&gt;
*[[Biodynamie]]&lt;br /&gt;
*[[Biologie du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Biomasse (végétale, microbienne)]]&lt;br /&gt;
*[[Biométrie]]&lt;br /&gt;
*[[Bisaille]]&lt;br /&gt;
*[[Blé]]&lt;br /&gt;
*[[Bloc d’irrigation]]&lt;br /&gt;
*[[Boisseau]]&lt;br /&gt;
*[[Bonnes conditions agricoles et environnementales]]&lt;br /&gt;
*[[Bonnes pratiques agricoles]]&lt;br /&gt;
*[[Bordure]]&lt;br /&gt;
*[[Bouture, bouturage]]&lt;br /&gt;
*[[Bois Raméal Fragmenté]]&lt;br /&gt;
*[[Brise-vent]]&lt;br /&gt;
*[[Brûlis]]&lt;br /&gt;
*[[Buttage]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=C=&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Cacao]]&lt;br /&gt;
*[[Calendrier cultural]]&lt;br /&gt;
*[[Capacité au champ]]&lt;br /&gt;
*[[Capacité d'échange cationique du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Capacité de rétention du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Carence]]&lt;br /&gt;
*[[Carie (maladie)]]&lt;br /&gt;
*[[Cartographie agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Caractérisation analytique du sol]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Cations échangeables du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Cep, recépage]]&lt;br /&gt;
*[[Céréale]]&lt;br /&gt;
*[[Champ]]&lt;br /&gt;
*[[Champ, pièce, parcelle]]&lt;br /&gt;
*[[Chaintre]]&lt;br /&gt;
*[[Chantier de travail agricole]]&lt;br /&gt;
*[[Chanvre]]&lt;br /&gt;
*[[Charbon (maladie des végétaux)]]&lt;br /&gt;
*[[Chargement (au pâturage]]&lt;br /&gt;
*[[Charrue]]&lt;br /&gt;
*[[Châssis]]&lt;br /&gt;
*[[Chaulage]]&lt;br /&gt;
*[[Chaumage, chaume, chaumer]]&lt;br /&gt;
*[[Chisel]]&lt;br /&gt;
*[[Chlorose]]&lt;br /&gt;
*[[Chou]]&lt;br /&gt;
*[[Classification des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Climat]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[C/N (rapport : dans les plantes, le sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Coefficient apparent d’utilisation de l’azote]]&lt;br /&gt;
*[[Cohésion du sol)]]&lt;br /&gt;
*[[Colmatage]]&lt;br /&gt;
*[[Colza]]&lt;br /&gt;
*[[Compaction]]&lt;br /&gt;
*[[Compétition, Concurrence]]&lt;br /&gt;
*[[Complexes : absorbant, argilo-humique]]&lt;br /&gt;
*[[Comportement agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Composantes du rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Compost]]&lt;br /&gt;
*[[Conductivité hydraulique du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Conduite des cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Confort hydrique des plantes]]&lt;br /&gt;
*[[Connaissances locales]]&lt;br /&gt;
*[[Conservation des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Consommation de luxe]]&lt;br /&gt;
*[[Contrainte agronomique, naturelle]]&lt;br /&gt;
*[[Conversion de l’énergie solaire]]&lt;br /&gt;
*[[Cosse, cossu]]&lt;br /&gt;
*[[Cotonnier]]&lt;br /&gt;
*[[Couche]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Couche-limite]]&lt;br /&gt;
*[[Couleurs des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Couverts végétaux]]&lt;br /&gt;
*[[Couverture du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Couverture (effet de)]]&lt;br /&gt;
*[[Croissance végétale, végétative]]&lt;br /&gt;
*[[Croissance (substance de)]]&lt;br /&gt;
*[[Croskill]]&lt;br /&gt;
*[[Croûte]]&lt;br /&gt;
*[[Culture (travail du sol, plante cultivée)]]&lt;br /&gt;
*[[Cultures associées, intercalées,...]]&lt;br /&gt;
*[[Culture attelée]]&lt;br /&gt;
*[[Culture dérobée]]&lt;br /&gt;
*[[Culture hors-sol]]&lt;br /&gt;
*[[Culture Intermédiaire Piège à Nitrates]]&lt;br /&gt;
*[[Culture sur brûlis]]&lt;br /&gt;
*[[Cultivar]]&lt;br /&gt;
*[[Cultivateur]]&lt;br /&gt;
*[[Cycles biogéochimiques (H2O, C, N, etc)]]&lt;br /&gt;
*[[Cycle cultural]]&lt;br /&gt;
*[[Cycle de Krebs]]&lt;br /&gt;
*[[Cycle végétatif]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=D= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Déchaumage]]&lt;br /&gt;
*[[Déchausser]]&lt;br /&gt;
*[[Décision technique]]&lt;br /&gt;
*[[Décompactage]]&lt;br /&gt;
*[[Déficit hydrique]]&lt;br /&gt;
*[[Déficit de saturation de l’air]]&lt;br /&gt;
*[[Défriche-brûlis]]&lt;br /&gt;
*[[Défricher]] : voir [[Friche, défricher]]&lt;br /&gt;
*[[Défoncement, défoncer]]&lt;br /&gt;
*[[Dégradation mondiale des terres : comment l’évaluer ?]]&lt;br /&gt;
*[[Degré-jour]] : voir [[Temps thermique (sommes de températures)]]&lt;br /&gt;
*[[Déjections animales]]&lt;br /&gt;
*[[Démariage]]&lt;br /&gt;
*[[Dénitrification]]&lt;br /&gt;
*[[Densité apparente du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Densité de semis]]&lt;br /&gt;
*[[Dépérissement]]&lt;br /&gt;
*[[Dépiquage]]&lt;br /&gt;
*[[Déprimage, déprimer (une prairie)]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Désertification]]&lt;br /&gt;
*[[Désherbant]] : voir [[Herbicide]]&lt;br /&gt;
*[[Dessaisonner, dessoler]]&lt;br /&gt;
*[[Développement, stades de développement]]&lt;br /&gt;
*[[Distinction, Homogénéité, Stabilité)]]&lt;br /&gt;
*[[Diagnostic agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Diagnostic foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Diagnostic floristique (prairies)]]&lt;br /&gt;
*[[Différables (travaux agricoles)]]&lt;br /&gt;
*[[Dispositif expérimental]]&lt;br /&gt;
*[[Diversification]]&lt;br /&gt;
*[[Domaine de recommandations]]&lt;br /&gt;
*[[Dominance (différentes acceptions)]]&lt;br /&gt;
*[[Dormance]]&lt;br /&gt;
*[[Dragées]]&lt;br /&gt;
*[[Drainage]]&lt;br /&gt;
*[[Dry-farming]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=E= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Échantillon]]&lt;br /&gt;
*[[Échaudage]]&lt;br /&gt;
*[[Écheniller, échenilloir]]&lt;br /&gt;
*[[Écimage]]&lt;br /&gt;
*[[Éclaircir, éclaircissage]]&lt;br /&gt;
*[[Écobuage]]&lt;br /&gt;
*[[Écologie]]&lt;br /&gt;
*[[Écophysiologie]]&lt;br /&gt;
*[[Écroûtage, écroûter]]&lt;br /&gt;
*[[Effet de bordure]]&lt;br /&gt;
*[[Effet de serre]]&lt;br /&gt;
*[[Effet d’oasis]]&lt;br /&gt;
*[[Effet précédent]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience d’interception du rayonnement]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience de conversion de l’énergie]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience de l’eau]]&lt;br /&gt;
*[[Efficience de transpiration]]&lt;br /&gt;
*[[Élaboration du rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Élément minéral]]&lt;br /&gt;
*[[Éliciteur]]&lt;br /&gt;
*[[Emblaver]]&lt;br /&gt;
*[[Émonder, émondage]]&lt;br /&gt;
*[[Émotter]]&lt;br /&gt;
*[[Engrais]]&lt;br /&gt;
*[[Engrais vert]]&lt;br /&gt;
*[[Ennemi des cultures]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Enquête agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Enracinement]]&lt;br /&gt;
*[[Ensiler, ensilage]]&lt;br /&gt;
*[[Épeautre]]&lt;br /&gt;
*[[Épi, épier, épiaison]]&lt;br /&gt;
*[[Épigénétique]]&lt;br /&gt;
*[[Épisolum]] : Voir [[Solum]]&lt;br /&gt;
*[[Ergot]] (maladie)&lt;br /&gt;
*[[Érosion]]&lt;br /&gt;
*[[Escourgeon]] : voir [Orge]]&lt;br /&gt;
*[[Espalier]]&lt;br /&gt;
*[[Essai]]&lt;br /&gt;
*[[Essarter, essartage]]&lt;br /&gt;
*[[État du milieu]]&lt;br /&gt;
*[[Étaupinage]]&lt;br /&gt;
*[[Étiolement]]&lt;br /&gt;
*[[Étouffer, plantes étouffantes]]&lt;br /&gt;
*[[Étrépage]]&lt;br /&gt;
*[[Étude fréquentielle]]&lt;br /&gt;
*[[Évapotranspiration, bilan hydrique, irrigation]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Évolage]]&lt;br /&gt;
*[[Excès d’eau]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Expérimentation]]&lt;br /&gt;
*[[Expérimentation-système]]&lt;br /&gt;
*[[Exposition]]&lt;br /&gt;
*[[Extirpateur]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=F= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Façon culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Facteur limitant]]&lt;br /&gt;
*[[Faculté germinative]]&lt;br /&gt;
*[[Faim d’azote]]&lt;br /&gt;
*[[Fanage, fenaison]]&lt;br /&gt;
*[[Fatigue des terres]] : voir [[Repos et fatigue des terres]]&lt;br /&gt;
*[[Faune du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Faux-semis]]&lt;br /&gt;
*[[Fécond, fécondité]]&lt;br /&gt;
*[[Ferme, fermier, fermage]]&lt;br /&gt;
*[[Ferme de (à) références]]&lt;br /&gt;
*[[Ferme-modèle ou pilote]]&lt;br /&gt;
*[[Fertilisation]]&lt;br /&gt;
*[[Fertilisation des cultures : des bases scientifiques renouvelées]]&lt;br /&gt;
*[[Fertilité]]&lt;br /&gt;
*[[Fève, féverole]]&lt;br /&gt;
*[[Fixation symbiotique]]&lt;br /&gt;
*[[Flétrissement]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Foisonner, foisonnement]]&lt;br /&gt;
*[[Fonctionnement du couvert végétal]]&lt;br /&gt;
*[[Fonction de pédotransfert]]&lt;br /&gt;
*[[Fongicide]]&lt;br /&gt;
*[[Fonte des semis]]&lt;br /&gt;
*[[Forte (terre)]]&lt;br /&gt;
*[[Fourrage]]&lt;br /&gt;
*[[Fourrière ou tournière]]&lt;br /&gt;
*[[Fractionnement de l’azote]]&lt;br /&gt;
*[[Franc, franche, affranchissement]]&lt;br /&gt;
*[[Friche, défricher]]&lt;br /&gt;
*[[Froment]]&lt;br /&gt;
*[[Fruit, fructifier, fructification]]&lt;br /&gt;
*[[Fumier]]&lt;br /&gt;
*[[Fumure, fumer]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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=G= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Garluche]]&lt;br /&gt;
*[[Gazon]]&lt;br /&gt;
*[[Gelées de printemps : éclairages historiques]]&lt;br /&gt;
*[[Les gelées de printemps : un problème toujours actuel]]&lt;br /&gt;
*[[Génération spontanée]]&lt;br /&gt;
*[[Génotype]]&lt;br /&gt;
*[[Gerbe]]&lt;br /&gt;
*[[Gley, pseudo-gley]]&lt;br /&gt;
*[[Grain]] : voir [[Céréale]]&lt;br /&gt;
*[[Grande culture]]&lt;br /&gt;
*[[Granulométrie et diagrammes de texture]]&lt;br /&gt;
*[[Greffe, porte-greffe]]&lt;br /&gt;
*[[Grenaison]]&lt;br /&gt;
*[[Grison]] &lt;br /&gt;
*[[Guéret]]&lt;br /&gt;
*[[Gypsage]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
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*[[Haie]]&lt;br /&gt;
*[[Hanneton]]&lt;br /&gt;
*[[Haricot]]&lt;br /&gt;
*[[Haute Valeur Environnementale]]&lt;br /&gt;
*[[Herbage]]&lt;br /&gt;
*[[Herbicide]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Herse, hersage]]&lt;br /&gt;
*[[Hétérosis]]&lt;br /&gt;
*[[Histoire culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Histoires d’humus, 1. Qu’est-ce que l’humus ?]]&lt;br /&gt;
*[[Histoires d’humus, 2. De la « théorie de l’humus » à la théorie minérale]]&lt;br /&gt;
*[[Hivernage]]&lt;br /&gt;
*[[Horizon]]&lt;br /&gt;
*[[Hormone végétale]]&lt;br /&gt;
*[[Hors-sol]]&lt;br /&gt;
*[[Horticulture]]&lt;br /&gt;
*[[Houe]]&lt;br /&gt;
*[[Humidité du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Hybride]]&lt;br /&gt;
*[[Hydraulique agricole]]&lt;br /&gt;
*[[Hydromorphie]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=I= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Idéotype variétal]]&lt;br /&gt;
*[[Immobilisation]]&lt;br /&gt;
*[[Infrastructure agroécologique]]&lt;br /&gt;
*[[Indicateur]]&lt;br /&gt;
*[[Indice d’aridité]]&lt;br /&gt;
*[[Indice de fréquence de traitement]]&lt;br /&gt;
*[[Indice de récolte]]&lt;br /&gt;
*[[Indice foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Innovation technique]]&lt;br /&gt;
*[[Inoculation, inoculer, inoculum]]&lt;br /&gt;
*[[Insecticide]]&lt;br /&gt;
*[[Intensif, intensification]]&lt;br /&gt;
*[[Interaction génotype x milieu]]&lt;br /&gt;
*[[Interculture]]&lt;br /&gt;
*[[Irrigation / arrosage]]&lt;br /&gt;
*[[Isohydrique, anisohydrique (plantes)]]&lt;br /&gt;
*[[Itinéraire physiologique]]&lt;br /&gt;
*[[L’itinéraire technique, un concept à l’origine d’une refondation de l’agronomie en France]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=J= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Jachère]]&lt;br /&gt;
*[[Jardin, jardinage]]&lt;br /&gt;
*[[Jours disponibles pour les travaux des champs]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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=K= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
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{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
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*[[Labour]]&lt;br /&gt;
*[[Laboureur]]&lt;br /&gt;
*[[Lande]]&lt;br /&gt;
*[[Légume, légumineuse]]&lt;br /&gt;
*[[Lessivage]]&lt;br /&gt;
*[[Levée, lever]]&lt;br /&gt;
*[[Libération lente, libération contrôlée]]&lt;br /&gt;
*[[Limace]]&lt;br /&gt;
*[[Limon : le mot]]&lt;br /&gt;
*[[Lin]]&lt;br /&gt;
*[[Litière]]&lt;br /&gt;
*[[Lixiviation]]&lt;br /&gt;
*[[Loi de dilution]]&lt;br /&gt;
*[[Liebig et la loi du minimum]]&lt;br /&gt;
*[[Loi de restitution]]&lt;br /&gt;
*[[Lot de parcelles, de culture]]&lt;br /&gt;
*[[Lutte biologique]]&lt;br /&gt;
*[[Lutte intégrée]]&lt;br /&gt;
*[[Lutte raisonnée]]&lt;br /&gt;
*[[Luzerne]]&lt;br /&gt;
*[[Lysimétrie]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=M= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Mâchefer]]&lt;br /&gt;
*[[Machinisme]]&lt;br /&gt;
*[[Le maïs, de la téosinte aux variétés hybrides]]&lt;br /&gt;
*[[Le maïs en France avant les hybrides]]&lt;br /&gt;
*[[Maladies des plantes]]&lt;br /&gt;
*[[Malherbologie]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Manioc]]&lt;br /&gt;
*[[Mars]]&lt;br /&gt;
*[[Matière organique du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Matière sèche]]&lt;br /&gt;
*[[Mauvaise herbe]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanisation]]&lt;br /&gt;
*[[Mélange de variétés]]&lt;br /&gt;
*[[Menus grains]]&lt;br /&gt;
*[[Mesures de surface agraires]]&lt;br /&gt;
*[[Méthode Coïc]]&lt;br /&gt;
*[[Microclimat]]&lt;br /&gt;
*[[Microbes (microfaune et flore) du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Mil, millet]]&lt;br /&gt;
*[[Mildiou]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Milieu naturel]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Milieu physique]]&lt;br /&gt;
*[[Minéralisation]]&lt;br /&gt;
*[[Minimum (loi du)]]&lt;br /&gt;
*[[Miscanthus : une culture nouvelle en France]]&lt;br /&gt;
*[[Mise en valeur (d’un terrain, d’un milieu)]]&lt;br /&gt;
*[[Modèle (divers usages et acceptions)]]&lt;br /&gt;
*[[Modélisation]]&lt;br /&gt;
*[[Molluscicide]]&lt;br /&gt;
*[[Monoculture]]&lt;br /&gt;
*[[Monter, montaison]]&lt;br /&gt;
*[[Morcellement parcellaire (conséquences agronomiques)]]&lt;br /&gt;
*[[Mots piégés]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Motte]]&lt;br /&gt;
*[[Mouillère]]&lt;br /&gt;
*[[Moutarde]]&lt;br /&gt;
*[[Mulch]]&lt;br /&gt;
*[[Multifonctionnalité de l’agriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Multiplication végétative]]&lt;br /&gt;
*[[Mycorhize]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=N= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Navet, navette]]&lt;br /&gt;
*[[Nématodes]]&lt;br /&gt;
*[[Nielle]]&lt;br /&gt;
*[[Nitrification]]&lt;br /&gt;
*[[Nomenclatures vernaculaires des sols]]&lt;br /&gt;
*[[Non-labour]]&lt;br /&gt;
*[[Nouer, nouaison]]&lt;br /&gt;
*[[Novale, terre novale]]&lt;br /&gt;
*[[Nutrition azotée]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=O= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Objectif de rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Oïdium]]&lt;br /&gt;
*[[Oléagineux]]&lt;br /&gt;
*[[Oligoéléments]]&lt;br /&gt;
*[[Opération culturale, technique]]&lt;br /&gt;
*[[Organisation (de l’azote)]]&lt;br /&gt;
*[[Outil d’aide à la décision]]&lt;br /&gt;
*[[Outils et opérations de travail du sol]] (dossier)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=P= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Paille, paillage, paillasson, menues pailles]]&lt;br /&gt;
*[[Palissade, palissage, palisser]]&lt;br /&gt;
*[[Paquet technologique ]]&lt;br /&gt;
*[[Parasite, parasitoïde]]&lt;br /&gt;
*[[Parcage]]&lt;br /&gt;
*[[Parcelle, parcellaire]] (dossier)&lt;br /&gt;
*[[Parcelle-guide]]&lt;br /&gt;
*[[Parcours]]&lt;br /&gt;
*[[Pathosystème]]&lt;br /&gt;
*[[Pâtis]]&lt;br /&gt;
*[[Pâturage (continu, tournant, rationné, rationnel...)]]&lt;br /&gt;
*[[Paysage]]&lt;br /&gt;
*[[Pédoclimat]]&lt;br /&gt;
*[[Pédoclimatique]]&lt;br /&gt;
*[[Pédologie]]&lt;br /&gt;
*[[Pépinière]]&lt;br /&gt;
*[[Performance agronomique]]&lt;br /&gt;
*[[Pesticide]]&lt;br /&gt;
*[[Peuplement végétal, cultivé]]&lt;br /&gt;
*[[pF]]&lt;br /&gt;
*[[pH du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Phénologie]]&lt;br /&gt;
*[[Phosphore]]&lt;br /&gt;
*[[Photopériode, photopériodisme]]&lt;br /&gt;
*[[Photosynthèse]]&lt;br /&gt;
*[[Phyllochrone]]&lt;br /&gt;
*[[Physionomie de la végétation prairiale]]&lt;br /&gt;
*[[Phytophage / herbivore]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Phytosanitaire]]&lt;br /&gt;
*[[Phytotechnie]]&lt;br /&gt;
*[[Phytotoxicité]]&lt;br /&gt;
*[[Piétin]]&lt;br /&gt;
*[[Pincer, pincement]]&lt;br /&gt;
*[[Planche, plate-bande]]&lt;br /&gt;
*[[Plan de fumure]]&lt;br /&gt;
*[[Plan d'expérience]]&lt;br /&gt;
*[[Plant, planter, transplanter]]&lt;br /&gt;
*[[Plante améliorante]]&lt;br /&gt;
*[[Plante épuisante, salissante]]&lt;br /&gt;
*[[Plante génétiquement modifiée]]&lt;br /&gt;
*[[Plantes indicatrices]]&lt;br /&gt;
*[[Plante racine]]&lt;br /&gt;
*[[Plante sarclée]]&lt;br /&gt;
*[[Plante tinctoriale]]&lt;br /&gt;
*[[Plantes transgéniques]]&lt;br /&gt;
*[[Plâtre, plâtrage]]&lt;br /&gt;
*[[Point de flétrissement permanent]]&lt;br /&gt;
*[[Pollinisation]]&lt;br /&gt;
*[[Pois]]&lt;br /&gt;
*[[Pollution]]&lt;br /&gt;
*[[Pomme de terre]]&lt;br /&gt;
*[[Porosité]]&lt;br /&gt;
*[[Portance]]&lt;br /&gt;
*[[Potentialités]]&lt;br /&gt;
*[[Potager]]&lt;br /&gt;
*[[Potasse]]&lt;br /&gt;
*[[Potentiel de croissance]]&lt;br /&gt;
*[[Potentiel hydrique]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Pourriture (grise, noble,...)]]&lt;br /&gt;
*[[Pouvoir évaporant de l’air]]&lt;br /&gt;
*[[Pouvoir germinatif]]&lt;br /&gt;
*[[Prairie]]&lt;br /&gt;
*[[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société]]&lt;br /&gt;
*[[Prairie artificielle]]&lt;br /&gt;
*[[Pralinage]]&lt;br /&gt;
*[[Pratique agricole]]&lt;br /&gt;
*[[Pratiques locales /paysannes]]&lt;br /&gt;
*[[Précédent]]&lt;br /&gt;
*[[Précocité]]&lt;br /&gt;
*[[Préparation du champ]]&lt;br /&gt;
*[[Pression de sélection]]&lt;br /&gt;
*[[Pré-verger]]&lt;br /&gt;
*[[Principe]]&lt;br /&gt;
*[[Printanisation]]&lt;br /&gt;
*[[Prise de force]]&lt;br /&gt;
*[[Processus de production]]&lt;br /&gt;
*[[Productivité]]&lt;br /&gt;
*[[Profil cultural]]&lt;br /&gt;
*[[Profil hydrique]]&lt;br /&gt;
*[[Progrès technique]]&lt;br /&gt;
*[[Prophylaxie]]&lt;br /&gt;
*[[Protéagineux]]&lt;br /&gt;
*[[Protection des végétaux]]&lt;br /&gt;
*[[Protection intégrée, production intégrée]]&lt;br /&gt;
*[[Prototypage]]&lt;br /&gt;
*[[Pseudo-labour]]&lt;br /&gt;
*[[Pulvériseur / pulvérisateur]]&lt;br /&gt;
*[[Pureté spécifique, variétale]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Q= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Qualité]]&lt;br /&gt;
*[[Quotient photothermique]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=R= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Raccourcisseur de paille]]&lt;br /&gt;
*[[Raie, dérayure, rayon, rayonner]]&lt;br /&gt;
*[[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !]]&lt;br /&gt;
*[[Rasette]]&lt;br /&gt;
*[[Rattrapage]]&lt;br /&gt;
*[[Ravageur / déprédateur / peste]]&lt;br /&gt;
*[[Rayonnement intercepté, absorbé]]&lt;br /&gt;
*[[Rayonnement photosynthétiquement actif]]&lt;br /&gt;
*[[Référence technique, référentiel]]&lt;br /&gt;
*[[Refus au pâturage)]]&lt;br /&gt;
*[[Règle de décision]]&lt;br /&gt;
*[[Régulateur de croissance]]&lt;br /&gt;
*[[La régulation biologique en agronomie]]&lt;br /&gt;
*[[Régulation stomatique]]&lt;br /&gt;
*[[Relevage 3 points]]&lt;br /&gt;
*[[Reliquats azotés, reliquats sortie hiver]]&lt;br /&gt;
*[[Rémanence]]&lt;br /&gt;
*[[Remembrement]]&lt;br /&gt;
*[[Remembrement, la genèse]]&lt;br /&gt;
*[[Remuer]] : voir labour, fanage&lt;br /&gt;
*[[Rendement]]&lt;br /&gt;
*[[Repiquage]]&lt;br /&gt;
*[[Repos et fatigue des terres)]]&lt;br /&gt;
*[[Réserve en eau du sol]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Réserve utile, facilement utilisable]]&lt;br /&gt;
*[[Résistance / sécheresse, froid, maladies, parasites, herbicides, insecticides, fongicides...]]&lt;br /&gt;
*[[Respiration des végétaux]]&lt;br /&gt;
*[[Ressources génétiques]]&lt;br /&gt;
*[[Ressuyée (terre), ressuyage]]&lt;br /&gt;
*[[Rétrogradation]]&lt;br /&gt;
*[[Révolution fourragère]]&lt;br /&gt;
*[[Révolution verte]]&lt;br /&gt;
*[[Rhizosphère]]&lt;br /&gt;
*[[Riz, rizière, riziculture]]&lt;br /&gt;
*[[Rotation des cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Rotation-cadre]]&lt;br /&gt;
*[[Rotavator]]&lt;br /&gt;
*[[Rouille (maladie)]]&lt;br /&gt;
*[[Roulage, rouler, rouleau]]&lt;br /&gt;
*[[Routine]]&lt;br /&gt;
*[[Rusticité, rustique]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=S= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Saison (diverses acceptions)]]&lt;br /&gt;
*[[Salinité]]&lt;br /&gt;
*[[Santé des plantes]]&lt;br /&gt;
*[[Sarcler, sarclage, sarcloir]]&lt;br /&gt;
*[[Sarrasin]]&lt;br /&gt;
*[[Savoirs locaux]]&lt;br /&gt;
*[[Sécheresse]]&lt;br /&gt;
*[[Sélection]]&lt;br /&gt;
*[[Sel, sels minéraux]]&lt;br /&gt;
*[[Semelle de labour]]&lt;br /&gt;
*[[Semences paysannes]]&lt;br /&gt;
*[[Semis, semaille, semence]]&lt;br /&gt;
*[[Semis direct]]&lt;br /&gt;
*[[Semis à la volée, en lignes]]&lt;br /&gt;
*[[Semis sous couvert]]&lt;br /&gt;
*[[Sénescence]]&lt;br /&gt;
*[[Sensibilité du suivant]]&lt;br /&gt;
*[[Séquestration du carbone]]&lt;br /&gt;
*[[Serre, serrer]]&lt;br /&gt;
*[[Seuil de tolérance]]&lt;br /&gt;
*[[Sève]]&lt;br /&gt;
*[[Sillon]]&lt;br /&gt;
*[[Silo]]&lt;br /&gt;
*[[Situation culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Sociétés d’agriculture]]&lt;br /&gt;
*[[Sol]]&lt;br /&gt;
*[[Sombre, somar, semor]] : voir [[jachère]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Somme des températures]] : voir [[Temps thermique (sommes de températures)]]&lt;br /&gt;
*[[Sorgho]]&lt;br /&gt;
*[[Source/puits]]&lt;br /&gt;
*[[Sous-solage]]&lt;br /&gt;
*[[Stabilité structurale]]&lt;br /&gt;
*[[Stades de développement (épi à 1 cm, rosettte,...)]]&lt;br /&gt;
*[[Statistique]]&lt;br /&gt;
*[[Steiner (méthode)]]&lt;br /&gt;
*[[Stimulant, stimulation]]&lt;br /&gt;
*[[Stock semencier du sol ]]&lt;br /&gt;
*[[Structure du couvert]]&lt;br /&gt;
*[[Structure du sol, état structural, dégradation structurale]]&lt;br /&gt;
*[[Substance de croissance]]&lt;br /&gt;
*[[Succession de cultures]]&lt;br /&gt;
*[[Suivi d'exploitation]]&lt;br /&gt;
*[[Surface de compensation écologique ou Surface avec couvert environnemental (SCE)]]&lt;br /&gt;
*[[Surface foliaire]]&lt;br /&gt;
*[[Surpâturage]]&lt;br /&gt;
*[[Symbiose]]&lt;br /&gt;
*[[Système agraire]]&lt;br /&gt;
*[[Système de culture]]&lt;br /&gt;
*[[Systémique]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;| &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=T= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Taille, tailler]]&lt;br /&gt;
*[[Talle, taller, tallage]]&lt;br /&gt;
*[[Tarière]]&lt;br /&gt;
*[[Taupage]]&lt;br /&gt;
*[[Taupin]]&lt;br /&gt;
*[[Techniques Culturales Simplifiées, Techniques Culturales Sans Labour]]&lt;br /&gt;
*[[Télédétection]]&lt;br /&gt;
*[[Témoin]]&lt;br /&gt;
*[[Temps thermique (sommes de températures)]]&lt;br /&gt;
*[[Terrain, terroir]]&lt;br /&gt;
*[[Terrasse]]&lt;br /&gt;
*[[Terre]]&lt;br /&gt;
*[[Terreau]]&lt;br /&gt;
*[[Territoire]]&lt;br /&gt;
*[[Terroir]]&lt;br /&gt;
*[[Texture du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Tolérance / sécheresse, froid, maladies, parasites...]]&lt;br /&gt;
*[[Tour de plaine]]&lt;br /&gt;
*[[Toxicité aluminique]]&lt;br /&gt;
*[[Trait de vie d’une espèce]]&lt;br /&gt;
*[[Traitement]]&lt;br /&gt;
*[[Transplantation]]&lt;br /&gt;
*[[Travail du sol]]&lt;br /&gt;
*[[Trèfle]]&lt;br /&gt;
*[[Trémois]]&lt;br /&gt;
*[[Trésorerie fourragère]]&lt;br /&gt;
*[[Triticale]]&lt;br /&gt;
*[[Tritordeum]]&lt;br /&gt;
*[[Typologie]]&lt;br /&gt;
|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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=U= &lt;br /&gt;
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*[[Valeur culturale]]&lt;br /&gt;
*[[Variété, pureté variétale]]&lt;br /&gt;
*[[Variétés locales]]&lt;br /&gt;
*[[Variété multilignes]]&lt;br /&gt;
*[[Valeur agricole et technologique]]&lt;br /&gt;
*[[Vecteur (insecte)]]&lt;br /&gt;
*[[Végétation, végéter]]&lt;br /&gt;
*[[Ver]]&lt;br /&gt;
*[[Ver de terre]]&lt;br /&gt;
*[[Verger]]&lt;br /&gt;
*[[Vernalisation]]&lt;br /&gt;
*[[Versoir, oreille]]&lt;br /&gt;
*[[Vigueur]]&lt;br /&gt;
*[[Vigueur hybride]]&lt;br /&gt;
*[[Viticulture]]&lt;br /&gt;
*[[Vocation d'un sol ou terrain]]&lt;br /&gt;
*[[André Voisin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=W= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
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|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=X= &lt;br /&gt;
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|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Xénobiotique]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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=Y= &lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width=&amp;quot;75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
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|width=&amp;quot;33%&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Zéro de végétation]]&lt;br /&gt;
*[[Zonage]]&lt;br /&gt;
*[[Zones humides et drainage, une nouvelle donne]]&lt;br /&gt;
|}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Accueil&amp;diff=5225</id>
		<title>Accueil</title>
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		<updated>2026-02-18T12:37:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Derniers articles mis en ligne&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{| class=&amp;quot;topbandeau&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|   colspan=&amp;quot;2&amp;quot; class=&amp;quot;class1&amp;quot; style=&amp;quot;width:66%; font-size: 1.1em; font-weight: 700;font-style: italic; text-align: center;&amp;quot; | « Si les noms sont incorrects, on ne peut tenir de discours cohérent.&lt;br /&gt;
Si le langage est incohérent, les affaires de l'État ne peuvent se régler. » (Confucius, ca. 500 avant J.C.).&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width:34%; text-align: right;&amp;quot; | [[Fichier:Inrae.png|class=INRAETOP|link=https://www.inrae.fr/departements/act|alt=INRAE, Département ACT|INRAE, département ACT]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;3&amp;quot; | [[Fichier:Bandeau des mots de l'agronomie.jpeg|class=bandeaumots]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;3&amp;quot;  align=&amp;quot;center&amp;quot; | &amp;lt;big&amp;gt;'''Un ouvrage collectif sur le vocabulaire et les concepts utilisés en agronomie francophone'''&amp;lt;/big&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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{| style=&amp;quot;width: 100%;&amp;quot; &lt;br /&gt;
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| style=&amp;quot;width: 5%;&amp;quot; | &lt;br /&gt;
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{| style=&amp;quot;width: 100%; padding: 1em; border-radius: 1.5em; background-color: #FFFFFF; line-height: 100%;&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcolvc txtszxl txtw600&amp;quot;&amp;gt;'''Article du mois'''&amp;lt;/span&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; [[File:Soil_profile.jpg|250px|thumb|right|class=articlemois|&amp;lt;center&amp;gt;'''L'humus donne à la terre une couleur plus foncée.'''&amp;lt;/center&amp;gt;|class=articlemois]] &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcolvf txtszl txtw800&amp;quot;&amp;gt;'''Qu’est-ce que l’humus ?'''&amp;lt;/span&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;Pour les auteurs romains, ''humus'' signifie sol ou terre. &amp;lt;br&amp;gt; Le mot humus revient dans le vocabulaire scientifique européen au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. L’''Encyclopédie'' de Diderot et d'Alembert le donne comme désignant la « terre végétale ». À la fin du siècle, le ''Cours complet d'agriculture'' de l’Abbé Rozier l’emploie largement dans de nombreux articles, mais sa signification reste très imprécise, variant de « terre » à « terre végétale » ou à « constituant ».&amp;lt;br&amp;gt; Au début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’allemand Thaer – le père de la « Théorie de l’Humus » – en donne une définition très précise, restreinte à la notion de constituant : « L’Humus est le résidu de la putréfaction végétale et animale, c’est un corps noir », accompagnée d’une description détaillée de ses propriétés (composition, réactivité, extractibilité), se rapportant donc aux matières organiques transformées des sols, en opposition aux matières organiques « fraîches », directement héritées des végétaux.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| align=&amp;quot;right&amp;quot; | [[Histoires d’humus, 1. Qu’est-ce que l’humus ?|'''Lire la suite...''']]&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 10%;&amp;quot; | &lt;br /&gt;
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{| style=&amp;quot;width: 100%; padding: 1em; border-radius: 0.5em 0 1em 0; background-color: #abc36b !important; line-height: 100%;&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | Cet ouvrage se propose de définir et surtout de mettre en perspective historique et critique les mots et expressions utilisés par les agronomes dans leur activité professionnelle, qu'il s'agisse d'objets matériels, de techniques, de méthodes, de concepts... D'où viennent-ils ? Dans quels contextes et pour quels usages ont-ils été créés ? À quels débats et controverses ont-ils donné lieu et donnent-ils encore lieu ? Ce dictionnaire s'adresse à tous ceux qui s'intéressent aux débats actuels sur l'agriculture et le monde rural : agronomes, historiens et géographes, enseignants et étudiants, et toute personne désireuse de mieux connaître l'activité agricole et le vocabulaire qui la décrit.&amp;lt;/span&amp;gt;. &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| align=&amp;quot;right&amp;quot; | '''[[Fonctionnement éditorial|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;En savoir plus&amp;lt;/span&amp;gt;]]...'''&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 5%;&amp;quot; | &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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__NOTOC__&lt;br /&gt;
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&amp;lt;tab name=&amp;quot;Y&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Tableau Y}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;tab name=&amp;quot;Z&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Tableau Z}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;tab name=&amp;quot;Derniers articles mis en ligne&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
*[[Limon : le mot]] ''(novembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Tarière]] ''(septembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Lixiviation]] ''(février 2026)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;tab name=&amp;quot;Articles à compléter&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Parmi les propositions ou ébauches d’articles que nous avons reçus, certaines ne peuvent être publiées telles quelles, mais constituent des bases pouvant être complétées ou achevées par d’autres personnes. Si, sur un de ces sujets, vous avez des choses à dire qui s’inscrivent dans les objectifs des ''Mots de l'agronomie'', contactez-nous vite ! &lt;br /&gt;
* « Ados, billon, planche de labour : agronomie »&lt;br /&gt;
* « Fruit » ou « Fruits et légumes »&lt;br /&gt;
* « Prophylaxie » (en productions végétales)&lt;br /&gt;
* « Ségala »&lt;br /&gt;
* « Stock semencier du sol » ou « Banque de graines du sol »&lt;br /&gt;
* « Terrain »&lt;br /&gt;
* « Territoire »&lt;br /&gt;
* « Xénobiotiques »&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tabs&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|  align=&amp;quot;center&amp;quot; | style=&amp;quot;white-space: nowrap;&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  align=&amp;quot;&amp;quot;| '''Les articles du dictionnaire ''Les mots de l'agronomie'' peuvent également être consultés par :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; width =95%&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
* [[Dossiers des Mots de l'agronomie|Par dossiers thématiques]]&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
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|align=&amp;quot;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
*[[Auteurs des Mots de l'agronomie|Par auteurs ]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
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Accédez aux articles classés par grands thèmes : &amp;lt;br /&amp;gt;appellations vernaculaires, assolement, rotation,&amp;lt;br /&amp;gt;  système de culture, etc.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
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|align=&amp;quot;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
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|-&lt;br /&gt;
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|- &lt;br /&gt;
| Le dictionnaire &amp;lt;i&amp;gt;Les mots de l'agronomie&amp;lt;/i&amp;gt; est publié par le département ACT (Action, Transitions et Territoires) d'INRAE (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).&lt;br /&gt;
* Directeur de la publication : '''Christophe Soulard''', INRAE, chef du département ACT&lt;br /&gt;
* Appui à la publication : '''Valérie Pagneux''', INRAE,  Direction pour la science ouverte (DipSO INRAE)&lt;br /&gt;
* Coordinateur : [mailto:philippe.prevost@inrae.fr|'''&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Philippe Prévost&amp;lt;/span&amp;gt;''']&lt;br /&gt;
* Secrétaire de rédaction : [[Pierre Morlon|'''&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Pierre Morlon&amp;lt;/span&amp;gt;''']]&lt;br /&gt;
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* Appui technique : '''Alexis Grillon''', INRAE, département ACT&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5224</id>
		<title>Lixiviation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5224"/>
		<updated>2026-02-18T09:03:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* L’azote en excès : la pollution des nappes phréatiques */ lien interne&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;Auteur : '''[[A pour auteur::Denis Baize]]''' et '''[[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= lixiviation&lt;br /&gt;
|Allemand= Auswaschung&lt;br /&gt;
|Espagnol= lixiviación&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Éléments d’histoire.&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Leçons élémentaires de chimie agricole (Sabatier, 1890).&lt;br /&gt;
|Annexe 3= La pollution des nappes phréatiques par les nitrates d’origine agricole.&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Lessivation/lessiviation&lt;br /&gt;
|Article 1= bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2= drainage&lt;br /&gt;
|Article 3= irrigation&lt;br /&gt;
|Article 4= lessivage&lt;br /&gt;
|Article 5= pollution&lt;br /&gt;
|Article 6= salinité des sols&lt;br /&gt;
|Article 7= Lessivation/Lessiviation.&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=17 février 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=17 février 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Au '''sens général''', &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; est un terme technique employé en chimie et dans diverses industries :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Opération technique qui consiste à faire passer lentement un solvant à travers un matériau pour en extraire un ou plusieurs constituants solubles.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce solvant peut être l’eau (chaude), par exemple pour extraire le jus sucré des cossettes de [[betterave]]s… ou pour faire un [[café]] « expresso » (''Trésor de la langue française''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Agronome, agronomie : étymologie|'''agronomie''']] et '''[[pédologie]]''', le mot désigne un '''phénomène naturel''' qui se produit ''in situ'' dans le [[sol]]&amp;lt;ref&amp;gt; Il ne sera pas question ici de la lixiviation des ordures et déchets stockés en décharges.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En voici la définition très complète, sous deux formulations :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« Dans un sol, entraînement en profondeur des ions les plus mobiles, dissous ou adsorbés, présents dans la solution du sol. Ce processus qui intéresse essentiellement les cations alcalins et alcalinoterreux est responsable, par exemple, de l’acidification naturelle des sols non calcaires ou de la pollution des nappes phréatiques par les nitrates. »''' (CILF, 1999 : 394) &amp;lt;/center&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« La lixiviation correspond à l’entraînement sous forme dissoute des nutriments, par l’eau qui draine à travers le profil. L’eau se charge d’ions lors de son passage à travers le sol, et emmène ces ions jusqu’aux nappes phréatiques et eaux de surface. »''' (Institut Agro Montpellier, sur Internet, qui ajoute : &amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lorsqu’un nutriment est présent sous forme dissoute dans la solution du sol, non retenu par le complexe d’échange ou par des liaisons plus fortes avec les minéraux, et que la pluviométrie excède les prélèvements d’eau par les plantes et les pertes d’eau par évaporation, il a de fortes chances d’être lixivié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''lixiviation''' est donc particulièrement importante dans les zones à climat pluvieux, et surtout dans les cas où le sol est à nu pendant des périodes pluvieuses et où il n’y a pas de racines pour prélever les nutriments et les maintenir ainsi dans l’écosystème. Elle affecte particulièrement des ions comme le nitrate, les formes organiques solubles d’azote ou dans une moindre mesure le potassium, qui ne se fixent que peu aux minéraux du sol et au complexe d’échange et sont donc mobiles, faciles à entraîner. Elle n’affecte par contre que peu les phosphates qui sont trop peu mobiles. Mais les flux les plus importants de nutriments lixiviés concernent généralement les cations comme le calcium et le magnésium : c’est alors un symptôme de l’acidification des sols ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Connaissances scientifiques et enjeux dans les sociétés, au cours du temps (voir [[Lixiviation - Annexe 1|annexe 1]])==&lt;br /&gt;
Cela fait très longtemps que les écrivains en agriculture mentionnent l’existence de ce que nous appelons lixiviation, en indiquant les circonstances dans lesquelles elle se produit. Mais les enjeux auxquels elle est associée ont récemment radicalement changé : pendant des siècles, il s’agissait de ne pas laisser perdre une précieuse ressource ; de nos jours il s’agit surtout de ne pas polluer les eaux souterraines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[fumier]] et les « sels »===&lt;br /&gt;
Le plus ancien texte que nous ayons trouvé sur le sujet est tiré du premier traité de [[pratique]] agricole publié en langue anglaise, ''Husbandry'' de Fitzherbert, seigneur d’un domaine dans le Derbyshire.&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:100%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;''To Falowe''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
''And yf the lande be falowed in wynter tyme, it is farrre the worse, for the principal causes, one is, all the rayne that commeth shal washe the lande, and dryue awaye the donge, and the good moulde, that the lande shall be moche the worse.'' (Fitzherbert, [1525] 1767 : 17-18).&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Jachérer&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et si la terre est jachérée [labourée] en hiver, c’est de loin le pire ; des principales raisons, l’une est que toute la pluie qui vient va laver la terre, et enlever le fumier et la bonne terre, et ainsi la terre sera de beaucoup pire.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
L’essentiel y est déjà : la pluie qui tombe sur le sol nu en hiver le lave et lui enlève le fumier et ce qu’elle a de bon. En Écosse deux siècles plus tard, Mackintosh écrit : « Nous, comme nous étudions les moyens efficaces d’appauvrir notre terre, en retournons et exposons la face charnue toute crue aux pluies et inondations de l’hiver, pour faire partir au lavage le peu de sels et d’esprits que nos récoltes ininterrompues y ont laissés » (''We, as we study the effectual Means of impoverishing our Land, turn up the raw fleshy Side to the Winter Rains and Floods, to have the few Salts and Spirits, our many successive unintermitting Crops have left in it, wash’d away.'') (1729 : 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, [[A pour personne citée:: Bernard Palissy| Bernard Palissy]] écrit en 1563 « Tout ainsi que tu vois que les eaux qui passent à travers des terres salpestreuses, emportent avec elles le salpestre, et apres que les eaux ont passé par lesdites terres, lesdites terres ne peuvent plus servir à faire salpestre, car les eaux qui ont passé, ont emporté tout le sel », décrivant ainsi l’entraînement par l’eau d’une substance soluble, alors exploitée comme explosif plutôt que comme engrais (en l’occurrence, mais il ne le savait pas, du nitrate de potassium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, on parle du '''lavage''' ou de la descente en profondeur des « sels » nutritifs, un mot au sens alors très vague :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a des personnes qui prétendent que pour aider aux racines à faire pousser au tronc des arbres de beaux jets, il suffisait de mettre au fond du trou quelque amendement, dont les sels fussent capables de les faire pousser avec vigueur, &amp;amp; qu’il n’était pas besoin d’en mettre au-dessus des racines. Pour moi, j’estime qu’elles se trompent, (…) car les sels qu’il [cet amendement] contient, descendent toujours &amp;amp; tendent à leur centre à cause de leur pesanteur. » (Angran de Rueneuve, 1712 : 214-215). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« … on peut espérer une bonne Récolte en tout genre, parce que la terre s’est reposée, &amp;amp; qu’elle ne s’est point fatiguée à pousser inutilement de trop bonne heure : tous les sels y sont ; ils n’ont point été lessivés par des pluies trop abondantes, &amp;amp; prématurées. » (Quesnay, 1759 : 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote rare ; ses pertes connues par l’analyse des eaux de drainage===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= il reste établi que tout élément immédiatement actif d’un engrais est soluble, et que, par conséquent, un sol fumé, quand il est exposé à des pluies continuelles, perd une portion plus ou moins forte des agents fertilisants qu’on lui a donnés ; aussi trouve-t-on constamment dans l’eau de drainage, véritable lessive du terrain, des sels ammoniacaux  et surtout des nitrates|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1860 : 387.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières analyses faites à Rothamsted en Angleterre révèlent l’ampleur des pertes en composés azotés (principalement [[nitrate]]s), alors rares et chers, et qu’on ne savait pas encore synthétiser. Sabatier en 1890 (voir [[Lixiviation - Annexe 2|annexe 2]]) et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] en 1892 exposent les connaissances de l’époque sur le sujet, que nous avons résumées ainsi (Morlon, 1998) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''« Le lessivage des nitrates vers 1900.''' &lt;br /&gt;
Les nitrates perdus par lessivage sont produits par la [[minéralisation]] de l’[[humus]] du sol après la récolte. Ils sont entraînés par les eaux excédentaires drainant en période hivernale, à une époque où les prélèvements par la végétation sont faibles. Les pertes sont plus abondantes dans les sols peu épais et perméables, en l’absence de végétation (sol nu, [[jachère]]) et après [[Des labours|labour]] ou épandage de fumier. Elles sont réduites ou nulles sous une végétation permanente ([[prairies]], forêts) et/ou profondément enracinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le code de bonnes pratiques agricoles, vers 1905.'''&lt;br /&gt;
*1. Pas de sols nus en hiver : [[Culture intermédiaire|cultures intermédiaires]].&lt;br /&gt;
*2. Pas d’[[engrais minéraux]] à l’automne.&lt;br /&gt;
*3. Apports minéraux au printemps, fractionnés suivant les besoins de la végétation.&lt;br /&gt;
*4. [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|Raisonner]] la [[fumure organique]] sur « une série d’un certain nombre d’années ».&lt;br /&gt;
*5. sur sols filtrants et peu profonds, apports de fumier à doses faibles mais fréquentes.&lt;br /&gt;
*6. Récupérer les eaux de [[drainage]] chargées en nitrates pour arroser les prairies. ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_1.jpg |350px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Ces connaissances sont alors enseignées à l’école primaire à tous les enfants de France, et ce qu’en disaient les manuels scolaires de l’époque mérite d’être cité :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les engrais solubles que les terres sableuses renferment sont, à la moindre pluie, entraînés dans le sous-sol. Il ne faut jamais y mettre qu’une petite quantité d’engrais à la fois, et répéter souvent cette opération » « Tous les nitrates sont solubles dans l’eau (...) les eaux de pluie peuvent les entraîner dans les profondeurs du sol où ils sont perdus ». « Si l’azote nitrique n’est pas absorbé par les racines des plantes, il est entraîné dans les sources par les eaux pluviales (...) La Seine (...) entraîne chaque année dans la mer une quantité d’acide nitrique qui peut être évaluée à 19 000 t, ce qui correspond à plus du tiers de la quantité d’azote nitrique que la France importe chaque année sous forme de nitrate de soude ». « LECTURE À EXPLIQUER. Les nitrates sont le produit de la nitrification de la matière organique et de l’ammoniaque. Ils échappent complètement à la terre, qui n’exerce pas sa faculté absorbante à leur égard. Aussi convient-il, quand on emploie les nitrates comme engrais, de les donner à l’époque où la végétation est en activité et peut les assimiler à bref délai ; autrement ils risquent d’être perdus pour les plantes » (Th. Schlœsing, Membre de l’Institut) » (Barillot, 1896 et 1897).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Nitrate de soude'''''. (...) On l’emploie au ''printemps'', sur les céréales qui ont souffert des froids de l’hiver, le plus souvent en couverture, c’est-à-dire sans le mêler au sol par un labour. - Si on l’employait à l’automne, il serait rapidement entraîné dans le sous-sol par les pluies, car il est très soluble et le pouvoir absorbant&amp;lt;ref&amp;gt; '''Pouvoir absorbant''' : « propriété qu’a la terre arable d’absorber et de retenir les éléments fertilisants, dissous dans l’eau, comme la potasse, l’ammoniaque, etc. ». Aujourd’hui on parle d’un « pouvoir adsorbant » car il s’agit bien d’une adsorption.&amp;lt;/ref&amp;gt; de la terre est sans action sur lui. » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ca. 1910 : 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote en excès : la pollution des nappes phréatiques===&lt;br /&gt;
Ces connaissances et ces recommandations ont été « oubliées » après la 1&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, quand la France fut en mesure de faire industriellement la synthèse chimique de l’ammoniac par les procédés Haber-Bosch (récupéré sur l’Allemagne) et Claude. Désireuses d’accroître les volumes transportés (engrais dans un sens, produits récoltés dans l’autre), les compagnies de chemin de fer créèrent des stations agronomiques qui se gardèrent de les diffuser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_2.jpg|550px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2. Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon ''et al.'', 1998)''' &amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus tard, deux phénomènes conduisirent à la présence dans le sol de quantités d’azote non captées par les plantes et donc lixiviées vers les eaux souterraines. D’une part, le rapport entre les prix des engrais azotés et ceux des produits récoltés favorisa la pratique d’une [[fertilisation]] dite « d’assurance » : mettre une dose d’azote telle que la [[culture]] n’en manque jamais, quitte à ce qu’il y en ait trop quand (ou là où) le [[signification des rendements|rendement]] est plus faible que prévu (voir l’[[Raison,_rationnel_%26_Cie_:_mots_piégés_!_-_Annexe_4|annexe 4 de l’article Raison, rationnel et Cie : mots piégés]]). D’autre part, pour alimenter le bétail, des [[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société|prairies permanentes]] furent remplacées par du [[maïs]] : la minéralisation de la matière organique de la prairie après retournement faisant brutalement déstocker l’azote, et la récolte tardive du maïs rendant difficile un semis d’automne ensuite, laissant le sol nu en hiver. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où ces deux phénomènes ont coïncidé dans le temps, ils ont provoqué une brusque augmentation des taux de nitrates dans les eaux souterraines, comme dans le département de l’Yonne à la fin des années 1960&amp;lt;ref&amp;gt; Coïncidant avec un renouvellement de génération des agriculteurs, accéléré par les Indemnités viagères de Départ, l’augmentation de la surface moyenne des exploitations ainsi que de la puissance de traction mécanique  par 100 ha de Surface Agricole Utile.&amp;lt;/ref&amp;gt; (Chrétien ''et al.'', 1974 ; Morlon ''et al.'', 1998) (fig. 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela conduisit à la réapparition de ces connaissances et recommandations au troisième quart du XXe siècle ([[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]], 1980 ; [[A pour personne citée::Michel Sebillotte|Sebillotte]], 1992), quand la lixiviation des excès d’azote, polluant les nappes souterraines, devint une préoccupation majeure (voir [[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’agriculteur réalise des apports réguliers d’azote, dans le but d’atteindre ses objectifs de production. La totalité de l’azote apporté n’est cependant pas valorisée par les plantes, notamment en raison de transferts à l’extérieur du système cultivé. Ces pertes représentent un impact économique. Elles ont également des conséquences négatives pour l’environnement ou pour l’usage de l’eau. Les impacts négatifs sont en particulier causés par le nitrate (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;-&amp;lt;/sup&amp;gt;), l’ammoniac (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) et le protoxyde d’azote (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O). Ces formes d’azote ont pour conséquence une dégradation de la qualité des eaux de boisson (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;), une augmentation de l’eutrophisation (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), une réduction de la biodiversité en favorisant les espèces nitrophiles (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), ainsi qu’une contribution à l’effet de serre (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O) et à l’acidification des sols (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) » (Reau ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Autres substances en solution susceptibles de polluer eaux de surface et eaux souterraines===&lt;br /&gt;
La lixiviation peut également entraîner des '''[[produits phytosanitaires]]''' et leurs '''métabolites''' (Barriuso ''et al.'', 1996 ; Pirlot ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les '''produits phytosanitaires''' ou pesticides agricoles sont très efficaces pour préserver la productivité des cultures, mais leurs effets sont plus qu’indésirables lorsqu’on les retrouve en dehors de l’écosystème agricole dans lequel ils ont été mis en œuvre. La déperdition de pesticides représente un gâchis à plus d’un titre : elle entraîne une perte de rendement, un surcoût pour l’utilisateur et cause des dommages à l’environnement auquel ces pesticides n’étaient pas destinés. La pollution diffuse due aux pesticides agricoles est communément considérée comme l’une des causes majeures de pollution des eaux superficielles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il existe essentiellement deux moyens pour des pesticides épandus dans les règles de l’art d’atteindre les eaux superficielles et souterraines : le ruissellement et la lixiviation. Le ruissellement se définit comme le transport physique de polluants sur la surface du sol par l’eau de pluie qui s’y écoule. La lixiviation est le processus par lequel la pluie ou l’eau d’irrigation qui s’infiltre lentement dans le sol entraîne avec elle des polluants » (Projet ArtWet, programme LIFE 06 ENV, 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pollution diffuse pouvant également affecter les nappes phréatiques est donc susceptible d’avoir un impact négatif sur la qualité des eaux destinées à l’alimentation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, '''l’épandage de boues d’épuration''' sur des terrains agricoles est susceptible de libérer des substances indésirables telles qu’antibiotiques ou perturbateurs endocriniens. Cependant la réglementation française en cours (arrêté du 8 janvier 1998&amp;lt;ref&amp;gt; Complété par les circulaires d’application des 16 mars 1999 et 18 avril 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;) impose un certain nombre de précautions (zones d’épandage interdites, sols inaptes à l’épandage, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Dans le contexte du dérèglement climatique, avec notamment des précipitations plus intenses, la lixiviation de substances indésirables vers les eaux profondes risque de s’aggraver. Toutes les mesures de précaution évoquées ci-dessus et dans l’[[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]] seront d’autant plus nécessaires.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Aspects positifs de la lixiviation dans les sols : la désalinisation==&lt;br /&gt;
Les eaux avec lesquelles on [[irigation|irrigue]] les cultures contiennent toujours des sels dissous – avec des concentrations extrêmement diverses d’une région à l’autre. En climat humide, elles sont « douces » = très faiblement chargées. Dans les régions sèches, elles sont souvent puisées dans des nappes phréatiques salées ou proviennent de rivières alimentées par du ruissellement sur des terrains plus ou moins salés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En s’évaporant ou étant transpirées par les plantes ([[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration]]), elles laissent ces sels dans le sol, tendant à en augmenter la [[salinisation|salinité]] à chaque irrigation. Cette tendance, très défavorable à long terme, peut être contrecarrée par '''le lavage du sol par de l’eau douce (une lixiviation) qui désalinise le sol''', de façon différente selon le climat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où les pluies sont suffisamment abondantes (à au moins un moment dans l’année) pour que leur eau descende en-dessous de la zone racinaire, cette lixiviation se fait naturellement, sans intervention humaine et sans poser de problème car les concentrations sont faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les '''zones [[aridité, aride|arides]] à semi-arides''' où les précipitations sont insuffisantes, il est nécessaire d’inonder artificiellement avec de l’eau douce… à condition d’en disposer à un moment dans l’année ! Là où ce n’est pas possible, les sols se salinisent irrémédiablement au cours du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l’eau qui a lavé le sol est chargée en sels, il faut qu’elle soit évacuée par un '''drainage efficace''' pour éviter qu’elle alimente la nappe phréatique (et/ou remonte éventuellement ensuite à la surface sous l’effet de l’évaporation). Ce drainage n’est possible que là où la topographie le permet : en climat sec, les dépressions fermées sont condamnées à la salinisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lixiviation ''versus'' lessivage==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= En agriculture, '''on emploie souvent à tort les termes de lixiviation et lessivage dans le même sens'''. La '''lixiviation''' concerne uniquement les éléments solubles puisqu’ils sont entraînés verticalement par infiltration après avoir été dissous. Le '''lessivage''' concerne uniquement les particules solides non solubles. Ainsi, il y a '''lixiviation des nitrates''' et '''lessivage des argiles'''.|référence citation=([https://fr.wikipedia.org/wiki/Lixiviation Lixiviation] sur Wikipedia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;u&amp;gt;Lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; dérivent tous deux du latin ''lix'' (eau mêlée de cendre, servant à la lessive), le premier sur la longue durée par l’évolution spontanée de la langue, le second est un mot savant apparu peu avant 1700.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux termes ont longtemps été confondus, et ils le sont encore souvent. Voici quelques exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans les sols un rôle fondamental appartient à l’humus. Ce dernier est par excellence un agent fixant énergiquement comme la végétation elle-même, les cations qui entrent dans la constitution des éléments basiques du sol. Il protège donc ce dernier de l’entraînement de bases&amp;lt;ref&amp;gt; En réalité, les cations Ca&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, Mg&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, K&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; et Na&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; ne sont pas des bases mais plutôt des acides. (Voir l’article [[Cations échangeables du sol]])&amp;lt;/ref&amp;gt; par &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt;. (…) Nous avons indiqué le rôle de l’eau dans la décomposition des silicates ; elle est aussi l’agent de la migration des produits d’altération. On conçoit que si les pluies sont supérieures à l’évaporation, il en résulte une &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;, c’est-à-dire un entraînement de haut en bas » ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1932 : 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cet entraînement de haut en bas des éléments constitutifs du sol se nomme &amp;lt;u&amp;gt;lessivage ou lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;. Ce lessivage vertical provoque la décalcification, la destruction des colloïdes et l’acidification du sol. » (Mailloux &amp;amp; Godbout, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« &amp;lt;u&amp;gt;Lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; : À peu près synonyme de &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; mais impliquant l’idée d’épuisement » (Plaisance &amp;amp; Cailleux, 1958).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« LESSIVAGE (…). Pédol. Migration des substances solubles (carbonates, cations, sels métalliques) dans les interstices du sol. » (Habault, 1983)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien distinguer la '''lixiviation de substances solubles''', du '''lessivage des particules argileuses''' en évitant toute ambiguïté, le plus sûr est, pour désigner ce dernier, d’employer les néologismes « &amp;lt;u&amp;gt;illuviation d’argile&amp;lt;/u&amp;gt; » ou « &amp;lt;u&amp;gt;argilluviation&amp;lt;/u&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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*Angran de Rueneuve, 1712. ''Observations sur l'Agriculture et le Jardinage, pour servir d’Instruction à ceux qui désireront s’y rendre habiles''. Paris, t. 1, xiii + 384 + 22 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6556941p Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1896. ''Notions de sciences avec leurs applications. L'agriculture à l'usage des écoles primaires''. 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 252 pp.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1897. ''Cours élémentaire d’agriculture, à l’usage de l’enseignement primaire supérieur et de l’enseignement secondaire moderne.'' 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
*Barriuso E., Calvet R., Schiavon M., Soulas G., 1996. Les pesticides et les polluants organiques des sols. Transformations et dissipation. ''Étude et Gestion des Sols'', N° spécial « le sol un patrimoine menacé », Paris octobre 1996, pp. 279-295. [https://www.afes.fr/ressources/les-pesticides-et-les-polluants-organiques-des-sols-transformations-et-dissipation/ Texte intégral] sur le site de l’AFES.&lt;br /&gt;
*Boussingault, 1860. ''Agronomie, chimie agricole et physiologie''. 2&amp;lt;sup&amp;gt;de&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, t. 1, 396 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9675850d Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Chrétien J., Concaret J., Mère C. Évolution des teneurs en nitrates dans les eaux d'alimentation (département de l'Yonne). ''Ann. agron.'', 1974, 25 (2-3) : 499-513.&lt;br /&gt;
*C.I.L.F. (Conseil International de la langue française), 1999. ''Dictionnaire d’agriculture français – anglais – allemand''. CILF, Paris, 1012 p.&lt;br /&gt;
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*Demolon A., 1932. La dynamique du sol. Dunod, Paris. 347 p.&lt;br /&gt;
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*Fitzherbert J., [1525] 1767, ''The Booke of Husbandry''. London. [https://www.gutenberg.org/files/57457/57457-h/57457-h.htm Édition de 1534] sur le projet Gutenberg.&lt;br /&gt;
*Habault P., 1983. ''Lexique de termes agricoles et horticoles. Termes scientifiques, techniques et économiques''. J.B. Baillière, Paris, 1983, 152 p.&lt;br /&gt;
*Hénin S., 1980. ''Rapport du groupe de travail Activités agricoles et qualité des eaux''. Ministère de l’agriculture, ministère de l’Environnement, Paris, 58 p.&lt;br /&gt;
*Institut Agro Montpellier. [https://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/PertesNutriments_1.html Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Mackintosh W., 1729. ''An Essay on Ways ans Means for Inclosing, Fallowing, Planting, &amp;amp;c. Scotland...'' Edinburgh, 392 p. [https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_an-essay-on-ways-and-mea_mackintosh-william-br_1729 Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Mailloux A., Godbout G., 1954. ''Étude Pédologique des sols des comtés de Huntingdon et Beauharnois''. Province de Québec - Ministère de l’agriculture. Bulletin technique N° 4, 221 p.&lt;br /&gt;
*Morlon P. 1998. Vieilles lunes ? Les normes pour les bâtiments d’élevage ont 150 ans, le code de bonnes pratiques agricoles en a 100... ''Courrier de l’Environnement de l’INRA'', 33 : 45-60. [https://hal.science/hal-01204616 Texte intégral] sur hal.science.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Trouche G., Soulard C., Maigrot J.-L., Guyard P.-O., 1998. Diagnostic de la pollution azotée de l’eau par approche historique multi-échelles. Une étude de cas dans le département de l’Yonne (France). ''Cahiers Agricultures'', 7 (1) : 15-27. [https://hal.inrae.fr/hal-02687991v1 Texte intégral] (850 Ko) ; [https://revues.cirad.fr/index.php/cahiers-agricultures/article/view/30063/29823 Texte intégral] sur le site de la revue (27 Mo).&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. ''Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors...'' [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Pirlot C., Blondel A., Krings B., Pigeon O., Degré A., 2022. ''Prévention des contaminations des eaux souterraines : étude de la lixiviation des pesticides au sein d’un sol limoneux typique de Wallonie''. 50&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congrès du Groupe Français de recherches sur les Pesticides, Namur, Belgique.&lt;br /&gt;
*Plaisance G., Cailleux A., 1958. ''Dictionnaire des sols''. La maison rustique, Paris. vii + 604 p.&lt;br /&gt;
*Projet ArtWet. 2010. Programme LIFE 06 ENV. ''Réduction de la pollution diffuse due aux produits phytosanitaires et phytoremédiation dans les zones humides artificielles''. 111 p. [https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/pdf/Artwet Texte intégral] sur le site de l’OFB.&lt;br /&gt;
*Quemada B. (dir), 1983. ''Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (1789-1960)''. CNRS, Paris, [http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Texte intégral] sur le site de l’ATILF.&lt;br /&gt;
*Quesnay F., 1759. ''Essai sur l’Administration des terres''. Paris, viii + 203 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k618281 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Reau R., Parnaudeau V., Dubrulle P., Aubert C. et al., 2015. ''Diagnostic des pertes d’azote à l’échelle du système de culture avec SYST’N''. [https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/04/Reau_diagnostic_pertes_azote_ARTICLE_VF.pdf Texte intégral] sur le site du COMIFER.&lt;br /&gt;
*Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole Texte intégral] sur Wikisource ; [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Sebillotte M., 1992. Pratiques agricoles et fertilité du milieu. ''Économie rurale'', 208-209, L’agriculture et la gestion des ressources renouvelable : 117-124. [https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1992_num_208_1_4466 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Trésor de la langue française. Voir Quemada (dir.), 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:L]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Fichier:MotsAgro_Lixiviation_1.jpg&amp;diff=5223</id>
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		<updated>2026-02-17T13:34:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
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		<updated>2026-02-17T13:33:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon et al., 1998)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
 Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon et al., 1998)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5221</id>
		<title>Lixiviation</title>
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		<updated>2026-02-17T13:18:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;Auteur : '''[[A pour auteur::Denis Baize]]''' et '''[[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= lixiviation&lt;br /&gt;
|Allemand= Auswaschung&lt;br /&gt;
|Espagnol= lixiviación&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Éléments d’histoire.&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Leçons élémentaires de chimie agricole (Sabatier, 1890).&lt;br /&gt;
|Annexe 3= La pollution des nappes phréatiques par les nitrates d’origine agricole.&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Lessivation/lessiviation&lt;br /&gt;
|Article 1= bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2= drainage&lt;br /&gt;
|Article 3= irrigation&lt;br /&gt;
|Article 4= lessivage&lt;br /&gt;
|Article 5= pollution&lt;br /&gt;
|Article 6= salinité des sols&lt;br /&gt;
|Article 7= Lessivation/Lessiviation.&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=17 février 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=17 février 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Au '''sens général''', &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; est un terme technique employé en chimie et dans diverses industries :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Opération technique qui consiste à faire passer lentement un solvant à travers un matériau pour en extraire un ou plusieurs constituants solubles.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce solvant peut être l’eau (chaude), par exemple pour extraire le jus sucré des cossettes de [[betterave]]s… ou pour faire un [[café]] « expresso » (''Trésor de la langue française''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Agronome, agronomie : étymologie|'''agronomie''']] et '''[[pédologie]]''', le mot désigne un '''phénomène naturel''' qui se produit ''in situ'' dans le [[sol]]&amp;lt;ref&amp;gt; Il ne sera pas question ici de la lixiviation des ordures et déchets stockés en décharges.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En voici la définition très complète, sous deux formulations :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« Dans un sol, entraînement en profondeur des ions les plus mobiles, dissous ou adsorbés, présents dans la solution du sol. Ce processus qui intéresse essentiellement les cations alcalins et alcalinoterreux est responsable, par exemple, de l’acidification naturelle des sols non calcaires ou de la pollution des nappes phréatiques par les nitrates. »''' (CILF, 1999 : 394) &amp;lt;/center&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« La lixiviation correspond à l’entraînement sous forme dissoute des nutriments, par l’eau qui draine à travers le profil. L’eau se charge d’ions lors de son passage à travers le sol, et emmène ces ions jusqu’aux nappes phréatiques et eaux de surface. »''' (Institut Agro Montpellier, sur Internet, qui ajoute : &amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lorsqu’un nutriment est présent sous forme dissoute dans la solution du sol, non retenu par le complexe d’échange ou par des liaisons plus fortes avec les minéraux, et que la pluviométrie excède les prélèvements d’eau par les plantes et les pertes d’eau par évaporation, il a de fortes chances d’être lixivié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''lixiviation''' est donc particulièrement importante dans les zones à climat pluvieux, et surtout dans les cas où le sol est à nu pendant des périodes pluvieuses et où il n’y a pas de racines pour prélever les nutriments et les maintenir ainsi dans l’écosystème. Elle affecte particulièrement des ions comme le nitrate, les formes organiques solubles d’azote ou dans une moindre mesure le potassium, qui ne se fixent que peu aux minéraux du sol et au complexe d’échange et sont donc mobiles, faciles à entraîner. Elle n’affecte par contre que peu les phosphates qui sont trop peu mobiles. Mais les flux les plus importants de nutriments lixiviés concernent généralement les cations comme le calcium et le magnésium : c’est alors un symptôme de l’acidification des sols ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Connaissances scientifiques et enjeux dans les sociétés, au cours du temps (voir [[Lixiviation - Annexe 1|annexe 1]])==&lt;br /&gt;
Cela fait très longtemps que les écrivains en agriculture mentionnent l’existence de ce que nous appelons lixiviation, en indiquant les circonstances dans lesquelles elle se produit. Mais les enjeux auxquels elle est associée ont récemment radicalement changé : pendant des siècles, il s’agissait de ne pas laisser perdre une précieuse ressource ; de nos jours il s’agit surtout de ne pas polluer les eaux souterraines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[fumier]] et les « sels »===&lt;br /&gt;
Le plus ancien texte que nous ayons trouvé sur le sujet est tiré du premier traité de [[pratique]] agricole publié en langue anglaise, ''Husbandry'' de Fitzherbert, seigneur d’un domaine dans le Derbyshire.&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:100%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;''To Falowe''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
''And yf the lande be falowed in wynter tyme, it is farrre the worse, for the principal causes, one is, all the rayne that commeth shal washe the lande, and dryue awaye the donge, and the good moulde, that the lande shall be moche the worse.'' (Fitzherbert, [1525] 1767 : 17-18).&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Jachérer&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et si la terre est jachérée [labourée] en hiver, c’est de loin le pire ; des principales raisons, l’une est que toute la pluie qui vient va laver la terre, et enlever le fumier et la bonne terre, et ainsi la terre sera de beaucoup pire.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
L’essentiel y est déjà : la pluie qui tombe sur le sol nu en hiver le lave et lui enlève le fumier et ce qu’elle a de bon. En Écosse deux siècles plus tard, Mackintosh écrit : « Nous, comme nous étudions les moyens efficaces d’appauvrir notre terre, en retournons et exposons la face charnue toute crue aux pluies et inondations de l’hiver, pour faire partir au lavage le peu de sels et d’esprits que nos récoltes ininterrompues y ont laissés » (''We, as we study the effectual Means of impoverishing our Land, turn up the raw fleshy Side to the Winter Rains and Floods, to have the few Salts and Spirits, our many successive unintermitting Crops have left in it, wash’d away.'') (1729 : 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, [[A pour personne citée:: Bernard Palissy| Bernard Palissy]] écrit en 1563 « Tout ainsi que tu vois que les eaux qui passent à travers des terres salpestreuses, emportent avec elles le salpestre, et apres que les eaux ont passé par lesdites terres, lesdites terres ne peuvent plus servir à faire salpestre, car les eaux qui ont passé, ont emporté tout le sel », décrivant ainsi l’entraînement par l’eau d’une substance soluble, alors exploitée comme explosif plutôt que comme engrais (en l’occurrence, mais il ne le savait pas, du nitrate de potassium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, on parle du '''lavage''' ou de la descente en profondeur des « sels » nutritifs, un mot au sens alors très vague :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a des personnes qui prétendent que pour aider aux racines à faire pousser au tronc des arbres de beaux jets, il suffisait de mettre au fond du trou quelque amendement, dont les sels fussent capables de les faire pousser avec vigueur, &amp;amp; qu’il n’était pas besoin d’en mettre au-dessus des racines. Pour moi, j’estime qu’elles se trompent, (…) car les sels qu’il [cet amendement] contient, descendent toujours &amp;amp; tendent à leur centre à cause de leur pesanteur. » (Angran de Rueneuve, 1712 : 214-215). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« … on peut espérer une bonne Récolte en tout genre, parce que la terre s’est reposée, &amp;amp; qu’elle ne s’est point fatiguée à pousser inutilement de trop bonne heure : tous les sels y sont ; ils n’ont point été lessivés par des pluies trop abondantes, &amp;amp; prématurées. » (Quesnay, 1759 : 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote rare ; ses pertes connues par l’analyse des eaux de drainage===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= il reste établi que tout élément immédiatement actif d’un engrais est soluble, et que, par conséquent, un sol fumé, quand il est exposé à des pluies continuelles, perd une portion plus ou moins forte des agents fertilisants qu’on lui a donnés ; aussi trouve-t-on constamment dans l’eau de drainage, véritable lessive du terrain, des sels ammoniacaux  et surtout des nitrates|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1860 : 387.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières analyses faites à Rothamsted en Angleterre révèlent l’ampleur des pertes en composés azotés (principalement [[nitrate]]s), alors rares et chers, et qu’on ne savait pas encore synthétiser. Sabatier en 1890 (voir [[Lixiviation - Annexe 2|annexe 2]]) et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] en 1892 exposent les connaissances de l’époque sur le sujet, que nous avons résumées ainsi (Morlon, 1998) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''« Le lessivage des nitrates vers 1900.''' &lt;br /&gt;
Les nitrates perdus par lessivage sont produits par la [[minéralisation]] de l’[[humus]] du sol après la récolte. Ils sont entraînés par les eaux excédentaires drainant en période hivernale, à une époque où les prélèvements par la végétation sont faibles. Les pertes sont plus abondantes dans les sols peu épais et perméables, en l’absence de végétation (sol nu, [[jachère]]) et après [[Des labours|labour]] ou épandage de fumier. Elles sont réduites ou nulles sous une végétation permanente ([[prairies]], forêts) et/ou profondément enracinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le code de bonnes pratiques agricoles, vers 1905.'''&lt;br /&gt;
*1. Pas de sols nus en hiver : [[Culture intermédiaire|cultures intermédiaires]].&lt;br /&gt;
*2. Pas d’[[engrais minéraux]] à l’automne.&lt;br /&gt;
*3. Apports minéraux au printemps, fractionnés suivant les besoins de la végétation.&lt;br /&gt;
*4. [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|Raisonner]] la [[fumure organique]] sur « une série d’un certain nombre d’années ».&lt;br /&gt;
*5. sur sols filtrants et peu profonds, apports de fumier à doses faibles mais fréquentes.&lt;br /&gt;
*6. Récupérer les eaux de [[drainage]] chargées en nitrates pour arroser les prairies. ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_1.jpg |350px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Ces connaissances sont alors enseignées à l’école primaire à tous les enfants de France, et ce qu’en disaient les manuels scolaires de l’époque mérite d’être cité :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les engrais solubles que les terres sableuses renferment sont, à la moindre pluie, entraînés dans le sous-sol. Il ne faut jamais y mettre qu’une petite quantité d’engrais à la fois, et répéter souvent cette opération » « Tous les nitrates sont solubles dans l’eau (...) les eaux de pluie peuvent les entraîner dans les profondeurs du sol où ils sont perdus ». « Si l’azote nitrique n’est pas absorbé par les racines des plantes, il est entraîné dans les sources par les eaux pluviales (...) La Seine (...) entraîne chaque année dans la mer une quantité d’acide nitrique qui peut être évaluée à 19 000 t, ce qui correspond à plus du tiers de la quantité d’azote nitrique que la France importe chaque année sous forme de nitrate de soude ». « LECTURE À EXPLIQUER. Les nitrates sont le produit de la nitrification de la matière organique et de l’ammoniaque. Ils échappent complètement à la terre, qui n’exerce pas sa faculté absorbante à leur égard. Aussi convient-il, quand on emploie les nitrates comme engrais, de les donner à l’époque où la végétation est en activité et peut les assimiler à bref délai ; autrement ils risquent d’être perdus pour les plantes » (Th. Schlœsing, Membre de l’Institut) » (Barillot, 1896 et 1897).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Nitrate de soude'''''. (...) On l’emploie au ''printemps'', sur les céréales qui ont souffert des froids de l’hiver, le plus souvent en couverture, c’est-à-dire sans le mêler au sol par un labour. - Si on l’employait à l’automne, il serait rapidement entraîné dans le sous-sol par les pluies, car il est très soluble et le pouvoir absorbant&amp;lt;ref&amp;gt; '''Pouvoir absorbant''' : « propriété qu’a la terre arable d’absorber et de retenir les éléments fertilisants, dissous dans l’eau, comme la potasse, l’ammoniaque, etc. ». Aujourd’hui on parle d’un « pouvoir adsorbant » car il s’agit bien d’une adsorption.&amp;lt;/ref&amp;gt; de la terre est sans action sur lui. » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ca. 1910 : 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote en excès : la pollution des nappes phréatiques===&lt;br /&gt;
Ces connaissances et ces recommandations ont été « oubliées » après la 1&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, quand la France fut en mesure de faire industriellement la synthèse chimique de l’ammoniac par les procédés Haber-Bosch (récupéré sur l’Allemagne) et Claude. Désireuses d’accroître les volumes transportés (engrais dans un sens, produits récoltés dans l’autre), les compagnies de chemin de fer créèrent des stations agronomiques qui se gardèrent de les diffuser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_2.jpg|550px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2. Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon ''et al.'', 1998)''' &amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus tard, deux phénomènes conduisirent à la présence dans le sol de quantités d’azote non captées par les plantes et donc lixiviées vers les eaux souterraines. D’une part, le rapport entre les prix des engrais azotés et ceux des produits récoltés favorisa la pratique d’une [[fertilisation]] dite « d’assurance » : mettre une dose d’azote telle que la [[culture]] n’en manque jamais, quitte à ce qu’il y en ait trop quand (ou là où) le [[signification des rendements|rendement]] est plus faible que prévu (voir l’[[https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Raison,_rationnel_%26_Cie_:_mots_piégés_!_-_Annexe_4|annexe 4 de l’article Raison, rationnel et Cie : mots piégés]]). D’autre part, pour alimenter le bétail, des [[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société|prairies permanentes]] furent remplacées par du [[maïs]] : la minéralisation de la matière organique de la prairie après retournement faisant brutalement déstocker l’azote, et la récolte tardive du maïs rendant difficile un semis d’automne ensuite, laissant le sol nu en hiver. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où ces deux phénomènes ont coïncidé dans le temps, ils ont provoqué une brusque augmentation des taux de nitrates dans les eaux souterraines, comme dans le département de l’Yonne à la fin des années 1960&amp;lt;ref&amp;gt; Coïncidant avec un renouvellement de génération des agriculteurs, accéléré par les Indemnités viagères de Départ, l’augmentation de la surface moyenne des exploitations ainsi que de la puissance de traction mécanique  par 100 ha de Surface Agricole Utile.&amp;lt;/ref&amp;gt; (Chrétien ''et al.'', 1974 ; Morlon ''et al.'', 1998) (fig. 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela conduisit à la réapparition de ces connaissances et recommandations au troisième quart du XXe siècle ([[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]], 1980 ; [[A pour personne citée::Michel Sebillotte|Sebillotte]], 1992), quand la lixiviation des excès d’azote, polluant les nappes souterraines, devint une préoccupation majeure (voir [[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’agriculteur réalise des apports réguliers d’azote, dans le but d’atteindre ses objectifs de production. La totalité de l’azote apporté n’est cependant pas valorisée par les plantes, notamment en raison de transferts à l’extérieur du système cultivé. Ces pertes représentent un impact économique. Elles ont également des conséquences négatives pour l’environnement ou pour l’usage de l’eau. Les impacts négatifs sont en particulier causés par le nitrate (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;-&amp;lt;/sup&amp;gt;), l’ammoniac (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) et le protoxyde d’azote (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O). Ces formes d’azote ont pour conséquence une dégradation de la qualité des eaux de boisson (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;), une augmentation de l’eutrophisation (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), une réduction de la biodiversité en favorisant les espèces nitrophiles (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), ainsi qu’une contribution à l’effet de serre (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O) et à l’acidification des sols (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) » (Reau ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Autres substances en solution susceptibles de polluer eaux de surface et eaux souterraines===&lt;br /&gt;
La lixiviation peut également entraîner des '''[[produits phytosanitaires]]''' et leurs '''métabolites''' (Barriuso ''et al.'', 1996 ; Pirlot ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les '''produits phytosanitaires''' ou pesticides agricoles sont très efficaces pour préserver la productivité des cultures, mais leurs effets sont plus qu’indésirables lorsqu’on les retrouve en dehors de l’écosystème agricole dans lequel ils ont été mis en œuvre. La déperdition de pesticides représente un gâchis à plus d’un titre : elle entraîne une perte de rendement, un surcoût pour l’utilisateur et cause des dommages à l’environnement auquel ces pesticides n’étaient pas destinés. La pollution diffuse due aux pesticides agricoles est communément considérée comme l’une des causes majeures de pollution des eaux superficielles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il existe essentiellement deux moyens pour des pesticides épandus dans les règles de l’art d’atteindre les eaux superficielles et souterraines : le ruissellement et la lixiviation. Le ruissellement se définit comme le transport physique de polluants sur la surface du sol par l’eau de pluie qui s’y écoule. La lixiviation est le processus par lequel la pluie ou l’eau d’irrigation qui s’infiltre lentement dans le sol entraîne avec elle des polluants » (Projet ArtWet, programme LIFE 06 ENV, 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pollution diffuse pouvant également affecter les nappes phréatiques est donc susceptible d’avoir un impact négatif sur la qualité des eaux destinées à l’alimentation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, '''l’épandage de boues d’épuration''' sur des terrains agricoles est susceptible de libérer des substances indésirables telles qu’antibiotiques ou perturbateurs endocriniens. Cependant la réglementation française en cours (arrêté du 8 janvier 1998&amp;lt;ref&amp;gt; Complété par les circulaires d’application des 16 mars 1999 et 18 avril 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;) impose un certain nombre de précautions (zones d’épandage interdites, sols inaptes à l’épandage, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Dans le contexte du dérèglement climatique, avec notamment des précipitations plus intenses, la lixiviation de substances indésirables vers les eaux profondes risque de s’aggraver. Toutes les mesures de précaution évoquées ci-dessus et dans l’[[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]] seront d’autant plus nécessaires.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Aspects positifs de la lixiviation dans les sols : la désalinisation==&lt;br /&gt;
Les eaux avec lesquelles on [[irigation|irrigue]] les cultures contiennent toujours des sels dissous – avec des concentrations extrêmement diverses d’une région à l’autre. En climat humide, elles sont « douces » = très faiblement chargées. Dans les régions sèches, elles sont souvent puisées dans des nappes phréatiques salées ou proviennent de rivières alimentées par du ruissellement sur des terrains plus ou moins salés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En s’évaporant ou étant transpirées par les plantes ([[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration]]), elles laissent ces sels dans le sol, tendant à en augmenter la [[salinisation|salinité]] à chaque irrigation. Cette tendance, très défavorable à long terme, peut être contrecarrée par '''le lavage du sol par de l’eau douce (une lixiviation) qui désalinise le sol''', de façon différente selon le climat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où les pluies sont suffisamment abondantes (à au moins un moment dans l’année) pour que leur eau descende en-dessous de la zone racinaire, cette lixiviation se fait naturellement, sans intervention humaine et sans poser de problème car les concentrations sont faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les '''zones [[aridité, aride|arides]] à semi-arides''' où les précipitations sont insuffisantes, il est nécessaire d’inonder artificiellement avec de l’eau douce… à condition d’en disposer à un moment dans l’année ! Là où ce n’est pas possible, les sols se salinisent irrémédiablement au cours du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l’eau qui a lavé le sol est chargée en sels, il faut qu’elle soit évacuée par un '''drainage efficace''' pour éviter qu’elle alimente la nappe phréatique (et/ou remonte éventuellement ensuite à la surface sous l’effet de l’évaporation). Ce drainage n’est possible que là où la topographie le permet : en climat sec, les dépressions fermées sont condamnées à la salinisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lixiviation ''versus'' lessivage==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= En agriculture, '''on emploie souvent à tort les termes de lixiviation et lessivage dans le même sens'''. La '''lixiviation''' concerne uniquement les éléments solubles puisqu’ils sont entraînés verticalement par infiltration après avoir été dissous. Le '''lessivage''' concerne uniquement les particules solides non solubles. Ainsi, il y a '''lixiviation des nitrates''' et '''lessivage des argiles'''.|référence citation=([https://fr.wikipedia.org/wiki/Lixiviation Lixiviation] sur Wikipedia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;u&amp;gt;Lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; dérivent tous deux du latin ''lix'' (eau mêlée de cendre, servant à la lessive), le premier sur la longue durée par l’évolution spontanée de la langue, le second est un mot savant apparu peu avant 1700.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux termes ont longtemps été confondus, et ils le sont encore souvent. Voici quelques exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans les sols un rôle fondamental appartient à l’humus. Ce dernier est par excellence un agent fixant énergiquement comme la végétation elle-même, les cations qui entrent dans la constitution des éléments basiques du sol. Il protège donc ce dernier de l’entraînement de bases&amp;lt;ref&amp;gt; En réalité, les cations Ca&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, Mg&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, K&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; et Na&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; ne sont pas des bases mais plutôt des acides. (Voir l’article [[Cations échangeables du sol]])&amp;lt;/ref&amp;gt; par &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt;. (…) Nous avons indiqué le rôle de l’eau dans la décomposition des silicates ; elle est aussi l’agent de la migration des produits d’altération. On conçoit que si les pluies sont supérieures à l’évaporation, il en résulte une &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;, c’est-à-dire un entraînement de haut en bas » ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1932 : 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cet entraînement de haut en bas des éléments constitutifs du sol se nomme &amp;lt;u&amp;gt;lessivage ou lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;. Ce lessivage vertical provoque la décalcification, la destruction des colloïdes et l’acidification du sol. » (Mailloux &amp;amp; Godbout, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« &amp;lt;u&amp;gt;Lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; : À peu près synonyme de &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; mais impliquant l’idée d’épuisement » (Plaisance &amp;amp; Cailleux, 1958).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« LESSIVAGE (…). Pédol. Migration des substances solubles (carbonates, cations, sels métalliques) dans les interstices du sol. » (Habault, 1983)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien distinguer la '''lixiviation de substances solubles''', du '''lessivage des particules argileuses''' en évitant toute ambiguïté, le plus sûr est, pour désigner ce dernier, d’employer les néologismes « &amp;lt;u&amp;gt;illuviation d’argile&amp;lt;/u&amp;gt; » ou « &amp;lt;u&amp;gt;argilluviation&amp;lt;/u&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Alletz P.A., 1760. ''L’agronome, ou dictionnaire portatif du cultivateur contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les Biens de la Campagne, &amp;amp; les faire valoir utilement ; pour soutenir ses droits, conserver sa santé, &amp;amp; rendre gracieuse la vie champêtre''. Paris, t. 2, 664 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64295697 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Angran de Rueneuve, 1712. ''Observations sur l'Agriculture et le Jardinage, pour servir d’Instruction à ceux qui désireront s’y rendre habiles''. Paris, t. 1, xiii + 384 + 22 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6556941p Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1896. ''Notions de sciences avec leurs applications. L'agriculture à l'usage des écoles primaires''. 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 252 pp.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1897. ''Cours élémentaire d’agriculture, à l’usage de l’enseignement primaire supérieur et de l’enseignement secondaire moderne.'' 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
*Barriuso E., Calvet R., Schiavon M., Soulas G., 1996. Les pesticides et les polluants organiques des sols. Transformations et dissipation. ''Étude et Gestion des Sols'', N° spécial « le sol un patrimoine menacé », Paris octobre 1996, pp. 279-295. [https://www.afes.fr/ressources/les-pesticides-et-les-polluants-organiques-des-sols-transformations-et-dissipation/ Texte intégral] sur le site de l’AFES.&lt;br /&gt;
*Boussingault, 1860. ''Agronomie, chimie agricole et physiologie''. 2&amp;lt;sup&amp;gt;de&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, t. 1, 396 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9675850d Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Chrétien J., Concaret J., Mère C. Évolution des teneurs en nitrates dans les eaux d'alimentation (département de l'Yonne). ''Ann. agron.'', 1974, 25 (2-3) : 499-513.&lt;br /&gt;
*C.I.L.F. (Conseil International de la langue française), 1999. ''Dictionnaire d’agriculture français – anglais – allemand''. CILF, Paris, 1012 p.&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1892. Traité de chimie agricole. 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, Masson, Paris, 916 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77255x Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Demolon A., 1932. La dynamique du sol. Dunod, Paris. 347 p.&lt;br /&gt;
*Dutilleul J., Ramé E., ''ca''. 1910. ''Les sciences physiques et naturelles, avec leurs applications à l’Agriculture, à l’Industrie, à l’Hygiène et à l’Économie domestique. Enseignement primaire, cours moyen et supérieur''. Larousse, Paris, 288 p.&lt;br /&gt;
*Fitzherbert J., [1525] 1767, ''The Booke of Husbandry''. London. [https://www.gutenberg.org/files/57457/57457-h/57457-h.htm Édition de 1534] sur le projet Gutenberg.&lt;br /&gt;
*Habault P., 1983. ''Lexique de termes agricoles et horticoles. Termes scientifiques, techniques et économiques''. J.B. Baillière, Paris, 1983, 152 p.&lt;br /&gt;
*Hénin S., 1980. ''Rapport du groupe de travail Activités agricoles et qualité des eaux''. Ministère de l’agriculture, ministère de l’Environnement, Paris, 58 p.&lt;br /&gt;
*Institut Agro Montpellier. [https://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/PertesNutriments_1.html Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Mackintosh W., 1729. ''An Essay on Ways ans Means for Inclosing, Fallowing, Planting, &amp;amp;c. Scotland...'' Edinburgh, 392 p. [https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_an-essay-on-ways-and-mea_mackintosh-william-br_1729 Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Mailloux A., Godbout G., 1954. ''Étude Pédologique des sols des comtés de Huntingdon et Beauharnois''. Province de Québec - Ministère de l’agriculture. Bulletin technique N° 4, 221 p.&lt;br /&gt;
*Morlon P. 1998. Vieilles lunes ? Les normes pour les bâtiments d’élevage ont 150 ans, le code de bonnes pratiques agricoles en a 100... ''Courrier de l’Environnement de l’INRA'', 33 : 45-60. [https://hal.science/hal-01204616 Texte intégral] sur hal.science.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Trouche G., Soulard C., Maigrot J.-L., Guyard P.-O., 1998. Diagnostic de la pollution azotée de l’eau par approche historique multi-échelles. Une étude de cas dans le département de l’Yonne (France). ''Cahiers Agricultures'', 7 (1) : 15-27. [https://hal.inrae.fr/hal-02687991v1 Texte intégral] (850 Ko) ; [https://revues.cirad.fr/index.php/cahiers-agricultures/article/view/30063/29823 Texte intégral] sur le site de la revue (27 Mo).&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. ''Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors...'' [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Pirlot C., Blondel A., Krings B., Pigeon O., Degré A., 2022. ''Prévention des contaminations des eaux souterraines : étude de la lixiviation des pesticides au sein d’un sol limoneux typique de Wallonie''. 50&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congrès du Groupe Français de recherches sur les Pesticides, Namur, Belgique.&lt;br /&gt;
*Plaisance G., Cailleux A., 1958. ''Dictionnaire des sols''. La maison rustique, Paris. vii + 604 p.&lt;br /&gt;
*Projet ArtWet. 2010. Programme LIFE 06 ENV. ''Réduction de la pollution diffuse due aux produits phytosanitaires et phytoremédiation dans les zones humides artificielles''. 111 p. [https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/pdf/Artwet Texte intégral] sur le site de l’OFB.&lt;br /&gt;
*Quemada B. (dir), 1983. ''Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (1789-1960)''. CNRS, Paris, [http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Texte intégral] sur le site de l’ATILF.&lt;br /&gt;
*Quesnay F., 1759. ''Essai sur l’Administration des terres''. Paris, viii + 203 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k618281 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Reau R., Parnaudeau V., Dubrulle P., Aubert C. et al., 2015. ''Diagnostic des pertes d’azote à l’échelle du système de culture avec SYST’N''. [https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/04/Reau_diagnostic_pertes_azote_ARTICLE_VF.pdf Texte intégral] sur le site du COMIFER.&lt;br /&gt;
*Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole Texte intégral] sur Wikisource ; [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Sebillotte M., 1992. Pratiques agricoles et fertilité du milieu. ''Économie rurale'', 208-209, L’agriculture et la gestion des ressources renouvelable : 117-124. [https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1992_num_208_1_4466 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Trésor de la langue française. Voir Quemada (dir.), 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:L]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5220</id>
		<title>Lixiviation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5220"/>
		<updated>2026-02-17T13:18:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=&lt;br /&gt;
|note 1=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Auteur : '''[[A pour auteur::Denis Baize]]''' et '''[[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= lixiviation&lt;br /&gt;
|Allemand= Auswaschung&lt;br /&gt;
|Espagnol= lixiviación&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Éléments d’histoire.&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Leçons élémentaires de chimie agricole (Sabatier, 1890).&lt;br /&gt;
|Annexe 3= La pollution des nappes phréatiques par les nitrates d’origine agricole.&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Lessivation/lessiviation&lt;br /&gt;
|Article 1= bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2= drainage&lt;br /&gt;
|Article 3= irrigation&lt;br /&gt;
|Article 4= lessivage&lt;br /&gt;
|Article 5= pollution&lt;br /&gt;
|Article 6= salinité des sols&lt;br /&gt;
|Article 7= Lessivation/Lessiviation.&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=17 février 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=17 février 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Au '''sens général''', &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; est un terme technique employé en chimie et dans diverses industries :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Opération technique qui consiste à faire passer lentement un solvant à travers un matériau pour en extraire un ou plusieurs constituants solubles.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce solvant peut être l’eau (chaude), par exemple pour extraire le jus sucré des cossettes de [[betterave]]s… ou pour faire un [[café]] « expresso » (''Trésor de la langue française''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Agronome, agronomie : étymologie|'''agronomie''']] et '''[[pédologie]]''', le mot désigne un '''phénomène naturel''' qui se produit ''in situ'' dans le [[sol]]&amp;lt;ref&amp;gt; Il ne sera pas question ici de la lixiviation des ordures et déchets stockés en décharges.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En voici la définition très complète, sous deux formulations :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« Dans un sol, entraînement en profondeur des ions les plus mobiles, dissous ou adsorbés, présents dans la solution du sol. Ce processus qui intéresse essentiellement les cations alcalins et alcalinoterreux est responsable, par exemple, de l’acidification naturelle des sols non calcaires ou de la pollution des nappes phréatiques par les nitrates. »''' (CILF, 1999 : 394) &amp;lt;/center&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« La lixiviation correspond à l’entraînement sous forme dissoute des nutriments, par l’eau qui draine à travers le profil. L’eau se charge d’ions lors de son passage à travers le sol, et emmène ces ions jusqu’aux nappes phréatiques et eaux de surface. »''' (Institut Agro Montpellier, sur Internet, qui ajoute : &amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lorsqu’un nutriment est présent sous forme dissoute dans la solution du sol, non retenu par le complexe d’échange ou par des liaisons plus fortes avec les minéraux, et que la pluviométrie excède les prélèvements d’eau par les plantes et les pertes d’eau par évaporation, il a de fortes chances d’être lixivié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''lixiviation''' est donc particulièrement importante dans les zones à climat pluvieux, et surtout dans les cas où le sol est à nu pendant des périodes pluvieuses et où il n’y a pas de racines pour prélever les nutriments et les maintenir ainsi dans l’écosystème. Elle affecte particulièrement des ions comme le nitrate, les formes organiques solubles d’azote ou dans une moindre mesure le potassium, qui ne se fixent que peu aux minéraux du sol et au complexe d’échange et sont donc mobiles, faciles à entraîner. Elle n’affecte par contre que peu les phosphates qui sont trop peu mobiles. Mais les flux les plus importants de nutriments lixiviés concernent généralement les cations comme le calcium et le magnésium : c’est alors un symptôme de l’acidification des sols ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Connaissances scientifiques et enjeux dans les sociétés, au cours du temps (voir [[Lixiviation - Annexe 1|annexe 1]])==&lt;br /&gt;
Cela fait très longtemps que les écrivains en agriculture mentionnent l’existence de ce que nous appelons lixiviation, en indiquant les circonstances dans lesquelles elle se produit. Mais les enjeux auxquels elle est associée ont récemment radicalement changé : pendant des siècles, il s’agissait de ne pas laisser perdre une précieuse ressource ; de nos jours il s’agit surtout de ne pas polluer les eaux souterraines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[fumier]] et les « sels »===&lt;br /&gt;
Le plus ancien texte que nous ayons trouvé sur le sujet est tiré du premier traité de [[pratique]] agricole publié en langue anglaise, ''Husbandry'' de Fitzherbert, seigneur d’un domaine dans le Derbyshire.&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:100%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;''To Falowe''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
''And yf the lande be falowed in wynter tyme, it is farrre the worse, for the principal causes, one is, all the rayne that commeth shal washe the lande, and dryue awaye the donge, and the good moulde, that the lande shall be moche the worse.'' (Fitzherbert, [1525] 1767 : 17-18).&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Jachérer&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et si la terre est jachérée [labourée] en hiver, c’est de loin le pire ; des principales raisons, l’une est que toute la pluie qui vient va laver la terre, et enlever le fumier et la bonne terre, et ainsi la terre sera de beaucoup pire.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
L’essentiel y est déjà : la pluie qui tombe sur le sol nu en hiver le lave et lui enlève le fumier et ce qu’elle a de bon. En Écosse deux siècles plus tard, Mackintosh écrit : « Nous, comme nous étudions les moyens efficaces d’appauvrir notre terre, en retournons et exposons la face charnue toute crue aux pluies et inondations de l’hiver, pour faire partir au lavage le peu de sels et d’esprits que nos récoltes ininterrompues y ont laissés » (''We, as we study the effectual Means of impoverishing our Land, turn up the raw fleshy Side to the Winter Rains and Floods, to have the few Salts and Spirits, our many successive unintermitting Crops have left in it, wash’d away.'') (1729 : 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, [[A pour personne citée:: Bernard Palissy| Bernard Palissy]] écrit en 1563 « Tout ainsi que tu vois que les eaux qui passent à travers des terres salpestreuses, emportent avec elles le salpestre, et apres que les eaux ont passé par lesdites terres, lesdites terres ne peuvent plus servir à faire salpestre, car les eaux qui ont passé, ont emporté tout le sel », décrivant ainsi l’entraînement par l’eau d’une substance soluble, alors exploitée comme explosif plutôt que comme engrais (en l’occurrence, mais il ne le savait pas, du nitrate de potassium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, on parle du '''lavage''' ou de la descente en profondeur des « sels » nutritifs, un mot au sens alors très vague :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a des personnes qui prétendent que pour aider aux racines à faire pousser au tronc des arbres de beaux jets, il suffisait de mettre au fond du trou quelque amendement, dont les sels fussent capables de les faire pousser avec vigueur, &amp;amp; qu’il n’était pas besoin d’en mettre au-dessus des racines. Pour moi, j’estime qu’elles se trompent, (…) car les sels qu’il [cet amendement] contient, descendent toujours &amp;amp; tendent à leur centre à cause de leur pesanteur. » (Angran de Rueneuve, 1712 : 214-215). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« … on peut espérer une bonne Récolte en tout genre, parce que la terre s’est reposée, &amp;amp; qu’elle ne s’est point fatiguée à pousser inutilement de trop bonne heure : tous les sels y sont ; ils n’ont point été lessivés par des pluies trop abondantes, &amp;amp; prématurées. » (Quesnay, 1759 : 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote rare ; ses pertes connues par l’analyse des eaux de drainage===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= il reste établi que tout élément immédiatement actif d’un engrais est soluble, et que, par conséquent, un sol fumé, quand il est exposé à des pluies continuelles, perd une portion plus ou moins forte des agents fertilisants qu’on lui a donnés ; aussi trouve-t-on constamment dans l’eau de drainage, véritable lessive du terrain, des sels ammoniacaux  et surtout des nitrates|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1860 : 387.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières analyses faites à Rothamsted en Angleterre révèlent l’ampleur des pertes en composés azotés (principalement [[nitrate]]s), alors rares et chers, et qu’on ne savait pas encore synthétiser. Sabatier en 1890 (voir [[Lixiviation - Annexe 2|annexe 2]]) et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] en 1892 exposent les connaissances de l’époque sur le sujet, que nous avons résumées ainsi (Morlon, 1998) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''« Le lessivage des nitrates vers 1900.''' &lt;br /&gt;
Les nitrates perdus par lessivage sont produits par la [[minéralisation]] de l’[[humus]] du sol après la récolte. Ils sont entraînés par les eaux excédentaires drainant en période hivernale, à une époque où les prélèvements par la végétation sont faibles. Les pertes sont plus abondantes dans les sols peu épais et perméables, en l’absence de végétation (sol nu, [[jachère]]) et après [[Des labours|labour]] ou épandage de fumier. Elles sont réduites ou nulles sous une végétation permanente ([[prairies]], forêts) et/ou profondément enracinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le code de bonnes pratiques agricoles, vers 1905.'''&lt;br /&gt;
*1. Pas de sols nus en hiver : [[Culture intermédiaire|cultures intermédiaires]].&lt;br /&gt;
*2. Pas d’[[engrais minéraux]] à l’automne.&lt;br /&gt;
*3. Apports minéraux au printemps, fractionnés suivant les besoins de la végétation.&lt;br /&gt;
*4. [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|Raisonner]] la [[fumure organique]] sur « une série d’un certain nombre d’années ».&lt;br /&gt;
*5. sur sols filtrants et peu profonds, apports de fumier à doses faibles mais fréquentes.&lt;br /&gt;
*6. Récupérer les eaux de [[drainage]] chargées en nitrates pour arroser les prairies. ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_1.jpg |350px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Ces connaissances sont alors enseignées à l’école primaire à tous les enfants de France, et ce qu’en disaient les manuels scolaires de l’époque mérite d’être cité :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les engrais solubles que les terres sableuses renferment sont, à la moindre pluie, entraînés dans le sous-sol. Il ne faut jamais y mettre qu’une petite quantité d’engrais à la fois, et répéter souvent cette opération » « Tous les nitrates sont solubles dans l’eau (...) les eaux de pluie peuvent les entraîner dans les profondeurs du sol où ils sont perdus ». « Si l’azote nitrique n’est pas absorbé par les racines des plantes, il est entraîné dans les sources par les eaux pluviales (...) La Seine (...) entraîne chaque année dans la mer une quantité d’acide nitrique qui peut être évaluée à 19 000 t, ce qui correspond à plus du tiers de la quantité d’azote nitrique que la France importe chaque année sous forme de nitrate de soude ». « LECTURE À EXPLIQUER. Les nitrates sont le produit de la nitrification de la matière organique et de l’ammoniaque. Ils échappent complètement à la terre, qui n’exerce pas sa faculté absorbante à leur égard. Aussi convient-il, quand on emploie les nitrates comme engrais, de les donner à l’époque où la végétation est en activité et peut les assimiler à bref délai ; autrement ils risquent d’être perdus pour les plantes » (Th. Schlœsing, Membre de l’Institut) » (Barillot, 1896 et 1897).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Nitrate de soude'''''. (...) On l’emploie au ''printemps'', sur les céréales qui ont souffert des froids de l’hiver, le plus souvent en couverture, c’est-à-dire sans le mêler au sol par un labour. - Si on l’employait à l’automne, il serait rapidement entraîné dans le sous-sol par les pluies, car il est très soluble et le pouvoir absorbant&amp;lt;ref&amp;gt; '''Pouvoir absorbant''' : « propriété qu’a la terre arable d’absorber et de retenir les éléments fertilisants, dissous dans l’eau, comme la potasse, l’ammoniaque, etc. ». Aujourd’hui on parle d’un « pouvoir adsorbant » car il s’agit bien d’une adsorption.&amp;lt;/ref&amp;gt; de la terre est sans action sur lui. » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ca. 1910 : 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote en excès : la pollution des nappes phréatiques===&lt;br /&gt;
Ces connaissances et ces recommandations ont été « oubliées » après la 1&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, quand la France fut en mesure de faire industriellement la synthèse chimique de l’ammoniac par les procédés Haber-Bosch (récupéré sur l’Allemagne) et Claude. Désireuses d’accroître les volumes transportés (engrais dans un sens, produits récoltés dans l’autre), les compagnies de chemin de fer créèrent des stations agronomiques qui se gardèrent de les diffuser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_2.jpg|550px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2. Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon ''et al.'', 1998)''' &amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus tard, deux phénomènes conduisirent à la présence dans le sol de quantités d’azote non captées par les plantes et donc lixiviées vers les eaux souterraines. D’une part, le rapport entre les prix des engrais azotés et ceux des produits récoltés favorisa la pratique d’une [[fertilisation]] dite « d’assurance » : mettre une dose d’azote telle que la [[culture]] n’en manque jamais, quitte à ce qu’il y en ait trop quand (ou là où) le [[signification des rendements|rendement]] est plus faible que prévu (voir l’[[https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Raison,_rationnel_%26_Cie_:_mots_piégés_!_-_Annexe_4|annexe 4 de l’article Raison, rationnel et Cie : mots piégés]]). D’autre part, pour alimenter le bétail, des [[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société|prairies permanentes]] furent remplacées par du [[maïs]] : la minéralisation de la matière organique de la prairie après retournement faisant brutalement déstocker l’azote, et la récolte tardive du maïs rendant difficile un semis d’automne ensuite, laissant le sol nu en hiver. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où ces deux phénomènes ont coïncidé dans le temps, ils ont provoqué une brusque augmentation des taux de nitrates dans les eaux souterraines, comme dans le département de l’Yonne à la fin des années 1960&amp;lt;ref&amp;gt; Coïncidant avec un renouvellement de génération des agriculteurs, accéléré par les Indemnités viagères de Départ, l’augmentation de la surface moyenne des exploitations ainsi que de la puissance de traction mécanique  par 100 ha de Surface Agricole Utile.&amp;lt;/ref&amp;gt; (Chrétien ''et al.'', 1974 ; Morlon ''et al.'', 1998) (fig. 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela conduisit à la réapparition de ces connaissances et recommandations au troisième quart du XXe siècle ([[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]], 1980 ; [[A pour personne citée::Michel Sebillotte|Sebillotte]], 1992), quand la lixiviation des excès d’azote, polluant les nappes souterraines, devint une préoccupation majeure (voir [[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’agriculteur réalise des apports réguliers d’azote, dans le but d’atteindre ses objectifs de production. La totalité de l’azote apporté n’est cependant pas valorisée par les plantes, notamment en raison de transferts à l’extérieur du système cultivé. Ces pertes représentent un impact économique. Elles ont également des conséquences négatives pour l’environnement ou pour l’usage de l’eau. Les impacts négatifs sont en particulier causés par le nitrate (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;-&amp;lt;/sup&amp;gt;), l’ammoniac (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) et le protoxyde d’azote (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O). Ces formes d’azote ont pour conséquence une dégradation de la qualité des eaux de boisson (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;), une augmentation de l’eutrophisation (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), une réduction de la biodiversité en favorisant les espèces nitrophiles (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), ainsi qu’une contribution à l’effet de serre (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O) et à l’acidification des sols (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) » (Reau ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Autres substances en solution susceptibles de polluer eaux de surface et eaux souterraines===&lt;br /&gt;
La lixiviation peut également entraîner des '''[[produits phytosanitaires]]''' et leurs '''métabolites''' (Barriuso ''et al.'', 1996 ; Pirlot ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les '''produits phytosanitaires''' ou pesticides agricoles sont très efficaces pour préserver la productivité des cultures, mais leurs effets sont plus qu’indésirables lorsqu’on les retrouve en dehors de l’écosystème agricole dans lequel ils ont été mis en œuvre. La déperdition de pesticides représente un gâchis à plus d’un titre : elle entraîne une perte de rendement, un surcoût pour l’utilisateur et cause des dommages à l’environnement auquel ces pesticides n’étaient pas destinés. La pollution diffuse due aux pesticides agricoles est communément considérée comme l’une des causes majeures de pollution des eaux superficielles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il existe essentiellement deux moyens pour des pesticides épandus dans les règles de l’art d’atteindre les eaux superficielles et souterraines : le ruissellement et la lixiviation. Le ruissellement se définit comme le transport physique de polluants sur la surface du sol par l’eau de pluie qui s’y écoule. La lixiviation est le processus par lequel la pluie ou l’eau d’irrigation qui s’infiltre lentement dans le sol entraîne avec elle des polluants » (Projet ArtWet, programme LIFE 06 ENV, 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pollution diffuse pouvant également affecter les nappes phréatiques est donc susceptible d’avoir un impact négatif sur la qualité des eaux destinées à l’alimentation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, '''l’épandage de boues d’épuration''' sur des terrains agricoles est susceptible de libérer des substances indésirables telles qu’antibiotiques ou perturbateurs endocriniens. Cependant la réglementation française en cours (arrêté du 8 janvier 1998&amp;lt;ref&amp;gt; Complété par les circulaires d’application des 16 mars 1999 et 18 avril 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;) impose un certain nombre de précautions (zones d’épandage interdites, sols inaptes à l’épandage, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Dans le contexte du dérèglement climatique, avec notamment des précipitations plus intenses, la lixiviation de substances indésirables vers les eaux profondes risque de s’aggraver. Toutes les mesures de précaution évoquées ci-dessus et dans l’[[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]] seront d’autant plus nécessaires.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Aspects positifs de la lixiviation dans les sols : la désalinisation==&lt;br /&gt;
Les eaux avec lesquelles on [[irigation|irrigue]] les cultures contiennent toujours des sels dissous – avec des concentrations extrêmement diverses d’une région à l’autre. En climat humide, elles sont « douces » = très faiblement chargées. Dans les régions sèches, elles sont souvent puisées dans des nappes phréatiques salées ou proviennent de rivières alimentées par du ruissellement sur des terrains plus ou moins salés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En s’évaporant ou étant transpirées par les plantes ([[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration]]), elles laissent ces sels dans le sol, tendant à en augmenter la [[salinisation|salinité]] à chaque irrigation. Cette tendance, très défavorable à long terme, peut être contrecarrée par '''le lavage du sol par de l’eau douce (une lixiviation) qui désalinise le sol''', de façon différente selon le climat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où les pluies sont suffisamment abondantes (à au moins un moment dans l’année) pour que leur eau descende en-dessous de la zone racinaire, cette lixiviation se fait naturellement, sans intervention humaine et sans poser de problème car les concentrations sont faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les '''zones [[aridité, aride|arides]] à semi-arides''' où les précipitations sont insuffisantes, il est nécessaire d’inonder artificiellement avec de l’eau douce… à condition d’en disposer à un moment dans l’année ! Là où ce n’est pas possible, les sols se salinisent irrémédiablement au cours du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l’eau qui a lavé le sol est chargée en sels, il faut qu’elle soit évacuée par un '''drainage efficace''' pour éviter qu’elle alimente la nappe phréatique (et/ou remonte éventuellement ensuite à la surface sous l’effet de l’évaporation). Ce drainage n’est possible que là où la topographie le permet : en climat sec, les dépressions fermées sont condamnées à la salinisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lixiviation ''versus'' lessivage==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= En agriculture, '''on emploie souvent à tort les termes de lixiviation et lessivage dans le même sens'''. La '''lixiviation''' concerne uniquement les éléments solubles puisqu’ils sont entraînés verticalement par infiltration après avoir été dissous. Le '''lessivage''' concerne uniquement les particules solides non solubles. Ainsi, il y a '''lixiviation des nitrates''' et '''lessivage des argiles'''.|référence citation=([https://fr.wikipedia.org/wiki/Lixiviation Lixiviation] sur Wikipedia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;u&amp;gt;Lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; dérivent tous deux du latin ''lix'' (eau mêlée de cendre, servant à la lessive), le premier sur la longue durée par l’évolution spontanée de la langue, le second est un mot savant apparu peu avant 1700.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux termes ont longtemps été confondus, et ils le sont encore souvent. Voici quelques exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans les sols un rôle fondamental appartient à l’humus. Ce dernier est par excellence un agent fixant énergiquement comme la végétation elle-même, les cations qui entrent dans la constitution des éléments basiques du sol. Il protège donc ce dernier de l’entraînement de bases&amp;lt;ref&amp;gt; En réalité, les cations Ca&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, Mg&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, K&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; et Na&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; ne sont pas des bases mais plutôt des acides. (Voir l’article [[Cations échangeables du sol]])&amp;lt;/ref&amp;gt; par &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt;. (…) Nous avons indiqué le rôle de l’eau dans la décomposition des silicates ; elle est aussi l’agent de la migration des produits d’altération. On conçoit que si les pluies sont supérieures à l’évaporation, il en résulte une &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;, c’est-à-dire un entraînement de haut en bas » ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1932 : 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cet entraînement de haut en bas des éléments constitutifs du sol se nomme &amp;lt;u&amp;gt;lessivage ou lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;. Ce lessivage vertical provoque la décalcification, la destruction des colloïdes et l’acidification du sol. » (Mailloux &amp;amp; Godbout, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« &amp;lt;u&amp;gt;Lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; : À peu près synonyme de &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; mais impliquant l’idée d’épuisement » (Plaisance &amp;amp; Cailleux, 1958).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« LESSIVAGE (…). Pédol. Migration des substances solubles (carbonates, cations, sels métalliques) dans les interstices du sol. » (Habault, 1983)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien distinguer la '''lixiviation de substances solubles''', du '''lessivage des particules argileuses''' en évitant toute ambiguïté, le plus sûr est, pour désigner ce dernier, d’employer les néologismes « &amp;lt;u&amp;gt;illuviation d’argile&amp;lt;/u&amp;gt; » ou « &amp;lt;u&amp;gt;argilluviation&amp;lt;/u&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Alletz P.A., 1760. ''L’agronome, ou dictionnaire portatif du cultivateur contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les Biens de la Campagne, &amp;amp; les faire valoir utilement ; pour soutenir ses droits, conserver sa santé, &amp;amp; rendre gracieuse la vie champêtre''. Paris, t. 2, 664 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64295697 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Angran de Rueneuve, 1712. ''Observations sur l'Agriculture et le Jardinage, pour servir d’Instruction à ceux qui désireront s’y rendre habiles''. Paris, t. 1, xiii + 384 + 22 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6556941p Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1896. ''Notions de sciences avec leurs applications. L'agriculture à l'usage des écoles primaires''. 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 252 pp.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1897. ''Cours élémentaire d’agriculture, à l’usage de l’enseignement primaire supérieur et de l’enseignement secondaire moderne.'' 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
*Barriuso E., Calvet R., Schiavon M., Soulas G., 1996. Les pesticides et les polluants organiques des sols. Transformations et dissipation. ''Étude et Gestion des Sols'', N° spécial « le sol un patrimoine menacé », Paris octobre 1996, pp. 279-295. [https://www.afes.fr/ressources/les-pesticides-et-les-polluants-organiques-des-sols-transformations-et-dissipation/ Texte intégral] sur le site de l’AFES.&lt;br /&gt;
*Boussingault, 1860. ''Agronomie, chimie agricole et physiologie''. 2&amp;lt;sup&amp;gt;de&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, t. 1, 396 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9675850d Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Chrétien J., Concaret J., Mère C. Évolution des teneurs en nitrates dans les eaux d'alimentation (département de l'Yonne). ''Ann. agron.'', 1974, 25 (2-3) : 499-513.&lt;br /&gt;
*C.I.L.F. (Conseil International de la langue française), 1999. ''Dictionnaire d’agriculture français – anglais – allemand''. CILF, Paris, 1012 p.&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1892. Traité de chimie agricole. 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, Masson, Paris, 916 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77255x Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Demolon A., 1932. La dynamique du sol. Dunod, Paris. 347 p.&lt;br /&gt;
*Dutilleul J., Ramé E., ''ca''. 1910. ''Les sciences physiques et naturelles, avec leurs applications à l’Agriculture, à l’Industrie, à l’Hygiène et à l’Économie domestique. Enseignement primaire, cours moyen et supérieur''. Larousse, Paris, 288 p.&lt;br /&gt;
*Fitzherbert J., [1525] 1767, ''The Booke of Husbandry''. London. [https://www.gutenberg.org/files/57457/57457-h/57457-h.htm Édition de 1534] sur le projet Gutenberg.&lt;br /&gt;
*Habault P., 1983. ''Lexique de termes agricoles et horticoles. Termes scientifiques, techniques et économiques''. J.B. Baillière, Paris, 1983, 152 p.&lt;br /&gt;
*Hénin S., 1980. ''Rapport du groupe de travail Activités agricoles et qualité des eaux''. Ministère de l’agriculture, ministère de l’Environnement, Paris, 58 p.&lt;br /&gt;
*Institut Agro Montpellier. [https://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/PertesNutriments_1.html Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Mackintosh W., 1729. ''An Essay on Ways ans Means for Inclosing, Fallowing, Planting, &amp;amp;c. Scotland...'' Edinburgh, 392 p. [https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_an-essay-on-ways-and-mea_mackintosh-william-br_1729 Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Mailloux A., Godbout G., 1954. ''Étude Pédologique des sols des comtés de Huntingdon et Beauharnois''. Province de Québec - Ministère de l’agriculture. Bulletin technique N° 4, 221 p.&lt;br /&gt;
*Morlon P. 1998. Vieilles lunes ? Les normes pour les bâtiments d’élevage ont 150 ans, le code de bonnes pratiques agricoles en a 100... ''Courrier de l’Environnement de l’INRA'', 33 : 45-60. [https://hal.science/hal-01204616 Texte intégral] sur hal.science.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Trouche G., Soulard C., Maigrot J.-L., Guyard P.-O., 1998. Diagnostic de la pollution azotée de l’eau par approche historique multi-échelles. Une étude de cas dans le département de l’Yonne (France). ''Cahiers Agricultures'', 7 (1) : 15-27. [https://hal.inrae.fr/hal-02687991v1 Texte intégral] (850 Ko) ; [https://revues.cirad.fr/index.php/cahiers-agricultures/article/view/30063/29823 Texte intégral] sur le site de la revue (27 Mo).&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. ''Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors...'' [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Pirlot C., Blondel A., Krings B., Pigeon O., Degré A., 2022. ''Prévention des contaminations des eaux souterraines : étude de la lixiviation des pesticides au sein d’un sol limoneux typique de Wallonie''. 50&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congrès du Groupe Français de recherches sur les Pesticides, Namur, Belgique.&lt;br /&gt;
*Plaisance G., Cailleux A., 1958. ''Dictionnaire des sols''. La maison rustique, Paris. vii + 604 p.&lt;br /&gt;
*Projet ArtWet. 2010. Programme LIFE 06 ENV. ''Réduction de la pollution diffuse due aux produits phytosanitaires et phytoremédiation dans les zones humides artificielles''. 111 p. [https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/pdf/Artwet Texte intégral] sur le site de l’OFB.&lt;br /&gt;
*Quemada B. (dir), 1983. ''Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (1789-1960)''. CNRS, Paris, [http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Texte intégral] sur le site de l’ATILF.&lt;br /&gt;
*Quesnay F., 1759. ''Essai sur l’Administration des terres''. Paris, viii + 203 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k618281 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Reau R., Parnaudeau V., Dubrulle P., Aubert C. et al., 2015. ''Diagnostic des pertes d’azote à l’échelle du système de culture avec SYST’N''. [https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/04/Reau_diagnostic_pertes_azote_ARTICLE_VF.pdf Texte intégral] sur le site du COMIFER.&lt;br /&gt;
*Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole Texte intégral] sur Wikisource ; [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Sebillotte M., 1992. Pratiques agricoles et fertilité du milieu. ''Économie rurale'', 208-209, L’agriculture et la gestion des ressources renouvelable : 117-124. [https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1992_num_208_1_4466 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Trésor de la langue française. Voir Quemada (dir.), 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:L]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation_-_Annexe_4&amp;diff=5219</id>
		<title>Lixiviation - Annexe 4</title>
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		<updated>2026-02-17T13:15:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : mise en ligne annexe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;17 février 2026&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Lixiviation&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= Lessivation/lessiviation =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;u&amp;gt;Lessivation&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lessiviation&amp;lt;/u&amp;gt; sont des variantes rares, anciennes ([[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|Rozier]], 1796) mais qui sont encore utilisées aujourd’hui, y compris en langue anglaise (Guhra ''et al.'', 2025). C’est cette forme qu’utilise constamment H. Erhart (1937, 1956). Comme pour le mot « lessivage », &amp;lt;u&amp;gt;lessivation&amp;lt;/u&amp;gt; désigne aussi bien des transferts de solutés que de particules solides (Guhra ''et al.'', 2025 ; Marker &amp;amp; de Oliveira, 1994).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On retire également le nitre par la '''lessivation''' des terres, &amp;amp; on fait ensuite évaporer les eaux ; on en rapproche ainsi les parties salines, qui se réunissent ensuite par la cristallisation » (Rozier, 1796 : 65 article SALPÊTRE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chaque fois qu’on peut observer une ancienne forêt sur un terrain plus ou moins plat, il y a '''lessivation''' des couches superficielles et formation d’Ortstein » (Erhart, 1937 : 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au fur et à mesure qu’on avance vers des régions plus chaudes et moins pluvieuses, la '''lessivation''' des bases diminue progressivement et les valeurs pH augmentent » (Erhart, 1956 : 20).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“''In the sandy clayey soils of Potiragua, smectite-rich illuvial bottom horizons are significantely less depleted than the eluvial top horizons, where REE are impoverished due to '''clay mineral lessiviation'''”''. « Dans les sols sablo-argileux de Potiragua, les horizons inférieurs illuviaux riches en smectite sont significativement moins appauvris que les horizons supérieurs éluviaux, où les REE [terres rares] sont appauvries en raison de la '''lessiviation des minéraux argileux''' » (Marker &amp;amp; de Oliveira, 1994 : 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“''Consequently, the availability, distribution and stability of these aggregation agents directly influences '''particle'' (im-)mobilisation and '''translocation (lessivation)''', a key process in the formation of diagnostic soil horizons, particularly in the context of pedogenesis on loess substrates”''. « Par conséquent, la disponibilité, la distribution et la stabilité de ces agents d’agrégation influencent directement la (im-)mobilisation et la '''translocation des particules (lessivation)''', un processus clé dans la formation des horizons pédologiques diagnostiques, en particulier dans le contexte de la pédogenèse sur les substrats de loess » (Guhra ''et al.'', 2025).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Résultat : les polluants se concentrent, la température des cours d’eau augmente et la quantité d’eau disponible diminue. Les pluies extrêmes entraînent une '''lessivation des sols''', qui emporte pesticides et fongicides jusque dans nos nappes et rivières » (France Bleu Poitou, 2025).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Afin d’assurer l’efficacité du dispositif, la conductivité doit être comprise en 10&amp;lt;sup&amp;gt;-5&amp;lt;/sup&amp;gt; et 10&amp;lt;sup&amp;gt;-2&amp;lt;/sup&amp;gt; m/s. Dans le cas d’une perméabilité &amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;-2&amp;lt;/sup&amp;gt;, des dispositifs devront être envisagés pour empêcher la '''lessiviation''' des sols » (Guide sur les modalités de gestion des eaux pluviales à La Réunion, 2012 : 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Erhart H., 1937. Sur la nature et la formation des sols dans les montagnes granitiques d’Auvergne. ''Revue des sciences naturelles d’Auvergne'', 3, (3-4) : 148-151.&lt;br /&gt;
*Erhart H., 1956. ''La genèse des sols en tant que phénomène géologique''. Masson, Paris, 90 p.&lt;br /&gt;
*France Bleu Poitou, 2025. ''Votre eau cache un secret dangereux''. Émission  du 24 septembre 2025. [https://www.francebleu.fr/emissions/a-votre-service-par-ici-poitou/votre-eau-cache-un-secret-dangereux-3940302 Écouter].&lt;br /&gt;
*Guhra T., Ritschel T., Van Overloop L.F., Totsche K.U., 2025. Resistance of loess-derived soils to environmental stress: lessivation revisited. ''European Geosciences Union General Assembly'', Vienna.[https://doi.org/10.5194/egusphere-egu25-16707 Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Rozier F., 1796. ''Cours complet d’agriculture''. T. 9, Paris, 674 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49197f Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*2012. ''Guide sur les modalités de gestion des eaux pluviales à La Réunion''. 91 p. [https://www.reunion.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/guide_eaux_pluviales_reunion_cle575121.pdf Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation_-_Annexe_3&amp;diff=5218</id>
		<title>Lixiviation - Annexe 3</title>
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		<updated>2026-02-17T13:15:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : mise en ligne annexe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;17 février 2026&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Lixiviation&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= La pollution des nappes phréatiques par les nitrates d’origine agricole =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Quantification des pertes d’azote par lixiviation===&lt;br /&gt;
« La lixiviation est un phénomène complexe et « site spécifique » car dépendant des bilans locaux d’eau, de carbone et d’azote. Les méthodes de quantification se distinguent suivant quatre critères :&lt;br /&gt;
*1. leur caractère direct (mesure) ou indirect (bilan statique, modèle dynamique, traçage isotopique) ;&lt;br /&gt;
*2. l’intensité du couplage entre la quantification du flux d’eau et du flux d’azote (intégral, journalier, saisonnier) ;&lt;br /&gt;
*3. leur opérationnalité en conditions agricoles standards, voire leur capacité à être généralisées dans le temps et l’espace ;&lt;br /&gt;
*4. les échelles spatiale et temporelle considérées.&lt;br /&gt;
Ces méthodes impliquent plusieurs types de mesure et de modèles, dont l’utilité dépend du contexte » (Beaudoin, 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Exemple de résultats expérimentaux===&lt;br /&gt;
« Les pertes de nitrate ont été mesurées dans deux parcelles expérimentales à l’échelle d’une rotation colza-blé pendant six années consécutives sur des petites terres à cailloux de 120 et 80 mm de réserve utile, respectivement au Magneraud (Charente-Maritime) et à Martincourt (Meurthe-et-Moselle). Les pertes moyennes de ces dispositifs varient fortement d’une année à l’autre suivant le drainage : entre 20 et 95 kg N/ha/an. Quand le sol reste nu après le colza, les pertes sous le blé qui suit le colza sont nettement plus élevées que sous le colza qui suit le blé : respectivement 54,1 kg N/ha/an et 14,8 kg N/ha/an pendant la première phase de trois ans au Magneraud » « Parmi les modalités de gestion de l’azote testées, les pertes de la rotation colza-blé les plus faibles sont observées avec la fertilisation raisonnée accompagnée d’une couverture du sol après le colza par des repousses, et les pertes les plus élevées avec la fertilisation renforcée sans repousses de colza en interculture : avec respectivement au Magneraud (deuxième phase de trois ans) 29,9 et 61,1 kg N/ha/an, et à Martincourt 43,0 et 61,4 kg N/ha/an de pertes moyennes » (Reau ''et al.'', 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Azote et potabilité===&lt;br /&gt;
« Les nitrates en eux-mêmes ne sont pas dangereux pour la santé humaine. Cependant, certaines circonstances (infection gastro-intestinale) peuvent créer des conditions favorables à la réduction des nitrates en nitrites avec possibilité de production de nitrosamines cancérigènes. On sait aussi que les nitrates peuvent être transformés naturellement en nitrites par les microorganismes de notre tube digestif. Pour ces raisons, l’OMS a défini une norme de concentration maximale acceptable de nitrates dans l’eau potable (50 mg/l). Le dépassement de ce seuil conduit à fermer les captages pour respecter les normes de potabilité » (Duru et Thérond, 2023).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===« Cultures intermédiaires pièges à nitrate » (CIPAN) et « cultures intermédiaires multi-services » CIMS)===&lt;br /&gt;
La Directive nitrates sert de cadre réglementaire européen pour limiter la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole. Entrée en vigueur en décembre 1991, elle impose une réglementation et des mesures d'actions dans les zones à risque. Elle s’applique dans les zones dites vulnérables où les eaux superficielles ou souterraines sont atteintes par une pollution par les nitrates ou sont susceptibles de l’être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une Culture Intermédiaire Piège à Nitrate (CIPAN) est semée entre deux cultures principales, généralement à la fin de l’été ou en automne. Implantées entre deux mises en cultures, les CIPAN fixent l’azote excédentaire du sol, évitant sa lixiviation vers les nappes phréatiques. Elles constituent donc un outil agronomique très intéressant dans une démarche d’agriculture durable (économie d’intrants, protection et structuration du sol, amélioration de sa fertilité, de l’activité biologique…). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Crucifères, graminées, légumineuses ou mélanges d’espèces, les plantes utilisées sont choisies selon les besoins agronomiques et les conditions du sol. Les CIPAN doivent être semées et maintenues pendant une durée minimale, avec des restrictions sur la fertilisation et des exigences spécifiques en matière de destruction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les cultures intermédiaires multi-services (CIMS), semées en été-début d’automne, piègent l’azote minéral du sol avant la période de drainage. Elles sont d’ailleurs une des mesures du programme d’action de la Directive Nitrate pour lutter contre la pollution des aquifères par le nitrate d’origine agricole. Pour limiter ces pertes, les cultures intermédiaires s’avèrent très efficaces avec des réductions jusqu’à 90% par rapport à un sol nu en interculture. Cette efficacité est accrue si la CIMS est une non-légumineuse (bien que les légumineuses demeurent efficaces) et la durée de développement est longue » (Constantin ''et al.'', 2017)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Références citées===&lt;br /&gt;
*Beaudoin N., 2022. Vers l’utilisation de l’APL pour quantifier les pertes d’azote au champ. Séminaire « ''Retours d’expérience autour du REH/RDD/APL ''». e-publish, Université de Liège. [https://e-publish.uliege.be/APL_REH_RDD/chapter/apl-pour-quantifier-pertes/ Texte intégral] sur le site de l’Université de Liège.&lt;br /&gt;
*Constantin J., Beaudoin N., Meyer N., Crignon R., Tribouillois H., Mary B., Justes E., 2017. Concilier la réduction de la lixiviation nitrique, la restitution d’azote à la culture suivante et la gestion de l’eau avec les cultures intermédiaires. ''Innovations Agronomiques'', 62 : 59-70. [https://hal.inrae.fr/ARINRAE-INNOVAGRO/hal-01770351 Texte intégral] sur hal.inrae.&lt;br /&gt;
*Duru M., Thérond O., 2023. Réduire drastiquement les pertes d’azote du champ à l’assiette pour notre santé et la planète. ''Agriculture, Environnement &amp;amp; Sociétés'', 13-1, Eau, sol et changement climatique : quelles implications pour les agronomes et les pédologues ? 12 p. [https://agronomie.asso.fr/aes-13-1-115 Texte intégral] sur le site de la revue.&lt;br /&gt;
*Reau R., Bouthier A., Champolivier L., 2007. Les pertes d’azote par lixiviation dans les rotations céréalières avec colza. 8&amp;lt;sup&amp;gt;emes&amp;lt;/sup&amp;gt; Journées de la fertilisation raisonnée et de l’analyse de terre GEMAS-COMIFER « ''Quoi de neuf en 2007'' ». [https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/04/13-expos-les-pertes-d-azote-par-lixiviation.pdf Texte intégral] sur le site du COMIFER.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation_-_Annexe_2&amp;diff=5217</id>
		<title>Lixiviation - Annexe 2</title>
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		<updated>2026-02-17T13:13:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : mise en ligne annexe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
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}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Lixiviation&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=''Leçons élémentaires de chimie agricole'' (Sabatier, 1890, extraits)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Comme on le verra plus loin, la matière organique de l’humus se transforme incessamment dans le sol avec production de nitrates qui servent à la nutrition des plantes. (...) Il faut que les racines utilisent aussitôt en les absorbant, les nitrates ainsi formés, sinon les pluies les emporteront dans les régions souterraines. Ce départ est d’autant plus facile que le sol est plus sablonneux et plus perméable ; il est moins à craindre pour les cultures à racines profondes qui peuvent fixer plus complètement sur leur trajet les nitrates ainsi emportés. S’il en est ainsi, ces nitrates doivent se retrouver dans les eaux de drainage avec toutes les matières solubles que la terre est incapable de retenir. (...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Composition des eaux de drainage==&lt;br /&gt;
(...) M. Berthelot a publié récemment quelques déterminations précises sur l’enlèvement des nitrates par la pluie dans un sol maintenu sans végétation pendant quatre mois d’été. Une surface déterminée de cette terre a reçu 232 litres d’eau de pluie qui lui ont apporté 14 cg d’azote ammoniacal et 6 cg d’azote nitrique, soit en tout 20 cg d’azote. Le drainage a donné 83 litres d’eau contenant 524 cg d’azote nitrique, c’est-à-dire beaucoup plus que la pluie n’en avait fourni ; les nitrates correspondants provenaient de la transformation de la matière humique du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
M. Warington, à Rothamsted, a poursuivi pendant neuf années consécutives des recherches sur ce sujet. Un hectare de terre maintenu '''sans culture''' a reçu annuellement une moyenne de 8 500 mètres cubes d’eau de pluie ; la quantité d’eau de drainage recueillie à la profondeur de 1,5 m a été en moyenne de 4 300 mètres cubes, soit seulement la moitié, le reste ayant été restitué à l’atmosphère par l’évaporation de la surface. L’eau drainée contenait en moyenne par litre (...) '''41,2 mg''' d’acide nitrique. La dose totale d’acide nitrique emportée par le drainage se trouvait donc égale à 177 kg [46 kg d’azote, Sabatier applique un coefficient de passage de l’azote au nitrate de 3,85], quantité bien supérieure aux apports azotés de la pluie. C’est d’octobre en février, saison où les pluies sont fréquentes, que la perte de nitrates est la plus importante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des observations semblables ont été faites simultanément sur des '''sols cultivés''' ayant porté annuellement pendant plus de quarante ans des récoltes de blé. L’un de ces champs n’a jamais reçu d’engrais pendant cette longue période ; l’autre a reçu chaque année par hectare 14 tonnes de fumier. La quantité d’eau drainée a été toujours plus faible que dans les champs laissés sans culture : cela tient surtout à la transpiration considérable des récoltes pendant l’été. Un litre d’eau de drainage renfermait par litre les poids suivants d’azote nitrique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:40%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Terre sans engrais, mg&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Terre fumée, mg&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Mars à mai&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;1,6&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;2,9&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Juin à août&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;0,1&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;1,2&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Septembre à novembre&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;4,0&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;8,2&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Décembre à février&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;4,3&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;5,8&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| '''Moyenne générale'''&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;'''3,4'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;'''5,8'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces doses sont beaucoup moindres que dans les champs laissés en jachère, ce qui montre l’importance de l’assimilation par les plantes. Au printemps, cette absorption a lieu avec beaucoup d’énergie, et dans un sol sans engrais, tous les nitrates disponibles sont alors utilisés pour la végétation : les eaux de drainage n’en emportent que des traces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de septembre, quand les récoltes ont été enlevées du sol, la proportion de nitrates emportés croît beaucoup, atteint son maximum vers le mois d’octobre, puis diminue régulièrement jusqu’au mois de mars où elle redevient assez petite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les sols fumés chaque année, les pertes de nitrates sont plus fortes, mais ont lieu de la même manière. C’est toujours pendant la jachère que ces pertes sont les plus importantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On n’a guère de renseignements sur la composition des eaux de drainage d’un sol qui porte des récoltes fourragères, ou d’une terre maintenue en prairie naturelle ou couverte de bois. Il est probable toutefois que la perte des nitrates doit être beaucoup moindre, parce que les racines occupent plus profondément le sol et que la végétation n’y est pas interrompue pendant les mois d’automne. Dans les forêts, cette perte doit être tout à fait nulle. » (p. 74-78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Référence :===&lt;br /&gt;
Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole Texte intégral] sur Wikisource ; [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation_-_Annexe_1&amp;diff=5216</id>
		<title>Lixiviation - Annexe 1</title>
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		<updated>2026-02-17T13:11:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : mise en ligne annexe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;17 février 2026&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Lixiviation&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= Éléments d’histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La notion de lixiviation sans le mot==&lt;br /&gt;
« D’un autre côté, les eaux des pluies qui '''lavent''' la surface de ces terres, et qui les pénètrent dans toute leur épaisseur, doivent aussi entraîner, soit dans les rivières, soit dans le sein même de la terre, les sels, qui sont les seuls résidus fixes qui puissent servir à la décomposition des végétaux » (Horace-Bénédict de Saussure, 1796 : 206, cité par Boussingault, 1860 : 380-381).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ainsi, il est reconnu qu’une terre très ''délavée par les eaux''' de source ou de pluie, perd de sa fertilité ; cependant ce sol conserve la même apparence, la même couleur, la même pesanteur, la même consistance. Lorsque j’ai dépouillé, Chap. V, § II, du terreau presque pur de la plus grande partie de ses principes extractifs, il a conservé ses caractères extérieurs ». (Théodore de Saussure, 1804 : 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« ENGRAIS ANIMAUX. Les matières animales comme nous venons de le voir, se décomposent avec une grande facilité; abandonnées à elles-mêmes et par la seule action des influences atmosphériques, elles se putréfient, absorbent de l’oxygène, dégagent des substances gazeuses, parmi lesquelles l’acide carbonique, l’ammoniaque, l’azote, etc., se trouvent en quantité notable ; et fournissent des composés liquides de différente nature, en même temps que des dépôts solides mélangés de terre, de sels et de carbone. Cette décomposition spontanée dispense en général les agriculteurs d’employer des agents chimiques ; mais la facilité même de cette décomposition des matières animales n’est pas sans inconvénients, car il en résulte presque toujours une grande perte par l’évaporation des parties gazeuses qui s’échappent dans l’atmosphère, et par l’infiltration des parties liquides qui s’écoulent dans les couches inférieures du sol » ([[A pour personne citée:: Nicolas François de Neufchâteau|François de Neufchâteau]], dir., 1827 :361&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« … dans les conditions les plus ordinaires de la culture, une terre très fortement amendée cède à l’eau pluviale qui la traverse, plus de principes fertilisants qu’elle n’en reçoit d’elle » ([[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1860 : 387).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1890, Sabatier traite en détail de la composition des eaux de drainage, des pertes de nitrates qu’elles révèlent, et des pratiques à adopter pour éviter ces pertes, sans employer le mot &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; (voir [[Lixiviation - Annexe 2|annexe 2]]). Il en est de même de [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] en 1892.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le mot lixiviation désignant une opération faite par l’homme==&lt;br /&gt;
'''Jusqu’à la toute fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, le mot n’est employé que pour des opérations techniques faites par l’homme.''' Quelques exemples :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La masse noire calcinée au feu de réverbère pendant six heures, a donné des cendres noires qui ont laissé par la lixiviation un sel fixe purement alkali » (''Encyclopédie'', 1751, t. 1 : 477 – article ANIS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La masse noire calcinée pendant dix heures, a laissé des cendres, dont on a tiré par lixiviation un sel fixe purement alkali. Cette substance charnue a une saveur douceâtre, austère, &amp;amp; noircit la dissolution du vitriol : elle contient donc un sel essentiel tartareux, uni avec beaucoup de terre astringente &amp;amp; d’huile douceâtre » (''Encyclopédie'', 1751, t. 1 : 721 – article ARTICHAUT).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa critique des soi-disant « liqueurs prolifiques » en vogue à son époque, [[A pour personne citée::Henri-Louis Duhamel du Monceau|Duhamel du Monceau]] décrit ainsi une expérience qu’il a faite : « Alors j’ai eu recours à de nouvelles expériences, qui m’ont confirmé dans cette idée. J’ai donc fait infuser de bon froment dans du jus de fumier auquel j’avais joint des sels lixiviels, du nitre &amp;amp; du sel ammoniac ; j’ai semé avec ce grain deux planches d’un potager, labourées à la bêche ; mais dans une de ces planches, le froment était semé fort dru, &amp;amp; dans l’autre, il était fort clair. Dans le même temps j’ai semé deux autres planches toutes pareilles, avec le même grain qui n’avait eu aucune préparation de même que pour le froment préparé ; une de ces planches était semée fort dru, &amp;amp; l’autre fort clair. Dans le temps de la moisson, les planches où l’on avait semé le froment préparé, ressemblaient si parfaitement aux autres, qu’il n’était pas possible de les distinguer sans avoir le secours du registre d’expérience. » (1762 : 257-258) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’''Encyclopédie'' (1765, tome 9 : 622) consacre un article à la '''lixiviation'''. En voici les premières lignes : « On appelle ainsi en Chimie l’espèce de séparation qu’on opère, en appliquant de l’eau à un corps pulvérulent, composé d’un mélange de terre &amp;amp; de sel, &amp;amp; retirant ensuite cette eau chargée de ce dernier principe ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La partie saline que l’on tire de la terre végétale par la '''lixiviation''', est, suivant les expériences de M. Kulbel &amp;amp; d’autres, tantôt alkaline, tantôt de la nature du sel de Glauber, tantôt de la nature du nitre, tantôt d’une autre nature ; cependant on y trouve toujours une portion de sel marin. Néanmoins tous ces sels paraissent accidentels &amp;amp; étrangers à la terre végétale » (Wallerius, 1774 : 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En Normandie, du côté d’Évreux, près du château de M. le duc de Bouillon, il y a une fabrique de salpêtre entretenue par la '''lixiviation''' des raclures de la craie des rochers, que l’on ratisse sept à huit fois par an » ([[A pour personne citée::Georges-Louis Leclerc de Buffon|Buffon]], 1783 : 303).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ''Cours d’agriculture'' de [[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|l’abbé Rozier]] emploie plusieurs fois le mot, par ex. : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
« Quant aux cendres lessivées, elles contiennent trop peu de principes alcalis après la lixiviation ; il faut donc les laisser pendant longtemps, ainsi qu’il a été dit, exposées à l’action de l’air, &amp;amp;c. Somme totale, l’engrais par les cendres devient fort dispendieux.  » (Article CENDRE, t. 2, 1782). « EFFRITER une terre. C’est l’épuiser, la rendre stérile ; ces mots sont synonymes. Lorsque les salpêtriers, par les lixiviations répétées, ont tiré de la terre tous les sels qu’elle contient, &amp;amp; que l’eau mère est chargée de toutes les parties graisseuses, huileuses &amp;amp; animales, alors la terre est parfaitement effritée, &amp;amp; le lien d’adhésion qui réunissait les molécules les unes aux autres, est rompu ; enfin, cette terre n’a plus de consistance : on sèmerait en vain par-dessus des graines quelconques » (t. 4, 1783)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Parmi les matières dissoutes dans les eaux de source et de fontaine, on remarque presque toujours des ''sulfates'' ; le liquide qu’on obtient par la lixiviation du terreau fertile des champs ou des jardins renferme toujours des quantités très appréciables de ces sels. (…) Lorsque les terres, chargées de nitre, ont été privées par lixiviation de tous les sels solubles et qu’on les abandonne ensuite pendant quelques années à l’air, elles fournissent de nouveau du nitre, et cette reproduction se renouvelle, en proportion décroissante il est vrai, une troisième et une quatrième fois. » ([[A pour personne citée::Justus von Liebig|Liebig]], 1844 : 87 et  ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On ne peut donc compter sur une analyse où l’on pulvérise la terre dans un mortier et où on la soumet à de violentes réactions, pour juger de la quantité d’alcalis actuellement disponibles pour une récolte : ce n’est que par la lixiviation de la terre que l’on parvient à la connaître. ([[A pour personne citée::Adrien de Gasparin|Gasparin]], 1860 : 105)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ajouterai qu’une nitrière artificielle dans laquelle il entre 12000 pieds cubes de matériaux, soit 456000 kg, donne, au bout de deux ans, par la lixiviation, 4500 kg de salpêtre brut, ou 5 g par kg de terre salpêtrée » ([[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1861 : 43 – seule occurrence).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le mot désignant un phénomène naturel intervenant dans un sol==&lt;br /&gt;
C’est dans l’ouvrage Les céréales de [[A pour personne citée::Charles Victor Garola|Garola]] (1894) que nous l’avons trouvé pour la première fois à propos du phénomène naturel dans le sol en place. Garola traduit par lixiviation l’anglais washing employé par l’agronome américain Milton Whitney (1892) : « Il y a dans le Maryland deux classes de terres à blé. Sur les sommets et les hauts plateaux où la lixiviation ne s’est pas produite sur une large échelle, les sols sont plutôt légers et limoneux, le limon présentant ordinairement de 2 à 4 pieds d’épaisseur, et reposant sur de l’argile plus lourde. (…) « Ces trois échantillons ont été pris dans des terrains en pente, où le limon, s’il s’est jamais accumulé, a été entraîné par la lixiviation, laissant à nu l’argile jaune sur laquelle semblent reposer tous les sols à blé ». (Garola, 1894 : 255 et 257).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le mot était-il déjà employé dans ce sens à l’époque ? Dans le contexte de la citation, on ne sait pas bien s’il s’agit de lixiviation (au sens moderne), de lessivage ou même d’érosion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On conçoit que si les pluies sont supérieures à l’évaporation, il en résulte une lixiviation, c’est-à-dire un entraînement de haut en bas. Au contraire, sous un climat sec où l’ascension de l’eau est prédominante, on assistera au phénomène inverse, c’est-à-dire à l’accumulation des matières solubles dans les couches supérieures » ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1932 : 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Bien que peu de sols calcaires aient été observés, nous avons tous remarqué : - Sous les climats humides et subhumides, en milieu aéré une profonde lixiviation ; - en milieu confiné hydraté une accumulation de carbonates allant de formes faibles et diffuses à l’encroûtement ; - en milieu confiné hydromorphe des accumulations variables, mais importantes » (Lamouroux, 1968 : 16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On peut supposer que sous forêt dense humide sempervirente et peut-être sous savane en saison des pluies, la lixiviation des bases est favorisée par l’abondance des composés organiques acides et peu polymérisés ». (De Boissezon, 1973).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lixiviation est désormais devenu un terme scientifique précis utilisé très couramment aussi bien en agronomie qu’en pédologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Boussingault, 1860. ''Agronomie, chimie agricole et physiologie''. 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, t. 1, 396 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9675850d Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Boussingault, 1861. ''Agronomie, Chimie agricole et physiologie'', 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, t. 2, 396 p., fig. HT. [https://archive.org/details/8TSUP364_2 Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Buffon G-L.L., de, 1783.'' Histoire naturelle des minéraux''. t. II, Paris, 628 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k975226 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Boissezon P. de, 1973. Les matières organiques des sols ferrallitiques. In : Boissezon P. de, Moureaux C., Boquel G., Bachelier G., ''Les sols ferrallitiques : 4. La matière organique et la vie dans les sols ferrallitiques''. Orstom : 9-66. [https://horizon.documentation.ird.fr/exl-php/util/documents/accede_document.php?1764428501853 Texte intégral] sur le site de l’IRD.&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1892. ''Traité de chimie agricole''. 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, Masson, Paris, 916 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77255x Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Demolon A., 1932. ''La dynamique du sol''. Dunod, Paris. 347 p.&lt;br /&gt;
*Duhamel du Monceau H.L., 1762. ''Éléments d’agriculture'', t. 1. Paris, 499 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9612756z Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*''Encyclopédie'', 1751, t. 1  articles  ANIS, p. 476-77 [https://fr.wikisource.org/wiki/L’Encyclopédie/1re_édition/ANIS texte intégral], ARTICHAUT,  p. 721-22 [https://fr.wikisource.org/wiki/L’Encyclopédie/1re_édition/ARTICHAUT texte intégral] sur Wikisource. &lt;br /&gt;
*''Encyclopédie'', 1765, t. 9 article LIXIVIATION , p. 622 [https://fr.wikisource.org/wiki/L’Encyclopédie/1re_édition/LIXIVIATION texte intégral] sur Wikisource.&lt;br /&gt;
*François de Neufchâteau N., dir., 1827. ''Dictionnaire d’agriculture pratique, contenant la grande et la petite culture, l’économie rurale et domestique, la médecine vétérinaire, etc.'' Paris, t. 1, CXI + 594 p., fig. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k98070124 Texte intégral] sur Gallica. &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Gasparin A. de, 1860. ''Cours d’agriculture'', t. 6. La Maison rustique, Paris, 614 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4116039 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Lamouroux M., 1968. Compte rendu des journées pédologiques libanaises (1967). ''Bull. bibliogr. Pédol. Orstom'', XVII, fasc.3/4, pp.7-17.&lt;br /&gt;
*Liebig J., [1843] 1844. ''Chimie appliquée à la Physiologie végétale et à l’Agriculture'', 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; éd., trad. Gerhardt. Paris, viii + 544 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k283871 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Rozier F. (Abbé), 1781-1789. ''Cours complet d’agriculture théorique, pratique, économique, et de médecine rurale et vétérinaire, suivi d’une Méthode pour étudier l’Agriculture par Principes, ou Dictionnaire universel d’agriculture''. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Auteur:François_Rozier texte intégral] sur Wikisource.]. t. 2, 1782 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1042721g Texte intégral] ; t. 4, 1783, 693 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10427254 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole texte intégral] sur Wikisource.], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Saussure H.-B. de, 1796. ''Voyages dans les Alpes'', t. V, Neuchâtel, xvi-496 p.&lt;br /&gt;
*Saussure (de) N.T., 1804. ''Recherches Chimiques sur la Végétation''. Paris, viii + 336 + 16 p. [https://cdm21057.contentdm.oclc.org/digital/collection/coll13/id/58712] sur le site de l’Université de Strasbourg. (Fac similé, Gauthiers-Villars, Paris, 1957)&lt;br /&gt;
*Wallerius J.G., 1774. ''L’agriculture réduite à ses vrais principes''. Traduit en français sur la version latine, auquel on a ajouté un grand nombre de notes tirées de la version allemande. Lacombe, Paris. h, 359 p. [https://archive.org/details/b30535864 Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Whitney M., 1892. Some physical properties of soils in their relation to moisture and crop distribution. ''USDA Weather Bureau, Bull. n°4'', Washington D. C. 90 p. [https://openlibrary.org/books/OL26599400M/Some_physical_properties_of_soils_in_their_relation_to_moisture_and_crop_distribution], [https://archive.org/details/CAT31393215 Texte intégral] sur archive.org.],&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5215</id>
		<title>Lixiviation</title>
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		<updated>2026-02-17T13:06:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=&lt;br /&gt;
|note 1=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Auteur : '''[[A pour auteur::Denis Baize]]''' et '''[[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= lixiviation&lt;br /&gt;
|Allemand= Auswaschung&lt;br /&gt;
|Espagnol= lixiviación&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Éléments d’histoire.&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Leçons élémentaires de chimie agricole (Sabatier, 1890).&lt;br /&gt;
|Annexe 3= La pollution des nappes phréatiques par les nitrates d’origine agricole.&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Lessivation/lessiviation&lt;br /&gt;
|Article 1= bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2= drainage&lt;br /&gt;
|Article 3= irrigation&lt;br /&gt;
|Article 4= lessivage&lt;br /&gt;
|Article 5= pollution&lt;br /&gt;
|Article 6= salinité des sols&lt;br /&gt;
|Article 7= Lessivation/Lessiviation.&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=17 février 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=17 février 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Au '''sens général''', &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; est un terme technique employé en chimie et dans diverses industries :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Opération technique qui consiste à faire passer lentement un solvant à travers un matériau pour en extraire un ou plusieurs constituants solubles.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce solvant peut être l’eau (chaude), par exemple pour extraire le jus sucré des cossettes de [[betterave]]s… ou pour faire un [[café]] « expresso » (''Trésor de la langue française''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Agronome, agronomie : étymologie|'''agronomie''']] et '''[[pédologie]]''', le mot désigne un '''phénomène naturel''' qui se produit ''in situ'' dans le [[sol]]&amp;lt;ref&amp;gt; Il ne sera pas question ici de la lixiviation des ordures et déchets stockés en décharges.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En voici la définition très complète, sous deux formulations :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« Dans un sol, entraînement en profondeur des ions les plus mobiles, dissous ou adsorbés, présents dans la solution du sol. Ce processus qui intéresse essentiellement les cations alcalins et alcalinoterreux est responsable, par exemple, de l’acidification naturelle des sols non calcaires ou de la pollution des nappes phréatiques par les nitrates. »''' (CILF, 1999 : 394) &amp;lt;/center&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« La lixiviation correspond à l’entraînement sous forme dissoute des nutriments, par l’eau qui draine à travers le profil. L’eau se charge d’ions lors de son passage à travers le sol, et emmène ces ions jusqu’aux nappes phréatiques et eaux de surface. »''' (Institut Agro Montpellier, sur Internet, qui ajoute : &amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lorsqu’un nutriment est présent sous forme dissoute dans la solution du sol, non retenu par le complexe d’échange ou par des liaisons plus fortes avec les minéraux, et que la pluviométrie excède les prélèvements d’eau par les plantes et les pertes d’eau par évaporation, il a de fortes chances d’être lixivié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''lixiviation''' est donc particulièrement importante dans les zones à climat pluvieux, et surtout dans les cas où le sol est à nu pendant des périodes pluvieuses et où il n’y a pas de racines pour prélever les nutriments et les maintenir ainsi dans l’écosystème. Elle affecte particulièrement des ions comme le nitrate, les formes organiques solubles d’azote ou dans une moindre mesure le potassium, qui ne se fixent que peu aux minéraux du sol et au complexe d’échange et sont donc mobiles, faciles à entraîner. Elle n’affecte par contre que peu les phosphates qui sont trop peu mobiles. Mais les flux les plus importants de nutriments lixiviés concernent généralement les cations comme le calcium et le magnésium : c’est alors un symptôme de l’acidification des sols ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Connaissances scientifiques et enjeux dans les sociétés, au cours du temps (voir [[Lixiviation - Annexe 1|annexe 1]])==&lt;br /&gt;
Cela fait très longtemps que les écrivains en agriculture mentionnent l’existence de ce que nous appelons lixiviation, en indiquant les circonstances dans lesquelles elle se produit. Mais les enjeux auxquels elle est associée ont récemment radicalement changé : pendant des siècles, il s’agissait de ne pas laisser perdre une précieuse ressource ; de nos jours il s’agit surtout de ne pas polluer les eaux souterraines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[fumier]] et les « sels »===&lt;br /&gt;
Le plus ancien texte que nous ayons trouvé sur le sujet est tiré du premier traité de [[pratique]] agricole publié en langue anglaise, ''Husbandry'' de Fitzherbert, seigneur d’un domaine dans le Derbyshire.&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:100%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;''To Falowe''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
''And yf the lande be falowed in wynter tyme, it is farrre the worse, for the principal causes, one is, all the rayne that commeth shal washe the lande, and dryue awaye the donge, and the good moulde, that the lande shall be moche the worse.'' (Fitzherbert, [1525] 1767 : 17-18).&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Jachérer&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et si la terre est jachérée [labourée] en hiver, c’est de loin le pire ; des principales raisons, l’une est que toute la pluie qui vient va laver la terre, et enlever le fumier et la bonne terre, et ainsi la terre sera de beaucoup pire.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
L’essentiel y est déjà : la pluie qui tombe sur le sol nu en hiver le lave et lui enlève le fumier et ce qu’elle a de bon. En Écosse deux siècles plus tard, Mackintosh écrit : « Nous, comme nous étudions les moyens efficaces d’appauvrir notre terre, en retournons et exposons la face charnue toute crue aux pluies et inondations de l’hiver, pour faire partir au lavage le peu de sels et d’esprits que nos récoltes ininterrompues y ont laissés » (''We, as we study the effectual Means of impoverishing our Land, turn up the raw fleshy Side to the Winter Rains and Floods, to have the few Salts and Spirits, our many successive unintermitting Crops have left in it, wash’d away.'') (1729 : 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, [[A pour personne citée:: Bernard Palissy| Bernard Palissy]] écrit en 1563 « Tout ainsi que tu vois que les eaux qui passent à travers des terres salpestreuses, emportent avec elles le salpestre, et apres que les eaux ont passé par lesdites terres, lesdites terres ne peuvent plus servir à faire salpestre, car les eaux qui ont passé, ont emporté tout le sel », décrivant ainsi l’entraînement par l’eau d’une substance soluble, alors exploitée comme explosif plutôt que comme engrais (en l’occurrence, mais il ne le savait pas, du nitrate de potassium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, on parle du '''lavage''' ou de la descente en profondeur des « sels » nutritifs, un mot au sens alors très vague :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a des personnes qui prétendent que pour aider aux racines à faire pousser au tronc des arbres de beaux jets, il suffisait de mettre au fond du trou quelque amendement, dont les sels fussent capables de les faire pousser avec vigueur, &amp;amp; qu’il n’était pas besoin d’en mettre au-dessus des racines. Pour moi, j’estime qu’elles se trompent, (…) car les sels qu’il [cet amendement] contient, descendent toujours &amp;amp; tendent à leur centre à cause de leur pesanteur. » (Angran de Rueneuve, 1712 : 214-215). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« … on peut espérer une bonne Récolte en tout genre, parce que la terre s’est reposée, &amp;amp; qu’elle ne s’est point fatiguée à pousser inutilement de trop bonne heure : tous les sels y sont ; ils n’ont point été lessivés par des pluies trop abondantes, &amp;amp; prématurées. » (Quesnay, 1759 : 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote rare ; ses pertes connues par l’analyse des eaux de drainage===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= il reste établi que tout élément immédiatement actif d’un engrais est soluble, et que, par conséquent, un sol fumé, quand il est exposé à des pluies continuelles, perd une portion plus ou moins forte des agents fertilisants qu’on lui a donnés ; aussi trouve-t-on constamment dans l’eau de drainage, véritable lessive du terrain, des sels ammoniacaux  et surtout des nitrates|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1860 : 387.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières analyses faites à Rothamsted en Angleterre révèlent l’ampleur des pertes en composés azotés (principalement [[nitrate]]s), alors rares et chers, et qu’on ne savait pas encore synthétiser. Sabatier en 1890 (voir [[Lixiviation - Annexe 2|annexe 2]]) et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] en 1892 exposent les connaissances de l’époque sur le sujet, que nous avons résumées ainsi (Morlon, 1998) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''« Le lessivage des nitrates vers 1900.''' &lt;br /&gt;
Les nitrates perdus par lessivage sont produits par la [[minéralisation]] de l’[[humus]] du sol après la récolte. Ils sont entraînés par les eaux excédentaires drainant en période hivernale, à une époque où les prélèvements par la végétation sont faibles. Les pertes sont plus abondantes dans les sols peu épais et perméables, en l’absence de végétation (sol nu, [[jachère]]) et après [[Des labours|labour]] ou épandage de fumier. Elles sont réduites ou nulles sous une végétation permanente ([[prairies]], forêts) et/ou profondément enracinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le code de bonnes pratiques agricoles, vers 1905.'''&lt;br /&gt;
*1. Pas de sols nus en hiver : [[Culture intermédiaire|cultures intermédiaires]].&lt;br /&gt;
*2. Pas d’[[engrais minéraux]] à l’automne.&lt;br /&gt;
*3. Apports minéraux au printemps, fractionnés suivant les besoins de la végétation.&lt;br /&gt;
*4. [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|Raisonner]] la [[fumure organique]] sur « une série d’un certain nombre d’années ».&lt;br /&gt;
*5. sur sols filtrants et peu profonds, apports de fumier à doses faibles mais fréquentes.&lt;br /&gt;
*6. Récupérer les eaux de [[drainage]] chargées en nitrates pour arroser les prairies. ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_1.jpg |350px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Ces connaissances sont alors enseignées à l’école primaire à tous les enfants de France, et ce qu’en disaient les manuels scolaires de l’époque mérite d’être cité :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les engrais solubles que les terres sableuses renferment sont, à la moindre pluie, entraînés dans le sous-sol. Il ne faut jamais y mettre qu’une petite quantité d’engrais à la fois, et répéter souvent cette opération » « Tous les nitrates sont solubles dans l’eau (...) les eaux de pluie peuvent les entraîner dans les profondeurs du sol où ils sont perdus ». « Si l’azote nitrique n’est pas absorbé par les racines des plantes, il est entraîné dans les sources par les eaux pluviales (...) La Seine (...) entraîne chaque année dans la mer une quantité d’acide nitrique qui peut être évaluée à 19 000 t, ce qui correspond à plus du tiers de la quantité d’azote nitrique que la France importe chaque année sous forme de nitrate de soude ». « LECTURE À EXPLIQUER. Les nitrates sont le produit de la nitrification de la matière organique et de l’ammoniaque. Ils échappent complètement à la terre, qui n’exerce pas sa faculté absorbante à leur égard. Aussi convient-il, quand on emploie les nitrates comme engrais, de les donner à l’époque où la végétation est en activité et peut les assimiler à bref délai ; autrement ils risquent d’être perdus pour les plantes » (Th. Schlœsing, Membre de l’Institut) » (Barillot, 1896 et 1897).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Nitrate de soude'''''. (...) On l’emploie au ''printemps'', sur les céréales qui ont souffert des froids de l’hiver, le plus souvent en couverture, c’est-à-dire sans le mêler au sol par un labour. - Si on l’employait à l’automne, il serait rapidement entraîné dans le sous-sol par les pluies, car il est très soluble et le pouvoir absorbant&amp;lt;ref&amp;gt; '''Pouvoir absorbant''' : « propriété qu’a la terre arable d’absorber et de retenir les éléments fertilisants, dissous dans l’eau, comme la potasse, l’ammoniaque, etc. ». Aujourd’hui on parle d’un « pouvoir adsorbant » car il s’agit bien d’une adsorption.&amp;lt;/ref&amp;gt; de la terre est sans action sur lui. » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ca. 1910 : 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’azote en excès : la pollution des nappes phréatiques==&lt;br /&gt;
Ces connaissances et ces recommandations ont été « oubliées » après la 1&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, quand la France fut en mesure de faire industriellement la synthèse chimique de l’ammoniac par les procédés Haber-Bosch (récupéré sur l’Allemagne) et Claude. Désireuses d’accroître les volumes transportés (engrais dans un sens, produits récoltés dans l’autre), les compagnies de chemin de fer créèrent des stations agronomiques qui se gardèrent de les diffuser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_2.jpg|550px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2. Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon ''et al.'', 1998)''' &amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus tard, deux phénomènes conduisirent à la présence dans le sol de quantités d’azote non captées par les plantes et donc lixiviées vers les eaux souterraines. D’une part, le rapport entre les prix des engrais azotés et ceux des produits récoltés favorisa la pratique d’une [[fertilisation]] dite « d’assurance » : mettre une dose d’azote telle que la [[culture]] n’en manque jamais, quitte à ce qu’il y en ait trop quand (ou là où) le [[signification des rendements|rendement]] est plus faible que prévu (voir l’[[https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Raison,_rationnel_%26_Cie_:_mots_piégés_!_-_Annexe_4|annexe 4 de l’article Raison, rationnel et Cie : mots piégés]]). D’autre part, pour alimenter le bétail, des [[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société|prairies permanentes]] furent remplacées par du [[maïs]] : la minéralisation de la matière organique de la prairie après retournement faisant brutalement déstocker l’azote, et la récolte tardive du maïs rendant difficile un semis d’automne ensuite, laissant le sol nu en hiver. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où ces deux phénomènes ont coïncidé dans le temps, ils ont provoqué une brusque augmentation des taux de nitrates dans les eaux souterraines, comme dans le département de l’Yonne à la fin des années 1960&amp;lt;ref&amp;gt; Coïncidant avec un renouvellement de génération des agriculteurs, accéléré par les Indemnités viagères de Départ, l’augmentation de la surface moyenne des exploitations ainsi que de la puissance de traction mécanique  par 100 ha de Surface Agricole Utile.&amp;lt;/ref&amp;gt; (Chrétien ''et al.'', 1974 ; Morlon ''et al.'', 1998) (fig. 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela conduisit à la réapparition de ces connaissances et recommandations au troisième quart du XXe siècle ([[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]], 1980 ; [[A pour personne citée::Michel Sebillotte|Sebillotte]], 1992), quand la lixiviation des excès d’azote, polluant les nappes souterraines, devint une préoccupation majeure (voir [[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’agriculteur réalise des apports réguliers d’azote, dans le but d’atteindre ses objectifs de production. La totalité de l’azote apporté n’est cependant pas valorisée par les plantes, notamment en raison de transferts à l’extérieur du système cultivé. Ces pertes représentent un impact économique. Elles ont également des conséquences négatives pour l’environnement ou pour l’usage de l’eau. Les impacts négatifs sont en particulier causés par le nitrate (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;-&amp;lt;/sup&amp;gt;), l’ammoniac (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) et le protoxyde d’azote (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O). Ces formes d’azote ont pour conséquence une dégradation de la qualité des eaux de boisson (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;), une augmentation de l’eutrophisation (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), une réduction de la biodiversité en favorisant les espèces nitrophiles (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), ainsi qu’une contribution à l’effet de serre (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O) et à l’acidification des sols (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) » (Reau ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===2.4. Autres substances en solution susceptibles de polluer eaux de surface et eaux souterraines===&lt;br /&gt;
La lixiviation peut également entraîner des '''[[produits phytosanitaires]]''' et leurs '''métabolites''' (Barriuso ''et al.'', 1996 ; Pirlot ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les '''produits phytosanitaires''' ou pesticides agricoles sont très efficaces pour préserver la productivité des cultures, mais leurs effets sont plus qu’indésirables lorsqu’on les retrouve en dehors de l’écosystème agricole dans lequel ils ont été mis en œuvre. La déperdition de pesticides représente un gâchis à plus d’un titre : elle entraîne une perte de rendement, un surcoût pour l’utilisateur et cause des dommages à l’environnement auquel ces pesticides n’étaient pas destinés. La pollution diffuse due aux pesticides agricoles est communément considérée comme l’une des causes majeures de pollution des eaux superficielles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il existe essentiellement deux moyens pour des pesticides épandus dans les règles de l’art d’atteindre les eaux superficielles et souterraines : le ruissellement et la lixiviation. Le ruissellement se définit comme le transport physique de polluants sur la surface du sol par l’eau de pluie qui s’y écoule. La lixiviation est le processus par lequel la pluie ou l’eau d’irrigation qui s’infiltre lentement dans le sol entraîne avec elle des polluants » (Projet ArtWet, programme LIFE 06 ENV, 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pollution diffuse pouvant également affecter les nappes phréatiques est donc susceptible d’avoir un impact négatif sur la qualité des eaux destinées à l’alimentation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, '''l’épandage de boues d’épuration''' sur des terrains agricoles est susceptible de libérer des substances indésirables telles qu’antibiotiques ou perturbateurs endocriniens. Cependant la réglementation française en cours (arrêté du 8 janvier 1998&amp;lt;ref&amp;gt; Complété par les circulaires d’application des 16 mars 1999 et 18 avril 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;) impose un certain nombre de précautions (zones d’épandage interdites, sols inaptes à l’épandage, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Dans le contexte du dérèglement climatique, avec notamment des précipitations plus intenses, la lixiviation de substances indésirables vers les eaux profondes risque de s’aggraver. Toutes les mesures de précaution évoquées ci-dessus et dans l’[[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]] seront d’autant plus nécessaires.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Aspects positifs de la lixiviation dans les sols : la désalinisation===&lt;br /&gt;
Les eaux avec lesquelles on [[irigation|irrigue]] les cultures contiennent toujours des sels dissous – avec des concentrations extrêmement diverses d’une région à l’autre. En climat humide, elles sont « douces » = très faiblement chargées. Dans les régions sèches, elles sont souvent puisées dans des nappes phréatiques salées ou proviennent de rivières alimentées par du ruissellement sur des terrains plus ou moins salés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En s’évaporant ou étant transpirées par les plantes ([[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration]]), elles laissent ces sels dans le sol, tendant à en augmenter la [[salinisation|salinité]] à chaque irrigation. Cette tendance, très défavorable à long terme, peut être contrecarrée par '''le lavage du sol par de l’eau douce (une lixiviation) qui désalinise le sol''', de façon différente selon le climat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où les pluies sont suffisamment abondantes (à au moins un moment dans l’année) pour que leur eau descende en-dessous de la zone racinaire, cette lixiviation se fait naturellement, sans intervention humaine et sans poser de problème car les concentrations sont faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les '''zones [[aridité, aride|arides]] à semi-arides''' où les précipitations sont insuffisantes, il est nécessaire d’inonder artificiellement avec de l’eau douce… à condition d’en disposer à un moment dans l’année ! Là où ce n’est pas possible, les sols se salinisent irrémédiablement au cours du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l’eau qui a lavé le sol est chargée en sels, il faut qu’elle soit évacuée par un '''drainage efficace''' pour éviter qu’elle alimente la nappe phréatique (et/ou remonte éventuellement ensuite à la surface sous l’effet de l’évaporation). Ce drainage n’est possible que là où la topographie le permet : en climat sec, les dépressions fermées sont condamnées à la salinisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lixiviation ''versus'' lessivage==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= En agriculture, '''on emploie souvent à tort les termes de lixiviation et lessivage dans le même sens'''. La '''lixiviation''' concerne uniquement les éléments solubles puisqu’ils sont entraînés verticalement par infiltration après avoir été dissous. Le '''lessivage''' concerne uniquement les particules solides non solubles. Ainsi, il y a '''lixiviation des nitrates''' et '''lessivage des argiles'''.|référence citation=([https://fr.wikipedia.org/wiki/Lixiviation Lixiviation] sur Wikipedia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;u&amp;gt;Lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; dérivent tous deux du latin ''lix'' (eau mêlée de cendre, servant à la lessive), le premier sur la longue durée par l’évolution spontanée de la langue, le second est un mot savant apparu peu avant 1700.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux termes ont longtemps été confondus, et ils le sont encore souvent. Voici quelques exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans les sols un rôle fondamental appartient à l’humus. Ce dernier est par excellence un agent fixant énergiquement comme la végétation elle-même, les cations qui entrent dans la constitution des éléments basiques du sol. Il protège donc ce dernier de l’entraînement de bases&amp;lt;ref&amp;gt; En réalité, les cations Ca&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, Mg&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, K&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; et Na&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; ne sont pas des bases mais plutôt des acides. (Voir l’article [[Cations échangeables du sol]])&amp;lt;/ref&amp;gt; par &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt;. (…) Nous avons indiqué le rôle de l’eau dans la décomposition des silicates ; elle est aussi l’agent de la migration des produits d’altération. On conçoit que si les pluies sont supérieures à l’évaporation, il en résulte une &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;, c’est-à-dire un entraînement de haut en bas » ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1932 : 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cet entraînement de haut en bas des éléments constitutifs du sol se nomme &amp;lt;u&amp;gt;lessivage ou lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;. Ce lessivage vertical provoque la décalcification, la destruction des colloïdes et l’acidification du sol. » (Mailloux &amp;amp; Godbout, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« &amp;lt;u&amp;gt;Lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; : À peu près synonyme de &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; mais impliquant l’idée d’épuisement » (Plaisance &amp;amp; Cailleux, 1958).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« LESSIVAGE (…). Pédol. Migration des substances solubles (carbonates, cations, sels métalliques) dans les interstices du sol. » (Habault, 1983)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien distinguer la '''lixiviation de substances solubles''', du '''lessivage des particules argileuses''' en évitant toute ambiguïté, le plus sûr est, pour désigner ce dernier, d’employer les néologismes « &amp;lt;u&amp;gt;illuviation d’argile&amp;lt;/u&amp;gt; » ou « &amp;lt;u&amp;gt;argilluviation&amp;lt;/u&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Alletz P.A., 1760. ''L’agronome, ou dictionnaire portatif du cultivateur contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les Biens de la Campagne, &amp;amp; les faire valoir utilement ; pour soutenir ses droits, conserver sa santé, &amp;amp; rendre gracieuse la vie champêtre''. Paris, t. 2, 664 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64295697 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Angran de Rueneuve, 1712. ''Observations sur l'Agriculture et le Jardinage, pour servir d’Instruction à ceux qui désireront s’y rendre habiles''. Paris, t. 1, xiii + 384 + 22 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6556941p Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1896. ''Notions de sciences avec leurs applications. L'agriculture à l'usage des écoles primaires''. 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 252 pp.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1897. ''Cours élémentaire d’agriculture, à l’usage de l’enseignement primaire supérieur et de l’enseignement secondaire moderne.'' 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
*Barriuso E., Calvet R., Schiavon M., Soulas G., 1996. Les pesticides et les polluants organiques des sols. Transformations et dissipation. ''Étude et Gestion des Sols'', N° spécial « le sol un patrimoine menacé », Paris octobre 1996, pp. 279-295. [https://www.afes.fr/ressources/les-pesticides-et-les-polluants-organiques-des-sols-transformations-et-dissipation/ Texte intégral] sur le site de l’AFES.&lt;br /&gt;
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*Chrétien J., Concaret J., Mère C. Évolution des teneurs en nitrates dans les eaux d'alimentation (département de l'Yonne). ''Ann. agron.'', 1974, 25 (2-3) : 499-513.&lt;br /&gt;
*C.I.L.F. (Conseil International de la langue française), 1999. ''Dictionnaire d’agriculture français – anglais – allemand''. CILF, Paris, 1012 p.&lt;br /&gt;
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*Habault P., 1983. ''Lexique de termes agricoles et horticoles. Termes scientifiques, techniques et économiques''. J.B. Baillière, Paris, 1983, 152 p.&lt;br /&gt;
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*Morlon P. 1998. Vieilles lunes ? Les normes pour les bâtiments d’élevage ont 150 ans, le code de bonnes pratiques agricoles en a 100... ''Courrier de l’Environnement de l’INRA'', 33 : 45-60. [https://hal.science/hal-01204616 Texte intégral] sur hal.science.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Trouche G., Soulard C., Maigrot J.-L., Guyard P.-O., 1998. Diagnostic de la pollution azotée de l’eau par approche historique multi-échelles. Une étude de cas dans le département de l’Yonne (France). ''Cahiers Agricultures'', 7 (1) : 15-27. [https://hal.inrae.fr/hal-02687991v1 Texte intégral] (850 Ko) ; [https://revues.cirad.fr/index.php/cahiers-agricultures/article/view/30063/29823 Texte intégral] sur le site de la revue (27 Mo).&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. ''Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors...'' [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Pirlot C., Blondel A., Krings B., Pigeon O., Degré A., 2022. ''Prévention des contaminations des eaux souterraines : étude de la lixiviation des pesticides au sein d’un sol limoneux typique de Wallonie''. 50&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congrès du Groupe Français de recherches sur les Pesticides, Namur, Belgique.&lt;br /&gt;
*Plaisance G., Cailleux A., 1958. ''Dictionnaire des sols''. La maison rustique, Paris. vii + 604 p.&lt;br /&gt;
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*Quemada B. (dir), 1983. ''Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (1789-1960)''. CNRS, Paris, [http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Texte intégral] sur le site de l’ATILF.&lt;br /&gt;
*Quesnay F., 1759. ''Essai sur l’Administration des terres''. Paris, viii + 203 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k618281 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Reau R., Parnaudeau V., Dubrulle P., Aubert C. et al., 2015. ''Diagnostic des pertes d’azote à l’échelle du système de culture avec SYST’N''. [https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/04/Reau_diagnostic_pertes_azote_ARTICLE_VF.pdf Texte intégral] sur le site du COMIFER.&lt;br /&gt;
*Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole Texte intégral] sur Wikisource ; [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Sebillotte M., 1992. Pratiques agricoles et fertilité du milieu. ''Économie rurale'', 208-209, L’agriculture et la gestion des ressources renouvelable : 117-124. [https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1992_num_208_1_4466 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Trésor de la langue française. Voir Quemada (dir.), 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:L]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5214</id>
		<title>Lixiviation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Lixiviation&amp;diff=5214"/>
		<updated>2026-02-17T13:06:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en ligne article&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=&lt;br /&gt;
|note 1=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Auteur : [['''A pour auteur::Denis Baize''']] et [['''A pour auteur::Pierre Morlon''']]&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= lixiviation&lt;br /&gt;
|Allemand= Auswaschung&lt;br /&gt;
|Espagnol= lixiviación&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= Éléments d’histoire.&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Leçons élémentaires de chimie agricole (Sabatier, 1890).&lt;br /&gt;
|Annexe 3= La pollution des nappes phréatiques par les nitrates d’origine agricole.&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Lessivation/lessiviation&lt;br /&gt;
|Article 1= bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2= drainage&lt;br /&gt;
|Article 3= irrigation&lt;br /&gt;
|Article 4= lessivage&lt;br /&gt;
|Article 5= pollution&lt;br /&gt;
|Article 6= salinité des sols&lt;br /&gt;
|Article 7= Lessivation/Lessiviation.&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=17 février 2026&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=17 février 2026&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Au '''sens général''', &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; est un terme technique employé en chimie et dans diverses industries :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Opération technique qui consiste à faire passer lentement un solvant à travers un matériau pour en extraire un ou plusieurs constituants solubles.'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce solvant peut être l’eau (chaude), par exemple pour extraire le jus sucré des cossettes de [[betterave]]s… ou pour faire un [[café]] « expresso » (''Trésor de la langue française''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Agronome, agronomie : étymologie|'''agronomie''']] et '''[[pédologie]]''', le mot désigne un '''phénomène naturel''' qui se produit ''in situ'' dans le [[sol]]&amp;lt;ref&amp;gt; Il ne sera pas question ici de la lixiviation des ordures et déchets stockés en décharges.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En voici la définition très complète, sous deux formulations :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« Dans un sol, entraînement en profondeur des ions les plus mobiles, dissous ou adsorbés, présents dans la solution du sol. Ce processus qui intéresse essentiellement les cations alcalins et alcalinoterreux est responsable, par exemple, de l’acidification naturelle des sols non calcaires ou de la pollution des nappes phréatiques par les nitrates. »''' (CILF, 1999 : 394) &amp;lt;/center&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''« La lixiviation correspond à l’entraînement sous forme dissoute des nutriments, par l’eau qui draine à travers le profil. L’eau se charge d’ions lors de son passage à travers le sol, et emmène ces ions jusqu’aux nappes phréatiques et eaux de surface. »''' (Institut Agro Montpellier, sur Internet, qui ajoute : &amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lorsqu’un nutriment est présent sous forme dissoute dans la solution du sol, non retenu par le complexe d’échange ou par des liaisons plus fortes avec les minéraux, et que la pluviométrie excède les prélèvements d’eau par les plantes et les pertes d’eau par évaporation, il a de fortes chances d’être lixivié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''lixiviation''' est donc particulièrement importante dans les zones à climat pluvieux, et surtout dans les cas où le sol est à nu pendant des périodes pluvieuses et où il n’y a pas de racines pour prélever les nutriments et les maintenir ainsi dans l’écosystème. Elle affecte particulièrement des ions comme le nitrate, les formes organiques solubles d’azote ou dans une moindre mesure le potassium, qui ne se fixent que peu aux minéraux du sol et au complexe d’échange et sont donc mobiles, faciles à entraîner. Elle n’affecte par contre que peu les phosphates qui sont trop peu mobiles. Mais les flux les plus importants de nutriments lixiviés concernent généralement les cations comme le calcium et le magnésium : c’est alors un symptôme de l’acidification des sols ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Connaissances scientifiques et enjeux dans les sociétés, au cours du temps (voir [[Lixiviation - Annexe 1|annexe 1]])==&lt;br /&gt;
Cela fait très longtemps que les écrivains en agriculture mentionnent l’existence de ce que nous appelons lixiviation, en indiquant les circonstances dans lesquelles elle se produit. Mais les enjeux auxquels elle est associée ont récemment radicalement changé : pendant des siècles, il s’agissait de ne pas laisser perdre une précieuse ressource ; de nos jours il s’agit surtout de ne pas polluer les eaux souterraines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[fumier]] et les « sels »===&lt;br /&gt;
Le plus ancien texte que nous ayons trouvé sur le sujet est tiré du premier traité de [[pratique]] agricole publié en langue anglaise, ''Husbandry'' de Fitzherbert, seigneur d’un domaine dans le Derbyshire.&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:100%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;''To Falowe''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
''And yf the lande be falowed in wynter tyme, it is farrre the worse, for the principal causes, one is, all the rayne that commeth shal washe the lande, and dryue awaye the donge, and the good moulde, that the lande shall be moche the worse.'' (Fitzherbert, [1525] 1767 : 17-18).&lt;br /&gt;
|&amp;lt;center&amp;gt;Jachérer&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et si la terre est jachérée [labourée] en hiver, c’est de loin le pire ; des principales raisons, l’une est que toute la pluie qui vient va laver la terre, et enlever le fumier et la bonne terre, et ainsi la terre sera de beaucoup pire.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
L’essentiel y est déjà : la pluie qui tombe sur le sol nu en hiver le lave et lui enlève le fumier et ce qu’elle a de bon. En Écosse deux siècles plus tard, Mackintosh écrit : « Nous, comme nous étudions les moyens efficaces d’appauvrir notre terre, en retournons et exposons la face charnue toute crue aux pluies et inondations de l’hiver, pour faire partir au lavage le peu de sels et d’esprits que nos récoltes ininterrompues y ont laissés » (''We, as we study the effectual Means of impoverishing our Land, turn up the raw fleshy Side to the Winter Rains and Floods, to have the few Salts and Spirits, our many successive unintermitting Crops have left in it, wash’d away.'') (1729 : 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, [[A pour personne citée:: Bernard Palissy| Bernard Palissy]] écrit en 1563 « Tout ainsi que tu vois que les eaux qui passent à travers des terres salpestreuses, emportent avec elles le salpestre, et apres que les eaux ont passé par lesdites terres, lesdites terres ne peuvent plus servir à faire salpestre, car les eaux qui ont passé, ont emporté tout le sel », décrivant ainsi l’entraînement par l’eau d’une substance soluble, alors exploitée comme explosif plutôt que comme engrais (en l’occurrence, mais il ne le savait pas, du nitrate de potassium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, on parle du '''lavage''' ou de la descente en profondeur des « sels » nutritifs, un mot au sens alors très vague :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a des personnes qui prétendent que pour aider aux racines à faire pousser au tronc des arbres de beaux jets, il suffisait de mettre au fond du trou quelque amendement, dont les sels fussent capables de les faire pousser avec vigueur, &amp;amp; qu’il n’était pas besoin d’en mettre au-dessus des racines. Pour moi, j’estime qu’elles se trompent, (…) car les sels qu’il [cet amendement] contient, descendent toujours &amp;amp; tendent à leur centre à cause de leur pesanteur. » (Angran de Rueneuve, 1712 : 214-215). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« … on peut espérer une bonne Récolte en tout genre, parce que la terre s’est reposée, &amp;amp; qu’elle ne s’est point fatiguée à pousser inutilement de trop bonne heure : tous les sels y sont ; ils n’ont point été lessivés par des pluies trop abondantes, &amp;amp; prématurées. » (Quesnay, 1759 : 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’azote rare ; ses pertes connues par l’analyse des eaux de drainage===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= il reste établi que tout élément immédiatement actif d’un engrais est soluble, et que, par conséquent, un sol fumé, quand il est exposé à des pluies continuelles, perd une portion plus ou moins forte des agents fertilisants qu’on lui a donnés ; aussi trouve-t-on constamment dans l’eau de drainage, véritable lessive du terrain, des sels ammoniacaux  et surtout des nitrates|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1860 : 387.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières analyses faites à Rothamsted en Angleterre révèlent l’ampleur des pertes en composés azotés (principalement [[nitrate]]s), alors rares et chers, et qu’on ne savait pas encore synthétiser. Sabatier en 1890 (voir [[Lixiviation - Annexe 2|annexe 2]]) et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] en 1892 exposent les connaissances de l’époque sur le sujet, que nous avons résumées ainsi (Morlon, 1998) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''« Le lessivage des nitrates vers 1900.''' &lt;br /&gt;
Les nitrates perdus par lessivage sont produits par la [[minéralisation]] de l’[[humus]] du sol après la récolte. Ils sont entraînés par les eaux excédentaires drainant en période hivernale, à une époque où les prélèvements par la végétation sont faibles. Les pertes sont plus abondantes dans les sols peu épais et perméables, en l’absence de végétation (sol nu, [[jachère]]) et après [[Des labours|labour]] ou épandage de fumier. Elles sont réduites ou nulles sous une végétation permanente ([[prairies]], forêts) et/ou profondément enracinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le code de bonnes pratiques agricoles, vers 1905.'''&lt;br /&gt;
*1. Pas de sols nus en hiver : [[Culture intermédiaire|cultures intermédiaires]].&lt;br /&gt;
*2. Pas d’[[engrais minéraux]] à l’automne.&lt;br /&gt;
*3. Apports minéraux au printemps, fractionnés suivant les besoins de la végétation.&lt;br /&gt;
*4. [[Raison, rationnel et Cie : mots piégés !|Raisonner]] la [[fumure organique]] sur « une série d’un certain nombre d’années ».&lt;br /&gt;
*5. sur sols filtrants et peu profonds, apports de fumier à doses faibles mais fréquentes.&lt;br /&gt;
*6. Récupérer les eaux de [[drainage]] chargées en nitrates pour arroser les prairies. ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_1.jpg |350px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Un livre scolaire parlant du « lessivage » des nitrates en 1896'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Ces connaissances sont alors enseignées à l’école primaire à tous les enfants de France, et ce qu’en disaient les manuels scolaires de l’époque mérite d’être cité :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les engrais solubles que les terres sableuses renferment sont, à la moindre pluie, entraînés dans le sous-sol. Il ne faut jamais y mettre qu’une petite quantité d’engrais à la fois, et répéter souvent cette opération » « Tous les nitrates sont solubles dans l’eau (...) les eaux de pluie peuvent les entraîner dans les profondeurs du sol où ils sont perdus ». « Si l’azote nitrique n’est pas absorbé par les racines des plantes, il est entraîné dans les sources par les eaux pluviales (...) La Seine (...) entraîne chaque année dans la mer une quantité d’acide nitrique qui peut être évaluée à 19 000 t, ce qui correspond à plus du tiers de la quantité d’azote nitrique que la France importe chaque année sous forme de nitrate de soude ». « LECTURE À EXPLIQUER. Les nitrates sont le produit de la nitrification de la matière organique et de l’ammoniaque. Ils échappent complètement à la terre, qui n’exerce pas sa faculté absorbante à leur égard. Aussi convient-il, quand on emploie les nitrates comme engrais, de les donner à l’époque où la végétation est en activité et peut les assimiler à bref délai ; autrement ils risquent d’être perdus pour les plantes » (Th. Schlœsing, Membre de l’Institut) » (Barillot, 1896 et 1897).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Nitrate de soude'''''. (...) On l’emploie au ''printemps'', sur les céréales qui ont souffert des froids de l’hiver, le plus souvent en couverture, c’est-à-dire sans le mêler au sol par un labour. - Si on l’employait à l’automne, il serait rapidement entraîné dans le sous-sol par les pluies, car il est très soluble et le pouvoir absorbant&amp;lt;ref&amp;gt; '''Pouvoir absorbant''' : « propriété qu’a la terre arable d’absorber et de retenir les éléments fertilisants, dissous dans l’eau, comme la potasse, l’ammoniaque, etc. ». Aujourd’hui on parle d’un « pouvoir adsorbant » car il s’agit bien d’une adsorption.&amp;lt;/ref&amp;gt; de la terre est sans action sur lui. » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ca. 1910 : 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’azote en excès : la pollution des nappes phréatiques==&lt;br /&gt;
Ces connaissances et ces recommandations ont été « oubliées » après la 1&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt; guerre mondiale, quand la France fut en mesure de faire industriellement la synthèse chimique de l’ammoniac par les procédés Haber-Bosch (récupéré sur l’Allemagne) et Claude. Désireuses d’accroître les volumes transportés (engrais dans un sens, produits récoltés dans l’autre), les compagnies de chemin de fer créèrent des stations agronomiques qui se gardèrent de les diffuser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File: MotsAgro_Lixiviation_2.jpg|550px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2. Évolution comparée des taux de nitrates dans des captages et d’indicateurs agricoles dans le département de l’Yonne (Morlon ''et al.'', 1998)''' &amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus tard, deux phénomènes conduisirent à la présence dans le sol de quantités d’azote non captées par les plantes et donc lixiviées vers les eaux souterraines. D’une part, le rapport entre les prix des engrais azotés et ceux des produits récoltés favorisa la pratique d’une [[fertilisation]] dite « d’assurance » : mettre une dose d’azote telle que la [[culture]] n’en manque jamais, quitte à ce qu’il y en ait trop quand (ou là où) le [[signification des rendements|rendement]] est plus faible que prévu (voir l’[[https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Raison,_rationnel_%26_Cie_:_mots_piégés_!_-_Annexe_4|annexe 4 de l’article Raison, rationnel et Cie : mots piégés]]). D’autre part, pour alimenter le bétail, des [[Les prairies de 1945 à aujourd’hui : de la production de fourrages à la fourniture de services à la société|prairies permanentes]] furent remplacées par du [[maïs]] : la minéralisation de la matière organique de la prairie après retournement faisant brutalement déstocker l’azote, et la récolte tardive du maïs rendant difficile un semis d’automne ensuite, laissant le sol nu en hiver. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où ces deux phénomènes ont coïncidé dans le temps, ils ont provoqué une brusque augmentation des taux de nitrates dans les eaux souterraines, comme dans le département de l’Yonne à la fin des années 1960&amp;lt;ref&amp;gt; Coïncidant avec un renouvellement de génération des agriculteurs, accéléré par les Indemnités viagères de Départ, l’augmentation de la surface moyenne des exploitations ainsi que de la puissance de traction mécanique  par 100 ha de Surface Agricole Utile.&amp;lt;/ref&amp;gt; (Chrétien ''et al.'', 1974 ; Morlon ''et al.'', 1998) (fig. 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela conduisit à la réapparition de ces connaissances et recommandations au troisième quart du XXe siècle ([[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]], 1980 ; [[A pour personne citée::Michel Sebillotte|Sebillotte]], 1992), quand la lixiviation des excès d’azote, polluant les nappes souterraines, devint une préoccupation majeure (voir [[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’agriculteur réalise des apports réguliers d’azote, dans le but d’atteindre ses objectifs de production. La totalité de l’azote apporté n’est cependant pas valorisée par les plantes, notamment en raison de transferts à l’extérieur du système cultivé. Ces pertes représentent un impact économique. Elles ont également des conséquences négatives pour l’environnement ou pour l’usage de l’eau. Les impacts négatifs sont en particulier causés par le nitrate (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;-&amp;lt;/sup&amp;gt;), l’ammoniac (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) et le protoxyde d’azote (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O). Ces formes d’azote ont pour conséquence une dégradation de la qualité des eaux de boisson (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;), une augmentation de l’eutrophisation (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), une réduction de la biodiversité en favorisant les espèces nitrophiles (NO&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;–&amp;lt;/sup&amp;gt;, NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;), ainsi qu’une contribution à l’effet de serre (N&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt;O) et à l’acidification des sols (NH&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;) » (Reau ''et al.'', 2015).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===2.4. Autres substances en solution susceptibles de polluer eaux de surface et eaux souterraines===&lt;br /&gt;
La lixiviation peut également entraîner des '''[[produits phytosanitaires]]''' et leurs '''métabolites''' (Barriuso ''et al.'', 1996 ; Pirlot ''et al.'', 2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les '''produits phytosanitaires''' ou pesticides agricoles sont très efficaces pour préserver la productivité des cultures, mais leurs effets sont plus qu’indésirables lorsqu’on les retrouve en dehors de l’écosystème agricole dans lequel ils ont été mis en œuvre. La déperdition de pesticides représente un gâchis à plus d’un titre : elle entraîne une perte de rendement, un surcoût pour l’utilisateur et cause des dommages à l’environnement auquel ces pesticides n’étaient pas destinés. La pollution diffuse due aux pesticides agricoles est communément considérée comme l’une des causes majeures de pollution des eaux superficielles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il existe essentiellement deux moyens pour des pesticides épandus dans les règles de l’art d’atteindre les eaux superficielles et souterraines : le ruissellement et la lixiviation. Le ruissellement se définit comme le transport physique de polluants sur la surface du sol par l’eau de pluie qui s’y écoule. La lixiviation est le processus par lequel la pluie ou l’eau d’irrigation qui s’infiltre lentement dans le sol entraîne avec elle des polluants » (Projet ArtWet, programme LIFE 06 ENV, 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pollution diffuse pouvant également affecter les nappes phréatiques est donc susceptible d’avoir un impact négatif sur la qualité des eaux destinées à l’alimentation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, '''l’épandage de boues d’épuration''' sur des terrains agricoles est susceptible de libérer des substances indésirables telles qu’antibiotiques ou perturbateurs endocriniens. Cependant la réglementation française en cours (arrêté du 8 janvier 1998&amp;lt;ref&amp;gt; Complété par les circulaires d’application des 16 mars 1999 et 18 avril 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;) impose un certain nombre de précautions (zones d’épandage interdites, sols inaptes à l’épandage, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Dans le contexte du dérèglement climatique, avec notamment des précipitations plus intenses, la lixiviation de substances indésirables vers les eaux profondes risque de s’aggraver. Toutes les mesures de précaution évoquées ci-dessus et dans l’[[Lixiviation - Annexe 3|annexe 3]] seront d’autant plus nécessaires.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Aspects positifs de la lixiviation dans les sols : la désalinisation===&lt;br /&gt;
Les eaux avec lesquelles on [[irigation|irrigue]] les cultures contiennent toujours des sels dissous – avec des concentrations extrêmement diverses d’une région à l’autre. En climat humide, elles sont « douces » = très faiblement chargées. Dans les régions sèches, elles sont souvent puisées dans des nappes phréatiques salées ou proviennent de rivières alimentées par du ruissellement sur des terrains plus ou moins salés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En s’évaporant ou étant transpirées par les plantes ([[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration]]), elles laissent ces sels dans le sol, tendant à en augmenter la [[salinisation|salinité]] à chaque irrigation. Cette tendance, très défavorable à long terme, peut être contrecarrée par '''le lavage du sol par de l’eau douce (une lixiviation) qui désalinise le sol''', de façon différente selon le climat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là où les pluies sont suffisamment abondantes (à au moins un moment dans l’année) pour que leur eau descende en-dessous de la zone racinaire, cette lixiviation se fait naturellement, sans intervention humaine et sans poser de problème car les concentrations sont faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les '''zones [[aridité, aride|arides]] à semi-arides''' où les précipitations sont insuffisantes, il est nécessaire d’inonder artificiellement avec de l’eau douce… à condition d’en disposer à un moment dans l’année ! Là où ce n’est pas possible, les sols se salinisent irrémédiablement au cours du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l’eau qui a lavé le sol est chargée en sels, il faut qu’elle soit évacuée par un '''drainage efficace''' pour éviter qu’elle alimente la nappe phréatique (et/ou remonte éventuellement ensuite à la surface sous l’effet de l’évaporation). Ce drainage n’est possible que là où la topographie le permet : en climat sec, les dépressions fermées sont condamnées à la salinisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lixiviation ''versus'' lessivage==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= En agriculture, '''on emploie souvent à tort les termes de lixiviation et lessivage dans le même sens'''. La '''lixiviation''' concerne uniquement les éléments solubles puisqu’ils sont entraînés verticalement par infiltration après avoir été dissous. Le '''lessivage''' concerne uniquement les particules solides non solubles. Ainsi, il y a '''lixiviation des nitrates''' et '''lessivage des argiles'''.|référence citation=([https://fr.wikipedia.org/wiki/Lixiviation Lixiviation] sur Wikipedia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;u&amp;gt;Lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; dérivent tous deux du latin ''lix'' (eau mêlée de cendre, servant à la lessive), le premier sur la longue durée par l’évolution spontanée de la langue, le second est un mot savant apparu peu avant 1700.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux termes ont longtemps été confondus, et ils le sont encore souvent. Voici quelques exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans les sols un rôle fondamental appartient à l’humus. Ce dernier est par excellence un agent fixant énergiquement comme la végétation elle-même, les cations qui entrent dans la constitution des éléments basiques du sol. Il protège donc ce dernier de l’entraînement de bases&amp;lt;ref&amp;gt; En réalité, les cations Ca&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, Mg&amp;lt;sup&amp;gt;++&amp;lt;/sup&amp;gt;, K&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; et Na&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt; ne sont pas des bases mais plutôt des acides. (Voir l’article [[Cations échangeables du sol]])&amp;lt;/ref&amp;gt; par &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt;. (…) Nous avons indiqué le rôle de l’eau dans la décomposition des silicates ; elle est aussi l’agent de la migration des produits d’altération. On conçoit que si les pluies sont supérieures à l’évaporation, il en résulte une &amp;lt;u&amp;gt;lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;, c’est-à-dire un entraînement de haut en bas » ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1932 : 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cet entraînement de haut en bas des éléments constitutifs du sol se nomme &amp;lt;u&amp;gt;lessivage ou lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt;. Ce lessivage vertical provoque la décalcification, la destruction des colloïdes et l’acidification du sol. » (Mailloux &amp;amp; Godbout, 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« &amp;lt;u&amp;gt;Lixiviation&amp;lt;/u&amp;gt; : À peu près synonyme de &amp;lt;u&amp;gt;lessivage&amp;lt;/u&amp;gt; mais impliquant l’idée d’épuisement » (Plaisance &amp;amp; Cailleux, 1958).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« LESSIVAGE (…). Pédol. Migration des substances solubles (carbonates, cations, sels métalliques) dans les interstices du sol. » (Habault, 1983)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien distinguer la '''lixiviation de substances solubles''', du '''lessivage des particules argileuses''' en évitant toute ambiguïté, le plus sûr est, pour désigner ce dernier, d’employer les néologismes « &amp;lt;u&amp;gt;illuviation d’argile&amp;lt;/u&amp;gt; » ou « &amp;lt;u&amp;gt;argilluviation&amp;lt;/u&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Alletz P.A., 1760. ''L’agronome, ou dictionnaire portatif du cultivateur contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les Biens de la Campagne, &amp;amp; les faire valoir utilement ; pour soutenir ses droits, conserver sa santé, &amp;amp; rendre gracieuse la vie champêtre''. Paris, t. 2, 664 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64295697 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Angran de Rueneuve, 1712. ''Observations sur l'Agriculture et le Jardinage, pour servir d’Instruction à ceux qui désireront s’y rendre habiles''. Paris, t. 1, xiii + 384 + 22 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6556941p Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1896. ''Notions de sciences avec leurs applications. L'agriculture à l'usage des écoles primaires''. 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 252 pp.&lt;br /&gt;
*Barillot V., 1897. ''Cours élémentaire d’agriculture, à l’usage de l’enseignement primaire supérieur et de l’enseignement secondaire moderne.'' 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition. Belin, Paris, 432 p.&lt;br /&gt;
*Barriuso E., Calvet R., Schiavon M., Soulas G., 1996. Les pesticides et les polluants organiques des sols. Transformations et dissipation. ''Étude et Gestion des Sols'', N° spécial « le sol un patrimoine menacé », Paris octobre 1996, pp. 279-295. [https://www.afes.fr/ressources/les-pesticides-et-les-polluants-organiques-des-sols-transformations-et-dissipation/ Texte intégral] sur le site de l’AFES.&lt;br /&gt;
*Boussingault, 1860. ''Agronomie, chimie agricole et physiologie''. 2&amp;lt;sup&amp;gt;de&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, t. 1, 396 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9675850d Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Chrétien J., Concaret J., Mère C. Évolution des teneurs en nitrates dans les eaux d'alimentation (département de l'Yonne). ''Ann. agron.'', 1974, 25 (2-3) : 499-513.&lt;br /&gt;
*C.I.L.F. (Conseil International de la langue française), 1999. ''Dictionnaire d’agriculture français – anglais – allemand''. CILF, Paris, 1012 p.&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1892. Traité de chimie agricole. 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, Masson, Paris, 916 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77255x Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Demolon A., 1932. La dynamique du sol. Dunod, Paris. 347 p.&lt;br /&gt;
*Dutilleul J., Ramé E., ''ca''. 1910. ''Les sciences physiques et naturelles, avec leurs applications à l’Agriculture, à l’Industrie, à l’Hygiène et à l’Économie domestique. Enseignement primaire, cours moyen et supérieur''. Larousse, Paris, 288 p.&lt;br /&gt;
*Fitzherbert J., [1525] 1767, ''The Booke of Husbandry''. London. [https://www.gutenberg.org/files/57457/57457-h/57457-h.htm Édition de 1534] sur le projet Gutenberg.&lt;br /&gt;
*Habault P., 1983. ''Lexique de termes agricoles et horticoles. Termes scientifiques, techniques et économiques''. J.B. Baillière, Paris, 1983, 152 p.&lt;br /&gt;
*Hénin S., 1980. ''Rapport du groupe de travail Activités agricoles et qualité des eaux''. Ministère de l’agriculture, ministère de l’Environnement, Paris, 58 p.&lt;br /&gt;
*Institut Agro Montpellier. [https://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/PertesNutriments_1.html Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Mackintosh W., 1729. ''An Essay on Ways ans Means for Inclosing, Fallowing, Planting, &amp;amp;c. Scotland...'' Edinburgh, 392 p. [https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_an-essay-on-ways-and-mea_mackintosh-william-br_1729 Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Mailloux A., Godbout G., 1954. ''Étude Pédologique des sols des comtés de Huntingdon et Beauharnois''. Province de Québec - Ministère de l’agriculture. Bulletin technique N° 4, 221 p.&lt;br /&gt;
*Morlon P. 1998. Vieilles lunes ? Les normes pour les bâtiments d’élevage ont 150 ans, le code de bonnes pratiques agricoles en a 100... ''Courrier de l’Environnement de l’INRA'', 33 : 45-60. [https://hal.science/hal-01204616 Texte intégral] sur hal.science.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Trouche G., Soulard C., Maigrot J.-L., Guyard P.-O., 1998. Diagnostic de la pollution azotée de l’eau par approche historique multi-échelles. Une étude de cas dans le département de l’Yonne (France). ''Cahiers Agricultures'', 7 (1) : 15-27. [https://hal.inrae.fr/hal-02687991v1 Texte intégral] (850 Ko) ; [https://revues.cirad.fr/index.php/cahiers-agricultures/article/view/30063/29823 Texte intégral] sur le site de la revue (27 Mo).&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. ''Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors...'' [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Pirlot C., Blondel A., Krings B., Pigeon O., Degré A., 2022. ''Prévention des contaminations des eaux souterraines : étude de la lixiviation des pesticides au sein d’un sol limoneux typique de Wallonie''. 50&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congrès du Groupe Français de recherches sur les Pesticides, Namur, Belgique.&lt;br /&gt;
*Plaisance G., Cailleux A., 1958. ''Dictionnaire des sols''. La maison rustique, Paris. vii + 604 p.&lt;br /&gt;
*Projet ArtWet. 2010. Programme LIFE 06 ENV. ''Réduction de la pollution diffuse due aux produits phytosanitaires et phytoremédiation dans les zones humides artificielles''. 111 p. [https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/pdf/Artwet Texte intégral] sur le site de l’OFB.&lt;br /&gt;
*Quemada B. (dir), 1983. ''Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (1789-1960)''. CNRS, Paris, [http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Texte intégral] sur le site de l’ATILF.&lt;br /&gt;
*Quesnay F., 1759. ''Essai sur l’Administration des terres''. Paris, viii + 203 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k618281 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Reau R., Parnaudeau V., Dubrulle P., Aubert C. et al., 2015. ''Diagnostic des pertes d’azote à l’échelle du système de culture avec SYST’N''. [https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/04/Reau_diagnostic_pertes_azote_ARTICLE_VF.pdf Texte intégral] sur le site du COMIFER.&lt;br /&gt;
*Sabatier P., 1890. ''Leçons élémentaires de chimie agricole''. Paris &amp;amp; Toulouse, 347 p. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Leçons_élémentaires_de_chimie_agricole Texte intégral] sur Wikisource ; [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147586n Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Sebillotte M., 1992. Pratiques agricoles et fertilité du milieu. ''Économie rurale'', 208-209, L’agriculture et la gestion des ressources renouvelable : 117-124. [https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1992_num_208_1_4466 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Trésor de la langue française. Voir Quemada (dir.), 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:L]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Christian_Feller&amp;diff=5213</id>
		<title>Christian Feller</title>
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		<updated>2026-02-16T10:47:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise à jour&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox sémantique personne&lt;br /&gt;
|Affiliation=IRD&lt;br /&gt;
|Affiliation 2=&lt;br /&gt;
|Ville=Montpellier&lt;br /&gt;
|Pays=France&lt;br /&gt;
|Spécialité 1=Pédologie&lt;br /&gt;
|Spécialité 2=&lt;br /&gt;
|Spécialité 3=&lt;br /&gt;
|Département = &lt;br /&gt;
|Unité = UMR Eco&amp;amp;Sols (Écologie Fonctionnelle &amp;amp; Biogéochimie des Sols &amp;amp; des Agroécosystèmes)&lt;br /&gt;
|Situation =&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Mots agronomie bibliographie}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Auteur]] &lt;br /&gt;
[[Catégorie:Ancien membre du comité éditorial]]&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Feller,Christian}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Parcours==&lt;br /&gt;
[[Pédologue]], Christian Feller est spécialiste du stockage et de la dynamique de la [[matière organique]] des [[sol]]s tropicaux (Afrique, Antilles, Brésil, Madagascar) prenant en compte les conséquences de divers modes de gestion des terres en termes [[agronome, agronomie : étymologie|agronomiques]] ([[fertilité]]) et environnementaux (lutte contre l’effet de serre). Aujourd’hui, directeur de recherche émérite de l’IRD, il s’intéresse aussi à la dimension historique de la science du sol ainsi qu’aux aspects culturels de la perception des sols par les sociétés humaines et le lien entre science du sol et société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sélection de publications==&lt;br /&gt;
===Livres et édition===&lt;br /&gt;
* Patzel N., Grunwald S., Brevik E., Feller C., eds., 2023. ''Cultural understanding of soils. Importance of the cultural diversity and the inner world''. Springer Nature Switzerland AG, xiv, 548 p.&lt;br /&gt;
* Feller C., de Marsily G., Mougin C., Pérès G., Poss R., Winiarski T., 2016. ''Le Sol, une merveille sous nos pieds''. Belin, Paris, 255 p.&lt;br /&gt;
* Feller C., de Marsily G., Mougin C., Pérès G., Poss R., Winiarski T., 2016. ''Le Sol, une merveille sous nos pieds''. Belin, Paris, 255 p.&lt;br /&gt;
* Landa Ed., Feller C., eds., 2010. ''Soil and Culture''. Springer, Dordrecht, Heidelberg, London, New York, 488p. + Color Plates.&lt;br /&gt;
*Feller C., ed., 1992. ''Matière organique et activités biologiques dans les sols tropicaux. Cah. ORSTOM, sér. Pédol.'', 27 (1), 133 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Articles===&lt;br /&gt;
* Feller C., Blanchart E., Yaalon D.H., 2006. Some major scientists (Palissy, Buffon, Thaer, Darwin and Müller) have described soil profiles and developped soil survey techniques before 1883. In : B.P. Warkentin, D.H. Yaalon, eds., Down to Earth: ''A Soil Science History'': 85-105. &lt;br /&gt;
* Feller C., Manlay R., Swift M. J., Bernoux M., 2006. Functions, services and value of soil organic matter for human societies and the environment: a historical perspective. In : Frossard E., Blum W.E.H., Warkentin B.P., eds., ''Function of Soils for Human Societies and the Environment''. Geological Society of London, Special Publications, 266: 9-22.  &lt;br /&gt;
* Bernoux M., Feller C., Cerri C.C., Eschenbrenner V., Cerri C.E.P., 2006. Soil carbon sequestration. In : Roose E., Lal R., Feller C., Barthes A.B. Stewart R., eds., ''Soil erosion and carbon dynamics. Advances in Soil Science'', vol.15 : 13-22. &lt;br /&gt;
* Feller C., Balesdent J., Nicolardot B., Cerri C., 2001. Approaching &amp;quot;functional&amp;quot; soil organic matter pools through pasticle-size fractionation:  examples for tropical soils. In : R. Lal, J.M. Kimble, B.A. Stewart, eds., ''Assessment Methods for Soil Carbon'', CRC Press, Boca Raton : 53-67.&lt;br /&gt;
* Feller C., Beare M.H., 1997. Physical control of soil organic matter dynamics in the tropics. ''Geoderma'', 79: 69-116. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Liens externes==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Mesures_de_surface_agraires&amp;diff=5201</id>
		<title>Mesures de surface agraires</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Mesures_de_surface_agraires&amp;diff=5201"/>
		<updated>2026-01-29T07:59:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* La surface cultivée dans l’année */ remplacement d'un mot&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Complément 1=Annie Antoine&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Dans les Andes, un long, très long rectangle…&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Extraits de quelques définitions dans ''Les mots de la géographie'' (Brunet ''et al''., 1993)&lt;br /&gt;
|Annexe 3=La charrue, unité de surface (La Salle de l’Étang, 1764)&lt;br /&gt;
|Annexe 4=Rendements ordinaires et techniques de semis des grains (Sigaut, 1992)&lt;br /&gt;
|Annexe 5=La manière de mesurer les terres, par Olivier de Serres (1600)&lt;br /&gt;
|Article 1=Densité de semis&lt;br /&gt;
|Article 2=Productivité &lt;br /&gt;
|Article 3=Sillon&lt;br /&gt;
|Article 4=Signification des rendements&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=28 mai 2013&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=28 mai 2013, complété le 22 février 2022 et le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 2023.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction==&lt;br /&gt;
En 1956, dans ses ''Voyages en France d’un Agronome'', [[A pour personne citée::René Dumont|René Dumont]] donne, ici ou là, les surfaces des terres agricoles dans d’autres unités que l’hectare : la &amp;lt;u&amp;gt;sétérée&amp;lt;/u&amp;gt; dans le Briançonnais, la &amp;lt;u&amp;gt;carte&amp;lt;/u&amp;gt; dans le Vivarais, l’&amp;lt;u&amp;gt;éminée&amp;lt;/u&amp;gt; (1/8 d’une &amp;lt;u&amp;gt;salmée&amp;lt;/u&amp;gt;) dans le bas-Rhône, le &amp;lt;u&amp;gt;boisseau&amp;lt;/u&amp;gt; et la &amp;lt;u&amp;gt;corde&amp;lt;/u&amp;gt; en Armor, l’&amp;lt;u&amp;gt;arpent&amp;lt;/u&amp;gt; de 100 &amp;lt;u&amp;gt;verges&amp;lt;/u&amp;gt; dans la Meuse (p. 29-31, 60, 96, 103, 134, 155, 200)… Ainsi, 150 ans après l’adoption officielle du système métrique, certains villages français résistaient encore à l'Hectare. Mais que sont ces unités, que signifient-elles ? Peut-on raisonnablement les traduire en hectares ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De façon générale, deux grands types d’unités sont employés pour mesurer les surfaces agricoles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des unités générales, abstraites, non spécifiquement agricoles, le plus souvent définies comme le carré d’une unité de longueur, par exemple l’hectare dérivé du mètre – ce dernier ayant été défini au départ comme le quart du dix-millionième du méridien terrestre, et maintenant comme longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et des unités spécifiquement agricoles, concrètes, liées le plus souvent à l’organisation [[pratique]] des [[chantier]]s, à un [[facteur limitant]] dans le système (le travail, la [[semence]]) - ou aux besoins vitaux d’une famille (la ''manse'' ou ''tenure'', voir aussi [[Mesures de surface agraires - Annexe 1|annexe 1]]). C’est de ces unités de la pratique agricole dont nous allons parler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les unités de la pratique agricole==&lt;br /&gt;
===La surface semée avec une unité de volume de semence ou fournissant une unité de volume de récolte===&lt;br /&gt;
Les premières, comme la &amp;lt;u&amp;gt;boisselée&amp;lt;/u&amp;gt;, la &amp;lt;u&amp;gt;mencaudée&amp;lt;/u&amp;gt; dans le nord de la France et le Hainaut, la &amp;lt;u&amp;gt;séterée&amp;lt;/u&amp;gt;,… relatives au boisseau, au ''mencaud'', au ''setier'', sont d’abord liées à l’organisation pratique des chantiers – ce qui est évident dans le cas de la &amp;lt;u&amp;gt;charge&amp;lt;/u&amp;gt; d'un âne ou mulet (&amp;lt;u&amp;gt;salmée&amp;lt;/u&amp;gt; ou &amp;lt;u&amp;gt;saumée&amp;lt;/u&amp;gt; en langue d’oc ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Étant l’inverse d’une [[densité de semis]], elles peuvent aussi être vues comme « une façon de compter des gens anxieux de connaître la part utilisable du fruit de leur travail » (Comet, 2003), révélatrices de situations où, après la récolte, le cultivateur était placé devant le dilemme : « si je mange maintenant le peu que je viens de récolter, je n’aurai rien à semer l’année prochaine ; et si je le garde pour semer l’année prochaine, je me serre la ceinture maintenant » (voir l’article [[Signification des rendements]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les secondes, on peut citer la &amp;lt;u&amp;gt;charrée&amp;lt;/u&amp;gt;, surface qui fournit la récolte d’un char de foin et la &amp;lt;u&amp;gt;fourée&amp;lt;/u&amp;gt;, surface qui permet de récolter un ''foural'' de grain. Leur signification peut relever de la même logique d’organisation du travail, ou en préfigurer une autre : la surface nécessaire à une famille pour vivre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La surface travaillée (labourée, le plus souvent) en un jour===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=Le mot ''arure'', ou ''arvure'', est encore reçu dans quelques-unes de nos provinces, pour désigner la mesure de terre qu’une charrue peut labourer en un jour.|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|Rozier]], [1784] 1793, t. 2 : 22}}. &lt;br /&gt;
Les unités correspondant à la surface travaillée en un jour sont étroitement liées à l’organisation du travail. Elles sont aussi révélatrices de situations où le (ce) travail est facteur limitant. Dans de nombreuses agricultures, le [[labour]] est en effet le travail le plus « lourd » et coûteux, celui qui demande le plus d’énergie. &lt;br /&gt;
On a ainsi :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*en travail humain (« manuel »), la surface travaillée par un homme : &amp;lt;u&amp;gt;hommée&amp;lt;/u&amp;gt; [http://www.cnrtl.fr/definition/hommée] ou &amp;lt;u&amp;gt;bêchée&amp;lt;/u&amp;gt; (dans l’ouest de la France, l’hommée de bêcheur mesure les jardins et closeaux ; on parle aussi d’hommée de faucheur pour les prairies) ; ou par une équipe (cas de la ''masa'' avec la [[La chaquitaclla du Pérou : pelle, bâton à fouir, charrue ou bêche ?|''chaquitaclla'']] au Pérou), etc.&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=HOMMÉE, terme d’Agriculture, c’est une portion de terre mesurée par le travail que peut faire en un jour un Vigneron en cultivant la Vigne : il est synonyme à journée. Ce mot est fort en usage en Provence &amp;amp; dans le Lyonnais. Il faut environ huit hommées pour faire un arpent de Paris ; on mesure aussi les Prés par le travail du faucheur.|référence citation=[[A pour personne citée::Louis Liger|Liger]], 1715, t.2, p. 10}}&lt;br /&gt;
*en traction animale, celle labourée par un [[araire]] ou une [[charrue, historique et fonction|charrue]] : &amp;lt;u&amp;gt;acre&amp;lt;/u&amp;gt; (de l’allemand ''Acker'', qui signifie aussi bien acre que [[Champ, pièce, parcelle|champ]], le verbe ''ackern'' voulant dire labourer), &amp;lt;u&amp;gt;arpent&amp;lt;/u&amp;gt; ([[Mesures de surface agraires - Annexe 2|annexe 2]]), ''ar(r)ure'', ''couture'' (forme du mot culture), &amp;lt;u&amp;gt;journal&amp;lt;/u&amp;gt; ou &amp;lt;u&amp;gt;jour de terre&amp;lt;/u&amp;gt;, , &amp;lt;u&amp;gt;bouvée&amp;lt;/u&amp;gt; ou &amp;lt;u&amp;gt;journee de buefs&amp;lt;/u&amp;gt; (Crescens [''ca.'' 1303] 1373],&amp;lt;u&amp;gt;joug&amp;lt;/u&amp;gt; (''jugerum'') des auteurs latins, et autres noms … toutes ces unités généralement comprises entre 0,25 et 0,5 ha.&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=JOURNAL, en Agriculture, est une mesure de terre qu’on peut labourer en un jour. En plusieurs endroits on donne les terres par journal au lieu d’arpent. » [JOURNAL, ''Jugerum''].|référence citation=Liger, 1715, t.2, p. 34}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|style=wikitable border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=200px align=&amp;quot;center&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&amp;lt;small&amp;gt;« Quantité de terres qu’un homme peut labourer en un jour, avec des chevaux ou avec des bœufs.&lt;br /&gt;
Journal&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
''Jugerum''&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Acre&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
|width=450px valign=&amp;quot;top&amp;quot;|L’arpent est la valeur de ce qu’un homme avec 2 ou 3 chevaux, selon la force des terres, peut labourer en un jour, ou en deux jours avec des bœufs. Ce rapport avec la journée d’un homme fait qu’en plusieurs pays, comme en Picardie, &amp;amp;c. on compte par journal, qui est à-peu-près l’arpent de Paris, &amp;amp; aussi à-peu-près la même chose que le jugerum d’Italie, ainsi nommé parce qu’il contient ce que deux bœufs peuvent labourer en un jour. En Bretagne on mesure aussi par journal. Les deux journaux reviennent à l'âcre de Normandie, peu plus, &amp;amp;c. » (La Bretonnerie, 1783 : 86).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
En prairie, la surface pouvait se mesurer en &amp;lt;u&amp;gt;fauchée de pré&amp;lt;/u&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[sillon]],unité de surface ayant une forme, et en particulier une largeur déterminée=== &lt;br /&gt;
Mention particulière doit être faite du &amp;lt;u&amp;gt;sillon&amp;lt;/u&amp;gt;, qui fut d’abord une unité de surface, jusque bien avancé le XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle en France où, en semis à la volée, c’était la bande de terre de quelques mètres de large recevant la semence lors d’un aller-et-retour du semeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Mesures de surface agraires_1.jpg|500px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1. L’acre, unité de surface liée au labour et ayant donc une longueur et une largeur définies (Seebohm, 1883).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au Moyen-âge en Grande-Bretagne, le ''selio'' (latin tardif) ou ''sillion'', ''seilion'', ''seillun'', ''soilom'' (dialecte anglo-normand) était le plus souvent la surface labourée en une journée de travail se terminant à midi (Seebohm, 1883 : 124)&amp;lt;ref&amp;gt;Il pouvait aussi être beaucoup plus grand, et relevant donc d’une autre définition : « ''c'est un sillion qe contint en sei vj acres solom les usages du pais'' » (C’est un sillon qui contient 6 acres selon les usages du pays - ''Year Books of Edward II'', début XIV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle).&amp;lt;/ref&amp;gt; , soit une demie acre (environ 2000 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;) – ceci '''au sein d’organisations sociales bien précises''' : vers l’an 1000, par exemple, là où la terre n’était pas encore toute occupée, chacun recevait un nombre de bandes de terre d’un acre ou d’un sillon en fonction du nombre de bœufs qu’il apportait pour le labour fait en commun (id. : 113-125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement aux unités abstraites comme l’hectare, '''ces unités liées à une opération concrète avaient une forme'''. Ainsi, en Angleterre, la longueur de l’acre, nommée ''furlong'' (littéralement, &amp;lt;u&amp;gt;longueur du sillon&amp;lt;/u&amp;gt;), était celle, 40 rods (perches), environ 200 m, sur laquelle les bœufs pouvaient tirer la charrue sans se reposer, et sa largeur 4 rods, soit 10 m. (fig. 1). Le &amp;lt;u&amp;gt;sillon&amp;lt;/u&amp;gt; avait une largeur moitié, soit 5 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On retrouve le même principe en France au milieu du XVI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle quand, traduisant Columelle, Cotereau (1552 : 233) ajoute au texte latin la mention du sillon de terre : «  La petite journée, ou un sillon de terre, (...) a quatre pieds de large &amp;amp; six vingt ((120)) pieds de long ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La surface cultivée dans l’année===&lt;br /&gt;
La surface labourée en un jour est une unité pratique pour l’organisation des chantiers et l’affectation '''au quotidien''' de la force de travail, humaine et animale – surtout lorsqu’il faut se procurer cette force, que ce soit en la louant ou par des corvées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, dans de nombreux systèmes, le facteur limitant était en dernière instance le [[fourrage]] pour entretenir les bêtes de trait tout au long de '''l’année'''. C’est donc à cette échelle que se posait la question de la force de travail : d’où l’invention, au Moyen-âge, de ce qui fut appelé beaucoup plus tard [[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810|assolement triennal]], qui permettait d’étaler sur toute l’année les labours, façons, ''œuvres'' ou ''arrures'', comme l’explique Lullin de Châteauvieux (1845 : 147-148) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=Trois puissants chevaux de collier formaient l’attelage d’une charrue et pouvaient suffire à la culture de soixante hectares. (...) L’ordre des travaux était réglé sur ce système. Les attelages labouraient sans relâche hormis le temps des récoltes (…). On peut juger, d’après ces séries d’opérations, qu’il n’y en avait pas de simultanées, en sorte qu’il suffisait à l’exploitation d’avoir un train de charrues monté d’après sa superficie, et qui pourvoyait dans les intervalles des récoltes aux labours, ainsi qu’aux divers transports que l’exploitation nécessitait.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette problématique correspond une autre unité, plus synthétique, intégratrice : la surface qu’on peut cultiver dans l’année avec une charrue et son attelage, appelée ''charrue de terre'' ou ''charruée'' ([[Mesures de surface agraires - Annexe 3|annexe 3]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; border=&amp;quot;1&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; &lt;br /&gt;
|« ''E partant poet il veer quantes charues covient al maner, kar checune charue deit par reson arer par an ix vinz acres, cest a saver sessaunte al yvernail e sessante al trameis e sessaunte al waret''. » (Séneschaucie, ca. 1275 - texte établi par Oschinsky, 1971.)&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot;|Et de là il peut savoir combien de charrues conviennent au manoir, car chaque charrue doit normalement labourer 180 acres par an, à savoir soixante de céréales d’hiver, soixante de cultures de printemps et soixante de guéret. (Transcription en français actuel par P. Morlon)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;lt;u&amp;gt;charruée&amp;lt;/u&amp;gt; dépend non seulement du type de [[sol]] et de la force de l’attelage (comme le &amp;lt;u&amp;gt;journal&amp;lt;/u&amp;gt;), mais aussi du nombre de labours pour chaque [[espèce]] cultivée et de l’[[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810|assolement]] – ce dernier étant précisément conçu pour étaler au mieux le [[calendrier de travail]] des bêtes de trait, compte tenu des contraintes juridiques, économiques et techniques. Elle est la base de calculs de [[A pour personne citée::Gautier de Henley|Gautier de Henley]] au Moyen-Age, et a servi jusqu’au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle à indiquer les dimensions d’un domaine :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; border=&amp;quot;1&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; &lt;br /&gt;
|width=48%|« ''Si vos terres sunt departies en treis, la une partie a yvernage e lautre partie a qaremel e la terce a waret, duncqe est la carue [de terre de] ix&amp;lt;sup&amp;gt;xx&amp;lt;/sup&amp;gt; acres.&amp;quot;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
''E si vos terres sunt departies en deus cum sunt en plusurs pais, la une meite seme a yvernail e a qaremel e lautre mette a waret, e duncqe sera la carue de terre de viii vintz acres. Alez a la estente e veet comben des acres vus avet en demeyne e la poez estre certefie.''&amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
''E autretant avera la carue de uyt vintz acres a fere cum la carue de neof vintz acres. Le volez veer? Qant a uit vintz acres, qarante acres a yvernail, e qarante a qaremel, e qatre vintz a waret; returnez e rebynez les qatre vintz acres e dunqe yra la carue a duzze vintz acres.''&amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
''En dreit de la carue de neof vintz acres, sesante acres a yvernail, e sesante a qaremel, e sesante acres a waret; e pus returnez e rebinez les sesante acres e adunqe ira la carue en lan duzze vintz acres, [sicome fayt la charue de viii vyntz acres].'' » (de Henley, ca. 1280 - texte établi par Oschinsky,&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot;|Si vos terres sont divisées en trois, une partie en céréales d’hiver, l’autre en cultures de printemps et la troisième en guéret, donc est la charrue [de terre de] 9x20 (180) acres.&amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
Et si vos terres sont divisées en deux, comme elles le sont en plusieurs pays, une moitié semée en céréales d’hiver et cultures de printemps, et l’autre moitié en guéret, donc la charrue de terre de 8x20 acres. Allez voir sur l’''estente'' combien d’acres vous avez dans le domaine, et là vous pourrez être sûr.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et autant aura la charrue de 8x20 acres à faire comme la charrue de 9x20 acres. Le voulez-vous voir ? Quant à 160 acres, quarante acres en blé d’hiver, et quarante en carême, et quatre-vingts en guéret, retournez et rebinez les quatre-vingts acres et donc ira la charrue à 12x20 acres.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Quant à la charrue de 9x20 acres, soixante acres en hivernage, et soixante en carême, et soixante acres en guéret, et puis retournez et rebinez les soixante acres et donc ira la charrue dans l’année 240 acres [comme fait la charrue de 8x20 acres].&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
(Transcription en français actuel par P. Morlon)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=…un domaine d'une charrue de quatre chevaux… » (Quesnay, 1756 : 539)&lt;br /&gt;
« Le plus grand nombre des fermiers de cet endroit n’ont que quatre ou cinq vaches et quatre-vingts moutons, pour une exploitation de trois charrues » ; « Comme le trèfle, surtout quand on le sème avec de l'avoine, ne nuit à aucune autre culture, qu'il donne une récolte précieuse sur l'année en jachère, il ne peut qu'être avantageux, pour un cultivateur, d'en semer une grande quantité chaque année. Cette quantité doit être de douze ou quinze arpents, au moins pour une ferme de trois charrues.|référence citation=[[A pour personne citée::Antoine-Laurent de Lavoisier|Lavoisier]], [1788] 1862 : 814 ; [s.d.] 1893 : 233 .}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Un possible indicateur de l’utilisation des terres===&lt;br /&gt;
'''Localement''', l’emploi de telle ou telle unité peut être lié à l’utilisation des terres, et donc, pour un observateur extérieur (ou postérieur), en être un indicateur. Par exemple, dans l’ouest de la France, le &amp;lt;u&amp;gt;journal&amp;lt;/u&amp;gt; mesure des terres labourables et l’&amp;lt;u&amp;gt;hommée&amp;lt;/u&amp;gt; des prairies ou des vignes. Un verger est en hommées car il fournit de l’herbe à faucher, comme une prairie. Un jardin est en hommée de bêcheur, ce qui n’est pas la même chose qu’une hommée de prairie. Mais il faut être très prudent car ce qui est vrai à un endroit peut ne l’être pas à un autre, une distinction faite par les cultivateurs peut ne pas être faite par les écrivains en agriculture, et enfin tout cela peut varier dans le temps !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Discussion.==&lt;br /&gt;
===Signification et cohérence des unités de la pratique=== &lt;br /&gt;
La production récoltée sur la surface labourée en un jour ne doit à priori pas être considérée comme un [[Signification des rendements|rendement]] par unité de surface, mais (en l’ayant divisée par le nombre de labours) comme la [[productivité]] du travail de labour. C’est cette productivité qu’il faut considérer, et non le rendement à l’hectare, pour comprendre les choix techniques des paysans, dans tous les systèmes où ce travail est facteur limitant (Bourliaud ''et al.'', 1986, Morlon ''et al.'', 1992). &lt;br /&gt;
Il en est de même dans ceux où c’est la semence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Ainsi l’arpent, mesure de Blois, et la septerée vendômoise sont deux mesures à peu près égales. La quantité de blé que produisent l’une ou l’autre de ces mesures est, année commune, d’environ 1,000 livres pesant, c’est-à-dire d’un peu plus de 4 setiers, mesure de Paris ; c’est environ cinq fois la semence.|référence citation= Lavoisier, [1788] 1862 : 813-814.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, rendement à la semence et rendement à l’hectare sont antinomiques ; dans les situations de disette évoquées ci-dessus, les cultivateurs cherchent très logiquement et [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnellement]] à maximiser le rendement à la semence, avec des densités de semis très faibles. Celles-ci conduisent souvent à de faibles rendements à l’hectare, qu’il serait absurde de prendre comme bases de jugement ! Mais attention : les apparences peuvent être trompeuses - autrefois en Europe, on exprimait le rendement par rapport à la semence, mais on semait à la volée, méthode qui gaspille la semence pour épargner le travail...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de jugements erronés, combien de comparaisons (dans l’espace ou dans le temps) absurdes n’éviterait-on pas si, au lieu de tout ramener à une seule unité, on essayait de comprendre - en tenant compte des relations sociales précises du lieu et du moment - les relations entre les techniques utilisées par les paysans et les facteurs limitants ou contraintes qu’ils ressentent – en particulier, les disponibilités et coûts relatifs de la terre, du travail et des semences, comme l’explique [[A pour personne citée::François Sigaut|Sigaut]] ([1982] 1988 ; 1992) (voir [[Mesures de surface agraires - Annexe 4|annexe 4]]). Comme l’a montré Kula (1984), chaque mesure sert à mesurer quelque chose de différent, a un usage particulier et est fondée sur le caractère particulier de chacun d'eux ; et '''indiquer des mesures et des prix sans préciser les pratiques exactes en usage dans les sociétés concernées est, par conséquent, inadéquat pour rendre compte du réel''' (Servet, 1989).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Problèmes des unités spécifiques===&lt;br /&gt;
Liées à la pratique, ces unités adaptées aux conditions de [[milieu naturel|milieu]] et aux techniques locales n’étaient pas… pratiques à d’autres échelles car, comme l’écrit [[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]], elles avaient « diverses mesures selon les divers pays ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Le Journal se divise en 900 toises quarrées ou en 100 perches quarrées valant trois toises, ou 18 ou 20 ou 22 pieds y en ayant de trois sortes, grande, moyenne ou petite. Ainsi si on mesure le Journal avec la perche, il faut toujours préciser le nombre des pieds qu’elle contient pour éviter l’erreur, &amp;amp; tout cela se regle selon l’usage des pays.|référence citation=Liger, 1715, t.2, p. 34.}}&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= L'arpent contient en Anjou cent perches quarrées de vingt cinq pieds chacune. A Paris il est composé du même nombre de perches, mais elles ne sont que de dix-huit pieds ; il varie également dans plusieurs Provinces du Royaume.|référence citation=[[A pour personne citée::Louis-François-Henri de Menon, marquis de Turbilly|Turbilly]], 1760 : 126.}}&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= HOMMÉE, mesure de champs, des vignes dans plusieurs provinces, expression tirée du travail qu’un homme peut faire dans un jour. Cette mesure n’est pas plus fixe que les autres ; elle varie souvent de village à village ; mais communément il faut huit hommées pour faire un arpent de Paris.|référence citation=Rozier, [1784] 1793, t. 5 : 492.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle surface un attelage peut-il labourer en un jour ? Cela dépend :&lt;br /&gt;
*de la longueur du jour, donc du mois de l’année - dès l’antiquité, [[A pour personne citée::Palladius|Palladius]] termine chaque mois de son calendrier agricole par un tableau de correspondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*du nombre et de la vitesse d’avancement des animaux qui tirent la charrue :&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=Une charrue menée par des bœufs, laboure dans les grands jours environ trois quartiers de terre ; une charrue tirée par des chevaux, en laboure environ un arpent &amp;amp; demi : ainsi lorsqu'il faut quatre bœufs à une charrue, il en faudrait douze pour trois charrues, lesquelles laboureraient environ deux arpents de terre par jour ; au lieu que trois charrues menées chacune par trois chevaux, en laboureraient environ quatre arpents &amp;amp; demi. Si on met six bœufs à chaque charrue, douze bœufs qui tireraient deux charrues, laboureraient environ un arpent &amp;amp; demi ; mais huit bons chevaux qui mèneraient deux charrues, laboureraient environ trois arpents. S'il faut huit bœufs par charrue, vingt-quatre bœufs ou trois charrues labourent deux arpents ; au lieu que quatre forts chevaux étant suffisants pour une charrue, vingt-quatre chevaux, ou six charrues, labourent neuf arpents : ainsi en réduisant ces différents cas à un état moyen, on voit que les chevaux labourent trois fois autant de terre que les bœufs. Il faut donc au moins douze bœufs où il ne faudrait que quatre chevaux.|référence citation=Quesnay, 1756 : 529-530.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*de la profondeur du labour, qu’on adaptait à l’état préalable du terrain en approfondissant à chaque labour ; et bien sûr de la [[texture du sol]] et de son humidité…&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= On ne peut pas, vu la prodigieuse diversité des terres, donner de règles certaines sur le nombre de journées qu’elles exigeront ; c’est pourquoi l’usage du canton et celui de la province vous décideront aisément sur ce nombre en tout genre de culture, plant ou semence.|référence citation=Palladius, [''ca'' 450], livre I §6).}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux surfaces semées avec un certain volume de semence, elles sont d’abord fonction des espèces végétales - il fallait donc toujours préciser « de froment », « d’orge », « de fèves », sauf là où une espèce principale s’imposait comme référence unique. Et de la [[fertilité du sol]], différente d’un terrain à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autant de facteurs de variation qui faisaient que '''ces unités ne pouvaient en tout état de cause être que des moyennes, sur les saisons de l’année et sur une certaine étendue (la paroisse, le « pays », la province…)'''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui plus est, elles étaient liées aux moyens techniques, qui ont toujours évolué avec le temps, même imperceptiblement. Ce qui fait que, comme le note Olivier de Serres (voir [[Mesures de surface agraires - Annexe 5|annexe 5]]), la correspondance entre réalités techniques et unités de mesure n’était plus vraie au bout d’un certain temps, même en moyenne, dans les cas où les dernières ont été maintenues fixes au cours des siècles (Derville, 1987)…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et ''la plupart de ces mesures ont-elles-mêmes pu varier au cours du temps, ce qui rend hasardeuses les conversions en hectares''. Pour les départements français (et à leur échelle : il pouvait s’agir de moyennes…), des tableaux de transcription des anciennes mesures en hectares ont été faits au moment de l’adoption du système décimal. Ces tableaux sont valables au début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, et on peut estimer qu’ils le sont pour le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;. Mais avant ? Comment être sûr qu’un arpent du XV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a la même superficie qu’un arpent du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; ou du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ? Toute personne qui s’intéresse à des documents anciens rencontre ce problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce qui a conduit à les standardiser sur de grandes étendues (cas de l’acre) ou, avec l’adoption du système métrique, à les remplacer par des unités générales comme l’hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion== &lt;br /&gt;
Nous garderons l’idée suivante : que ce soit dans l’étude du passé ou dans celle de systèmes « traditionnels » actuels, il faut se garder de vouloir convertir ces unités en hectares trop tôt, sans chercher à comprendre ce qu’elles signifient, ou sans vérifier si les facteurs de conversion qu’on utilise sont vraiment les bons !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
* Hocquet J. (éd.), 1996. La diversité locale des poids et mesures dans l’ancienne France. Cahiers de métrologie, N° spécial, t. 14-15, 271 p.&lt;br /&gt;
* Favory F. (ed.), 2003. Métrologie agraire antique et médiévale. Presses universitaires franc-comtoises, Besançon, 190 p. [en partie consultable sur Googlebooks]&lt;br /&gt;
* La Maison des Sciences de l’Homme de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand a publié plusieurs volumes sur les anciennes mesures d’après les tables de conversion du début du XIXe siècle, par grandes régions de France : Centre-Ouest, Centre-Est, Massif central, Midi méditerranéen, Sud-ouest, Centre historique. [http://www.msh-clermont.fr/spip.php?rubrique99 Catalogue] sur le site de la MSH.&lt;br /&gt;
* Pour un exemple très démonstratif d’analyse de la cohérence des unités anciennes, voir : « Savoir-faire, savoir-mesurer. La conserverie nantaise », par P. Bonnault-Cornu et R. Cornu, [http://terrain.revues.org/2996 Texte intégral] sur le site revues.org.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Bourliaud J., Reau R., Morlon P., Hervé D., 1986. Chaquitaclla, stratégies de labour et intensification en agriculture andine. ''Techniques et Culture'', 7 : 181-225. [http://tc.revues.org/897 Texte intégral] sur le site revues.org.&lt;br /&gt;
*Columelle [ca. 42] 1552. Les douze livres de Lucius Iunius Moderatus Columella des choses Rusticques. Traduicts de Latin en Françoys, par feu maistre Claude Cotereau, 681 p. + index. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8707584w?rk=321890;0 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Comet G., 2003. Mesures agraires et métrologie des grains : rendements et densités. In : Hocquet J. (éd.), 1996. La diversité locale des poids et mesures dans l’ancienne France. ''Cahiers de métrologie'', 14-15 : 127-136.&lt;br /&gt;
*Crescens. P. de (Pietro de Crescenzi), [[''ca.'' 1306] 1373] 2023. ''Le livre des prouffitz champestres et ruraulx de Pierre de Crescens'', Vol. 1 : Introduction et texte (livres I-VIII), édité par Fleur Vigneron. Honoré Champion, Paris, 2023, 806 p.&lt;br /&gt;
*de Henley G. (Walter of Henley), ''ca''. 1280. ''Le dit de hosebondrie''. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Derville A., 1987. Dîmes, rendements du blé et « révolution agricole » dans le nord de la France au Moyen-Age. ''Annales E.S.C.'', 42 (6) : 1411-1432. [http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1987_num_42_6_283462 Texte intégral] sur le site de Persée.&lt;br /&gt;
*Dumont R., 1956. ''Voyages en France d’un Agronome''. Nouvelle édition. Éditions M.-Th. Génin, Librairie de Médicis, Paris, 485 p.&lt;br /&gt;
*Kula W., [1970] 1984. ''Les mesures et les hommes''. Paris, Maison des Sciences de l'homme, 1984, 304 p.&lt;br /&gt;
*La Bretonnerie (de), 1783. ''Correspondance rurale''. Tome II, Onfroy, Paris, 590 p.&lt;br /&gt;
*Lamond E., 1890. ''Walter of Henley's Husbandry, together with an anonymous husbandry, Seneschaucie and Robert Grosseteste's Rules''. Longman, Green &amp;amp; Co, London. [http://www.archive.org/stream/walterhenleyshu01cunngoog#page/n5/mode/1up Teste intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Lavoisier A.L., [1788] 1862. Résultats de quelques expériences d’agriculture, et réflexions sur leurs relations avec l’économie politique. ''Œuvres complètes'', Imprimerie Impériale, Paris, t. II, p. 812-823. [http://www.lavoisier.cnrs.fr/ice/ice_page_detail.php?lang=fr&amp;amp;type=text&amp;amp;bdd=lavosier&amp;amp;table=Lavoisier&amp;amp;typeofbookDes=Memoires&amp;amp;bookId=71&amp;amp;pageChapter=Résultats%20de%20quelques%20expériences%20d’agriculture,%20et%20réflexions%20sur%20leur%20relations%20avec%20l’économie%20politique&amp;amp;pageOrder=1&amp;amp;facsimile=off&amp;amp;search=no&amp;amp;num=&amp;amp;nav=1 Texte intégral sur le site Lavoisier du CNRS.]&lt;br /&gt;
*Lavoisier A.L., [s.d.] 1893. Instruction sur la culture du trèfle. ''Œuvres complètes'', t. VI : 230-235&lt;br /&gt;
*Liger L., 1715. ''Dictionnaire pratique du bon ménager de campagne et de ville''. Paris, 2 t., 449 &amp;amp; 407 p.&lt;br /&gt;
*Lullin de Châteauvieux F., 1845. ''Voyages agronomiques en France''. T. 2. La Maison rustique, Paris, 564 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103535g Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Bourliaud J., Reau R., Hervé D., 1992. Un outil, un symbole, un débat : la &amp;quot;chaquitaclla&amp;quot; et sa persistance dans l’agriculture andine. In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA, Paris : 40-86. [http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site de Quae.&lt;br /&gt;
*Oschinsky D., 1971. ''Walter of Henley and Other Treatises on Estate Management and Accounting''. Clarendon Press, Oxford, xxiv + 504p.&lt;br /&gt;
*Palladius, [''ca''. 450] 1844. ''De re rustica''. In: ''Les agronomes latins'', Firmin-Didot, Paris: 523-650. Autre traduction sur [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/palladius/index.htm Texte intégral] sur le site remacle.org.&lt;br /&gt;
*Quesnay, 1756. Article « Fermiers ». In : Diderot &amp;amp; d’Alembert, ''Encyclopédie'', t. 6: 529-540. [http://portail.atilf.fr/encyclopedie/ Texte intégral] sur le site de l'ATILF.&lt;br /&gt;
*Rozier F. (Abbé), 1783. ''Cours complet d’agriculture théorique, pratique, économique, et de médecine rurale et vétérinaire, suivi d’une Méthode pour étudier l’Agriculture par Principes, ou Dictionnaire universel d’agriculture''. Paris, Libraires associés, t. 2. &lt;br /&gt;
*Rozier F. (Abbé), [1784] 1793. Cours complet d’agriculture théorique, pratique, économique, et de médecine rurale et vétérinaire... T. 5, 736 p.&lt;br /&gt;
*Seebohm F., 1883. ''The English village community''. 2d edition [https://ia600202.us.archive.org/23/items/englishvillagec03seebgoog/ Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*''Seneschaucie'' (anonyme), ''ca''. 1275. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Serres O. de, 1605. ''Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs''. 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition revue et augmentée par l’Auteur. Réimpression fac-simil, Slatkine, Genève, 1991, 1023 + 22p. Également : Actes Sud, Paris, 1996, 1463 p. (basée sur l’édition de 1804).&lt;br /&gt;
*Servet J.M., 1989. Note de lecture du livre « Les mesures et les hommes » de W. Kula. ''Revue économique'', (40) 1 :111-118. [https://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_1989_num_40_1_409135 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Sigaut F., [1982] 1988. L’évolution technique des agricultures européennes avant l’époque industrielle. Revue archéologique du Centre de la France, 27, 1 : 7-41. [http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0220-6617_1988_num_27_1_2544 Texte intégral] sur le site de Persée. (Conférence donnée sous le titre « Formes et évolution des techniques » au Congrès d’histoire économique Grand domaine et petite exploitation, Budapest, août 1982).&lt;br /&gt;
*Sigaut F., 1992. Rendements, semis et fertilité. Signification analytique des rendements. In : Patricia Anderson, ed, ''Préhistoire de l'agriculture : nouvelles approches expérimentales et ethnographiques''. CNRS, Paris : 395-403.&lt;br /&gt;
*Turbilly L.F.H. de, 1760. ''Mémoire sur les défrichemens''. D’Houry, Paris, 322 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]] [[Catégorie:S]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Mesures_de_surface_agraires&amp;diff=5200</id>
		<title>Mesures de surface agraires</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Mesures_de_surface_agraires&amp;diff=5200"/>
		<updated>2026-01-29T07:58:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* La surface cultivée dans l’année */ lien interne&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Complément 1=Annie Antoine&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Dans les Andes, un long, très long rectangle…&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Extraits de quelques définitions dans ''Les mots de la géographie'' (Brunet ''et al''., 1993)&lt;br /&gt;
|Annexe 3=La charrue, unité de surface (La Salle de l’Étang, 1764)&lt;br /&gt;
|Annexe 4=Rendements ordinaires et techniques de semis des grains (Sigaut, 1992)&lt;br /&gt;
|Annexe 5=La manière de mesurer les terres, par Olivier de Serres (1600)&lt;br /&gt;
|Article 1=Densité de semis&lt;br /&gt;
|Article 2=Productivité &lt;br /&gt;
|Article 3=Sillon&lt;br /&gt;
|Article 4=Signification des rendements&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=28 mai 2013&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=28 mai 2013, complété le 22 février 2022 et le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 2023.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction==&lt;br /&gt;
En 1956, dans ses ''Voyages en France d’un Agronome'', [[A pour personne citée::René Dumont|René Dumont]] donne, ici ou là, les surfaces des terres agricoles dans d’autres unités que l’hectare : la &amp;lt;u&amp;gt;sétérée&amp;lt;/u&amp;gt; dans le Briançonnais, la &amp;lt;u&amp;gt;carte&amp;lt;/u&amp;gt; dans le Vivarais, l’&amp;lt;u&amp;gt;éminée&amp;lt;/u&amp;gt; (1/8 d’une &amp;lt;u&amp;gt;salmée&amp;lt;/u&amp;gt;) dans le bas-Rhône, le &amp;lt;u&amp;gt;boisseau&amp;lt;/u&amp;gt; et la &amp;lt;u&amp;gt;corde&amp;lt;/u&amp;gt; en Armor, l’&amp;lt;u&amp;gt;arpent&amp;lt;/u&amp;gt; de 100 &amp;lt;u&amp;gt;verges&amp;lt;/u&amp;gt; dans la Meuse (p. 29-31, 60, 96, 103, 134, 155, 200)… Ainsi, 150 ans après l’adoption officielle du système métrique, certains villages français résistaient encore à l'Hectare. Mais que sont ces unités, que signifient-elles ? Peut-on raisonnablement les traduire en hectares ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De façon générale, deux grands types d’unités sont employés pour mesurer les surfaces agricoles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des unités générales, abstraites, non spécifiquement agricoles, le plus souvent définies comme le carré d’une unité de longueur, par exemple l’hectare dérivé du mètre – ce dernier ayant été défini au départ comme le quart du dix-millionième du méridien terrestre, et maintenant comme longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et des unités spécifiquement agricoles, concrètes, liées le plus souvent à l’organisation [[pratique]] des [[chantier]]s, à un [[facteur limitant]] dans le système (le travail, la [[semence]]) - ou aux besoins vitaux d’une famille (la ''manse'' ou ''tenure'', voir aussi [[Mesures de surface agraires - Annexe 1|annexe 1]]). C’est de ces unités de la pratique agricole dont nous allons parler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les unités de la pratique agricole==&lt;br /&gt;
===La surface semée avec une unité de volume de semence ou fournissant une unité de volume de récolte===&lt;br /&gt;
Les premières, comme la &amp;lt;u&amp;gt;boisselée&amp;lt;/u&amp;gt;, la &amp;lt;u&amp;gt;mencaudée&amp;lt;/u&amp;gt; dans le nord de la France et le Hainaut, la &amp;lt;u&amp;gt;séterée&amp;lt;/u&amp;gt;,… relatives au boisseau, au ''mencaud'', au ''setier'', sont d’abord liées à l’organisation pratique des chantiers – ce qui est évident dans le cas de la &amp;lt;u&amp;gt;charge&amp;lt;/u&amp;gt; d'un âne ou mulet (&amp;lt;u&amp;gt;salmée&amp;lt;/u&amp;gt; ou &amp;lt;u&amp;gt;saumée&amp;lt;/u&amp;gt; en langue d’oc ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Étant l’inverse d’une [[densité de semis]], elles peuvent aussi être vues comme « une façon de compter des gens anxieux de connaître la part utilisable du fruit de leur travail » (Comet, 2003), révélatrices de situations où, après la récolte, le cultivateur était placé devant le dilemme : « si je mange maintenant le peu que je viens de récolter, je n’aurai rien à semer l’année prochaine ; et si je le garde pour semer l’année prochaine, je me serre la ceinture maintenant » (voir l’article [[Signification des rendements]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les secondes, on peut citer la &amp;lt;u&amp;gt;charrée&amp;lt;/u&amp;gt;, surface qui fournit la récolte d’un char de foin et la &amp;lt;u&amp;gt;fourée&amp;lt;/u&amp;gt;, surface qui permet de récolter un ''foural'' de grain. Leur signification peut relever de la même logique d’organisation du travail, ou en préfigurer une autre : la surface nécessaire à une famille pour vivre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La surface travaillée (labourée, le plus souvent) en un jour===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=Le mot ''arure'', ou ''arvure'', est encore reçu dans quelques-unes de nos provinces, pour désigner la mesure de terre qu’une charrue peut labourer en un jour.|référence citation=[[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|Rozier]], [1784] 1793, t. 2 : 22}}. &lt;br /&gt;
Les unités correspondant à la surface travaillée en un jour sont étroitement liées à l’organisation du travail. Elles sont aussi révélatrices de situations où le (ce) travail est facteur limitant. Dans de nombreuses agricultures, le [[labour]] est en effet le travail le plus « lourd » et coûteux, celui qui demande le plus d’énergie. &lt;br /&gt;
On a ainsi :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*en travail humain (« manuel »), la surface travaillée par un homme : &amp;lt;u&amp;gt;hommée&amp;lt;/u&amp;gt; [http://www.cnrtl.fr/definition/hommée] ou &amp;lt;u&amp;gt;bêchée&amp;lt;/u&amp;gt; (dans l’ouest de la France, l’hommée de bêcheur mesure les jardins et closeaux ; on parle aussi d’hommée de faucheur pour les prairies) ; ou par une équipe (cas de la ''masa'' avec la [[La chaquitaclla du Pérou : pelle, bâton à fouir, charrue ou bêche ?|''chaquitaclla'']] au Pérou), etc.&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=HOMMÉE, terme d’Agriculture, c’est une portion de terre mesurée par le travail que peut faire en un jour un Vigneron en cultivant la Vigne : il est synonyme à journée. Ce mot est fort en usage en Provence &amp;amp; dans le Lyonnais. Il faut environ huit hommées pour faire un arpent de Paris ; on mesure aussi les Prés par le travail du faucheur.|référence citation=[[A pour personne citée::Louis Liger|Liger]], 1715, t.2, p. 10}}&lt;br /&gt;
*en traction animale, celle labourée par un [[araire]] ou une [[charrue, historique et fonction|charrue]] : &amp;lt;u&amp;gt;acre&amp;lt;/u&amp;gt; (de l’allemand ''Acker'', qui signifie aussi bien acre que [[Champ, pièce, parcelle|champ]], le verbe ''ackern'' voulant dire labourer), &amp;lt;u&amp;gt;arpent&amp;lt;/u&amp;gt; ([[Mesures de surface agraires - Annexe 2|annexe 2]]), ''ar(r)ure'', ''couture'' (forme du mot culture), &amp;lt;u&amp;gt;journal&amp;lt;/u&amp;gt; ou &amp;lt;u&amp;gt;jour de terre&amp;lt;/u&amp;gt;, , &amp;lt;u&amp;gt;bouvée&amp;lt;/u&amp;gt; ou &amp;lt;u&amp;gt;journee de buefs&amp;lt;/u&amp;gt; (Crescens [''ca.'' 1303] 1373],&amp;lt;u&amp;gt;joug&amp;lt;/u&amp;gt; (''jugerum'') des auteurs latins, et autres noms … toutes ces unités généralement comprises entre 0,25 et 0,5 ha.&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=JOURNAL, en Agriculture, est une mesure de terre qu’on peut labourer en un jour. En plusieurs endroits on donne les terres par journal au lieu d’arpent. » [JOURNAL, ''Jugerum''].|référence citation=Liger, 1715, t.2, p. 34}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|style=wikitable border=&amp;quot;0&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot;&lt;br /&gt;
|width=200px align=&amp;quot;center&amp;quot; valign=&amp;quot;top&amp;quot;|&amp;lt;small&amp;gt;« Quantité de terres qu’un homme peut labourer en un jour, avec des chevaux ou avec des bœufs.&lt;br /&gt;
Journal&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
''Jugerum''&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Acre&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
|width=450px valign=&amp;quot;top&amp;quot;|L’arpent est la valeur de ce qu’un homme avec 2 ou 3 chevaux, selon la force des terres, peut labourer en un jour, ou en deux jours avec des bœufs. Ce rapport avec la journée d’un homme fait qu’en plusieurs pays, comme en Picardie, &amp;amp;c. on compte par journal, qui est à-peu-près l’arpent de Paris, &amp;amp; aussi à-peu-près la même chose que le jugerum d’Italie, ainsi nommé parce qu’il contient ce que deux bœufs peuvent labourer en un jour. En Bretagne on mesure aussi par journal. Les deux journaux reviennent à l'âcre de Normandie, peu plus, &amp;amp;c. » (La Bretonnerie, 1783 : 86).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
En prairie, la surface pouvait se mesurer en &amp;lt;u&amp;gt;fauchée de pré&amp;lt;/u&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le [[sillon]],unité de surface ayant une forme, et en particulier une largeur déterminée=== &lt;br /&gt;
Mention particulière doit être faite du &amp;lt;u&amp;gt;sillon&amp;lt;/u&amp;gt;, qui fut d’abord une unité de surface, jusque bien avancé le XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle en France où, en semis à la volée, c’était la bande de terre de quelques mètres de large recevant la semence lors d’un aller-et-retour du semeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Mesures de surface agraires_1.jpg|500px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1. L’acre, unité de surface liée au labour et ayant donc une longueur et une largeur définies (Seebohm, 1883).'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au Moyen-âge en Grande-Bretagne, le ''selio'' (latin tardif) ou ''sillion'', ''seilion'', ''seillun'', ''soilom'' (dialecte anglo-normand) était le plus souvent la surface labourée en une journée de travail se terminant à midi (Seebohm, 1883 : 124)&amp;lt;ref&amp;gt;Il pouvait aussi être beaucoup plus grand, et relevant donc d’une autre définition : « ''c'est un sillion qe contint en sei vj acres solom les usages du pais'' » (C’est un sillon qui contient 6 acres selon les usages du pays - ''Year Books of Edward II'', début XIV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle).&amp;lt;/ref&amp;gt; , soit une demie acre (environ 2000 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;) – ceci '''au sein d’organisations sociales bien précises''' : vers l’an 1000, par exemple, là où la terre n’était pas encore toute occupée, chacun recevait un nombre de bandes de terre d’un acre ou d’un sillon en fonction du nombre de bœufs qu’il apportait pour le labour fait en commun (id. : 113-125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement aux unités abstraites comme l’hectare, '''ces unités liées à une opération concrète avaient une forme'''. Ainsi, en Angleterre, la longueur de l’acre, nommée ''furlong'' (littéralement, &amp;lt;u&amp;gt;longueur du sillon&amp;lt;/u&amp;gt;), était celle, 40 rods (perches), environ 200 m, sur laquelle les bœufs pouvaient tirer la charrue sans se reposer, et sa largeur 4 rods, soit 10 m. (fig. 1). Le &amp;lt;u&amp;gt;sillon&amp;lt;/u&amp;gt; avait une largeur moitié, soit 5 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On retrouve le même principe en France au milieu du XVI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle quand, traduisant Columelle, Cotereau (1552 : 233) ajoute au texte latin la mention du sillon de terre : «  La petite journée, ou un sillon de terre, (...) a quatre pieds de large &amp;amp; six vingt ((120)) pieds de long ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La surface cultivée dans l’année===&lt;br /&gt;
La surface labourée en un jour est une unité pratique pour l’organisation des chantiers et l’affectation '''au quotidien''' de la force de travail, humaine et animale – surtout lorsqu’il faut se procurer cette force, que ce soit en la louant ou par des corvées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, dans de nombreux systèmes, le facteur limitant était en dernière instance le [[fourrage]] pour entretenir les bêtes de trait tout au long de '''l’année'''. C’est donc à cette échelle que se posait la question de la force de travail : d’où l’invention, au Moyen-âge, de ce qui fut appelé beaucoup plus tard [[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810|assolement triennal]], qui permettait d’étaler sur toute l’année les labours, façons, ''œuvres'' ou ''arrures'', comme l’explique Lullin de Châteauvieux (1845 : 147-148) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=Trois puissants chevaux de collier formaient l’attelage d’une charrue et pouvaient suffire à la culture de soixante hectares. (...) L’ordre des travaux était réglé sur ce système. Les attelages labouraient sans relâche hormis le temps des récoltes (…). On peut juger, d’après ces séries d’opérations, qu’il n’y en avait pas de simultanées, en sorte qu’il suffisait à l’exploitation d’avoir un train de charrues monté d’après sa superficie, et qui pourvoyait dans les intervalles des récoltes aux labours, ainsi qu’aux divers transports que l’exploitation nécessitait.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette problématique correspond une autre unité, plus synthétique, intégratrice : la surface qu’on peut cultiver dans l’année avec une charrue et son attelage, appelée ''charrue de terre'' ou ''charruée'' ([[Mesures de surface agraires - Annexe 3|annexe 3]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; border=&amp;quot;1&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; &lt;br /&gt;
|« ''E partant poet il veer quantes charues covient al maner, kar checune charue deit par reson arer par an ix vinz acres, cest a saver sessaunte al yvernail e sessante al trameis e sessaunte al waret''. » (Séneschaucie, ca. 1275 - texte établi par Oschinsky, 1971.)&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot;|Et de là il peut savoir combien de charrues conviennent au manoir, car chaque charrue doit normalement labourer 180 acres par an, à savoir soixante de céréales d’hiver, soixante de cultures de printemps et soixante de guéret. (Transcription en français actuel par P. Morlon)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;lt;u&amp;gt;charruée&amp;lt;/u&amp;gt; dépend non seulement du type de [[sol]] et de la force de l’attelage (comme le &amp;lt;u&amp;gt;journal&amp;lt;/u&amp;gt;), mais aussi du nombre de labours pour chaque [[espèce]] cultivée et de l’[[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810|assolement]] – ce dernier étant précisément conçu pour étaler au mieux le [[calendrier de travail]] des bêtes de trait, compte tenu des contraintes juridiques, économiques et techniques. Elle est la base de calculs de [[A pour personne citée::Gautier de Henley|Gautier de Henley]] au Moyen-Age, et a servi jusqu’au début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle à indiquer les dimensions d’un domaine :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; border=&amp;quot;1&amp;quot; cellspacing=&amp;quot;0&amp;quot; cellpadding=&amp;quot;2&amp;quot; &lt;br /&gt;
|width=48%|« ''Si vos terres sunt departies en treis, la une partie a yvernage e lautre partie a qaremel e la terce a waret, duncqe est la carue [de terre de] ix&amp;lt;sup&amp;gt;xx&amp;lt;/sup&amp;gt; acres.&amp;quot;&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
''E si vos terres sunt departies en deus cum sunt en plusurs pais, la une meite seme a yvernail e a qaremel e lautre mette a waret, e duncqe sera la carue de terre de viii vintz acres. Alez a la estente e veet comben des acres vus avet en demeyne e la poez estre certefie.''&amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
''E autretant avera la carue de uyt vintz acres a fere cum la carue de neof vintz acres. Le volez veer? Qant a uit vintz acres, qarante acres a yvernail, e qarante a qaremel, e qatre vintz a waret; returnez e rebynez les qatre vintz acres e dunqe yra la carue a duzze vintz acres.''&amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
''En dreit de la carue de neof vintz acres, sesante acres a yvernail, e sesante a qaremel, e sesante acres a waret; e pus returnez e rebinez les sesante acres e adunqe ira la carue en lan duzze vintz acres, [sicome fayt la charue de viii vyntz acres].'' » (de Henley, ca. 1280 - texte établi par Oschinsky,&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot;|Si vos terres sont divisées en trois, une partie en céréales d’hiver, l’autre en cultures de printemps et la troisième en guéret, donc est la charrue [de terre de] 9x20 (180) acres.&amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
Et si vos terres sont divisées en deux, comme elles le sont en plusieurs pays, une moitié semée en céréales d’hiver et cultures de printemps, et l’autre moitié en guéret, donc la charrue de terre de 8x20 acres. Allez voir sur l’''estente'' combien d’acres vous avez dans le domaine, et là vous pourrez être sûr.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Et autant aura la charrue de 8x20 acres à faire comme la charrue de 9x20 acres. Le voulez-vous voir ? Quant à 160 acres, quarante acres en blé d’hiver, et quarante en carême, et quatre-vingts en guéret, retournez et rebinez les quatre-vingts acres et donc ira la charrue à 12x20 acres.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Quant à la charrue de 9x20 acres, soixante acres en hivernage, et soixante en carême, et soixante acres en guéret, et puis retournez et rebinez les soixante acres et donc ira la charrue dans l’année 240 acres [comme fait la charrue de 8x20 acres].&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
(Transcription en français actuel par P. Morlon)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=…un domaine d'une charrue de quatre chevaux… » (Quesnay, 1756 : 539)&lt;br /&gt;
« Le plus grand nombre des fermiers de cet endroit n’ont que quatre ou cinq vaches et quatre-vingts moutons, pour une exploitation de trois charrues » ; « Comme le trèfle, surtout quand on le sème avec de l'avoine, ne nuit à aucune autre culture, qu'il donne une récolte précieuse sur l'année en jachère, il ne peut qu'être avantageux, pour un cultivateur, d'en semer une grande quantité chaque année. Cette quantité doit être de douze ou quinze arpents, au moins pour une ferme de trois charrues.|référence citation=[[A pour personne citée::Antoine-Laurent de Lavoisier|Lavoisier]], [1788] 1862 : 814 ; [s.d.] 1893 : 233 .}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Un possible indicateur de l’utilisation des terres===&lt;br /&gt;
'''Localement''', l’emploi de telle ou telle unité peut être lié à l’utilisation des terres, et donc, pour un observateur extérieur (ou postérieur), en être un indicateur. Par exemple, dans l’ouest de la France, le &amp;lt;u&amp;gt;journal&amp;lt;/u&amp;gt; mesure des terres labourables et l’&amp;lt;u&amp;gt;hommée&amp;lt;/u&amp;gt; des prairies ou des vignes. Un verger est en hommées car il fournit de l’herbe à faucher, comme une prairie. Un jardin est en hommée de bêcheur, ce qui n’est pas la même chose qu’une hommée de prairie. Mais il faut être très prudent car ce qui est vrai à un endroit peut ne l’être pas à un autre, une distinction faite par les cultivateurs peut ne pas être faite par les écrivains en agriculture, et enfin tout cela peut varier dans le temps !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Discussion.==&lt;br /&gt;
===Signification et cohérence des unités de la pratique=== &lt;br /&gt;
La production récoltée sur la surface labourée en un jour ne doit à priori pas être considérée comme un [[Signification des rendements|rendement]] par unité de surface, mais (en l’ayant divisée par le nombre de labours) comme la [[productivité]] du travail de labour. C’est cette productivité qu’il faut considérer, et non le rendement à l’hectare, pour comprendre les choix techniques des paysans, dans tous les systèmes où ce travail est facteur limitant (Bourliaud ''et al.'', 1986, Morlon ''et al.'', 1992). &lt;br /&gt;
Il en est de même dans ceux où c’est la semence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Ainsi l’arpent, mesure de Blois, et la septerée vendômoise sont deux mesures à peu près égales. La quantité de blé que produisent l’une ou l’autre de ces mesures est, année commune, d’environ 1,000 livres pesant, c’est-à-dire d’un peu plus de 4 setiers, mesure de Paris ; c’est environ cinq fois la semence.|référence citation= Lavoisier, [1788] 1862 : 813-814.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, rendement à la semence et rendement à l’hectare sont antinomiques ; dans les situations de disette évoquées ci-dessus, les cultivateurs cherchent très logiquement et [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnellement]] à maximiser le rendement à la semence, avec des densités de semis très faibles. Celles-ci conduisent souvent à de faibles rendements à l’hectare, qu’il serait absurde de prendre comme bases de jugement ! Mais attention : les apparences peuvent être trompeuses - autrefois en Europe, on exprimait le rendement par rapport à la semence, mais on semait à la volée, méthode qui gaspille la semence pour épargner le travail...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de jugements erronés, combien de comparaisons (dans l’espace ou dans le temps) absurdes n’éviterait-on pas si, au lieu de tout ramener à une seule unité, on essayait de comprendre - en tenant compte des relations sociales précises du lieu et du moment - les relations entre les techniques utilisées par les paysans et les facteurs limitants ou contraintes qu’ils ressentent – en particulier, les disponibilités et coûts relatifs de la terre, du travail et des semences, comme l’explique [[A pour personne citée::François Sigaut|Sigaut]] ([1982] 1988 ; 1992) (voir [[Mesures de surface agraires - Annexe 4|annexe 4]]). Comme l’a montré Kula (1984), chaque mesure sert à mesurer quelque chose de différent, a un usage particulier et est fondée sur le caractère particulier de chacun d'eux ; et '''indiquer des mesures et des prix sans préciser les pratiques exactes en usage dans les sociétés concernées est, par conséquent, inadéquat pour rendre compte du réel''' (Servet, 1989).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Problèmes des unités spécifiques===&lt;br /&gt;
Liées à la pratique, ces unités adaptées aux conditions de [[milieu naturel|milieu]] et aux techniques locales n’étaient pas… pratiques à d’autres échelles car, comme l’écrit [[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]], elles avaient « diverses mesures selon les divers pays ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Le Journal se divise en 900 toises quarrées ou en 100 perches quarrées valant trois toises, ou 18 ou 20 ou 22 pieds y en ayant de trois sortes, grande, moyenne ou petite. Ainsi si on mesure le Journal avec la perche, il faut toujours préciser le nombre des pieds qu’elle contient pour éviter l’erreur, &amp;amp; tout cela se regle selon l’usage des pays.|référence citation=Liger, 1715, t.2, p. 34.}}&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= L'arpent contient en Anjou cent perches quarrées de vingt cinq pieds chacune. A Paris il est composé du même nombre de perches, mais elles ne sont que de dix-huit pieds ; il varie également dans plusieurs Provinces du Royaume.|référence citation=[[A pour personne citée::Louis-François-Henri de Menon, marquis de Turbilly|Turbilly]], 1760 : 126.}}&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= HOMMÉE, mesure de champs, des vignes dans plusieurs provinces, expression tirée du travail qu’un homme peut faire dans un jour. Cette mesure n’est pas plus fixe que les autres ; elle varie souvent de village à village ; mais communément il faut huit hommées pour faire un arpent de Paris.|référence citation=Rozier, [1784] 1793, t. 5 : 492.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle surface un attelage peut-il labourer en un jour ? Cela dépend :&lt;br /&gt;
*de la longueur du jour, donc du mois de l’année - dès l’antiquité, [[A pour personne citée::Palladius|Palladius]] termine chaque mois de son calendrier agricole par un tableau de correspondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*du nombre et de la vitesse d’avancement des animaux qui tirent la charrue :&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation=Une charrue menée par des bœufs, laboure dans les grands jours environ trois quartiers de terre ; une charrue tirée par des chevaux, en laboure environ un arpent &amp;amp; demi : ainsi lorsqu'il faut quatre bœufs à une charrue, il en faudrait douze pour trois charrues, lesquelles laboureraient environ deux arpents de terre par jour ; au lieu que trois charrues menées chacune par trois chevaux, en laboureraient environ quatre arpents &amp;amp; demi. Si on met six bœufs à chaque charrue, douze bœufs qui tireraient deux charrues, laboureraient environ un arpent &amp;amp; demi ; mais huit bons chevaux qui mèneraient deux charrues, laboureraient environ trois arpents. S'il faut huit bœufs par charrue, vingt-quatre bœufs ou trois charrues labourent deux arpents ; au lieu que quatre forts chevaux étant suffisants pour une charrue, vingt-quatre chevaux, ou six charrues, labourent neuf arpents : ainsi en réduisant ces différents cas à un état moyen, on voit que les chevaux labourent trois fois autant de terre que les bœufs. Il faut donc au moins douze bœufs où il ne faudrait que quatre chevaux.|référence citation=Quesnay, 1756 : 529-530.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*de la profondeur du labour, qu’on adaptait à l’état préalable du terrain en approfondissant à chaque labour ; et bien sûr de la [[texture du sol]] et de son humidité…&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= On ne peut pas, vu la prodigieuse diversité des terres, donner de règles certaines sur le nombre de journées qu’elles exigeront ; c’est pourquoi l’usage du canton et celui de la province vous décideront aisément sur ce nombre en tout genre de culture, plant ou semence.|référence citation=Palladius, [''ca'' 450], livre I §6).}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux surfaces semées avec un certain volume de semence, elles sont d’abord fonction des espèces végétales - il fallait donc toujours préciser « de froment », « d’orge », « de fèves », sauf là où une espèce principale s’imposait comme référence unique. Et de la [[fertilité du sol]], différente d’un terrain à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autant de facteurs de variation qui faisaient que '''ces unités ne pouvaient en tout état de cause être que des moyennes, sur les saisons de l’année et sur une certaine étendue (la paroisse, le « pays », la province…)'''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui plus est, elles étaient liées aux moyens techniques, qui ont toujours évolué avec le temps, même imperceptiblement. Ce qui fait que, comme le note Olivier de Serres (voir [[Mesures de surface agraires - Annexe 5|annexe 5]]), la correspondance entre réalités techniques et unités de mesure n’était plus vraie au bout d’un certain temps, même en moyenne, dans les cas où les dernières ont été maintenues fixes au cours des siècles (Derville, 1987)…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et ''la plupart de ces mesures ont-elles-mêmes pu varier au cours du temps, ce qui rend hasardeuses les conversions en hectares''. Pour les départements français (et à leur échelle : il pouvait s’agir de moyennes…), des tableaux de transcription des anciennes mesures en hectares ont été faits au moment de l’adoption du système décimal. Ces tableaux sont valables au début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, et on peut estimer qu’ils le sont pour le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;. Mais avant ? Comment être sûr qu’un arpent du XV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a la même superficie qu’un arpent du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; ou du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ? Toute personne qui s’intéresse à des documents anciens rencontre ce problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce qui a conduit à les standardiser sur de grandes étendues (cas de l’acre) ou, avec l’adoption du système métrique, à les remplacer par des unités générales comme l’hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion== &lt;br /&gt;
Nous garderons l’idée suivante : que ce soit dans l’étude du passé ou dans celle de systèmes « traditionnels » actuels, il faut se garder de vouloir convertir ces unités en hectares trop tôt, sans chercher à comprendre ce qu’elles signifient, ou sans vérifier si les facteurs de conversion qu’on utilise sont vraiment les bons !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
* Hocquet J. (éd.), 1996. La diversité locale des poids et mesures dans l’ancienne France. Cahiers de métrologie, N° spécial, t. 14-15, 271 p.&lt;br /&gt;
* Favory F. (ed.), 2003. Métrologie agraire antique et médiévale. Presses universitaires franc-comtoises, Besançon, 190 p. [en partie consultable sur Googlebooks]&lt;br /&gt;
* La Maison des Sciences de l’Homme de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand a publié plusieurs volumes sur les anciennes mesures d’après les tables de conversion du début du XIXe siècle, par grandes régions de France : Centre-Ouest, Centre-Est, Massif central, Midi méditerranéen, Sud-ouest, Centre historique. [http://www.msh-clermont.fr/spip.php?rubrique99 Catalogue] sur le site de la MSH.&lt;br /&gt;
* Pour un exemple très démonstratif d’analyse de la cohérence des unités anciennes, voir : « Savoir-faire, savoir-mesurer. La conserverie nantaise », par P. Bonnault-Cornu et R. Cornu, [http://terrain.revues.org/2996 Texte intégral] sur le site revues.org.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Bourliaud J., Reau R., Morlon P., Hervé D., 1986. Chaquitaclla, stratégies de labour et intensification en agriculture andine. ''Techniques et Culture'', 7 : 181-225. [http://tc.revues.org/897 Texte intégral] sur le site revues.org.&lt;br /&gt;
*Columelle [ca. 42] 1552. Les douze livres de Lucius Iunius Moderatus Columella des choses Rusticques. Traduicts de Latin en Françoys, par feu maistre Claude Cotereau, 681 p. + index. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8707584w?rk=321890;0 Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Comet G., 2003. Mesures agraires et métrologie des grains : rendements et densités. In : Hocquet J. (éd.), 1996. La diversité locale des poids et mesures dans l’ancienne France. ''Cahiers de métrologie'', 14-15 : 127-136.&lt;br /&gt;
*Crescens. P. de (Pietro de Crescenzi), [[''ca.'' 1306] 1373] 2023. ''Le livre des prouffitz champestres et ruraulx de Pierre de Crescens'', Vol. 1 : Introduction et texte (livres I-VIII), édité par Fleur Vigneron. Honoré Champion, Paris, 2023, 806 p.&lt;br /&gt;
*de Henley G. (Walter of Henley), ''ca''. 1280. ''Le dit de hosebondrie''. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Derville A., 1987. Dîmes, rendements du blé et « révolution agricole » dans le nord de la France au Moyen-Age. ''Annales E.S.C.'', 42 (6) : 1411-1432. [http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1987_num_42_6_283462 Texte intégral] sur le site de Persée.&lt;br /&gt;
*Dumont R., 1956. ''Voyages en France d’un Agronome''. Nouvelle édition. Éditions M.-Th. Génin, Librairie de Médicis, Paris, 485 p.&lt;br /&gt;
*Kula W., [1970] 1984. ''Les mesures et les hommes''. Paris, Maison des Sciences de l'homme, 1984, 304 p.&lt;br /&gt;
*La Bretonnerie (de), 1783. ''Correspondance rurale''. Tome II, Onfroy, Paris, 590 p.&lt;br /&gt;
*Lamond E., 1890. ''Walter of Henley's Husbandry, together with an anonymous husbandry, Seneschaucie and Robert Grosseteste's Rules''. Longman, Green &amp;amp; Co, London. [http://www.archive.org/stream/walterhenleyshu01cunngoog#page/n5/mode/1up Teste intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*Lavoisier A.L., [1788] 1862. Résultats de quelques expériences d’agriculture, et réflexions sur leurs relations avec l’économie politique. ''Œuvres complètes'', Imprimerie Impériale, Paris, t. II, p. 812-823. [http://www.lavoisier.cnrs.fr/ice/ice_page_detail.php?lang=fr&amp;amp;type=text&amp;amp;bdd=lavosier&amp;amp;table=Lavoisier&amp;amp;typeofbookDes=Memoires&amp;amp;bookId=71&amp;amp;pageChapter=Résultats%20de%20quelques%20expériences%20d’agriculture,%20et%20réflexions%20sur%20leur%20relations%20avec%20l’économie%20politique&amp;amp;pageOrder=1&amp;amp;facsimile=off&amp;amp;search=no&amp;amp;num=&amp;amp;nav=1 Texte intégral sur le site Lavoisier du CNRS.]&lt;br /&gt;
*Lavoisier A.L., [s.d.] 1893. Instruction sur la culture du trèfle. ''Œuvres complètes'', t. VI : 230-235&lt;br /&gt;
*Liger L., 1715. ''Dictionnaire pratique du bon ménager de campagne et de ville''. Paris, 2 t., 449 &amp;amp; 407 p.&lt;br /&gt;
*Lullin de Châteauvieux F., 1845. ''Voyages agronomiques en France''. T. 2. La Maison rustique, Paris, 564 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103535g Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Bourliaud J., Reau R., Hervé D., 1992. Un outil, un symbole, un débat : la &amp;quot;chaquitaclla&amp;quot; et sa persistance dans l’agriculture andine. In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA, Paris : 40-86. [http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site de Quae.&lt;br /&gt;
*Oschinsky D., 1971. ''Walter of Henley and Other Treatises on Estate Management and Accounting''. Clarendon Press, Oxford, xxiv + 504p.&lt;br /&gt;
*Palladius, [''ca''. 450] 1844. ''De re rustica''. In: ''Les agronomes latins'', Firmin-Didot, Paris: 523-650. Autre traduction sur [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/palladius/index.htm Texte intégral] sur le site remacle.org.&lt;br /&gt;
*Quesnay, 1756. Article « Fermiers ». In : Diderot &amp;amp; d’Alembert, ''Encyclopédie'', t. 6: 529-540. [http://portail.atilf.fr/encyclopedie/ Texte intégral] sur le site de l'ATILF.&lt;br /&gt;
*Rozier F. (Abbé), 1783. ''Cours complet d’agriculture théorique, pratique, économique, et de médecine rurale et vétérinaire, suivi d’une Méthode pour étudier l’Agriculture par Principes, ou Dictionnaire universel d’agriculture''. Paris, Libraires associés, t. 2. &lt;br /&gt;
*Rozier F. (Abbé), [1784] 1793. Cours complet d’agriculture théorique, pratique, économique, et de médecine rurale et vétérinaire... T. 5, 736 p.&lt;br /&gt;
*Seebohm F., 1883. ''The English village community''. 2d edition [https://ia600202.us.archive.org/23/items/englishvillagec03seebgoog/ Texte intégral] sur archive.org.&lt;br /&gt;
*''Seneschaucie'' (anonyme), ''ca''. 1275. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Serres O. de, 1605. ''Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs''. 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition revue et augmentée par l’Auteur. Réimpression fac-simil, Slatkine, Genève, 1991, 1023 + 22p. Également : Actes Sud, Paris, 1996, 1463 p. (basée sur l’édition de 1804).&lt;br /&gt;
*Servet J.M., 1989. Note de lecture du livre « Les mesures et les hommes » de W. Kula. ''Revue économique'', (40) 1 :111-118. [https://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_1989_num_40_1_409135 Texte intégral] sur Persée.&lt;br /&gt;
*Sigaut F., [1982] 1988. L’évolution technique des agricultures européennes avant l’époque industrielle. Revue archéologique du Centre de la France, 27, 1 : 7-41. [http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0220-6617_1988_num_27_1_2544 Texte intégral] sur le site de Persée. (Conférence donnée sous le titre « Formes et évolution des techniques » au Congrès d’histoire économique Grand domaine et petite exploitation, Budapest, août 1982).&lt;br /&gt;
*Sigaut F., 1992. Rendements, semis et fertilité. Signification analytique des rendements. In : Patricia Anderson, ed, ''Préhistoire de l'agriculture : nouvelles approches expérimentales et ethnographiques''. CNRS, Paris : 395-403.&lt;br /&gt;
*Turbilly L.F.H. de, 1760. ''Mémoire sur les défrichemens''. D’Houry, Paris, 322 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:M]] [[Catégorie:S]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5199</id>
		<title>Routine - Annexe 6</title>
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		<updated>2026-01-28T11:29:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Sauts de ligne&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;4 juillet 2023&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Routine&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= Contre les accusations de routine =&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le Roy, 1756. Article &amp;lt;u&amp;gt;Fermier&amp;lt;/u&amp;gt; de l’''Encyclopédie'' (vol. 6)== &lt;br /&gt;
	On ne peut pas entreprendre de détailler tout ce qu’un fermier doit savoir pour diriger son labourage le mieux qu’il est possible. La théorie de l’agriculture est simple, les principes sont en petit nombre ; mais les circonstances obligent à les modifier de tant de manières, que les règles échappent à travers la foule des exceptions. La vraie science ne peut être enseignée que par la pratique, qui est la grande maîtresse des arts ; &amp;amp; elle n’est donnée dans toute son étendue, qu'à ceux qui sont nés avec du sens &amp;amp; de l’esprit. Pour ceux-là, nous pouvons assurer qu’ils savent beaucoup ; nous oserions presque dire qu’on n'en saura pas plus qu’eux, s’il n'était pas plus utile &amp;amp; plus doux d’espérer toujours des progrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Pourquoi les Philosophes, amis de l’humanité, qui ont tenté d'ouvrir des routes nouvelles dans l’agriculture, n'ont-ils pas eu cette opinion raisonnable de nos bons fermiers ? En se familiarisant avec eux, ils auraient trouvé dans des faits constants la solution de leurs problèmes ; ils se seraient épargné beaucoup d’expériences, en s'instruisant de celles qui sont déjà faites : faute de ce soin, ils ont quelquefois marché à tâtons dans un lieu qui n’était point obscur. (...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Les cultivateurs philosophes ont encore eu quelquefois un autre tort. Lorsqu’en proposant leurs découvertes ils ont trouvé dans les praticiens de la froideur ou de la répugnance, une vanité peu philosophique leur a fait envisager comme un effet de stupidité ou de mauvaise volonté, une disposition née d'une connaissance intime &amp;amp; profonde qui produit un pressentiment sûr. Les bons fermiers ne sont ni stupides ni malintentionnés ; une vraie science qu'ils doivent à une pratique réfléchie, les défend contre l’enthousiasme des nouveautés. Ce qu’ils savent les met dans le cas de juger promptement &amp;amp; sûrement des choses qui en sont voisines. Ils ne sont point séduits par les préjugés qui se perpétuent dans les livres : ils lisent peu, ils cultivent beaucoup ; &amp;amp; la nature qu'ils observent avec intérêt, mais sans passion, ne les trompe point sur des faits simples. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	On voit combien les véritables connaissances en agriculture, dépendent de la pratique, par l’exemple d’un grand nombre de personnes qui ont essayé sans succès de faire valoir leurs terres ; cependant parmi ceux qui ont fait ces tentatives malheureuses, il s’en est trouvé qui ne manquaient ni de sens ni d’esprit, &amp;amp; qui n'avaient pas négligé de s’instruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture''==&lt;br /&gt;
La France, par sa situation &amp;amp; son sol, recèle dans son sein une énorme quantité de plantes qu’il suffirait de cultiver pour les rendre propres à la nourriture, ou être employées contre les maladies. Je suis convaincu que cela doit être, car si le quinquina est nécessaire aux fièvres qui sans cesse nous tourmentent, pourquoi la Providence ne l’a-t-elle pas fait naître sous le ciel que nous habitons ? Pourquoi ? C’est que sans doute elle y a sagement pourvu en nous donnant quelque autre plante qui a la même propriété. Mais notre amour pour les plantes lointaines, notre indifférence pour celles que nous foulons à nos pieds, notre aversion pour le travail, le mépris que nous accordons si gratuitement au Laboureur qui nous nourrit, nous a fait prendre le change sur nos vrais intérêts. D’autres personnes ont dit tout cela avant moi ; qu’a-t-on répondu ? que la routine &amp;amp; l'entêtement des paysans étaient la cause qui avait empêché l’agriculture de faire les mêmes progrès que les autres Sciences. Mais a-t-on réfléchi aux raisons qu’ils ont à alléguer ? Les a-t on jamais interrogés ? Non. Je crois faire plaisir à mes Lecteurs en leur  rapportant une conversation que j’ai eue à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Prévenu par les livres que je consultais lorsque que je voulus me livrer entièrement à l'Agriculture, &amp;amp; trompé par quelques apparences, je m'avisai de faire le même reproche. Vous nous jugez sans nous connaître, &amp;amp; sans connaître notre position, me dit un jour un Laboureur respectable autant par ses connaissances que par son âge : vous êtes jeune &amp;amp; dans un âge où les premières impressions jettent de profondes racines ; il est donc essentiel qu'elles soient bonnes ; continuez à mettre la main à l’œuvre : alors, nous ayant étudiés, vous nous jugerez par vous-même, &amp;amp; nous rendrez plus de justice que ne font ordinairement ceux qui nous condamnent sur parole. — Vous conviendrez, lui répartis-je, que tous les Arts peuvent se perfectionner, que l’Agriculture en est un, &amp;amp; qu’il en est encore bien éloigné. — Sans doute : eh qui peut en douter ? répliqua-t-il. — Eh bien, pourquoi vous refusez-vous donc constamment aux procédés que vous proposent des gens habiles &amp;amp; éclairés ? — D’abord, il n’est pas vrai que nous nous refusions constamment à tout ce qu'on nous propose. La culture du bled d’Espagne &amp;lt;ref&amp;gt; Dans la province du Béarn, où cette conversation a eu lieu, on appelle le maïs, bled d’Espagne.&amp;lt;/ref&amp;gt; n’est pas bien ancienne dans cette Province, &amp;amp; cependant elle est devenue notre récolte principale. La marne était inconnue à nos aïeux, &amp;amp; cependant nous en faisons usage. — Mais combien n’a-t-il pas fallu d’années pour les introduire ? Ne conviendrez-vous pas que les premiers qui les ont rejetés ont eu tort ? Non. — Comment ? Est-il prudent de se livrer sans réflexion à ce qu'on ne connaît pas ? — Mais peut-on taxer d’imprudence les essais raisonnés de ceux qui se livrent à des tentatives judicieuses ? Pourquoi refusez-vous une culture qu’on vous assure être avantageuse ? Pourquoi rejetez-vous des engrais qui peuvent multiplier ceux que vous avez ? pourquoi ne pas profiter des moyens d’obtenir une épargne sur la semence &amp;lt;ref&amp;gt; Voilà un des systèmes des Économistes ; il semble qu’aujourd’hui on voudrait le rajeunir.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;amp; la main d’œuvre ? Il me semble que si chaque propriétaire faisait en petit ce qu’on lui indique, votre art ferait des progrès, &amp;amp; marcherait à grands pas vers la perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cela est fort aisé à dire : mais a-t-on jamais bien réfléchi sur les raisons qui nous en empêchent, &amp;amp; sur les causes qui nous en détournent ? — Apparemment qu’on n’en a point trouvé de vraiment essentielles, puisque depuis très longtemps on déclame contre vos préjugés, votre routine. — Il fallait nous consulter ; alors, peut-être, aurait-on été moins tranchant. — Vous croyez donc avoir des raisons bien puissantes ? — Prononcez : en voici quelques-unes. D’abord, quelle confiance pouvons-nous avoir dans ce que nous dit un homme dont la plupart des discours sont exagérés, qui nous conseille souvent des choses impraticables, soit dans l’exécution, soit par l’impossibilité où nous sommes de les comprendre, qui veut nous donner des avis sur un art dont il ne connaît pas les premiers éléments de pratique ; qui très souvent dépense beaucoup &amp;amp; n’a point de succès ; qui nous vante des cultures dont il prétend qu'on fait usage dans des pays où jamais il n’a mis les pieds ; qui d’ailleurs ignore si elles seraient propres à notre canton, à notre climat, à notre sol ; qui nous met dans les mains des outils compliqués que nous ne savons ni conduire ni raccommoder lorsqu’ils se dérangent ; qui nous prescrit un mélange d’engrais difficiles à combiner ; qui voudrait enfin multiplier nos travaux, en nous conseillant tels ou tels grains que nous ne connaissons pas ? Supposons maintenant que cet innovateur mérite toute notre confiance, &amp;amp; qu’il fût à souhaiter que nous puissions faire usage de tous ses procédés, ne serait-il pas nécessaire qu’il vînt parmi nous étudier notre langage, nos usages, nos mœurs, pour se mettre à notre portée, &amp;amp; nous instruire suivant notre intelligence ? Ne faudrait il pas qu’il fût labourer bêcher, &amp;amp;c. pour nous en imposer par son exemple &amp;amp; ses réussites ? Ne serait il pas à désirer qu’il fût de notre Province ou qu’il y eût demeuré assez longtemps pour connaître la qualité de nos terres, afin d’y adapter, avec connaissance de cause, une culture nouvelle ? S’il avait des outils plus simples que les nôtres, mieux proportionnés, plus faciles à employer, ne serait-ce pas à lui à en faire usage pour nous enseigner la manière d’en tirer parti ? N’'aurait-il pas contracté l’obligation de nous apprendre à les conduire &amp;amp; à les raccommoder lorsqu’ils se dérangent. On sait qu’il n’y a rien de plus maladroit que les ouvriers dans la campagne, lorsqu’on les sort de ce qu’ils ont accoutumé de faire. Si l’outil était compliqué, où en serait-on ? Dans le cas où ce respectable Agriculteur proposerait quelques nouveaux engrais, ne faudrait-il pas, premièrement, qu’il se fût assuré qu’on pourrait en faire ou en trouver facilement ? Secondement, qu'il eut la certitude qu’il s’accorderait avec la qualité des terres du pays ? Troisièmement, qu’il eût calculé si la dépense pour se les procurer n’excédera pas le bénéfice sur lequel on doit compter ? Enfin, s’'il veut introduire quelques semences étrangères notre pays, ne faudrait-il pas qu’il pût nous assurer les débouchés, nous procurer plus de bras en raison de la diversité des récoltes, plus de bestiaux pour fournir aux labours, plus de fourrages pour entretenir les bestiaux, plus de bâtiments pour serrer les différentes récoltes, plus de temps pour faire tous les travaux ? Car quel est le cultivateur qui n’est pas toujours commandé par son ouvrage, depuis le commencement jusqu’à la fin de la belle saison ? Observez qu’on perd beaucoup de temps quand on veut changer de coutume. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Admettons encore que tout ait été prévu, examiné &amp;amp; bien discuté, que l’on nous ait enfin bien convaincus de la bonté de l’innovation, où prendrions-nous l’argent nécessaire pour la suivre ? car, par le détail succinct que je viens de vous faire, vous avez dû juger qu’il en faut. Notre plus grande richesse est dans notre industrie; l’argent est très rare parmi nous, &amp;amp; nous ne pouvons en espérer que du produit de nos récoltes : si elles manquent par quelques accidents, nous ne savons où emprunter. Trouverions-nous plus aisément, si elles manquaient pour nous être livrés à des nouveautés ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous est donc ordonné de ne rien confier au hasard, Eh ! dans notre situation, le pouvons- nous ? Un ménage à soutenir, des enfants à élever, des gages à payer ; nos bâtiments à réparer, nos bestiaux à remplacer, nos journaliers à satisfaire, nos labours, nos outils, nos vêtements, nos maladies, la dîme, les frais de Baptême, de Mariage, d’enterrement ; les contraintes que nous éprouvons pour la taille, qu’il faut payer, quoique nous n’ayons pas vendu nos récoltes ni trouvé à vendre ; si quelque intempérie de la saison nous les a enlevées, il faut également s’exécuter, sans quoi les Huissiers, abusant presque toujours de leur pouvoir, nous forcent d’avoir recours à des emprunts usuraires, ou nous mettent dans le cas de faire des sacrifices qui, presque toujours donnent l’entrée à ces Officiers de Justices subalternes, fléau le plus affreux que nous puissions essuyer. Voilà, en raccourci, nos besoins, nos devoirs, notre situation. Quelles sont nos ressources ? Nos seules récoltes. Parlez, Monsieur ne serait-ce pas être insensé que de les aventurer ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que répondre ? je fus fort embarrassé &amp;amp; le serais peut-être davantage aujourd’hui. Je lui fis encore cette question — Vous ne croyez donc pas possible de faire quelques changements utiles à l’agriculture, de songer à la perfectionner ? — Pardonnez moi ; j’ai pensé qu’en faisant faire devant nous des expériences qui ne nous coûteraient rien, en établissant des caisses d’emprunts&amp;lt;ref&amp;gt; Qu’un pareil Mont-de-piété serait admirable ! Le propriétaire jouirait de son ((effet ?)) et emprunterait pour le réparer.&amp;lt;/ref) pour les propriétaires de fonds, &amp;amp; les cultivateurs, qui donneraient des sûretés ; en excitant notre émulation par quelques récompenses ou distinctions, on pourrait opérer de grands biens ; car si quelques essais pouvaient réussir assez pour présenter des avantages &amp;amp; des profits, &amp;amp; qu’il nous fût possible d’emprunter pour faire les premières avances, insensiblement l’Agriculture se réintégrerait ; l’aisance renaîtrait dans les campagnes, &amp;amp; les distinctions données à propos relèveraient le courage abattu de la classe d’hommes la plus nécessaire (on peut le dire), qui attend depuis longtemps qu’on apprenne à la plaindre, à connaître sa malheureuse situation, à ne plus la calomnier, &amp;amp; à la compter au moins pour quelque chose.  (p. 343-351)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
* Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture…'' Paris, 573 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56927z Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==O. Leclerc-Thouin, 1835. ''Maison rustique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle'', chap. X, Des assolements, ==&lt;br /&gt;
(Les gras sont de nous)&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;Section I&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt;, Théorie des assolements.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
§ VII. — Influence du manque de bras et de capitaux.&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
A côté du manque de bras, il faut placer celui des capitaux, qui en est souvent la première cause, et qui s’oppose d’une manière encore plus absolue à un changement subit de système. Ce n’est pas seulement pour payer les frais de main-d’œuvre, assez considérables, qu’exigent les binages, les buttages, les sarclages, etc. ; pour acquérir les instruments perfectionnés dont on ne peut se passer dans une exploitation où l’on a adopté ce genre de culture, que le besoin d’argent se fait sentir ; c’est aussi, et surtout, pour l’acquisition et l’entretien d’un plus grand nombre de bestiaux ; car, s’il est vrai que le principal avantage d’un bon assolement soit de produire en abondance des récoltes destinées à la nourriture des animaux et, selon les localités, à l’engraissement d’un plus ou moins grand nombre d’entre eux, afin de donner les moyens de fumer copieusement les terres et d’augmenter leur fertilité, tout en ajoutant aux récoltes de végétaux les produits souvent plus lucratifs d’un autre règne ; il l’est aussi qu’on ne peut arriver là sans dépenses premières, et que '''le capital d’une ferme doit être plus élevé lorsqu’on veut la cultiver sans jachère, que lorsqu’on persiste dans l’ancienne routine''', ou, en d’autres termes, que les avances doivent être proportionnées aux profits, comme dans toutes les autres branches d’industrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du reste, ces avances ne sont pas toutes de nature à être faites par le fermier. Le propriétaire ne s’aperçoit pas toujours assez qu’il doit y contribuer pour sa part. Les anciennes constructions rurales, par leur exiguïté, sont presque partout fort en arrière des besoins de l’époque actuelle ; non seulement des locataires plus nombreux y seraient fort mal à l’aise, mais ils n’y rencontreraient ni les greniers vastes et aérés indispensables à la conservation de leurs récoltes, de sorte qu’ils se verraient, plus encore qu’aujourd’hui, dans l’obligation de livrer parfois à vil prix les denrées dont ils trouveraient cependant avantage à différer la vente ; — ni les granges qui leur permettraient de reporter une partie des travaux de la récolte au moment où ils pourraient les effectuer sans nuire à leurs autres occupations ; — ni les étables et les bergeries susceptibles de recevoir commodément et sainement les bêtes bovines et ovines que la ferme peut nourrir. Cette dernière circonstance mérite d’être signalée d’autant plus sérieusement que l’excellente coutume de nourrir les bestiaux à l’étable, et de faire parquer le moins possible les troupeaux, commence à se répandre parmi nous. — Je dois renvoyer à ce sujet le lecteur au livre II, et à l’article Bâtiments ruraux du VIe livre de cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée des baux, qui devra aussi nous occuper ailleurs, est un autre point fort important dans la question que je traite. Les améliorations qu’un bon système d’assolement peut apporter au sol ne se font sentir que lentement. Il est juste que le fermier ait le temps d’en profiter ; d’ailleurs, en bornant outre mesure la durée de son bail, on le prive souvent d’une partie des ressources que lui offriraient autrement les cultures industrielles et les plantes fourragères ; on le contraint à ramener trop souvent les mêmes espèces sur les mêmes soles, au détriment de la propriété. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Tout considéré, on s’est donc souvent élevé avec plus de véhémence que de raison contre ce qu’on a cru devoir appeler la routine et l’entêtement des gens de la campagne, et l’on peut juger, d’après ce qui précède, que les améliorations ne sont pas toujours aussi faciles qu’on peut le croire en examinant superficiellement les questions agricoles'''. Les paysans tiennent certainement beaucoup, souvent beaucoup trop, à leurs anciennes habitudes ; cependant, s’ils prêtent peu l’oreille aux raisonnements abstraits, ils savent très bien ouvrir les yeux devant l’exemple du succès, et si les nouvelles pratiques ne se répandent pas partout aussi promptement, cela tient surtout à ce qu’elles ne sont pas partout aussi profitablement applicables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Discours de M. CAPUS, ancien ministre, député de la Gironde, au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès national des syndicats agricoles, Bordeaux, 5-7 juin 1926==&lt;br /&gt;
 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30414115 Texte intégral]&lt;br /&gt;
(…) Et quand j’entends parler de la routine agricole, il me suffit de citer ces exemples pour réfuter cette accusation. Voit-on souvent une industrie procéder à un pareil redressement comme celui qu’ont accompli les producteurs de vignes françaises, quand ils ont substitué, à ces vignobles détruits par le phylloxéra, la culture complètement nouvelle des vignes américaines greffées ? C’est bien commode, Messieurs, de dire que l’agriculture est routinière. En ce moment, il y a un éditeur parisien qui publie une petite bibliothèque charmante, mais un peu paradoxale : c’est l’éloge de quelques défauts : il y a l’éloge de la médisance, l’éloge de la gourmandise, etc. J’aurais bien envie d’y publier, moi, l’« éloge de la routine ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si je publiais « l’éloge de la routine », c’est surtout la routine agricole que je prendrais comme exemple, et je dirais qu’il y a de la routine à peu près partout, et que c’est en agriculture qu’il y en a le moins, et qu’elle est le plus justifiée. De la routine ? Mais est-ce qu’il n’y en a pas dans nos administrations ? dans nos coutumes judiciaires ? dans notre armée ? Et s’il n’y avait pas de journalistes ici, je dirais : N’y en a-t-il pas aussi dans la presse ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, Messieurs, le chapitre de mon petit ouvrage où je serais triomphant, ce serait celui où j’opposerais la routine agricole à la routine parlementaire. Tous les ans, au moment où on discute le budget de l'agriculture, nous avons des orateurs qui viennent dénoncer à la tribune la routine de l’agriculture française. Et j’ai envie de leur dire : « mais vous ne vous êtes donc pas regardés ? » [78] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, ne disons pas de mal de cette routine. C’est un ensemble de traditions où les siècles ont accumulé leur science. Et mon ami Cier se rappelle peut-être cette leçon du professeur Dehérain, – un de nos plus grands chimistes agronomes – qui nous démontrait que tout ce que la science a pu trouver dans la chimie agronomique, relativement au fumier, n’a fait que confirmer les données plusieurs fois séculaires d’Olivier de Serres. Et je montrerais aussi que cette soi-disant routine est quelquefois un garde-fou contre de prétendues innovations. Ce n’est pas tout d’introduire des innovations; il faut savoir les choisir ; une nouveauté n’est pas précisément un progrès ; et il y a, là aussi, le bon grain et l’ivraie. Et quelquefois, ce que nous appelons le progrès est tout simplement un mot anglais dont nous avons habillé une vieille routine. Si vous voulez, par exemple, que la marche devienne hygiénique, il faut l’appeler « footing ». Savez-vous que l’appellation culturale « dry farming », présentée comme une nouveauté, je l’ai retrouvée en Tunisie, dans la culture des oliviers, où elle a été apportée, il y a plusieurs siècles, par les colons romains ? Ne disons donc pas aussi facilement que notre agriculture est routinière. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==René de la Gorce. Préface à la 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition du ''Manuel d’agriculture'' de T. Genech de la Louvière, 1932.==&lt;br /&gt;
Je ne sais ce qui me vaut l’honneur de venir présenter à l’attention des agriculteurs et des jeunes gens de nos campagnes la sixième édition du Manuel d’agriculture qui passe aujourd’hui le cap du vingtième mille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être, en me confiant cette tâche, a-t-on pensé que, grâce à la formation théorique que j’ai reçue, alliée à la pratique de la culture depuis un tiers de siècle, je pourrais convaincre les plus incrédules de la nécessité du savoir dans la vie agricole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de fois avons-nous entendu dire : « La pratique compte seule pour le cultivateur ; la théorie lui est néfaste. » Si cette phrase, à l’heure actuelle, est moins souvent répétée, elle a encore des adeptes car ceux-ci n’ont jamais pris garde à se demander ce qu’on doit entendre par les mots : théorie et pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie est simplement l’explication de la pratique, la lumière dans les opérations journalières. On comprend dès lors tout l'intérêt du savoir pour se guider dans le travail; on comprend aussi, comme l’a dit Mme de Staël, qu’il n’y a que les gens médiocres qui mettent en opposition la théorie et la pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avouons cependant que, parfois, les faits ont donné raison aux détracteurs de la théorie. N’a-t-on pas vu de ces jeunes téméraires, sortant de l’école, mépriser les méthodes culturales d’un pays et mettre en pratique d’une façon déplorable leurs connaissances livresques ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces jeunes gens avaient méconnu les difficultés d’application de la science agricole ; celle-ci est si vaste, si complexe, si délicate à adapter aux milieux naturels différents qu’il est imprudent de l’appliquer sans tenir compte de l’expérience. Aussi, ne devons-nous pas faire fi de la routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce mot pourra choquer ici car il est souvent pris en mauvaise part et cependant nous n’hésitons pas à l’employer. Qu’est-ce, en effet, que la routine sinon l’usage, consacré par une longue expérience, de faire une chose toujours de la même manière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque pays agricole, les conditions naturelles guident le cultivateur, l’obligent à se mettre en garde contre des difficultés inhérentes au milieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce à dire cependant qu’il ne faut jamais s’affranchir de la routine de nos pères ? Prenons garde ; la profession agricole évolue chaque jour, profite des découvertes de la science, emploie des engrais nouveaux, a recours à des procédés d’alimentation inconnus de la génération qui a précédé, est soumise enfin à des difficultés économiques et sociales qui n’existaient pas autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’oublions pas, d’autre part, que la routine n’est qu’une « petite route », d’autant plus étroite et pleine d’embûches que la science ne vient pas éclairer le praticien ; ne dit-on pas couramment : suivre l’ornière de la routine, être esclave de la routine ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aidée par la science, au contraire, la « petite route » s’élargit ; elle devient une voie d’autant plus sûre, plus lumineuse que la connaissance de la théorie vient faire comprendre au cultivateur la raison de la pratique. C’est ainsi que les trois ensemble : théorie, pratique, routine servent à former d’excellents cultivateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Manuel d’Agriculture, rédigé d’une façon très claire et très précise, est d’une lecture facile pour tous ; il expose toutes les données de la science adaptées aux conditions naturelles du Nord de la France. Ses auteurs l’ont tenu constamment à jour de toutes les nouveautés ; c’est ainsi que, dans cette sixième édition, on a porté à la connaissance des lecteurs les engrais que les découvertes de la chimie ont permis de fabriquer depuis peu ; on a indiqué au cultivateur les variétés de blé que la science des sélectionneurs a rendues plus productives ; on lui apprend les nouvelles mesures législatives qu’il est indispensable de connaître; on met en lumière l’action des associations professionnelles qui coordonnent nos efforts et permettent de défendre nos intérêts professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce livre est cependant insuffisant pour former d’une façon complète un jeune agriculteur. Il n’a pas d’autre ambition que d’être pour lui une lumière qui éclairera et élargira sa « petite route ». On comprend dès lors son succès toujours grandissant comme Manuel des Études Agricoles par correspondance que nos grandes associations agricoles ont organisées depuis quelques années pour les jeunes gens désireux de devenir des cultivateurs éclairés, avertis de toutes les questions de production, d’échanges, ou d’organisation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait en quoi consistent les cours par correspondance ; pendant deux ou trois hivers successifs, les jeunes gens âgés de plus de seize ans, c’est-à-dire ayant déjà une habitude du travail agricole et, en même temps, une maturité d'esprit suffisante pour observer et analyser les faits de la pratique, rédigent chaque quinzaine un devoir qu’ils préparent en se servant du Manuel d’Agriculture et de notes explicatives données par un maître. La tâche de l`é1ève est d’appliquer les données de la science â une pratique agricole dans le milieu naturel où il se trouve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes qui corrigent les devoirs sont averties de la science et de la pratique, connaissent les exigences particulières de chaque pays et peuvent ainsi rectifier les erreurs d’observation de l'élève ou mettre en lumière les raisons de telle ou telle pratique culturale. Les jeunes gens profitent donc de l’expérience du correcteur, j’allais dire de sa routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi que les cours par correspondance constituent une école merveilleuse qui sait allier la science à la pratique consacrée par l’expérience, qui sait également développer le don d’observation chez le jeune cultivateur. Par cette méthode, celui-ci acquiert une pratique éclairée et l’exécution de ses travaux est dirigée par des principes de science et l’expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans elle, il piétine dans une pratique aveugle qui s’en tient à l’habitude de répéter toujours le même geste à la manière des êtres sans raison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div style=&amp;quot;text-align: right&amp;quot;&amp;gt;René de La Gorce,&lt;br /&gt;
Ingénieur agronome,&lt;br /&gt;
Membre de la Chambre d’Agriculture du Nord,&lt;br /&gt;
Vice-président de la Fédération agricole du Nord de la France,&lt;br /&gt;
Président de la Commission des Études agricoles par correspondance,&lt;br /&gt;
Agriculteur-Éleveur. &amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
Genech de la Louvière T., 1935. ''Manuel d’agriculture''. Paris, La Maison Rustique, 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; éd., 734 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5198</id>
		<title>Routine - Annexe 6</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5198"/>
		<updated>2026-01-28T11:28:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* O. Leclerc-Thouin, 1835. Maison rustique du XIXe siècle, chap. X, Des assolements, section Ire, Théorie des assolements */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;4 juillet 2023&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Routine&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= Contre les accusations de routine =&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le Roy, 1756. Article &amp;lt;u&amp;gt;Fermier&amp;lt;/u&amp;gt; de l’''Encyclopédie'' (vol. 6)== &lt;br /&gt;
	On ne peut pas entreprendre de détailler tout ce qu’un fermier doit savoir pour diriger son labourage le mieux qu’il est possible. La théorie de l’agriculture est simple, les principes sont en petit nombre ; mais les circonstances obligent à les modifier de tant de manières, que les règles échappent à travers la foule des exceptions. La vraie science ne peut être enseignée que par la pratique, qui est la grande maîtresse des arts ; &amp;amp; elle n’est donnée dans toute son étendue, qu'à ceux qui sont nés avec du sens &amp;amp; de l’esprit. Pour ceux-là, nous pouvons assurer qu’ils savent beaucoup ; nous oserions presque dire qu’on n'en saura pas plus qu’eux, s’il n'était pas plus utile &amp;amp; plus doux d’espérer toujours des progrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Pourquoi les Philosophes, amis de l’humanité, qui ont tenté d'ouvrir des routes nouvelles dans l’agriculture, n'ont-ils pas eu cette opinion raisonnable de nos bons fermiers ? En se familiarisant avec eux, ils auraient trouvé dans des faits constants la solution de leurs problèmes ; ils se seraient épargné beaucoup d’expériences, en s'instruisant de celles qui sont déjà faites : faute de ce soin, ils ont quelquefois marché à tâtons dans un lieu qui n’était point obscur. (...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Les cultivateurs philosophes ont encore eu quelquefois un autre tort. Lorsqu’en proposant leurs découvertes ils ont trouvé dans les praticiens de la froideur ou de la répugnance, une vanité peu philosophique leur a fait envisager comme un effet de stupidité ou de mauvaise volonté, une disposition née d'une connaissance intime &amp;amp; profonde qui produit un pressentiment sûr. Les bons fermiers ne sont ni stupides ni malintentionnés ; une vraie science qu'ils doivent à une pratique réfléchie, les défend contre l’enthousiasme des nouveautés. Ce qu’ils savent les met dans le cas de juger promptement &amp;amp; sûrement des choses qui en sont voisines. Ils ne sont point séduits par les préjugés qui se perpétuent dans les livres : ils lisent peu, ils cultivent beaucoup ; &amp;amp; la nature qu'ils observent avec intérêt, mais sans passion, ne les trompe point sur des faits simples. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	On voit combien les véritables connaissances en agriculture, dépendent de la pratique, par l’exemple d’un grand nombre de personnes qui ont essayé sans succès de faire valoir leurs terres ; cependant parmi ceux qui ont fait ces tentatives malheureuses, il s’en est trouvé qui ne manquaient ni de sens ni d’esprit, &amp;amp; qui n'avaient pas négligé de s’instruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture''==&lt;br /&gt;
La France, par sa situation &amp;amp; son sol, recèle dans son sein une énorme quantité de plantes qu’il suffirait de cultiver pour les rendre propres à la nourriture, ou être employées contre les maladies. Je suis convaincu que cela doit être, car si le quinquina est nécessaire aux fièvres qui sans cesse nous tourmentent, pourquoi la Providence ne l’a-t-elle pas fait naître sous le ciel que nous habitons ? Pourquoi ? C’est que sans doute elle y a sagement pourvu en nous donnant quelque autre plante qui a la même propriété. Mais notre amour pour les plantes lointaines, notre indifférence pour celles que nous foulons à nos pieds, notre aversion pour le travail, le mépris que nous accordons si gratuitement au Laboureur qui nous nourrit, nous a fait prendre le change sur nos vrais intérêts. D’autres personnes ont dit tout cela avant moi ; qu’a-t-on répondu ? que la routine &amp;amp; l'entêtement des paysans étaient la cause qui avait empêché l’agriculture de faire les mêmes progrès que les autres Sciences. Mais a-t-on réfléchi aux raisons qu’ils ont à alléguer ? Les a-t on jamais interrogés ? Non. Je crois faire plaisir à mes Lecteurs en leur  rapportant une conversation que j’ai eue à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Prévenu par les livres que je consultais lorsque que je voulus me livrer entièrement à l'Agriculture, &amp;amp; trompé par quelques apparences, je m'avisai de faire le même reproche. Vous nous jugez sans nous connaître, &amp;amp; sans connaître notre position, me dit un jour un Laboureur respectable autant par ses connaissances que par son âge : vous êtes jeune &amp;amp; dans un âge où les premières impressions jettent de profondes racines ; il est donc essentiel qu'elles soient bonnes ; continuez à mettre la main à l’œuvre : alors, nous ayant étudiés, vous nous jugerez par vous-même, &amp;amp; nous rendrez plus de justice que ne font ordinairement ceux qui nous condamnent sur parole. — Vous conviendrez, lui répartis-je, que tous les Arts peuvent se perfectionner, que l’Agriculture en est un, &amp;amp; qu’il en est encore bien éloigné. — Sans doute : eh qui peut en douter ? répliqua-t-il. — Eh bien, pourquoi vous refusez-vous donc constamment aux procédés que vous proposent des gens habiles &amp;amp; éclairés ? — D’abord, il n’est pas vrai que nous nous refusions constamment à tout ce qu'on nous propose. La culture du bled d’Espagne &amp;lt;ref&amp;gt; Dans la province du Béarn, où cette conversation a eu lieu, on appelle le maïs, bled d’Espagne.&amp;lt;/ref&amp;gt; n’est pas bien ancienne dans cette Province, &amp;amp; cependant elle est devenue notre récolte principale. La marne était inconnue à nos aïeux, &amp;amp; cependant nous en faisons usage. — Mais combien n’a-t-il pas fallu d’années pour les introduire ? Ne conviendrez-vous pas que les premiers qui les ont rejetés ont eu tort ? Non. — Comment ? Est-il prudent de se livrer sans réflexion à ce qu'on ne connaît pas ? — Mais peut-on taxer d’imprudence les essais raisonnés de ceux qui se livrent à des tentatives judicieuses ? Pourquoi refusez-vous une culture qu’on vous assure être avantageuse ? Pourquoi rejetez-vous des engrais qui peuvent multiplier ceux que vous avez ? pourquoi ne pas profiter des moyens d’obtenir une épargne sur la semence &amp;lt;ref&amp;gt; Voilà un des systèmes des Économistes ; il semble qu’aujourd’hui on voudrait le rajeunir.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;amp; la main d’œuvre ? Il me semble que si chaque propriétaire faisait en petit ce qu’on lui indique, votre art ferait des progrès, &amp;amp; marcherait à grands pas vers la perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cela est fort aisé à dire : mais a-t-on jamais bien réfléchi sur les raisons qui nous en empêchent, &amp;amp; sur les causes qui nous en détournent ? — Apparemment qu’on n’en a point trouvé de vraiment essentielles, puisque depuis très longtemps on déclame contre vos préjugés, votre routine. — Il fallait nous consulter ; alors, peut-être, aurait-on été moins tranchant. — Vous croyez donc avoir des raisons bien puissantes ? — Prononcez : en voici quelques-unes. D’abord, quelle confiance pouvons-nous avoir dans ce que nous dit un homme dont la plupart des discours sont exagérés, qui nous conseille souvent des choses impraticables, soit dans l’exécution, soit par l’impossibilité où nous sommes de les comprendre, qui veut nous donner des avis sur un art dont il ne connaît pas les premiers éléments de pratique ; qui très souvent dépense beaucoup &amp;amp; n’a point de succès ; qui nous vante des cultures dont il prétend qu'on fait usage dans des pays où jamais il n’a mis les pieds ; qui d’ailleurs ignore si elles seraient propres à notre canton, à notre climat, à notre sol ; qui nous met dans les mains des outils compliqués que nous ne savons ni conduire ni raccommoder lorsqu’ils se dérangent ; qui nous prescrit un mélange d’engrais difficiles à combiner ; qui voudrait enfin multiplier nos travaux, en nous conseillant tels ou tels grains que nous ne connaissons pas ? Supposons maintenant que cet innovateur mérite toute notre confiance, &amp;amp; qu’il fût à souhaiter que nous puissions faire usage de tous ses procédés, ne serait-il pas nécessaire qu’il vînt parmi nous étudier notre langage, nos usages, nos mœurs, pour se mettre à notre portée, &amp;amp; nous instruire suivant notre intelligence ? Ne faudrait il pas qu’il fût labourer bêcher, &amp;amp;c. pour nous en imposer par son exemple &amp;amp; ses réussites ? Ne serait il pas à désirer qu’il fût de notre Province ou qu’il y eût demeuré assez longtemps pour connaître la qualité de nos terres, afin d’y adapter, avec connaissance de cause, une culture nouvelle ? S’il avait des outils plus simples que les nôtres, mieux proportionnés, plus faciles à employer, ne serait-ce pas à lui à en faire usage pour nous enseigner la manière d’en tirer parti ? N’'aurait-il pas contracté l’obligation de nous apprendre à les conduire &amp;amp; à les raccommoder lorsqu’ils se dérangent. On sait qu’il n’y a rien de plus maladroit que les ouvriers dans la campagne, lorsqu’on les sort de ce qu’ils ont accoutumé de faire. Si l’outil était compliqué, où en serait-on ? Dans le cas où ce respectable Agriculteur proposerait quelques nouveaux engrais, ne faudrait-il pas, premièrement, qu’il se fût assuré qu’on pourrait en faire ou en trouver facilement ? Secondement, qu'il eut la certitude qu’il s’accorderait avec la qualité des terres du pays ? Troisièmement, qu’il eût calculé si la dépense pour se les procurer n’excédera pas le bénéfice sur lequel on doit compter ? Enfin, s’'il veut introduire quelques semences étrangères notre pays, ne faudrait-il pas qu’il pût nous assurer les débouchés, nous procurer plus de bras en raison de la diversité des récoltes, plus de bestiaux pour fournir aux labours, plus de fourrages pour entretenir les bestiaux, plus de bâtiments pour serrer les différentes récoltes, plus de temps pour faire tous les travaux ? Car quel est le cultivateur qui n’est pas toujours commandé par son ouvrage, depuis le commencement jusqu’à la fin de la belle saison ? Observez qu’on perd beaucoup de temps quand on veut changer de coutume. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Admettons encore que tout ait été prévu, examiné &amp;amp; bien discuté, que l’on nous ait enfin bien convaincus de la bonté de l’innovation, où prendrions-nous l’argent nécessaire pour la suivre ? car, par le détail succinct que je viens de vous faire, vous avez dû juger qu’il en faut. Notre plus grande richesse est dans notre industrie; l’argent est très rare parmi nous, &amp;amp; nous ne pouvons en espérer que du produit de nos récoltes : si elles manquent par quelques accidents, nous ne savons où emprunter. Trouverions-nous plus aisément, si elles manquaient pour nous être livrés à des nouveautés ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous est donc ordonné de ne rien confier au hasard, Eh ! dans notre situation, le pouvons- nous ? Un ménage à soutenir, des enfants à élever, des gages à payer ; nos bâtiments à réparer, nos bestiaux à remplacer, nos journaliers à satisfaire, nos labours, nos outils, nos vêtements, nos maladies, la dîme, les frais de Baptême, de Mariage, d’enterrement ; les contraintes que nous éprouvons pour la taille, qu’il faut payer, quoique nous n’ayons pas vendu nos récoltes ni trouvé à vendre ; si quelque intempérie de la saison nous les a enlevées, il faut également s’exécuter, sans quoi les Huissiers, abusant presque toujours de leur pouvoir, nous forcent d’avoir recours à des emprunts usuraires, ou nous mettent dans le cas de faire des sacrifices qui, presque toujours donnent l’entrée à ces Officiers de Justices subalternes, fléau le plus affreux que nous puissions essuyer. Voilà, en raccourci, nos besoins, nos devoirs, notre situation. Quelles sont nos ressources ? Nos seules récoltes. Parlez, Monsieur ne serait-ce pas être insensé que de les aventurer ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que répondre ? je fus fort embarrassé &amp;amp; le serais peut-être davantage aujourd’hui. Je lui fis encore cette question — Vous ne croyez donc pas possible de faire quelques changements utiles à l’agriculture, de songer à la perfectionner ? — Pardonnez moi ; j’ai pensé qu’en faisant faire devant nous des expériences qui ne nous coûteraient rien, en établissant des caisses d’emprunts&amp;lt;ref&amp;gt; Qu’un pareil Mont-de-piété serait admirable ! Le propriétaire jouirait de son ((effet ?)) et emprunterait pour le réparer.&amp;lt;/ref) pour les propriétaires de fonds, &amp;amp; les cultivateurs, qui donneraient des sûretés ; en excitant notre émulation par quelques récompenses ou distinctions, on pourrait opérer de grands biens ; car si quelques essais pouvaient réussir assez pour présenter des avantages &amp;amp; des profits, &amp;amp; qu’il nous fût possible d’emprunter pour faire les premières avances, insensiblement l’Agriculture se réintégrerait ; l’aisance renaîtrait dans les campagnes, &amp;amp; les distinctions données à propos relèveraient le courage abattu de la classe d’hommes la plus nécessaire (on peut le dire), qui attend depuis longtemps qu’on apprenne à la plaindre, à connaître sa malheureuse situation, à ne plus la calomnier, &amp;amp; à la compter au moins pour quelque chose.  (p. 343-351)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
* Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture…'' Paris, 573 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56927z Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==O. Leclerc-Thouin, 1835. ''Maison rustique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle'', chap. X, Des assolements, ==&lt;br /&gt;
(Les gras sont de nous)&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;Section I&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt;, Théorie des assolements.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
§ VII. — Influence du manque de bras et de capitaux.&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
A côté du manque de bras, il faut placer celui des capitaux, qui en est souvent la première cause, et qui s’oppose d’une manière encore plus absolue à un changement subit de système. Ce n’est pas seulement pour payer les frais de main-d’œuvre, assez considérables, qu’exigent les binages, les buttages, les sarclages, etc. ; pour acquérir les instruments perfectionnés dont on ne peut se passer dans une exploitation où l’on a adopté ce genre de culture, que le besoin d’argent se fait sentir ; c’est aussi, et surtout, pour l’acquisition et l’entretien d’un plus grand nombre de bestiaux ; car, s’il est vrai que le principal avantage d’un bon assolement soit de produire en abondance des récoltes destinées à la nourriture des animaux et, selon les localités, à l’engraissement d’un plus ou moins grand nombre d’entre eux, afin de donner les moyens de fumer copieusement les terres et d’augmenter leur fertilité, tout en ajoutant aux récoltes de végétaux les produits souvent plus lucratifs d’un autre règne ; il l’est aussi qu’on ne peut arriver là sans dépenses premières, et que '''le capital d’une ferme doit être plus élevé lorsqu’on veut la cultiver sans jachère, que lorsqu’on persiste dans l’ancienne routine''', ou, en d’autres termes, que les avances doivent être proportionnées aux profits, comme dans toutes les autres branches d’industrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du reste, ces avances ne sont pas toutes de nature à être faites par le fermier. Le propriétaire ne s’aperçoit pas toujours assez qu’il doit y contribuer pour sa part. Les anciennes constructions rurales, par leur exiguïté, sont presque partout fort en arrière des besoins de l’époque actuelle ; non seulement des locataires plus nombreux y seraient fort mal à l’aise, mais ils n’y rencontreraient ni les greniers vastes et aérés indispensables à la conservation de leurs récoltes, de sorte qu’ils se verraient, plus encore qu’aujourd’hui, dans l’obligation de livrer parfois à vil prix les denrées dont ils trouveraient cependant avantage à différer la vente ; — ni les granges qui leur permettraient de reporter une partie des travaux de la récolte au moment où ils pourraient les effectuer sans nuire à leurs autres occupations ; — ni les étables et les bergeries susceptibles de recevoir commodément et sainement les bêtes bovines et ovines que la ferme peut nourrir. Cette dernière circonstance mérite d’être signalée d’autant plus sérieusement que l’excellente coutume de nourrir les bestiaux à l’étable, et de faire parquer le moins possible les troupeaux, commence à se répandre parmi nous. — Je dois renvoyer à ce sujet le lecteur au livre II, et à l’article Bâtiments ruraux du VIe livre de cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée des baux, qui devra aussi nous occuper ailleurs, est un autre point fort important dans la question que je traite. Les améliorations qu’un bon système d’assolement peut apporter au sol ne se font sentir que lentement. Il est juste que le fermier ait le temps d’en profiter ; d’ailleurs, en bornant outre mesure la durée de son bail, on le prive souvent d’une partie des ressources que lui offriraient autrement les cultures industrielles et les plantes fourragères ; on le contraint à ramener trop souvent les mêmes espèces sur les mêmes soles, au détriment de la propriété. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Tout considéré, on s’est donc souvent élevé avec plus de véhémence que de raison contre ce qu’on a cru devoir appeler la routine et l’entêtement des gens de la campagne, et l’on peut juger, d’après ce qui précède, que les améliorations ne sont pas toujours aussi faciles qu’on peut le croire en examinant superficiellement les questions agricoles'''. Les paysans tiennent certainement beaucoup, souvent beaucoup trop, à leurs anciennes habitudes ; cependant, s’ils prêtent peu l’oreille aux raisonnements abstraits, ils savent très bien ouvrir les yeux devant l’exemple du succès, et si les nouvelles pratiques ne se répandent pas partout aussi promptement, cela tient surtout à ce qu’elles ne sont pas partout aussi profitablement applicables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Discours de M. CAPUS, ancien ministre, député de la Gironde, au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès national des syndicats agricoles, Bordeaux, 5-7 juin 1926==&lt;br /&gt;
 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30414115 Texte intégral]&lt;br /&gt;
(…) Et quand j’entends parler de la routine agricole, il me suffit de citer ces exemples pour réfuter cette accusation. Voit-on souvent une industrie procéder à un pareil redressement comme celui qu’ont accompli les producteurs de vignes françaises, quand ils ont substitué, à ces vignobles détruits par le phylloxéra, la culture complètement nouvelle des vignes américaines greffées ? C’est bien commode, Messieurs, de dire que l’agriculture est routinière. En ce moment, il y a un éditeur parisien qui publie une petite bibliothèque charmante, mais un peu paradoxale : c’est l’éloge de quelques défauts : il y a l’éloge de la médisance, l’éloge de la gourmandise, etc. J’aurais bien envie d’y publier, moi, l’« éloge de la routine ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si je publiais « l’éloge de la routine », c’est surtout la routine agricole que je prendrais comme exemple, et je dirais qu’il y a de la routine à peu près partout, et que c’est en agriculture qu’il y en a le moins, et qu’elle est le plus justifiée. De la routine ? Mais est-ce qu’il n’y en a pas dans nos administrations ? dans nos coutumes judiciaires ? dans notre armée ? Et s’il n’y avait pas de journalistes ici, je dirais : N’y en a-t-il pas aussi dans la presse ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, Messieurs, le chapitre de mon petit ouvrage où je serais triomphant, ce serait celui où j’opposerais la routine agricole à la routine parlementaire. Tous les ans, au moment où on discute le budget de l'agriculture, nous avons des orateurs qui viennent dénoncer à la tribune la routine de l’agriculture française. Et j’ai envie de leur dire : « mais vous ne vous êtes donc pas regardés ? » [78] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, ne disons pas de mal de cette routine. C’est un ensemble de traditions où les siècles ont accumulé leur science. Et mon ami Cier se rappelle peut-être cette leçon du professeur Dehérain, – un de nos plus grands chimistes agronomes – qui nous démontrait que tout ce que la science a pu trouver dans la chimie agronomique, relativement au fumier, n’a fait que confirmer les données plusieurs fois séculaires d’Olivier de Serres. Et je montrerais aussi que cette soi-disant routine est quelquefois un garde-fou contre de prétendues innovations. Ce n’est pas tout d’introduire des innovations; il faut savoir les choisir ; une nouveauté n’est pas précisément un progrès ; et il y a, là aussi, le bon grain et l’ivraie. Et quelquefois, ce que nous appelons le progrès est tout simplement un mot anglais dont nous avons habillé une vieille routine. Si vous voulez, par exemple, que la marche devienne hygiénique, il faut l’appeler « footing ». Savez-vous que l’appellation culturale « dry farming », présentée comme une nouveauté, je l’ai retrouvée en Tunisie, dans la culture des oliviers, où elle a été apportée, il y a plusieurs siècles, par les colons romains ? Ne disons donc pas aussi facilement que notre agriculture est routinière. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==René de la Gorce. Préface à la 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition du ''Manuel d’agriculture'' de T. Genech de la Louvière, 1932.==&lt;br /&gt;
Je ne sais ce qui me vaut l’honneur de venir présenter à l’attention des agriculteurs et des jeunes gens de nos campagnes la sixième édition du Manuel d’agriculture qui passe aujourd’hui le cap du vingtième mille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être, en me confiant cette tâche, a-t-on pensé que, grâce à la formation théorique que j’ai reçue, alliée à la pratique de la culture depuis un tiers de siècle, je pourrais convaincre les plus incrédules de la nécessité du savoir dans la vie agricole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de fois avons-nous entendu dire : « La pratique compte seule pour le cultivateur ; la théorie lui est néfaste. » Si cette phrase, à l’heure actuelle, est moins souvent répétée, elle a encore des adeptes car ceux-ci n’ont jamais pris garde à se demander ce qu’on doit entendre par les mots : théorie et pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie est simplement l’explication de la pratique, la lumière dans les opérations journalières. On comprend dès lors tout l'intérêt du savoir pour se guider dans le travail; on comprend aussi, comme l’a dit Mme de Staël, qu’il n’y a que les gens médiocres qui mettent en opposition la théorie et la pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avouons cependant que, parfois, les faits ont donné raison aux détracteurs de la théorie. N’a-t-on pas vu de ces jeunes téméraires, sortant de l’école, mépriser les méthodes culturales d’un pays et mettre en pratique d’une façon déplorable leurs connaissances livresques ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces jeunes gens avaient méconnu les difficultés d’application de la science agricole ; celle-ci est si vaste, si complexe, si délicate à adapter aux milieux naturels différents qu’il est imprudent de l’appliquer sans tenir compte de l’expérience. Aussi, ne devons-nous pas faire fi de la routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce mot pourra choquer ici car il est souvent pris en mauvaise part et cependant nous n’hésitons pas à l’employer. Qu’est-ce, en effet, que la routine sinon l’usage, consacré par une longue expérience, de faire une chose toujours de la même manière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque pays agricole, les conditions naturelles guident le cultivateur, l’obligent à se mettre en garde contre des difficultés inhérentes au milieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce à dire cependant qu’il ne faut jamais s’affranchir de la routine de nos pères ? Prenons garde ; la profession agricole évolue chaque jour, profite des découvertes de la science, emploie des engrais nouveaux, a recours à des procédés d’alimentation inconnus de la génération qui a précédé, est soumise enfin à des difficultés économiques et sociales qui n’existaient pas autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’oublions pas, d’autre part, que la routine n’est qu’une « petite route », d’autant plus étroite et pleine d’embûches que la science ne vient pas éclairer le praticien ; ne dit-on pas couramment : suivre l’ornière de la routine, être esclave de la routine ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aidée par la science, au contraire, la « petite route » s’élargit ; elle devient une voie d’autant plus sûre, plus lumineuse que la connaissance de la théorie vient faire comprendre au cultivateur la raison de la pratique. C’est ainsi que les trois ensemble : théorie, pratique, routine servent à former d’excellents cultivateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Manuel d’Agriculture, rédigé d’une façon très claire et très précise, est d’une lecture facile pour tous ; il expose toutes les données de la science adaptées aux conditions naturelles du Nord de la France. Ses auteurs l’ont tenu constamment à jour de toutes les nouveautés ; c’est ainsi que, dans cette sixième édition, on a porté à la connaissance des lecteurs les engrais que les découvertes de la chimie ont permis de fabriquer depuis peu ; on a indiqué au cultivateur les variétés de blé que la science des sélectionneurs a rendues plus productives ; on lui apprend les nouvelles mesures législatives qu’il est indispensable de connaître; on met en lumière l’action des associations professionnelles qui coordonnent nos efforts et permettent de défendre nos intérêts professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce livre est cependant insuffisant pour former d’une façon complète un jeune agriculteur. Il n’a pas d’autre ambition que d’être pour lui une lumière qui éclairera et élargira sa « petite route ». On comprend dès lors son succès toujours grandissant comme Manuel des Études Agricoles par correspondance que nos grandes associations agricoles ont organisées depuis quelques années pour les jeunes gens désireux de devenir des cultivateurs éclairés, avertis de toutes les questions de production, d’échanges, ou d’organisation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait en quoi consistent les cours par correspondance ; pendant deux ou trois hivers successifs, les jeunes gens âgés de plus de seize ans, c’est-à-dire ayant déjà une habitude du travail agricole et, en même temps, une maturité d'esprit suffisante pour observer et analyser les faits de la pratique, rédigent chaque quinzaine un devoir qu’ils préparent en se servant du Manuel d’Agriculture et de notes explicatives données par un maître. La tâche de l`é1ève est d’appliquer les données de la science â une pratique agricole dans le milieu naturel où il se trouve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes qui corrigent les devoirs sont averties de la science et de la pratique, connaissent les exigences particulières de chaque pays et peuvent ainsi rectifier les erreurs d’observation de l'élève ou mettre en lumière les raisons de telle ou telle pratique culturale. Les jeunes gens profitent donc de l’expérience du correcteur, j’allais dire de sa routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi que les cours par correspondance constituent une école merveilleuse qui sait allier la science à la pratique consacrée par l’expérience, qui sait également développer le don d’observation chez le jeune cultivateur. Par cette méthode, celui-ci acquiert une pratique éclairée et l’exécution de ses travaux est dirigée par des principes de science et l’expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans elle, il piétine dans une pratique aveugle qui s’en tient à l’habitude de répéter toujours le même geste à la manière des êtres sans raison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div style=&amp;quot;text-align: right&amp;quot;&amp;gt;René de La Gorce,&lt;br /&gt;
Ingénieur agronome,&lt;br /&gt;
Membre de la Chambre d’Agriculture du Nord,&lt;br /&gt;
Vice-président de la Fédération agricole du Nord de la France,&lt;br /&gt;
Président de la Commission des Études agricoles par correspondance,&lt;br /&gt;
Agriculteur-Éleveur. &amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
Genech de la Louvière T., 1935. ''Manuel d’agriculture''. Paris, La Maison Rustique, 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; éd., 734 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5197</id>
		<title>Routine - Annexe 6</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5197"/>
		<updated>2026-01-28T11:24:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* O. Leclerc-Thouin, 1835. Maison rustique du XIXe siècle, chap. X, des assolements, section Ire, Théorie des assolements */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;4 juillet 2023&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Routine&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= Contre les accusations de routine =&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le Roy, 1756. Article &amp;lt;u&amp;gt;Fermier&amp;lt;/u&amp;gt; de l’''Encyclopédie'' (vol. 6)== &lt;br /&gt;
	On ne peut pas entreprendre de détailler tout ce qu’un fermier doit savoir pour diriger son labourage le mieux qu’il est possible. La théorie de l’agriculture est simple, les principes sont en petit nombre ; mais les circonstances obligent à les modifier de tant de manières, que les règles échappent à travers la foule des exceptions. La vraie science ne peut être enseignée que par la pratique, qui est la grande maîtresse des arts ; &amp;amp; elle n’est donnée dans toute son étendue, qu'à ceux qui sont nés avec du sens &amp;amp; de l’esprit. Pour ceux-là, nous pouvons assurer qu’ils savent beaucoup ; nous oserions presque dire qu’on n'en saura pas plus qu’eux, s’il n'était pas plus utile &amp;amp; plus doux d’espérer toujours des progrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Pourquoi les Philosophes, amis de l’humanité, qui ont tenté d'ouvrir des routes nouvelles dans l’agriculture, n'ont-ils pas eu cette opinion raisonnable de nos bons fermiers ? En se familiarisant avec eux, ils auraient trouvé dans des faits constants la solution de leurs problèmes ; ils se seraient épargné beaucoup d’expériences, en s'instruisant de celles qui sont déjà faites : faute de ce soin, ils ont quelquefois marché à tâtons dans un lieu qui n’était point obscur. (...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Les cultivateurs philosophes ont encore eu quelquefois un autre tort. Lorsqu’en proposant leurs découvertes ils ont trouvé dans les praticiens de la froideur ou de la répugnance, une vanité peu philosophique leur a fait envisager comme un effet de stupidité ou de mauvaise volonté, une disposition née d'une connaissance intime &amp;amp; profonde qui produit un pressentiment sûr. Les bons fermiers ne sont ni stupides ni malintentionnés ; une vraie science qu'ils doivent à une pratique réfléchie, les défend contre l’enthousiasme des nouveautés. Ce qu’ils savent les met dans le cas de juger promptement &amp;amp; sûrement des choses qui en sont voisines. Ils ne sont point séduits par les préjugés qui se perpétuent dans les livres : ils lisent peu, ils cultivent beaucoup ; &amp;amp; la nature qu'ils observent avec intérêt, mais sans passion, ne les trompe point sur des faits simples. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	On voit combien les véritables connaissances en agriculture, dépendent de la pratique, par l’exemple d’un grand nombre de personnes qui ont essayé sans succès de faire valoir leurs terres ; cependant parmi ceux qui ont fait ces tentatives malheureuses, il s’en est trouvé qui ne manquaient ni de sens ni d’esprit, &amp;amp; qui n'avaient pas négligé de s’instruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture''==&lt;br /&gt;
La France, par sa situation &amp;amp; son sol, recèle dans son sein une énorme quantité de plantes qu’il suffirait de cultiver pour les rendre propres à la nourriture, ou être employées contre les maladies. Je suis convaincu que cela doit être, car si le quinquina est nécessaire aux fièvres qui sans cesse nous tourmentent, pourquoi la Providence ne l’a-t-elle pas fait naître sous le ciel que nous habitons ? Pourquoi ? C’est que sans doute elle y a sagement pourvu en nous donnant quelque autre plante qui a la même propriété. Mais notre amour pour les plantes lointaines, notre indifférence pour celles que nous foulons à nos pieds, notre aversion pour le travail, le mépris que nous accordons si gratuitement au Laboureur qui nous nourrit, nous a fait prendre le change sur nos vrais intérêts. D’autres personnes ont dit tout cela avant moi ; qu’a-t-on répondu ? que la routine &amp;amp; l'entêtement des paysans étaient la cause qui avait empêché l’agriculture de faire les mêmes progrès que les autres Sciences. Mais a-t-on réfléchi aux raisons qu’ils ont à alléguer ? Les a-t on jamais interrogés ? Non. Je crois faire plaisir à mes Lecteurs en leur  rapportant une conversation que j’ai eue à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Prévenu par les livres que je consultais lorsque que je voulus me livrer entièrement à l'Agriculture, &amp;amp; trompé par quelques apparences, je m'avisai de faire le même reproche. Vous nous jugez sans nous connaître, &amp;amp; sans connaître notre position, me dit un jour un Laboureur respectable autant par ses connaissances que par son âge : vous êtes jeune &amp;amp; dans un âge où les premières impressions jettent de profondes racines ; il est donc essentiel qu'elles soient bonnes ; continuez à mettre la main à l’œuvre : alors, nous ayant étudiés, vous nous jugerez par vous-même, &amp;amp; nous rendrez plus de justice que ne font ordinairement ceux qui nous condamnent sur parole. — Vous conviendrez, lui répartis-je, que tous les Arts peuvent se perfectionner, que l’Agriculture en est un, &amp;amp; qu’il en est encore bien éloigné. — Sans doute : eh qui peut en douter ? répliqua-t-il. — Eh bien, pourquoi vous refusez-vous donc constamment aux procédés que vous proposent des gens habiles &amp;amp; éclairés ? — D’abord, il n’est pas vrai que nous nous refusions constamment à tout ce qu'on nous propose. La culture du bled d’Espagne &amp;lt;ref&amp;gt; Dans la province du Béarn, où cette conversation a eu lieu, on appelle le maïs, bled d’Espagne.&amp;lt;/ref&amp;gt; n’est pas bien ancienne dans cette Province, &amp;amp; cependant elle est devenue notre récolte principale. La marne était inconnue à nos aïeux, &amp;amp; cependant nous en faisons usage. — Mais combien n’a-t-il pas fallu d’années pour les introduire ? Ne conviendrez-vous pas que les premiers qui les ont rejetés ont eu tort ? Non. — Comment ? Est-il prudent de se livrer sans réflexion à ce qu'on ne connaît pas ? — Mais peut-on taxer d’imprudence les essais raisonnés de ceux qui se livrent à des tentatives judicieuses ? Pourquoi refusez-vous une culture qu’on vous assure être avantageuse ? Pourquoi rejetez-vous des engrais qui peuvent multiplier ceux que vous avez ? pourquoi ne pas profiter des moyens d’obtenir une épargne sur la semence &amp;lt;ref&amp;gt; Voilà un des systèmes des Économistes ; il semble qu’aujourd’hui on voudrait le rajeunir.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;amp; la main d’œuvre ? Il me semble que si chaque propriétaire faisait en petit ce qu’on lui indique, votre art ferait des progrès, &amp;amp; marcherait à grands pas vers la perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cela est fort aisé à dire : mais a-t-on jamais bien réfléchi sur les raisons qui nous en empêchent, &amp;amp; sur les causes qui nous en détournent ? — Apparemment qu’on n’en a point trouvé de vraiment essentielles, puisque depuis très longtemps on déclame contre vos préjugés, votre routine. — Il fallait nous consulter ; alors, peut-être, aurait-on été moins tranchant. — Vous croyez donc avoir des raisons bien puissantes ? — Prononcez : en voici quelques-unes. D’abord, quelle confiance pouvons-nous avoir dans ce que nous dit un homme dont la plupart des discours sont exagérés, qui nous conseille souvent des choses impraticables, soit dans l’exécution, soit par l’impossibilité où nous sommes de les comprendre, qui veut nous donner des avis sur un art dont il ne connaît pas les premiers éléments de pratique ; qui très souvent dépense beaucoup &amp;amp; n’a point de succès ; qui nous vante des cultures dont il prétend qu'on fait usage dans des pays où jamais il n’a mis les pieds ; qui d’ailleurs ignore si elles seraient propres à notre canton, à notre climat, à notre sol ; qui nous met dans les mains des outils compliqués que nous ne savons ni conduire ni raccommoder lorsqu’ils se dérangent ; qui nous prescrit un mélange d’engrais difficiles à combiner ; qui voudrait enfin multiplier nos travaux, en nous conseillant tels ou tels grains que nous ne connaissons pas ? Supposons maintenant que cet innovateur mérite toute notre confiance, &amp;amp; qu’il fût à souhaiter que nous puissions faire usage de tous ses procédés, ne serait-il pas nécessaire qu’il vînt parmi nous étudier notre langage, nos usages, nos mœurs, pour se mettre à notre portée, &amp;amp; nous instruire suivant notre intelligence ? Ne faudrait il pas qu’il fût labourer bêcher, &amp;amp;c. pour nous en imposer par son exemple &amp;amp; ses réussites ? Ne serait il pas à désirer qu’il fût de notre Province ou qu’il y eût demeuré assez longtemps pour connaître la qualité de nos terres, afin d’y adapter, avec connaissance de cause, une culture nouvelle ? S’il avait des outils plus simples que les nôtres, mieux proportionnés, plus faciles à employer, ne serait-ce pas à lui à en faire usage pour nous enseigner la manière d’en tirer parti ? N’'aurait-il pas contracté l’obligation de nous apprendre à les conduire &amp;amp; à les raccommoder lorsqu’ils se dérangent. On sait qu’il n’y a rien de plus maladroit que les ouvriers dans la campagne, lorsqu’on les sort de ce qu’ils ont accoutumé de faire. Si l’outil était compliqué, où en serait-on ? Dans le cas où ce respectable Agriculteur proposerait quelques nouveaux engrais, ne faudrait-il pas, premièrement, qu’il se fût assuré qu’on pourrait en faire ou en trouver facilement ? Secondement, qu'il eut la certitude qu’il s’accorderait avec la qualité des terres du pays ? Troisièmement, qu’il eût calculé si la dépense pour se les procurer n’excédera pas le bénéfice sur lequel on doit compter ? Enfin, s’'il veut introduire quelques semences étrangères notre pays, ne faudrait-il pas qu’il pût nous assurer les débouchés, nous procurer plus de bras en raison de la diversité des récoltes, plus de bestiaux pour fournir aux labours, plus de fourrages pour entretenir les bestiaux, plus de bâtiments pour serrer les différentes récoltes, plus de temps pour faire tous les travaux ? Car quel est le cultivateur qui n’est pas toujours commandé par son ouvrage, depuis le commencement jusqu’à la fin de la belle saison ? Observez qu’on perd beaucoup de temps quand on veut changer de coutume. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Admettons encore que tout ait été prévu, examiné &amp;amp; bien discuté, que l’on nous ait enfin bien convaincus de la bonté de l’innovation, où prendrions-nous l’argent nécessaire pour la suivre ? car, par le détail succinct que je viens de vous faire, vous avez dû juger qu’il en faut. Notre plus grande richesse est dans notre industrie; l’argent est très rare parmi nous, &amp;amp; nous ne pouvons en espérer que du produit de nos récoltes : si elles manquent par quelques accidents, nous ne savons où emprunter. Trouverions-nous plus aisément, si elles manquaient pour nous être livrés à des nouveautés ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous est donc ordonné de ne rien confier au hasard, Eh ! dans notre situation, le pouvons- nous ? Un ménage à soutenir, des enfants à élever, des gages à payer ; nos bâtiments à réparer, nos bestiaux à remplacer, nos journaliers à satisfaire, nos labours, nos outils, nos vêtements, nos maladies, la dîme, les frais de Baptême, de Mariage, d’enterrement ; les contraintes que nous éprouvons pour la taille, qu’il faut payer, quoique nous n’ayons pas vendu nos récoltes ni trouvé à vendre ; si quelque intempérie de la saison nous les a enlevées, il faut également s’exécuter, sans quoi les Huissiers, abusant presque toujours de leur pouvoir, nous forcent d’avoir recours à des emprunts usuraires, ou nous mettent dans le cas de faire des sacrifices qui, presque toujours donnent l’entrée à ces Officiers de Justices subalternes, fléau le plus affreux que nous puissions essuyer. Voilà, en raccourci, nos besoins, nos devoirs, notre situation. Quelles sont nos ressources ? Nos seules récoltes. Parlez, Monsieur ne serait-ce pas être insensé que de les aventurer ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que répondre ? je fus fort embarrassé &amp;amp; le serais peut-être davantage aujourd’hui. Je lui fis encore cette question — Vous ne croyez donc pas possible de faire quelques changements utiles à l’agriculture, de songer à la perfectionner ? — Pardonnez moi ; j’ai pensé qu’en faisant faire devant nous des expériences qui ne nous coûteraient rien, en établissant des caisses d’emprunts&amp;lt;ref&amp;gt; Qu’un pareil Mont-de-piété serait admirable ! Le propriétaire jouirait de son ((effet ?)) et emprunterait pour le réparer.&amp;lt;/ref) pour les propriétaires de fonds, &amp;amp; les cultivateurs, qui donneraient des sûretés ; en excitant notre émulation par quelques récompenses ou distinctions, on pourrait opérer de grands biens ; car si quelques essais pouvaient réussir assez pour présenter des avantages &amp;amp; des profits, &amp;amp; qu’il nous fût possible d’emprunter pour faire les premières avances, insensiblement l’Agriculture se réintégrerait ; l’aisance renaîtrait dans les campagnes, &amp;amp; les distinctions données à propos relèveraient le courage abattu de la classe d’hommes la plus nécessaire (on peut le dire), qui attend depuis longtemps qu’on apprenne à la plaindre, à connaître sa malheureuse situation, à ne plus la calomnier, &amp;amp; à la compter au moins pour quelque chose.  (p. 343-351)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
* Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture…'' Paris, 573 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56927z Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==O. Leclerc-Thouin, 1835. ''Maison rustique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle'', chap. X, Des assolements, section I&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt;, Théorie des assolements==&lt;br /&gt;
(Les souligné sont de nous)&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''§ VII. — Influence du manque de bras et de capitaux.'''&lt;br /&gt;
A côté du manque de bras, il faut placer celui des capitaux, qui en est souvent la première cause, et qui s’oppose d’une manière encore plus absolue à un changement subit de système. Ce n’est pas seulement pour payer les frais de main-d’œuvre, assez considérables, qu’exigent les binages, les buttages, les sarclages, etc. ; pour acquérir les instruments perfectionnés dont on ne peut se passer dans une exploitation où l’on a adopté ce genre de culture, que le besoin d’argent se fait sentir ; c’est aussi, et surtout, pour l’acquisition et l’entretien d’un plus grand nombre de bestiaux ; car, s’il est vrai que le principal avantage d’un bon assolement soit de produire en abondance des récoltes destinées à la nourriture des animaux et, selon les localités, à l’engraissement d’un plus ou moins grand nombre d’entre eux, afin de donner les moyens de fumer copieusement les terres et d’augmenter leur fertilité, tout en ajoutant aux récoltes de végétaux les produits souvent plus lucratifs d’un autre règne ; il l’est aussi qu’on ne peut arriver là sans dépenses premières, et que '''le capital d’une ferme doit être plus élevé lorsqu’on veut la cultiver sans jachère, que lorsqu’on persiste dans l’ancienne routine''', ou, en d’autres termes, que les avances doivent être proportionnées aux profits, comme dans toutes les autres branches d’industrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du reste, ces avances ne sont pas toutes de nature à être faites par le fermier. Le propriétaire ne s’aperçoit pas toujours assez qu’il doit y contribuer pour sa part. Les anciennes constructions rurales, par leur exiguïté, sont presque partout fort en arrière des besoins de l’époque actuelle ; non seulement des locataires plus nombreux y seraient fort mal à l’aise, mais ils n’y rencontreraient ni les greniers vastes et aérés indispensables à la conservation de leurs récoltes, de sorte qu’ils se verraient, plus encore qu’aujourd’hui, dans l’obligation de livrer parfois à vil prix les denrées dont ils trouveraient cependant avantage à différer la vente ; — ni les granges qui leur permettraient de reporter une partie des travaux de la récolte au moment où ils pourraient les effectuer sans nuire à leurs autres occupations ; — ni les étables et les bergeries susceptibles de recevoir commodément et sainement les bêtes bovines et ovines que la ferme peut nourrir. Cette dernière circonstance mérite d’être signalée d’autant plus sérieusement que l’excellente coutume de nourrir les bestiaux à l’étable, et de faire parquer le moins possible les troupeaux, commence à se répandre parmi nous. — Je dois renvoyer à ce sujet le lecteur au livre II, et à l’article Bâtiments ruraux du VIe livre de cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée des baux, qui devra aussi nous occuper ailleurs, est un autre point fort important dans la question que je traite. Les améliorations qu’un bon système d’assolement peut apporter au sol ne se font sentir que lentement. Il est juste que le fermier ait le temps d’en profiter ; d’ailleurs, en bornant outre mesure la durée de son bail, on le prive souvent d’une partie des ressources que lui offriraient autrement les cultures industrielles et les plantes fourragères ; on le contraint à ramener trop souvent les mêmes espèces sur les mêmes soles, au détriment de la propriété. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Tout considéré, on s’est donc souvent élevé avec plus de véhémence que de raison contre ce qu’on a cru devoir appeler la routine et l’entêtement des gens de la campagne, et l’on peut juger, d’après ce qui précède, que les améliorations ne sont pas toujours aussi faciles qu’on peut le croire en examinant superficiellement les questions agricoles'''. Les paysans tiennent certainement beaucoup, souvent beaucoup trop, à leurs anciennes habitudes ; cependant, s’ils prêtent peu l’oreille aux raisonnements abstraits, ils savent très bien ouvrir les yeux devant l’exemple du succès, et si les nouvelles pratiques ne se répandent pas partout aussi promptement, cela tient surtout à ce qu’elles ne sont pas partout aussi profitablement applicables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Discours de M. CAPUS, ancien ministre, député de la Gironde, au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès national des syndicats agricoles, Bordeaux, 5-7 juin 1926==&lt;br /&gt;
 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30414115 Texte intégral]&lt;br /&gt;
(…) Et quand j’entends parler de la routine agricole, il me suffit de citer ces exemples pour réfuter cette accusation. Voit-on souvent une industrie procéder à un pareil redressement comme celui qu’ont accompli les producteurs de vignes françaises, quand ils ont substitué, à ces vignobles détruits par le phylloxéra, la culture complètement nouvelle des vignes américaines greffées ? C’est bien commode, Messieurs, de dire que l’agriculture est routinière. En ce moment, il y a un éditeur parisien qui publie une petite bibliothèque charmante, mais un peu paradoxale : c’est l’éloge de quelques défauts : il y a l’éloge de la médisance, l’éloge de la gourmandise, etc. J’aurais bien envie d’y publier, moi, l’« éloge de la routine ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si je publiais « l’éloge de la routine », c’est surtout la routine agricole que je prendrais comme exemple, et je dirais qu’il y a de la routine à peu près partout, et que c’est en agriculture qu’il y en a le moins, et qu’elle est le plus justifiée. De la routine ? Mais est-ce qu’il n’y en a pas dans nos administrations ? dans nos coutumes judiciaires ? dans notre armée ? Et s’il n’y avait pas de journalistes ici, je dirais : N’y en a-t-il pas aussi dans la presse ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, Messieurs, le chapitre de mon petit ouvrage où je serais triomphant, ce serait celui où j’opposerais la routine agricole à la routine parlementaire. Tous les ans, au moment où on discute le budget de l'agriculture, nous avons des orateurs qui viennent dénoncer à la tribune la routine de l’agriculture française. Et j’ai envie de leur dire : « mais vous ne vous êtes donc pas regardés ? » [78] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, ne disons pas de mal de cette routine. C’est un ensemble de traditions où les siècles ont accumulé leur science. Et mon ami Cier se rappelle peut-être cette leçon du professeur Dehérain, – un de nos plus grands chimistes agronomes – qui nous démontrait que tout ce que la science a pu trouver dans la chimie agronomique, relativement au fumier, n’a fait que confirmer les données plusieurs fois séculaires d’Olivier de Serres. Et je montrerais aussi que cette soi-disant routine est quelquefois un garde-fou contre de prétendues innovations. Ce n’est pas tout d’introduire des innovations; il faut savoir les choisir ; une nouveauté n’est pas précisément un progrès ; et il y a, là aussi, le bon grain et l’ivraie. Et quelquefois, ce que nous appelons le progrès est tout simplement un mot anglais dont nous avons habillé une vieille routine. Si vous voulez, par exemple, que la marche devienne hygiénique, il faut l’appeler « footing ». Savez-vous que l’appellation culturale « dry farming », présentée comme une nouveauté, je l’ai retrouvée en Tunisie, dans la culture des oliviers, où elle a été apportée, il y a plusieurs siècles, par les colons romains ? Ne disons donc pas aussi facilement que notre agriculture est routinière. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==René de la Gorce. Préface à la 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition du ''Manuel d’agriculture'' de T. Genech de la Louvière, 1932.==&lt;br /&gt;
Je ne sais ce qui me vaut l’honneur de venir présenter à l’attention des agriculteurs et des jeunes gens de nos campagnes la sixième édition du Manuel d’agriculture qui passe aujourd’hui le cap du vingtième mille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être, en me confiant cette tâche, a-t-on pensé que, grâce à la formation théorique que j’ai reçue, alliée à la pratique de la culture depuis un tiers de siècle, je pourrais convaincre les plus incrédules de la nécessité du savoir dans la vie agricole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de fois avons-nous entendu dire : « La pratique compte seule pour le cultivateur ; la théorie lui est néfaste. » Si cette phrase, à l’heure actuelle, est moins souvent répétée, elle a encore des adeptes car ceux-ci n’ont jamais pris garde à se demander ce qu’on doit entendre par les mots : théorie et pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie est simplement l’explication de la pratique, la lumière dans les opérations journalières. On comprend dès lors tout l'intérêt du savoir pour se guider dans le travail; on comprend aussi, comme l’a dit Mme de Staël, qu’il n’y a que les gens médiocres qui mettent en opposition la théorie et la pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avouons cependant que, parfois, les faits ont donné raison aux détracteurs de la théorie. N’a-t-on pas vu de ces jeunes téméraires, sortant de l’école, mépriser les méthodes culturales d’un pays et mettre en pratique d’une façon déplorable leurs connaissances livresques ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces jeunes gens avaient méconnu les difficultés d’application de la science agricole ; celle-ci est si vaste, si complexe, si délicate à adapter aux milieux naturels différents qu’il est imprudent de l’appliquer sans tenir compte de l’expérience. Aussi, ne devons-nous pas faire fi de la routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce mot pourra choquer ici car il est souvent pris en mauvaise part et cependant nous n’hésitons pas à l’employer. Qu’est-ce, en effet, que la routine sinon l’usage, consacré par une longue expérience, de faire une chose toujours de la même manière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque pays agricole, les conditions naturelles guident le cultivateur, l’obligent à se mettre en garde contre des difficultés inhérentes au milieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce à dire cependant qu’il ne faut jamais s’affranchir de la routine de nos pères ? Prenons garde ; la profession agricole évolue chaque jour, profite des découvertes de la science, emploie des engrais nouveaux, a recours à des procédés d’alimentation inconnus de la génération qui a précédé, est soumise enfin à des difficultés économiques et sociales qui n’existaient pas autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’oublions pas, d’autre part, que la routine n’est qu’une « petite route », d’autant plus étroite et pleine d’embûches que la science ne vient pas éclairer le praticien ; ne dit-on pas couramment : suivre l’ornière de la routine, être esclave de la routine ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aidée par la science, au contraire, la « petite route » s’élargit ; elle devient une voie d’autant plus sûre, plus lumineuse que la connaissance de la théorie vient faire comprendre au cultivateur la raison de la pratique. C’est ainsi que les trois ensemble : théorie, pratique, routine servent à former d’excellents cultivateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Manuel d’Agriculture, rédigé d’une façon très claire et très précise, est d’une lecture facile pour tous ; il expose toutes les données de la science adaptées aux conditions naturelles du Nord de la France. Ses auteurs l’ont tenu constamment à jour de toutes les nouveautés ; c’est ainsi que, dans cette sixième édition, on a porté à la connaissance des lecteurs les engrais que les découvertes de la chimie ont permis de fabriquer depuis peu ; on a indiqué au cultivateur les variétés de blé que la science des sélectionneurs a rendues plus productives ; on lui apprend les nouvelles mesures législatives qu’il est indispensable de connaître; on met en lumière l’action des associations professionnelles qui coordonnent nos efforts et permettent de défendre nos intérêts professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce livre est cependant insuffisant pour former d’une façon complète un jeune agriculteur. Il n’a pas d’autre ambition que d’être pour lui une lumière qui éclairera et élargira sa « petite route ». On comprend dès lors son succès toujours grandissant comme Manuel des Études Agricoles par correspondance que nos grandes associations agricoles ont organisées depuis quelques années pour les jeunes gens désireux de devenir des cultivateurs éclairés, avertis de toutes les questions de production, d’échanges, ou d’organisation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait en quoi consistent les cours par correspondance ; pendant deux ou trois hivers successifs, les jeunes gens âgés de plus de seize ans, c’est-à-dire ayant déjà une habitude du travail agricole et, en même temps, une maturité d'esprit suffisante pour observer et analyser les faits de la pratique, rédigent chaque quinzaine un devoir qu’ils préparent en se servant du Manuel d’Agriculture et de notes explicatives données par un maître. La tâche de l`é1ève est d’appliquer les données de la science â une pratique agricole dans le milieu naturel où il se trouve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes qui corrigent les devoirs sont averties de la science et de la pratique, connaissent les exigences particulières de chaque pays et peuvent ainsi rectifier les erreurs d’observation de l'élève ou mettre en lumière les raisons de telle ou telle pratique culturale. Les jeunes gens profitent donc de l’expérience du correcteur, j’allais dire de sa routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi que les cours par correspondance constituent une école merveilleuse qui sait allier la science à la pratique consacrée par l’expérience, qui sait également développer le don d’observation chez le jeune cultivateur. Par cette méthode, celui-ci acquiert une pratique éclairée et l’exécution de ses travaux est dirigée par des principes de science et l’expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans elle, il piétine dans une pratique aveugle qui s’en tient à l’habitude de répéter toujours le même geste à la manière des êtres sans raison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div style=&amp;quot;text-align: right&amp;quot;&amp;gt;René de La Gorce,&lt;br /&gt;
Ingénieur agronome,&lt;br /&gt;
Membre de la Chambre d’Agriculture du Nord,&lt;br /&gt;
Vice-président de la Fédération agricole du Nord de la France,&lt;br /&gt;
Président de la Commission des Études agricoles par correspondance,&lt;br /&gt;
Agriculteur-Éleveur. &amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
Genech de la Louvière T., 1935. ''Manuel d’agriculture''. Paris, La Maison Rustique, 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; éd., 734 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5196</id>
		<title>Routine - Annexe 6</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine_-_Annexe_6&amp;diff=5196"/>
		<updated>2026-01-28T11:23:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Contre les accusations de routine */ Ajout citation&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt;4 juillet 2023&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Routine&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
= Contre les accusations de routine =&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le Roy, 1756. Article &amp;lt;u&amp;gt;Fermier&amp;lt;/u&amp;gt; de l’''Encyclopédie'' (vol. 6)== &lt;br /&gt;
	On ne peut pas entreprendre de détailler tout ce qu’un fermier doit savoir pour diriger son labourage le mieux qu’il est possible. La théorie de l’agriculture est simple, les principes sont en petit nombre ; mais les circonstances obligent à les modifier de tant de manières, que les règles échappent à travers la foule des exceptions. La vraie science ne peut être enseignée que par la pratique, qui est la grande maîtresse des arts ; &amp;amp; elle n’est donnée dans toute son étendue, qu'à ceux qui sont nés avec du sens &amp;amp; de l’esprit. Pour ceux-là, nous pouvons assurer qu’ils savent beaucoup ; nous oserions presque dire qu’on n'en saura pas plus qu’eux, s’il n'était pas plus utile &amp;amp; plus doux d’espérer toujours des progrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Pourquoi les Philosophes, amis de l’humanité, qui ont tenté d'ouvrir des routes nouvelles dans l’agriculture, n'ont-ils pas eu cette opinion raisonnable de nos bons fermiers ? En se familiarisant avec eux, ils auraient trouvé dans des faits constants la solution de leurs problèmes ; ils se seraient épargné beaucoup d’expériences, en s'instruisant de celles qui sont déjà faites : faute de ce soin, ils ont quelquefois marché à tâtons dans un lieu qui n’était point obscur. (...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Les cultivateurs philosophes ont encore eu quelquefois un autre tort. Lorsqu’en proposant leurs découvertes ils ont trouvé dans les praticiens de la froideur ou de la répugnance, une vanité peu philosophique leur a fait envisager comme un effet de stupidité ou de mauvaise volonté, une disposition née d'une connaissance intime &amp;amp; profonde qui produit un pressentiment sûr. Les bons fermiers ne sont ni stupides ni malintentionnés ; une vraie science qu'ils doivent à une pratique réfléchie, les défend contre l’enthousiasme des nouveautés. Ce qu’ils savent les met dans le cas de juger promptement &amp;amp; sûrement des choses qui en sont voisines. Ils ne sont point séduits par les préjugés qui se perpétuent dans les livres : ils lisent peu, ils cultivent beaucoup ; &amp;amp; la nature qu'ils observent avec intérêt, mais sans passion, ne les trompe point sur des faits simples. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	On voit combien les véritables connaissances en agriculture, dépendent de la pratique, par l’exemple d’un grand nombre de personnes qui ont essayé sans succès de faire valoir leurs terres ; cependant parmi ceux qui ont fait ces tentatives malheureuses, il s’en est trouvé qui ne manquaient ni de sens ni d’esprit, &amp;amp; qui n'avaient pas négligé de s’instruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture''==&lt;br /&gt;
La France, par sa situation &amp;amp; son sol, recèle dans son sein une énorme quantité de plantes qu’il suffirait de cultiver pour les rendre propres à la nourriture, ou être employées contre les maladies. Je suis convaincu que cela doit être, car si le quinquina est nécessaire aux fièvres qui sans cesse nous tourmentent, pourquoi la Providence ne l’a-t-elle pas fait naître sous le ciel que nous habitons ? Pourquoi ? C’est que sans doute elle y a sagement pourvu en nous donnant quelque autre plante qui a la même propriété. Mais notre amour pour les plantes lointaines, notre indifférence pour celles que nous foulons à nos pieds, notre aversion pour le travail, le mépris que nous accordons si gratuitement au Laboureur qui nous nourrit, nous a fait prendre le change sur nos vrais intérêts. D’autres personnes ont dit tout cela avant moi ; qu’a-t-on répondu ? que la routine &amp;amp; l'entêtement des paysans étaient la cause qui avait empêché l’agriculture de faire les mêmes progrès que les autres Sciences. Mais a-t-on réfléchi aux raisons qu’ils ont à alléguer ? Les a-t on jamais interrogés ? Non. Je crois faire plaisir à mes Lecteurs en leur  rapportant une conversation que j’ai eue à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Prévenu par les livres que je consultais lorsque que je voulus me livrer entièrement à l'Agriculture, &amp;amp; trompé par quelques apparences, je m'avisai de faire le même reproche. Vous nous jugez sans nous connaître, &amp;amp; sans connaître notre position, me dit un jour un Laboureur respectable autant par ses connaissances que par son âge : vous êtes jeune &amp;amp; dans un âge où les premières impressions jettent de profondes racines ; il est donc essentiel qu'elles soient bonnes ; continuez à mettre la main à l’œuvre : alors, nous ayant étudiés, vous nous jugerez par vous-même, &amp;amp; nous rendrez plus de justice que ne font ordinairement ceux qui nous condamnent sur parole. — Vous conviendrez, lui répartis-je, que tous les Arts peuvent se perfectionner, que l’Agriculture en est un, &amp;amp; qu’il en est encore bien éloigné. — Sans doute : eh qui peut en douter ? répliqua-t-il. — Eh bien, pourquoi vous refusez-vous donc constamment aux procédés que vous proposent des gens habiles &amp;amp; éclairés ? — D’abord, il n’est pas vrai que nous nous refusions constamment à tout ce qu'on nous propose. La culture du bled d’Espagne &amp;lt;ref&amp;gt; Dans la province du Béarn, où cette conversation a eu lieu, on appelle le maïs, bled d’Espagne.&amp;lt;/ref&amp;gt; n’est pas bien ancienne dans cette Province, &amp;amp; cependant elle est devenue notre récolte principale. La marne était inconnue à nos aïeux, &amp;amp; cependant nous en faisons usage. — Mais combien n’a-t-il pas fallu d’années pour les introduire ? Ne conviendrez-vous pas que les premiers qui les ont rejetés ont eu tort ? Non. — Comment ? Est-il prudent de se livrer sans réflexion à ce qu'on ne connaît pas ? — Mais peut-on taxer d’imprudence les essais raisonnés de ceux qui se livrent à des tentatives judicieuses ? Pourquoi refusez-vous une culture qu’on vous assure être avantageuse ? Pourquoi rejetez-vous des engrais qui peuvent multiplier ceux que vous avez ? pourquoi ne pas profiter des moyens d’obtenir une épargne sur la semence &amp;lt;ref&amp;gt; Voilà un des systèmes des Économistes ; il semble qu’aujourd’hui on voudrait le rajeunir.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;amp; la main d’œuvre ? Il me semble que si chaque propriétaire faisait en petit ce qu’on lui indique, votre art ferait des progrès, &amp;amp; marcherait à grands pas vers la perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cela est fort aisé à dire : mais a-t-on jamais bien réfléchi sur les raisons qui nous en empêchent, &amp;amp; sur les causes qui nous en détournent ? — Apparemment qu’on n’en a point trouvé de vraiment essentielles, puisque depuis très longtemps on déclame contre vos préjugés, votre routine. — Il fallait nous consulter ; alors, peut-être, aurait-on été moins tranchant. — Vous croyez donc avoir des raisons bien puissantes ? — Prononcez : en voici quelques-unes. D’abord, quelle confiance pouvons-nous avoir dans ce que nous dit un homme dont la plupart des discours sont exagérés, qui nous conseille souvent des choses impraticables, soit dans l’exécution, soit par l’impossibilité où nous sommes de les comprendre, qui veut nous donner des avis sur un art dont il ne connaît pas les premiers éléments de pratique ; qui très souvent dépense beaucoup &amp;amp; n’a point de succès ; qui nous vante des cultures dont il prétend qu'on fait usage dans des pays où jamais il n’a mis les pieds ; qui d’ailleurs ignore si elles seraient propres à notre canton, à notre climat, à notre sol ; qui nous met dans les mains des outils compliqués que nous ne savons ni conduire ni raccommoder lorsqu’ils se dérangent ; qui nous prescrit un mélange d’engrais difficiles à combiner ; qui voudrait enfin multiplier nos travaux, en nous conseillant tels ou tels grains que nous ne connaissons pas ? Supposons maintenant que cet innovateur mérite toute notre confiance, &amp;amp; qu’il fût à souhaiter que nous puissions faire usage de tous ses procédés, ne serait-il pas nécessaire qu’il vînt parmi nous étudier notre langage, nos usages, nos mœurs, pour se mettre à notre portée, &amp;amp; nous instruire suivant notre intelligence ? Ne faudrait il pas qu’il fût labourer bêcher, &amp;amp;c. pour nous en imposer par son exemple &amp;amp; ses réussites ? Ne serait il pas à désirer qu’il fût de notre Province ou qu’il y eût demeuré assez longtemps pour connaître la qualité de nos terres, afin d’y adapter, avec connaissance de cause, une culture nouvelle ? S’il avait des outils plus simples que les nôtres, mieux proportionnés, plus faciles à employer, ne serait-ce pas à lui à en faire usage pour nous enseigner la manière d’en tirer parti ? N’'aurait-il pas contracté l’obligation de nous apprendre à les conduire &amp;amp; à les raccommoder lorsqu’ils se dérangent. On sait qu’il n’y a rien de plus maladroit que les ouvriers dans la campagne, lorsqu’on les sort de ce qu’ils ont accoutumé de faire. Si l’outil était compliqué, où en serait-on ? Dans le cas où ce respectable Agriculteur proposerait quelques nouveaux engrais, ne faudrait-il pas, premièrement, qu’il se fût assuré qu’on pourrait en faire ou en trouver facilement ? Secondement, qu'il eut la certitude qu’il s’accorderait avec la qualité des terres du pays ? Troisièmement, qu’il eût calculé si la dépense pour se les procurer n’excédera pas le bénéfice sur lequel on doit compter ? Enfin, s’'il veut introduire quelques semences étrangères notre pays, ne faudrait-il pas qu’il pût nous assurer les débouchés, nous procurer plus de bras en raison de la diversité des récoltes, plus de bestiaux pour fournir aux labours, plus de fourrages pour entretenir les bestiaux, plus de bâtiments pour serrer les différentes récoltes, plus de temps pour faire tous les travaux ? Car quel est le cultivateur qui n’est pas toujours commandé par son ouvrage, depuis le commencement jusqu’à la fin de la belle saison ? Observez qu’on perd beaucoup de temps quand on veut changer de coutume. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Admettons encore que tout ait été prévu, examiné &amp;amp; bien discuté, que l’on nous ait enfin bien convaincus de la bonté de l’innovation, où prendrions-nous l’argent nécessaire pour la suivre ? car, par le détail succinct que je viens de vous faire, vous avez dû juger qu’il en faut. Notre plus grande richesse est dans notre industrie; l’argent est très rare parmi nous, &amp;amp; nous ne pouvons en espérer que du produit de nos récoltes : si elles manquent par quelques accidents, nous ne savons où emprunter. Trouverions-nous plus aisément, si elles manquaient pour nous être livrés à des nouveautés ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous est donc ordonné de ne rien confier au hasard, Eh ! dans notre situation, le pouvons- nous ? Un ménage à soutenir, des enfants à élever, des gages à payer ; nos bâtiments à réparer, nos bestiaux à remplacer, nos journaliers à satisfaire, nos labours, nos outils, nos vêtements, nos maladies, la dîme, les frais de Baptême, de Mariage, d’enterrement ; les contraintes que nous éprouvons pour la taille, qu’il faut payer, quoique nous n’ayons pas vendu nos récoltes ni trouvé à vendre ; si quelque intempérie de la saison nous les a enlevées, il faut également s’exécuter, sans quoi les Huissiers, abusant presque toujours de leur pouvoir, nous forcent d’avoir recours à des emprunts usuraires, ou nous mettent dans le cas de faire des sacrifices qui, presque toujours donnent l’entrée à ces Officiers de Justices subalternes, fléau le plus affreux que nous puissions essuyer. Voilà, en raccourci, nos besoins, nos devoirs, notre situation. Quelles sont nos ressources ? Nos seules récoltes. Parlez, Monsieur ne serait-ce pas être insensé que de les aventurer ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que répondre ? je fus fort embarrassé &amp;amp; le serais peut-être davantage aujourd’hui. Je lui fis encore cette question — Vous ne croyez donc pas possible de faire quelques changements utiles à l’agriculture, de songer à la perfectionner ? — Pardonnez moi ; j’ai pensé qu’en faisant faire devant nous des expériences qui ne nous coûteraient rien, en établissant des caisses d’emprunts&amp;lt;ref&amp;gt; Qu’un pareil Mont-de-piété serait admirable ! Le propriétaire jouirait de son ((effet ?)) et emprunterait pour le réparer.&amp;lt;/ref) pour les propriétaires de fonds, &amp;amp; les cultivateurs, qui donneraient des sûretés ; en excitant notre émulation par quelques récompenses ou distinctions, on pourrait opérer de grands biens ; car si quelques essais pouvaient réussir assez pour présenter des avantages &amp;amp; des profits, &amp;amp; qu’il nous fût possible d’emprunter pour faire les premières avances, insensiblement l’Agriculture se réintégrerait ; l’aisance renaîtrait dans les campagnes, &amp;amp; les distinctions données à propos relèveraient le courage abattu de la classe d’hommes la plus nécessaire (on peut le dire), qui attend depuis longtemps qu’on apprenne à la plaindre, à connaître sa malheureuse situation, à ne plus la calomnier, &amp;amp; à la compter au moins pour quelque chose.  (p. 343-351)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
* Sarcey de Sutières, 1788. ''Cours complet d’agriculture…'' Paris, 573 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56927z Texte intégral].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==O. Leclerc-Thouin, 1835. Maison rustique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, chap. X, des assolements, section I&amp;lt;sup&amp;gt;re&amp;lt;/sup&amp;gt;, Théorie des assolements==&lt;br /&gt;
(Les souligné sont de nous)&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''§ VII. — Influence du manque de bras et de capitaux.'''&lt;br /&gt;
A côté du manque de bras, il faut placer celui des capitaux, qui en est souvent la première cause, et qui s’oppose d’une manière encore plus absolue à un changement subit de système. Ce n’est pas seulement pour payer les frais de main-d’œuvre, assez considérables, qu’exigent les binages, les buttages, les sarclages, etc. ; pour acquérir les instruments perfectionnés dont on ne peut se passer dans une exploitation où l’on a adopté ce genre de culture, que le besoin d’argent se fait sentir ; c’est aussi, et surtout, pour l’acquisition et l’entretien d’un plus grand nombre de bestiaux ; car, s’il est vrai que le principal avantage d’un bon assolement soit de produire en abondance des récoltes destinées à la nourriture des animaux et, selon les localités, à l’engraissement d’un plus ou moins grand nombre d’entre eux, afin de donner les moyens de fumer copieusement les terres et d’augmenter leur fertilité, tout en ajoutant aux récoltes de végétaux les produits souvent plus lucratifs d’un autre règne ; il l’est aussi qu’on ne peut arriver là sans dépenses premières, et que '''le capital d’une ferme doit être plus élevé lorsqu’on veut la cultiver sans jachère, que lorsqu’on persiste dans l’ancienne routine''', ou, en d’autres termes, que les avances doivent être proportionnées aux profits, comme dans toutes les autres branches d’industrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du reste, ces avances ne sont pas toutes de nature à être faites par le fermier. Le propriétaire ne s’aperçoit pas toujours assez qu’il doit y contribuer pour sa part. Les anciennes constructions rurales, par leur exiguïté, sont presque partout fort en arrière des besoins de l’époque actuelle ; non seulement des locataires plus nombreux y seraient fort mal à l’aise, mais ils n’y rencontreraient ni les greniers vastes et aérés indispensables à la conservation de leurs récoltes, de sorte qu’ils se verraient, plus encore qu’aujourd’hui, dans l’obligation de livrer parfois à vil prix les denrées dont ils trouveraient cependant avantage à différer la vente ; — ni les granges qui leur permettraient de reporter une partie des travaux de la récolte au moment où ils pourraient les effectuer sans nuire à leurs autres occupations ; — ni les étables et les bergeries susceptibles de recevoir commodément et sainement les bêtes bovines et ovines que la ferme peut nourrir. Cette dernière circonstance mérite d’être signalée d’autant plus sérieusement que l’excellente coutume de nourrir les bestiaux à l’étable, et de faire parquer le moins possible les troupeaux, commence à se répandre parmi nous. — Je dois renvoyer à ce sujet le lecteur au livre II, et à l’article Bâtiments ruraux du VIe livre de cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée des baux, qui devra aussi nous occuper ailleurs, est un autre point fort important dans la question que je traite. Les améliorations qu’un bon système d’assolement peut apporter au sol ne se font sentir que lentement. Il est juste que le fermier ait le temps d’en profiter ; d’ailleurs, en bornant outre mesure la durée de son bail, on le prive souvent d’une partie des ressources que lui offriraient autrement les cultures industrielles et les plantes fourragères ; on le contraint à ramener trop souvent les mêmes espèces sur les mêmes soles, au détriment de la propriété. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Tout considéré, on s’est donc souvent élevé avec plus de véhémence que de raison contre ce qu’on a cru devoir appeler la routine et l’entêtement des gens de la campagne, et l’on peut juger, d’après ce qui précède, que les améliorations ne sont pas toujours aussi faciles qu’on peut le croire en examinant superficiellement les questions agricoles'''. Les paysans tiennent certainement beaucoup, souvent beaucoup trop, à leurs anciennes habitudes ; cependant, s’ils prêtent peu l’oreille aux raisonnements abstraits, ils savent très bien ouvrir les yeux devant l’exemple du succès, et si les nouvelles pratiques ne se répandent pas partout aussi promptement, cela tient surtout à ce qu’elles ne sont pas partout aussi profitablement applicables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Discours de M. CAPUS, ancien ministre, député de la Gironde, au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès national des syndicats agricoles, Bordeaux, 5-7 juin 1926==&lt;br /&gt;
 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30414115 Texte intégral]&lt;br /&gt;
(…) Et quand j’entends parler de la routine agricole, il me suffit de citer ces exemples pour réfuter cette accusation. Voit-on souvent une industrie procéder à un pareil redressement comme celui qu’ont accompli les producteurs de vignes françaises, quand ils ont substitué, à ces vignobles détruits par le phylloxéra, la culture complètement nouvelle des vignes américaines greffées ? C’est bien commode, Messieurs, de dire que l’agriculture est routinière. En ce moment, il y a un éditeur parisien qui publie une petite bibliothèque charmante, mais un peu paradoxale : c’est l’éloge de quelques défauts : il y a l’éloge de la médisance, l’éloge de la gourmandise, etc. J’aurais bien envie d’y publier, moi, l’« éloge de la routine ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si je publiais « l’éloge de la routine », c’est surtout la routine agricole que je prendrais comme exemple, et je dirais qu’il y a de la routine à peu près partout, et que c’est en agriculture qu’il y en a le moins, et qu’elle est le plus justifiée. De la routine ? Mais est-ce qu’il n’y en a pas dans nos administrations ? dans nos coutumes judiciaires ? dans notre armée ? Et s’il n’y avait pas de journalistes ici, je dirais : N’y en a-t-il pas aussi dans la presse ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, Messieurs, le chapitre de mon petit ouvrage où je serais triomphant, ce serait celui où j’opposerais la routine agricole à la routine parlementaire. Tous les ans, au moment où on discute le budget de l'agriculture, nous avons des orateurs qui viennent dénoncer à la tribune la routine de l’agriculture française. Et j’ai envie de leur dire : « mais vous ne vous êtes donc pas regardés ? » [78] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, ne disons pas de mal de cette routine. C’est un ensemble de traditions où les siècles ont accumulé leur science. Et mon ami Cier se rappelle peut-être cette leçon du professeur Dehérain, – un de nos plus grands chimistes agronomes – qui nous démontrait que tout ce que la science a pu trouver dans la chimie agronomique, relativement au fumier, n’a fait que confirmer les données plusieurs fois séculaires d’Olivier de Serres. Et je montrerais aussi que cette soi-disant routine est quelquefois un garde-fou contre de prétendues innovations. Ce n’est pas tout d’introduire des innovations; il faut savoir les choisir ; une nouveauté n’est pas précisément un progrès ; et il y a, là aussi, le bon grain et l’ivraie. Et quelquefois, ce que nous appelons le progrès est tout simplement un mot anglais dont nous avons habillé une vieille routine. Si vous voulez, par exemple, que la marche devienne hygiénique, il faut l’appeler « footing ». Savez-vous que l’appellation culturale « dry farming », présentée comme une nouveauté, je l’ai retrouvée en Tunisie, dans la culture des oliviers, où elle a été apportée, il y a plusieurs siècles, par les colons romains ? Ne disons donc pas aussi facilement que notre agriculture est routinière. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==René de la Gorce. Préface à la 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition du ''Manuel d’agriculture'' de T. Genech de la Louvière, 1932.==&lt;br /&gt;
Je ne sais ce qui me vaut l’honneur de venir présenter à l’attention des agriculteurs et des jeunes gens de nos campagnes la sixième édition du Manuel d’agriculture qui passe aujourd’hui le cap du vingtième mille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être, en me confiant cette tâche, a-t-on pensé que, grâce à la formation théorique que j’ai reçue, alliée à la pratique de la culture depuis un tiers de siècle, je pourrais convaincre les plus incrédules de la nécessité du savoir dans la vie agricole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de fois avons-nous entendu dire : « La pratique compte seule pour le cultivateur ; la théorie lui est néfaste. » Si cette phrase, à l’heure actuelle, est moins souvent répétée, elle a encore des adeptes car ceux-ci n’ont jamais pris garde à se demander ce qu’on doit entendre par les mots : théorie et pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie est simplement l’explication de la pratique, la lumière dans les opérations journalières. On comprend dès lors tout l'intérêt du savoir pour se guider dans le travail; on comprend aussi, comme l’a dit Mme de Staël, qu’il n’y a que les gens médiocres qui mettent en opposition la théorie et la pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avouons cependant que, parfois, les faits ont donné raison aux détracteurs de la théorie. N’a-t-on pas vu de ces jeunes téméraires, sortant de l’école, mépriser les méthodes culturales d’un pays et mettre en pratique d’une façon déplorable leurs connaissances livresques ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces jeunes gens avaient méconnu les difficultés d’application de la science agricole ; celle-ci est si vaste, si complexe, si délicate à adapter aux milieux naturels différents qu’il est imprudent de l’appliquer sans tenir compte de l’expérience. Aussi, ne devons-nous pas faire fi de la routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce mot pourra choquer ici car il est souvent pris en mauvaise part et cependant nous n’hésitons pas à l’employer. Qu’est-ce, en effet, que la routine sinon l’usage, consacré par une longue expérience, de faire une chose toujours de la même manière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque pays agricole, les conditions naturelles guident le cultivateur, l’obligent à se mettre en garde contre des difficultés inhérentes au milieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce à dire cependant qu’il ne faut jamais s’affranchir de la routine de nos pères ? Prenons garde ; la profession agricole évolue chaque jour, profite des découvertes de la science, emploie des engrais nouveaux, a recours à des procédés d’alimentation inconnus de la génération qui a précédé, est soumise enfin à des difficultés économiques et sociales qui n’existaient pas autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’oublions pas, d’autre part, que la routine n’est qu’une « petite route », d’autant plus étroite et pleine d’embûches que la science ne vient pas éclairer le praticien ; ne dit-on pas couramment : suivre l’ornière de la routine, être esclave de la routine ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aidée par la science, au contraire, la « petite route » s’élargit ; elle devient une voie d’autant plus sûre, plus lumineuse que la connaissance de la théorie vient faire comprendre au cultivateur la raison de la pratique. C’est ainsi que les trois ensemble : théorie, pratique, routine servent à former d’excellents cultivateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Manuel d’Agriculture, rédigé d’une façon très claire et très précise, est d’une lecture facile pour tous ; il expose toutes les données de la science adaptées aux conditions naturelles du Nord de la France. Ses auteurs l’ont tenu constamment à jour de toutes les nouveautés ; c’est ainsi que, dans cette sixième édition, on a porté à la connaissance des lecteurs les engrais que les découvertes de la chimie ont permis de fabriquer depuis peu ; on a indiqué au cultivateur les variétés de blé que la science des sélectionneurs a rendues plus productives ; on lui apprend les nouvelles mesures législatives qu’il est indispensable de connaître; on met en lumière l’action des associations professionnelles qui coordonnent nos efforts et permettent de défendre nos intérêts professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce livre est cependant insuffisant pour former d’une façon complète un jeune agriculteur. Il n’a pas d’autre ambition que d’être pour lui une lumière qui éclairera et élargira sa « petite route ». On comprend dès lors son succès toujours grandissant comme Manuel des Études Agricoles par correspondance que nos grandes associations agricoles ont organisées depuis quelques années pour les jeunes gens désireux de devenir des cultivateurs éclairés, avertis de toutes les questions de production, d’échanges, ou d’organisation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait en quoi consistent les cours par correspondance ; pendant deux ou trois hivers successifs, les jeunes gens âgés de plus de seize ans, c’est-à-dire ayant déjà une habitude du travail agricole et, en même temps, une maturité d'esprit suffisante pour observer et analyser les faits de la pratique, rédigent chaque quinzaine un devoir qu’ils préparent en se servant du Manuel d’Agriculture et de notes explicatives données par un maître. La tâche de l`é1ève est d’appliquer les données de la science â une pratique agricole dans le milieu naturel où il se trouve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes qui corrigent les devoirs sont averties de la science et de la pratique, connaissent les exigences particulières de chaque pays et peuvent ainsi rectifier les erreurs d’observation de l'élève ou mettre en lumière les raisons de telle ou telle pratique culturale. Les jeunes gens profitent donc de l’expérience du correcteur, j’allais dire de sa routine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi que les cours par correspondance constituent une école merveilleuse qui sait allier la science à la pratique consacrée par l’expérience, qui sait également développer le don d’observation chez le jeune cultivateur. Par cette méthode, celui-ci acquiert une pratique éclairée et l’exécution de ses travaux est dirigée par des principes de science et l’expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans elle, il piétine dans une pratique aveugle qui s’en tient à l’habitude de répéter toujours le même geste à la manière des êtres sans raison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div style=&amp;quot;text-align: right&amp;quot;&amp;gt;René de La Gorce,&lt;br /&gt;
Ingénieur agronome,&lt;br /&gt;
Membre de la Chambre d’Agriculture du Nord,&lt;br /&gt;
Vice-président de la Fédération agricole du Nord de la France,&lt;br /&gt;
Président de la Commission des Études agricoles par correspondance,&lt;br /&gt;
Agriculteur-Éleveur. &amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Référence:'''&lt;br /&gt;
Genech de la Louvière T., 1935. ''Manuel d’agriculture''. Paris, La Maison Rustique, 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; éd., 734 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine&amp;diff=5195</id>
		<title>Routine</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine&amp;diff=5195"/>
		<updated>2026-01-28T11:12:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Un lieu commun largement admis… */ mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Avertissement&lt;br /&gt;
|note 1=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteurs'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]''' et ''' [[A pour auteur::Marianne Cerf]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= routine&lt;br /&gt;
|Allemand= Routine&lt;br /&gt;
|Espagnol= rutina&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= ''Coutumes'', ''accoustumance'' et ''nouvelleté'' chez Olivier de Serres (1600)&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Un lieu commun répété à l’infini…&lt;br /&gt;
|Annexe 3= Au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle encore...&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Des routines, vues par François de Neufchâteau&lt;br /&gt;
|Annexe 5= Un lieu commun discuté&lt;br /&gt;
|Annexe 6= Contre les accusations de routine&lt;br /&gt;
|Annexe 7= Pour une histoire technique (Comet, 1992).&lt;br /&gt;
|Article 1= Agronome, agronomie : étymologie&lt;br /&gt;
|Article 2= Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810&lt;br /&gt;
|Article 3= Jachère&lt;br /&gt;
|Article 4= Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !&lt;br /&gt;
|Article 5=&lt;br /&gt;
|Article 6=&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=4 juillet 2023&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=4 juillet 2023&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Une seule machine, la machine à battre, commençait à être acceptée. C’était l’engourdissement mortel, inévitable, de la routine ; et si lui, progressiste, intelligent, se laissait envahir, qu’était-ce donc pour les petits propriétaires, têtes dures, hostiles aux nouveautés ? Un paysan serait mort de faim, plutôt que de ramasser dans son champ une poignée de terre et de la porter à l’analyse d’un chimiste, qui lui aurait dit ce qu’elle avait de trop ou de pas assez, la fumure qu’elle demandait, la culture appelée à y réussir|référence citation= Zola, La terre, 1887.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est une explication vraiment trop simple que de dire : “Le paysan est un imbécile et un retardataire”. L’empirisme paysan ne représente qu’une longue expérience ancestrale. Je pense également que, dans tous les pays, on peut faire confiance à l’homme de la terre pour savoir “compter ses sous”. Aussi, ai-je essayé de comprendre les raisons de cette résistance paysanne au retournement de ses vieilles pâtures ». Ainsi doit encore plaider, en 1959, [[André Voisin]], à l’[[Académie d’Agriculture de France]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant des générations, il a été reproché à la « routine » et aux préjugés de paysans ignorants et paresseux de maintenir l’agriculture dans l’immobilisme et l’arriération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la routine peut aussi être vue comme un savoir-faire, une qualité issue de l’expérience, une assurance de ne pas risquer de perdre sa subsistance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l’époque récente redécouvre l’utilité des routines pour réduire la charge mentale dans la chose extrêmement complexe qu’est la conduite d’une exploitation agricole. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Avant la routine, l’''accoutumance''==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Je voy de si grans abus et ignorances en tous les arts, qu’il semble que tout ordre soit la plus grande part perverti, et qu’un chacun laboure la terre sans aucune Philosophie, et vont tousjours le trot accoustumé, en ensuivant la trace de leurs prédécesseurs, sans considérer les natures, ni causes principales de l’agriculture.|référence citation= [[A pour personne citée:: Bernard Palissy|Palissy]], [1563] 1988, 60.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mot &amp;lt;u&amp;gt;coutume&amp;lt;/u&amp;gt;, qui a précédé &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt;, désignait sous l’Ancien Régime un ensemble de règles juridico-économiques. A la Renaissance, il prend aussi le sens d’&amp;lt;u&amp;gt;habitude&amp;lt;/u&amp;gt;, qui s’applique à la terre, au bétail ou aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suivre l’habitude – celle du lieu, ou la sienne propre – est, selon les cas, une bonne ou une mauvaise chose, comme l’explique [[A pour personne citée:: Agostino Gallo| Gallo]] ([1569] 1572 : 42-43) : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« VINCENT. Quelle façon, &amp;amp; coustume vous plaist le mieux en matiere de semer les bleds, ou de les laisser legerement sur la terre, ou de les couvrir avec le soc, &amp;amp; araire ? &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
JEAN BAPTISTE. Il y a plusieurs qui sement largement, &amp;amp; dessus, &amp;amp; dessous, selon qu’il convient à l’assiette des lieux, à la tardiveté des semailles, ou à la saison oportune, mais la plus-part s’y gouvernent selon leur puissance, &amp;amp; autres suyvant ce qu’ils ont acoustumé, '''&amp;amp; laquelle coustume peut estre aussi mauvaise &amp;amp; sans fruit, que bonne, &amp;amp; prouffitable'''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est aussi ce qui ressort de la lecture d’[[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]] ([[Routine - Annexe 1|annexe 1]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le péché originel de l’agronomie==&lt;br /&gt;
===Routine : une connotation négative seulement en agriculture===&lt;br /&gt;
Aux XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles, le mot &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt; est employé en musique, littérature, médecine, chirurgie, droit, religion… avec des connotations diverses. « Routine, longue usance &amp;amp; pratique de quelque chose. (…) Expérience par longue pratique. (…) Il a un peu de routine, &amp;amp; rien de plus. » (Monet, 1635), « Routine. Usage acquis par une longue habitude, sans le secours de l’étude &amp;amp; des règles » (Académie, 1694), « PRATIQUE, signifie aussi, routine, habitude contractée par un exercice assidu » (Furetière, 1701), « Sorte d’habitude acquise à force d’exercice » (Richelet, 1706), « longue pratique » (Pomey, 1716), « Capacité, faculté acquise plutôt par une longue habitude, par une longue expérience, que par le secours de l’étude &amp;amp; des règles » (Académie, 1718 ss).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Parlant d’agriculture et appliqué aux cultivateurs, &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt; a toujours un sens péjoratif. Son emploi se généralise après 1750, lors des controverses sur la « nouvelle culture » de l’Anglais Tull, testée par [[A pour personne citée::Henri-Louis Duhamel du Monceau|Duhamel du Monceau]] et son réseau, et sur la [[jachère]].'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappelons un point essentiel de cette dernière : la jachère était vue comme une année de « [[Repos et fatigue des terres| repos]] » pendant laquelle la terre « reprenait des forces » en ne « travaillant » pas, c’est-à-dire en ne produisant pas de [[récolte]]. Or repos de la terre n’est pas absence de [[travail du sol]], bien au contraire : la jachère était une suite de [[labours]] et façons superficielles… soit beaucoup de travail. « La terre se repose donc, mais le cultivateur ne se repose pas » ([[A pour personne citée::Chrestien de Lihus|Chrestien de Lihus]], 1804 : 80). Mais [[A pour personne citée::Victor Yvart|Yvart]] (1764-1831) a transféré de la terre à l’homme l’idée de repos, et fait l’amalgame entre &amp;lt;u&amp;gt;jachère&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[Friche, défricher|friche]]&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lande&amp;lt;/u&amp;gt; pour expliquer l’existence de la jachère par la « paresse » des cultivateurs (Morlon &amp;amp; Sigaut, 2008, chap. 3).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''C’est à cette époque que naît l’[[Agronome, agronomie : étymologie|agronomie]]''' (dans son sens large de science de l’agriculture) porteuse de la notion de [[progrès]] qui remplacera peu à peu l’idée de « porter l’agriculture à sa perfection ». Or, alors que certains affirment « que plus un champ rapporte, moins la terre en est altérée, et que plus au contraire, le rapport est modique, plus elle soufre et s’amaigrit ; et qu’on la rend inépuisable, quand on sait seulement varier les objets de sa fécondité » ([[A pour personne citée:: Nicolas François de Neufchâteau|François de Neufchâteau]], 1797 : 28), et qu’il existe des « ''cultures restituantes'' », suffisantes à elles toutes seules pour maintenir la [[fertilité]] perpétuelle de la terre (Yvart, 1809 : 350), ce que l’agronomie naissante proposa pendant des décennies, &lt;br /&gt;
* n’était pas économiquement à la portée de l’immense majorité des cultivateurs, &lt;br /&gt;
* ou pas applicable partout : le « système de Norfolk », ou de Flandre, donné comme modèle universel, exige des conditions très rarement réunies : engrais humain des villes, moyens de communication&amp;lt;ref&amp;gt;« Il faut croire aussi que l’agriculture, en Flandre, a été surtout encouragée par le bon état et la multitude des communications, des débouchés, des canaux, des chemins, etc. Partout où les denrées ne peuvent pas circuler, on n’est pas riche avec des denrées dont on ne peut se défaire. On ne cultive alors que pour le besoin le plus strict. » (François de Neufchâteau, 1804 : 199).&amp;lt;/ref&amp;gt;, etc. (Morlon, 2013 ; [[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810), &lt;br /&gt;
* voire techniquement pas valable sur le long terme : on comprit plus tard que remplacer la jachère par du [[trèfle]] met de l’[[azote]] dans le système, d’où quelques années de meilleures récoltes… qui accentuent la carence en [[phosphore]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''On expliqua par la « routine » la résistance à ces changements. Ce lieu commun, qui évite de se poser les bonnes questions, est le fondement du schéma descendant du progrès et des classifications psychologiques des agriculteurs : les chercheurs trouvent, la vulgarisation diffuse et les agriculteurs adoptent plus ou moins vite ou n’adoptent pas, selon leur psychologie personnelle.''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce schéma diffusionniste a longtemps marqué l’agronomie naissante. Elle ne s’en libérera qu’à la fin du 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, où cela le mot &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt; prit un sens positif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Un lieu commun largement admis…===&lt;br /&gt;
Les phrases de [[A pour personne citée:: Jean-Baptiste de la Quintinie| La Quintinie]], « rarement se trouve-t-il parmi eux ((les jardiniers)) autre chose qu’une ignorance présomptueuse &amp;amp; babillarde, soutenue d’une misérable routine », « continuant de faire la plupart de leur besogne au hasard, ou plutôt par routine » (1697 : 38 &amp;amp; 61) sont peut-être les premières expressions d’une affirmation qui sera répétée à l’infini comme une vérité de base admise par écrivains en agriculture et agronomes ([[Routine - Annexe 2|annexe 2]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces reproches sont encore répétés au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ([[Routine - Annexe 3|annexe 3]]). En 1913 ou 1914, un manuel d’école primaire propose dans ses lectures complémentaires un extrait du livre de Rémi Dumont (le père de [[A pour personne citée::René Dumont|René]]), ''Routine et Progrès en agriculture'', incluant ce qui suit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’esprit routinier et les préjugés populaires'''&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
	La culture progresse avec plus de lenteur que le commerce et l’industrie, parce qu’elle est la plus ancienne des professions. Ses procédés, transmis de génération en génération par une tradition routinière, par un usage séculaire, s’imposent d’autant plus qu’ils sont enracinés depuis plus longtemps : « ''Une vieille erreur a toujours plus de force qu’une jeune vérité''. (…) Que de préjugés, que d’erreurs, que de recettes empiriques [en note : suggérées uniquement par une expérience routinière], de croyances superstitieuses à déraciner encore chez bon nombre de nos paysans ! (…) On voit, par ces quelques considérations, quel chemin il reste à parcourir pour que le progrès puisse s’installer en maître dans nos campagnes, en chasser les erreurs, les préjugés, les pratiques superstitieuses et la routine » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ''ca''. 1913 : 250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===…quoique discuté===&lt;br /&gt;
Revenant aux XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles, certains en restent à cette condamnation sans appel. Mais d’autres, tout en la faisant leur, et '''quitte à se contredire''' ([[Routine - Annexe 4|annexe 4]]), la nuancent ou la discutent.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Dès 1762, un ''Préservatif contre l’agromanie'' anonyme&amp;lt;ref&amp;gt;L’auteur en est Laurent Benoit Desplaces&amp;lt;/ref&amp;gt;. s’élève contre ces critiques : « Il n’en est point de l’agriculture comme des manufactures. On ne doit point être surpris de ce qu’on l’ait abandonnée à la routine, à sa méthode triviale : '''elle est bonne en général. Le simple cultivateur est en état de donner des leçons au physicien, qui n’a jamais labouré'''. » (p. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1786, Broussonet est radical : « On ne peut se le dissimuler, quoique les Écrivains aient été prodigues de conseils, il ne s’est opéré en Agriculture, depuis les anciens Romains, aucune révolution sensiblement avantageuse. Si l’on en croit la plupart des Auteurs, la faute doit en être attribuée au Cultivateur, comme si celui qui entreprend d’instruire les autres, n’était pas toujours comptable de l’inutilité de ses leçons. Telle est la nature de l’homme, qu’en répétant souvent le même travail, il ne s’accoutume à le mieux faire qu’en perdant en même temps le besoin &amp;amp; conséquemment le désir de se rendre raison de ce qu’il fait. De même l’habitude de combiner des idées, fait perdre peu-à-peu à celui qui ne s’occupe que de la partie théorique d’un art quel qu’il soit, le désir &amp;amp; la facilité de mettre la main à l’œuvre ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces discussions, les arguments ou les questions portent d’une part sur les individus (leur personnalité, leur situation économique) et d’autre part sur les techniques nouvelles proposées ([[Routine - Annexe 5|annexe 5]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le suggère Duhamel du Monceau (1762 : vi), '''les routines ne sont pas toutes vicieuses''' : « Je pense bien que des gens instruits doivent essayer de détruire les préjugés &amp;amp; les routines reconnues vicieuses ». En 1816, Bosc explicite : « On appelle ainsi une série de pratiques dont ne peuvent rendre raison ceux qui les exécutent. Il y a de bonnes, il y a de mauvaises routines » : le fléau, ce sont les mauvaises routines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dit autrement, '''les [[pratique]]s anciennes ne sont pas toutes des routines aveugles''' : « Les laboureurs Flamands sont incontestablement, de l’aveu des Anglais eux-mêmes, les premiers laboureurs du monde. (…) La pratique de Flandre, étudiée par les Anglais vers 1650, ne leur a point paru une routine aveugle. Ses effets étaient ceux d’une méthode heureuse. L’Angleterre s’en est servie pour perfectionner la sienne ; et, dans ces derniers temps, elle y revient encore. » « Qui est-ce qui a révélé aux fermiers Flamands l’avantage de faire succéder une plante qui trace, à un végétal qui pivote ? Qui leur a donné le secret de cette merveilleuse alternative ? C’est ce qu’on ignore. Ici la science n’a point précédé la routine. » (François de Neufchâteau, 1804 : 183 &amp;amp; 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On trouve ainsi des plaidoyers épars contre l’accusation de routine, voire '''pour''' la routine. Nous en donnons des exemples en [[Routine - Annexe 6|annexe 6]]). Mais c’est en faisant appel à d’autres disciplines que l’agronomie contemporaine propose un vrai retournement. Nous évoquerons ici ce qu’elle apprend de l’histoire et des sciences de gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Éclairages contemporains : le retour des routines==&lt;br /&gt;
===Court terme et long terme===&lt;br /&gt;
L’agriculture a la particularité que, sur un même critère, les résultats d’un changement technique, non seulement varient d’une année à l’autre selon le [[climat]] ou les problèmes phytosanitaires, mais peuvent être différents, voire contraires, selon qu’on les juge à court, moyen ou long terme. Les exemples en sont légion. Mais qui a la possibilité de juger à long terme avant de se prononcer ? Sur ce point, comme sur d’autres, les différences sociales sont fondamentales…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, quelques noms ressortent pour avoir fait des essais ou des évaluations pluriannuels : Duhamel du Monceau (1700-1782), [[A pour personne citée:: Albrecht Thaër|Thaer]] (1752-1828)… Mais, dans la controverse des années 1950-60 sur le retournement des [[prairies permanentes]], André Voisin  (1953, 1961, 1963) réclamait encore à la recherche, en vain, des essais de longue durée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===« Le véritable problème n’est pas celui de l’efficacité de la vulgarisation, mais celui de la pertinence de l’innovation »===&lt;br /&gt;
« La seconde tâche d’une technologie de l’agriculture actuelle serait l’étude de la transmission des savoirs entre ces deux sous-ensembles sociaux que sont les agriculteurs d’une part, et les &amp;quot;conseillers&amp;quot; de l’agriculture d’autre part (au sens large du terme : conseillers proprement dits, mais aussi enseignants, chercheurs, techniciens, etc.). Ce problème est, si l’on veut, celui de l’efficacité de la vulgarisation. Mais on s’interdit de le résoudre si on le pose seulement en termes de vulgarisation&amp;lt;ref&amp;gt;Le terme même de vulgarisation implique une certaine conception de la répartition sociale du savoir. Conception pas très ancienne, puisque le mot n'est attesté que depuis 1852 (Petit Robert).&amp;lt;/ref&amp;gt;  c’est-à-dire si, sans trop s’interroger sur la pertinence de celle-ci, on se borne à chercher des explications d’ordre socio-économique ou psychologique à ses difficultés. Bien sûr, les facteurs de cet ordre jouent un rôle, qu’il ne s'agit pas de nier. Mais les raisons les plus profondes sont d’ordre épistémologique : c’est dans la cohérence du système de notions sous-jacent à chaque système de culture qu’il faut les chercher. Une innovation n’est possible que si elle trouve sa place dans ce système. Le véritable problème n’est pas celui de l’efficacité de la vulgarisation, mais celui de la pertinence de l’innovation. Le &amp;quot;refus&amp;quot; de celle-ci (…) n’est, scientifiquement parlant, qu’un artefact, une fausse apparence créée par une fausse problématique. L’histoire montre au contraire (ou plutôt montrerait, si nous la connaissions mieux) que les agriculteurs de tous les pays sont capables d’adopter avec un empressement parfois étonnant les innovations qui leur profitent vraiment. Ils se chargent même souvent de les inventer eux-mêmes, et à côté des échecs de la vulgarisation, il y a des réussites de cette &amp;quot;non-vulgarisation&amp;quot;, si l’on peut dire » ([[François Sigaut|Sigaut]], 1976 &amp;amp; 1985).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le progrès n’est pas une voie étroite à sens unique===&lt;br /&gt;
Comme l’explique Comet (1992, voir [[Routine - Annexe 7|annexe 7]]), le progrès ne consiste pas à remplacer une technique par une autre, mais à élargir l’éventail des techniques disponibles, entre lesquelles chaque praticien choisit en fonction de [[contraintes]] et de critères matériels, économiques, sociaux, moraux... entre lesquels il fait des compromis. '''Le « progrès » peut ainsi prendre des directions différentes''' selon, par exemple, que priorité est donnée à la maximisation du revenu (critère souvent utilisé dans les livres pour juger de l’efficacité d’un système agricole), à la stabilité de ce revenu, à la durée et la pénibilité du travail, ou à la conservation à long terme des ressources…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;---------------&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Compte tenu de ce qui précède, que vaut le schéma largement enseigné de la diffusion du progrès, qui classe les agriculteurs en « premiers adoptants », « suiveurs » et « réfractaires au progrès » ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Des « procédures de routine » pour alléger la charge mentale===&lt;br /&gt;
Un critère rarement pris en compte dans la littérature agricole est la charge mentale : la quantité et la difficulté des questions à résoudre et à décider dans sa tête. « Celui qui pense ne peut être continuellement à penser qu’il pense. Notre entendement ne remplit plus sa mission. Il ne s’occuperait que de lui-même » (Balmès, 1850 : 98). « C’est ce partage de l’attention qui constitue, me semble-t-il, la spécificité de l’action outillée. Spécificité qui en fait aussi toute la difficulté. Cette difficulté est évidente chez les humains, qui eux aussi s’en remettent le plus possible à leurs automatismes d’habitude dans les actions ordinaires (dites de routine) » (Sigaut, 2012 : 132-133) ; ainsi, « l’automatisme n’est pas incompatible avec l’intelligence, au contraire. Sans automatismes, il n’y aurait que des tâtonnements, et la réflexion elle-même n’aurait plus rien à quoi s’appliquer » (id. : 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est vrai pour de nombreuses activités l’est tout particulièrement en agriculture. De tous les métiers, c’est sans doute celui qui fait appel aux compétences les plus diverses, et met en concurrence au même moment des tâches très variées sur des [[milieu naturel|milieux de culture]] hétérogènes. Un agriculteur doit penser à plusieurs choses en même temps, prendre des décisions à des échelles de temps qui vont de l’heure à plusieurs années, alors qu’il fait face à un maximum d’incertitudes : biologiques (sous influence météo et phytosanitaire), météorologiques pour les travaux des champs, commerciales… De façon à première vue paradoxale, ce n’est qu’en ayant des routines – éprouvées par l’expérience pratique – qu’il peut faire les meilleurs choix possibles… en évitant d’avoir le cerveau qui explose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi que, étudiant la façon dont des agriculteurs organisent la mise en place des [[Betterave|betteraves]] sucrières ([[préparation du sol]] et [[semis]]) en fonction de l’état du [[sol]] sur leurs différentes [[Champ, pièce, parcelle|parcelles]], du climat, de leur équipement et de leur [[calendrier de travail]], Marianne Cerf (1994, 1996 a &amp;amp; b, 1997) observe que chacun de ces agriculteurs a construit au cours du temps&amp;lt;ref&amp;gt; La construction de telles procédures exige un environnement climatique et réglementaire stable.&amp;lt;/ref&amp;gt; ce qu’on appelle une “procédure de routine”, qui est dans ce cas la combinaison d’outils qu’il applique le plus souvent, ou qu’il cherche à appliquer le plus souvent possible. Cette procédure oriente son regard : est-ce que la situation va lui permettre d’appliquer sa procédure de routine pour atteindre le résultat qu’il en attend ? Les observations qu’il fait alors ne visent pas à imaginer une façon de travailler le sol adaptée à ce qu’il voit, mais à savoir s’il peut appliquer sa procédure de routine, et dans le cas contraire, quelle autre procédure. Il y a donc une grande différence entre la façon dont un agriculteur porte son regard sur une situation, et la pratique de [[diagnostic]] de l’agronome (conseiller, chercheur). Le semis étant un moment clé pour la réussite de la culture des betteraves, et la procédure de routine donnant satisfaction lorsqu’elle s’applique sur un certain état du sol, certains agriculteurs cherchent à créer les conditions pour avoir cet état du sol à ce moment, ce qui se gère au labour à l’automne précédent. La procédure de routine du semis structure alors en amont d’autres procédures. Pour l’agronome, il peut sembler étrange de labourer des [[limon : le mot|limons]] tôt en hiver, car ils vont « [[battance|battre]] » ; mais c’est justement ce que recherche l’agriculteur car la croûte de battance assure une portance suffisante pour passer les outils de sa procédure de routine, tout en ne créant pas de difficultés pour créer le [[lit de semence]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De telles procédures de routine ont été observées dans d’autres domaines, comme la lutte contre les [[adventice]]s tout au long de la campagne agricole (Macé ''et al''., 2007 ; Compagnone ''et al.'', 2008 ; voir l’annexe 3 de l’article [[Mauvaise herbe]]). La routine permet l’efficacité quand les situations qu’on rencontre se répètent – même si ce n’est jamais totalement à l’identique- :  ce qu’on met en œuvre résiste à une certaine variabilité des situations, il faut simplement avoir en tête la classe de situations pour laquelle la routine est efficace pour atteindre l’objectif visé, et savoir repérer quand la routine n’est pas pertinente et ne doit pas être appliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le progrès consiste… à trouver de nouvelles routines===&lt;br /&gt;
Traitant d’&amp;lt;u&amp;gt;Action et rationalité des acteurs&amp;lt;/u&amp;gt;, après avoir évoqué les travaux de Herbert Simon sur la « rationalité limitée » des acteurs qui ne sont pas des « ''homo œeconomicus'' », [[A pour personne citée:: Michel Sebillotte| Sebillotte]] (1994 : 56-57) écrit : &lt;br /&gt;
« “ ''Là se déterminent les conditions de succès, ou d’échec, des organisations économiques, par un processus analogue à celui de la sélection naturelle. En économie, cette sélection fonctionne par le couplage de deux procédures, la routine et la recherche (de nouvelles routines).'' [...]. ''Par routine, on entend une structure de comportements régulière et prévisible, conduisant à des schémas d’activité répétitifs. Ces schémas constituent la mémoire organisationnelle où les participants puisent les références qui vont garantir la rapidité et la pertinence de leurs choix'' ” (Ménard, 1990, p. 111, à propos des travaux de R. Nelson et S. Winter, 1982). C’est bien ce que disaient déjà les pionniers (March et Simon, 1958, p. 134-167). Ce qui est intéressant, c’est une mise en valeur positive, si l’on peut dire, des “ ''rigidités internes qu’on a habituellement tendance à identifier à des facteurs d’inefficience'' ”, alors qu’habituellement on valorise plutôt “ ''la flexibilité comme le font les modèles du cycle de vie'' ” (Ménard, 1990, p. 111). Les agronomes évoquaient aussi le double rôle des modèles pour l’action de l’agriculteur : source d’efficacité et contrainte pour des changements. La recherche de nouvelles routines, quant à elle, se fait sous les pressions de l’environnement, qui ont pour origine principale des modifications de la structure des marchés et/ou des actions de l’État. En revanche, ces travaux ne soulignent pas assez le rôle des innovations technologiques dans la nécessité d’élaborer de nouvelles routines, alors qu’elles étaient l’un des facteurs majeurs dans les travaux cités des agronomes. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, la variabilité des situations agricoles que l’agriculteur rencontre, que ce soit du fait du changement climatique, du retrait de certains produits (comme dans le cas de l’[[agriculture biologique]]) ou modes d’action (par exemple le labour dans le cas de l’[[agriculture de conservation]]) peut questionner ces formes d’économie cognitive ou organisationnelle telles qu’elles ont été mises en évidence : il devient plus difficile de stabiliser des modes d’action. D’autres routines, comme l’habitude d’enquête (Slimi, 2022) peuvent éventuellement s’y substituer pour faire avec cette variabilité et s’y adapter sans la réduire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
Pour la période s’étendant jusqu’au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cet article n’utilise que les textes de la littérature agricole, et pas les travaux des historiens. Parmi ces derniers, signalons :&lt;br /&gt;
*Antoine A., Boehler J.M., Brumont F., 2000. ''L’agriculture européenne à l’époque moderne''. Belin, Paris, 448 p.&lt;br /&gt;
*Bloch M., 1930. La lutte pour l’individualisme agraire dans la France du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : l’œuvre des pouvoirs d’ancien régime. ''Annales d’Histoire économique et sociale'', II : 329-381 [http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/issue/ahess_0003-441x_1930_num_2_8 Texte intégral]. Réimpression : Mélanges Historiques, SEVPEN, Paris, 1963, p. 593-637.&lt;br /&gt;
*Boehler J.M., 1995. Tradition et innovation dans un pays de petite culture au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Du cas alsacien au modèle rhénan. ''Histoire et sociétés rurales'', 4 : 67-103. [https://hsr.hypotheses.org/700#more-700 Texte intégral]&lt;br /&gt;
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*Bousbaci R., 2020. ''L’Homme comme un «être d’habitude». Essai d’anthropologie et d’épistémologie pour les Sciences du design''. Presses de l’Université Laval, Québec, 410 p..&lt;br /&gt;
*Moriceau J.M., 1994. Le changement agricole. Transformations culturales et innovation (XII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle). ''Histoire et Sociétés rurales'', 1 : 37-66.&lt;br /&gt;
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*Tits-Dieuaide M.J., 1984. Les campagnes flamandes du XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, ou les succès d’une agriculture traditionnelle. ''Annales Histoire, Sciences Sociales,'' 39 (3) : 590-610. [Sur Jstor]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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*Cerf M., Sébillotte M., 1997. Approche cognitive des décisions de production dans l'exploitation agricole. Confrontation aux théories de la décision. ''Économie rurale'', 239 : 11-18. [https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1997_num_239_1_4862 Texte intégral]&lt;br /&gt;
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*Slimi C., 2022  ''La transformation des situations des agriculteurs et agricultrices en transition agroécologique : analyse du soutien des collectifs de pairs par le prisme de la théorie de l’enquête''. Thèse de doctorat, ED 581 ABIES, 344 p.&lt;br /&gt;
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*Voisin A., 1953. Grandeurs et faiblesses du ley-farming. ''Bull. Tech. Inf.'', 82 : 673-704.&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1959. Du sol à l’homme à travers l’herbe. ''C.R. Acad. Agric. Fr.'', (45) : 861-879. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34348106j/date Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1961. Sommes-nous contraints de retourner les pâtures pour les améliorer ? A propos de mon ouvrage « Dynamique des herbages ». ''C.R. Acad. Agric. Fr.'', 47 : 541-554. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34348106j/date Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Voisin A., 1963. Les enseignements de la tétanie d’herbe. ''C.R. Acad. Agric. Fr.'', 49 : 621-651. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34348106j/date Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Yvart V.J.A., Huzard J.B., 1804. Notes à la réédition du ''Théâtre d’Agriculture et Mesnage des champs'' d’Olivier de Serres, t. 1. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9617551r] Texte intégral&lt;br /&gt;
*Yvart V.J.A., 1809. Article « Jachère ». In : A. Thouin ''et al.'', ''Nouveau cours complet d’Agriculture théorique et pratique ou Dictionnaire raisonné et universel d’agriculture''. Paris, t. 7 : 333-358. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722249s Texte intégral]&lt;br /&gt;
Zola E., 1887. La terre. (Les Rougon-Macquart, histoire naturelle d’une famille sous le Second Empire, t. 15). Nombreuses éditions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:R]] [[Catégorie:Article]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine&amp;diff=5194</id>
		<title>Routine</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Routine&amp;diff=5194"/>
		<updated>2026-01-28T11:11:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Un lieu commun largement admis… */ mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Avertissement&lt;br /&gt;
|note 1=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteurs'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]''' et ''' [[A pour auteur::Marianne Cerf]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais= routine&lt;br /&gt;
|Allemand= Routine&lt;br /&gt;
|Espagnol= rutina&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1= ''Coutumes'', ''accoustumance'' et ''nouvelleté'' chez Olivier de Serres (1600)&lt;br /&gt;
|Annexe 2= Un lieu commun répété à l’infini…&lt;br /&gt;
|Annexe 3= Au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle encore...&lt;br /&gt;
|Annexe 4= Des routines, vues par François de Neufchâteau&lt;br /&gt;
|Annexe 5= Un lieu commun discuté&lt;br /&gt;
|Annexe 6= Contre les accusations de routine&lt;br /&gt;
|Annexe 7= Pour une histoire technique (Comet, 1992).&lt;br /&gt;
|Article 1= Agronome, agronomie : étymologie&lt;br /&gt;
|Article 2= Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810&lt;br /&gt;
|Article 3= Jachère&lt;br /&gt;
|Article 4= Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !&lt;br /&gt;
|Article 5=&lt;br /&gt;
|Article 6=&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Article 8=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=4 juillet 2023&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=4 juillet 2023&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Une seule machine, la machine à battre, commençait à être acceptée. C’était l’engourdissement mortel, inévitable, de la routine ; et si lui, progressiste, intelligent, se laissait envahir, qu’était-ce donc pour les petits propriétaires, têtes dures, hostiles aux nouveautés ? Un paysan serait mort de faim, plutôt que de ramasser dans son champ une poignée de terre et de la porter à l’analyse d’un chimiste, qui lui aurait dit ce qu’elle avait de trop ou de pas assez, la fumure qu’elle demandait, la culture appelée à y réussir|référence citation= Zola, La terre, 1887.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est une explication vraiment trop simple que de dire : “Le paysan est un imbécile et un retardataire”. L’empirisme paysan ne représente qu’une longue expérience ancestrale. Je pense également que, dans tous les pays, on peut faire confiance à l’homme de la terre pour savoir “compter ses sous”. Aussi, ai-je essayé de comprendre les raisons de cette résistance paysanne au retournement de ses vieilles pâtures ». Ainsi doit encore plaider, en 1959, [[André Voisin]], à l’[[Académie d’Agriculture de France]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant des générations, il a été reproché à la « routine » et aux préjugés de paysans ignorants et paresseux de maintenir l’agriculture dans l’immobilisme et l’arriération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la routine peut aussi être vue comme un savoir-faire, une qualité issue de l’expérience, une assurance de ne pas risquer de perdre sa subsistance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l’époque récente redécouvre l’utilité des routines pour réduire la charge mentale dans la chose extrêmement complexe qu’est la conduite d’une exploitation agricole. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Avant la routine, l’''accoutumance''==&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Je voy de si grans abus et ignorances en tous les arts, qu’il semble que tout ordre soit la plus grande part perverti, et qu’un chacun laboure la terre sans aucune Philosophie, et vont tousjours le trot accoustumé, en ensuivant la trace de leurs prédécesseurs, sans considérer les natures, ni causes principales de l’agriculture.|référence citation= [[A pour personne citée:: Bernard Palissy|Palissy]], [1563] 1988, 60.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mot &amp;lt;u&amp;gt;coutume&amp;lt;/u&amp;gt;, qui a précédé &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt;, désignait sous l’Ancien Régime un ensemble de règles juridico-économiques. A la Renaissance, il prend aussi le sens d’&amp;lt;u&amp;gt;habitude&amp;lt;/u&amp;gt;, qui s’applique à la terre, au bétail ou aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suivre l’habitude – celle du lieu, ou la sienne propre – est, selon les cas, une bonne ou une mauvaise chose, comme l’explique [[A pour personne citée:: Agostino Gallo| Gallo]] ([1569] 1572 : 42-43) : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« VINCENT. Quelle façon, &amp;amp; coustume vous plaist le mieux en matiere de semer les bleds, ou de les laisser legerement sur la terre, ou de les couvrir avec le soc, &amp;amp; araire ? &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
JEAN BAPTISTE. Il y a plusieurs qui sement largement, &amp;amp; dessus, &amp;amp; dessous, selon qu’il convient à l’assiette des lieux, à la tardiveté des semailles, ou à la saison oportune, mais la plus-part s’y gouvernent selon leur puissance, &amp;amp; autres suyvant ce qu’ils ont acoustumé, '''&amp;amp; laquelle coustume peut estre aussi mauvaise &amp;amp; sans fruit, que bonne, &amp;amp; prouffitable'''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est aussi ce qui ressort de la lecture d’[[A pour personne citée::Olivier de Serres|Olivier de Serres]] ([[Routine - Annexe 1|annexe 1]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le péché originel de l’agronomie==&lt;br /&gt;
===Routine : une connotation négative seulement en agriculture===&lt;br /&gt;
Aux XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles, le mot &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt; est employé en musique, littérature, médecine, chirurgie, droit, religion… avec des connotations diverses. « Routine, longue usance &amp;amp; pratique de quelque chose. (…) Expérience par longue pratique. (…) Il a un peu de routine, &amp;amp; rien de plus. » (Monet, 1635), « Routine. Usage acquis par une longue habitude, sans le secours de l’étude &amp;amp; des règles » (Académie, 1694), « PRATIQUE, signifie aussi, routine, habitude contractée par un exercice assidu » (Furetière, 1701), « Sorte d’habitude acquise à force d’exercice » (Richelet, 1706), « longue pratique » (Pomey, 1716), « Capacité, faculté acquise plutôt par une longue habitude, par une longue expérience, que par le secours de l’étude &amp;amp; des règles » (Académie, 1718 ss).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Parlant d’agriculture et appliqué aux cultivateurs, &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt; a toujours un sens péjoratif. Son emploi se généralise après 1750, lors des controverses sur la « nouvelle culture » de l’Anglais Tull, testée par [[A pour personne citée::Henri-Louis Duhamel du Monceau|Duhamel du Monceau]] et son réseau, et sur la [[jachère]].'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappelons un point essentiel de cette dernière : la jachère était vue comme une année de « [[Repos et fatigue des terres| repos]] » pendant laquelle la terre « reprenait des forces » en ne « travaillant » pas, c’est-à-dire en ne produisant pas de [[récolte]]. Or repos de la terre n’est pas absence de [[travail du sol]], bien au contraire : la jachère était une suite de [[labours]] et façons superficielles… soit beaucoup de travail. « La terre se repose donc, mais le cultivateur ne se repose pas » ([[A pour personne citée::Chrestien de Lihus|Chrestien de Lihus]], 1804 : 80). Mais [[A pour personne citée::Victor Yvart|Yvart]] (1764-1831) a transféré de la terre à l’homme l’idée de repos, et fait l’amalgame entre &amp;lt;u&amp;gt;jachère&amp;lt;/u&amp;gt;, &amp;lt;u&amp;gt;[[Friche, défricher|friche]]&amp;lt;/u&amp;gt; et &amp;lt;u&amp;gt;lande&amp;lt;/u&amp;gt; pour expliquer l’existence de la jachère par la « paresse » des cultivateurs (Morlon &amp;amp; Sigaut, 2008, chap. 3).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''C’est à cette époque que naît l’[[Agronome, agronomie : étymologie|agronomie]]''' (dans son sens large de science de l’agriculture) porteuse de la notion de [[progrès]] qui remplacera peu à peu l’idée de « porter l’agriculture à sa perfection ». Or, alors que certains affirment « que plus un champ rapporte, moins la terre en est altérée, et que plus au contraire, le rapport est modique, plus elle soufre et s’amaigrit ; et qu’on la rend inépuisable, quand on sait seulement varier les objets de sa fécondité » ([[A pour personne citée:: Nicolas François de Neufchâteau|François de Neufchâteau]], 1797 : 28), et qu’il existe des « ''cultures restituantes'' », suffisantes à elles toutes seules pour maintenir la [[fertilité]] perpétuelle de la terre (Yvart, 1809 : 350), ce que l’agronomie naissante proposa pendant des décennies, &lt;br /&gt;
* n’était pas économiquement à la portée de l’immense majorité des cultivateurs, &lt;br /&gt;
* ou pas applicable partout : le « système de Norfolk », ou de Flandre, donné comme modèle universel, exige des conditions très rarement réunies : engrais humain des villes, moyens de communication&amp;lt;ref&amp;gt;« Il faut croire aussi que l’agriculture, en Flandre, a été surtout encouragée par le bon état et la multitude des communications, des débouchés, des canaux, des chemins, etc. Partout où les denrées ne peuvent pas circuler, on n’est pas riche avec des denrées dont on ne peut se défaire. On ne cultive alors que pour le besoin le plus strict. » (François de Neufchâteau, 1804 : 199).&amp;lt;/ref&amp;gt;, etc. (Morlon, 2013 ; [[Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810), &lt;br /&gt;
* voire techniquement pas valable sur le long terme : on comprit plus tard que remplacer la jachère par du [[trèfle]] met de l’[[azote]] dans le système, d’où quelques années de meilleures récoltes… qui accentuent la carence en [[phosphore]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''On expliqua par la « routine » la résistance à ces changements. Ce lieu commun, qui évite de se poser les bonnes questions, est le fondement du schéma descendant du progrès et des classifications psychologiques des agriculteurs : les chercheurs trouvent, la vulgarisation diffuse et les agriculteurs adoptent plus ou moins vite ou n’adoptent pas, selon leur psychologie personnelle.''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce schéma diffusionniste a longtemps marqué l’agronomie naissante. Elle ne s’en libérera qu’à la fin du 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, où cela le mot &amp;lt;u&amp;gt;routine&amp;lt;/u&amp;gt; prit un sens positif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Un lieu commun largement admis…===&lt;br /&gt;
Les phrases de [[A pour personne citée:: Jean-Baptiste de la Quintinie| La Quintinie]], « rarement se trouve-t-il parmi eux ((les jardiniers)) autre chose qu’une ignorance présomptueuse &amp;amp; babillarde, soutenue d’une misérable routine », « continuant de faire la plupart de leur besogne au hasard, ou plutôt par routine » (1697 : 38 &amp;amp; 61) sont peut-être les premières expressions d’une affirmation qui sera répétée à l’infini comme une vérité de base admise par écrivains en agriculture et agronomes ([[Routine - Annexe 2|annexe 2]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces reproches sont encore répétés au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ([[Routine - Annexe 3|annexe 3]]). En 1913 ou 1914, un manuel d’école primaire propose dans ses lectures complémentaires un extrait du livre de Rémi Dumont (le père de [[A pour personne citée::René Dumont|René]]), ''Routine et Progrès en agriculture'', incluant ce qui suit :&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;« '''L’esprit routinier et les préjugés populaires''' &amp;lt;/center&amp;gt;.&lt;br /&gt;
	La culture progresse avec plus de lenteur que le commerce et l’industrie, parce qu’elle est la plus ancienne des professions. Ses procédés, transmis de génération en génération par une tradition routinière, par un usage séculaire, s’imposent d’autant plus qu’ils sont enracinés depuis plus longtemps : « ''Une vieille erreur a toujours plus de force qu’une jeune vérité''. (…) Que de préjugés, que d’erreurs, que de recettes empiriques [en note : suggérées uniquement par une expérience routinière], de croyances superstitieuses à déraciner encore chez bon nombre de nos paysans ! (…) On voit, par ces quelques considérations, quel chemin il reste à parcourir pour que le progrès puisse s’installer en maître dans nos campagnes, en chasser les erreurs, les préjugés, les pratiques superstitieuses et la routine » (Dutilleul &amp;amp; Ramé, ''ca''. 1913 : 250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===…quoique discuté===&lt;br /&gt;
Revenant aux XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles, certains en restent à cette condamnation sans appel. Mais d’autres, tout en la faisant leur, et '''quitte à se contredire''' ([[Routine - Annexe 4|annexe 4]]), la nuancent ou la discutent.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Dès 1762, un ''Préservatif contre l’agromanie'' anonyme&amp;lt;ref&amp;gt;L’auteur en est Laurent Benoit Desplaces&amp;lt;/ref&amp;gt;. s’élève contre ces critiques : « Il n’en est point de l’agriculture comme des manufactures. On ne doit point être surpris de ce qu’on l’ait abandonnée à la routine, à sa méthode triviale : '''elle est bonne en général. Le simple cultivateur est en état de donner des leçons au physicien, qui n’a jamais labouré'''. » (p. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1786, Broussonet est radical : « On ne peut se le dissimuler, quoique les Écrivains aient été prodigues de conseils, il ne s’est opéré en Agriculture, depuis les anciens Romains, aucune révolution sensiblement avantageuse. Si l’on en croit la plupart des Auteurs, la faute doit en être attribuée au Cultivateur, comme si celui qui entreprend d’instruire les autres, n’était pas toujours comptable de l’inutilité de ses leçons. Telle est la nature de l’homme, qu’en répétant souvent le même travail, il ne s’accoutume à le mieux faire qu’en perdant en même temps le besoin &amp;amp; conséquemment le désir de se rendre raison de ce qu’il fait. De même l’habitude de combiner des idées, fait perdre peu-à-peu à celui qui ne s’occupe que de la partie théorique d’un art quel qu’il soit, le désir &amp;amp; la facilité de mettre la main à l’œuvre ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces discussions, les arguments ou les questions portent d’une part sur les individus (leur personnalité, leur situation économique) et d’autre part sur les techniques nouvelles proposées ([[Routine - Annexe 5|annexe 5]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le suggère Duhamel du Monceau (1762 : vi), '''les routines ne sont pas toutes vicieuses''' : « Je pense bien que des gens instruits doivent essayer de détruire les préjugés &amp;amp; les routines reconnues vicieuses ». En 1816, Bosc explicite : « On appelle ainsi une série de pratiques dont ne peuvent rendre raison ceux qui les exécutent. Il y a de bonnes, il y a de mauvaises routines » : le fléau, ce sont les mauvaises routines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dit autrement, '''les [[pratique]]s anciennes ne sont pas toutes des routines aveugles''' : « Les laboureurs Flamands sont incontestablement, de l’aveu des Anglais eux-mêmes, les premiers laboureurs du monde. (…) La pratique de Flandre, étudiée par les Anglais vers 1650, ne leur a point paru une routine aveugle. Ses effets étaient ceux d’une méthode heureuse. L’Angleterre s’en est servie pour perfectionner la sienne ; et, dans ces derniers temps, elle y revient encore. » « Qui est-ce qui a révélé aux fermiers Flamands l’avantage de faire succéder une plante qui trace, à un végétal qui pivote ? Qui leur a donné le secret de cette merveilleuse alternative ? C’est ce qu’on ignore. Ici la science n’a point précédé la routine. » (François de Neufchâteau, 1804 : 183 &amp;amp; 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On trouve ainsi des plaidoyers épars contre l’accusation de routine, voire '''pour''' la routine. Nous en donnons des exemples en [[Routine - Annexe 6|annexe 6]]). Mais c’est en faisant appel à d’autres disciplines que l’agronomie contemporaine propose un vrai retournement. Nous évoquerons ici ce qu’elle apprend de l’histoire et des sciences de gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Éclairages contemporains : le retour des routines==&lt;br /&gt;
===Court terme et long terme===&lt;br /&gt;
L’agriculture a la particularité que, sur un même critère, les résultats d’un changement technique, non seulement varient d’une année à l’autre selon le [[climat]] ou les problèmes phytosanitaires, mais peuvent être différents, voire contraires, selon qu’on les juge à court, moyen ou long terme. Les exemples en sont légion. Mais qui a la possibilité de juger à long terme avant de se prononcer ? Sur ce point, comme sur d’autres, les différences sociales sont fondamentales…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, quelques noms ressortent pour avoir fait des essais ou des évaluations pluriannuels : Duhamel du Monceau (1700-1782), [[A pour personne citée:: Albrecht Thaër|Thaer]] (1752-1828)… Mais, dans la controverse des années 1950-60 sur le retournement des [[prairies permanentes]], André Voisin  (1953, 1961, 1963) réclamait encore à la recherche, en vain, des essais de longue durée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===« Le véritable problème n’est pas celui de l’efficacité de la vulgarisation, mais celui de la pertinence de l’innovation »===&lt;br /&gt;
« La seconde tâche d’une technologie de l’agriculture actuelle serait l’étude de la transmission des savoirs entre ces deux sous-ensembles sociaux que sont les agriculteurs d’une part, et les &amp;quot;conseillers&amp;quot; de l’agriculture d’autre part (au sens large du terme : conseillers proprement dits, mais aussi enseignants, chercheurs, techniciens, etc.). Ce problème est, si l’on veut, celui de l’efficacité de la vulgarisation. Mais on s’interdit de le résoudre si on le pose seulement en termes de vulgarisation&amp;lt;ref&amp;gt;Le terme même de vulgarisation implique une certaine conception de la répartition sociale du savoir. Conception pas très ancienne, puisque le mot n'est attesté que depuis 1852 (Petit Robert).&amp;lt;/ref&amp;gt;  c’est-à-dire si, sans trop s’interroger sur la pertinence de celle-ci, on se borne à chercher des explications d’ordre socio-économique ou psychologique à ses difficultés. Bien sûr, les facteurs de cet ordre jouent un rôle, qu’il ne s'agit pas de nier. Mais les raisons les plus profondes sont d’ordre épistémologique : c’est dans la cohérence du système de notions sous-jacent à chaque système de culture qu’il faut les chercher. Une innovation n’est possible que si elle trouve sa place dans ce système. Le véritable problème n’est pas celui de l’efficacité de la vulgarisation, mais celui de la pertinence de l’innovation. Le &amp;quot;refus&amp;quot; de celle-ci (…) n’est, scientifiquement parlant, qu’un artefact, une fausse apparence créée par une fausse problématique. L’histoire montre au contraire (ou plutôt montrerait, si nous la connaissions mieux) que les agriculteurs de tous les pays sont capables d’adopter avec un empressement parfois étonnant les innovations qui leur profitent vraiment. Ils se chargent même souvent de les inventer eux-mêmes, et à côté des échecs de la vulgarisation, il y a des réussites de cette &amp;quot;non-vulgarisation&amp;quot;, si l’on peut dire » ([[François Sigaut|Sigaut]], 1976 &amp;amp; 1985).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le progrès n’est pas une voie étroite à sens unique===&lt;br /&gt;
Comme l’explique Comet (1992, voir [[Routine - Annexe 7|annexe 7]]), le progrès ne consiste pas à remplacer une technique par une autre, mais à élargir l’éventail des techniques disponibles, entre lesquelles chaque praticien choisit en fonction de [[contraintes]] et de critères matériels, économiques, sociaux, moraux... entre lesquels il fait des compromis. '''Le « progrès » peut ainsi prendre des directions différentes''' selon, par exemple, que priorité est donnée à la maximisation du revenu (critère souvent utilisé dans les livres pour juger de l’efficacité d’un système agricole), à la stabilité de ce revenu, à la durée et la pénibilité du travail, ou à la conservation à long terme des ressources…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;---------------&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Compte tenu de ce qui précède, que vaut le schéma largement enseigné de la diffusion du progrès, qui classe les agriculteurs en « premiers adoptants », « suiveurs » et « réfractaires au progrès » ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Des « procédures de routine » pour alléger la charge mentale===&lt;br /&gt;
Un critère rarement pris en compte dans la littérature agricole est la charge mentale : la quantité et la difficulté des questions à résoudre et à décider dans sa tête. « Celui qui pense ne peut être continuellement à penser qu’il pense. Notre entendement ne remplit plus sa mission. Il ne s’occuperait que de lui-même » (Balmès, 1850 : 98). « C’est ce partage de l’attention qui constitue, me semble-t-il, la spécificité de l’action outillée. Spécificité qui en fait aussi toute la difficulté. Cette difficulté est évidente chez les humains, qui eux aussi s’en remettent le plus possible à leurs automatismes d’habitude dans les actions ordinaires (dites de routine) » (Sigaut, 2012 : 132-133) ; ainsi, « l’automatisme n’est pas incompatible avec l’intelligence, au contraire. Sans automatismes, il n’y aurait que des tâtonnements, et la réflexion elle-même n’aurait plus rien à quoi s’appliquer » (id. : 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est vrai pour de nombreuses activités l’est tout particulièrement en agriculture. De tous les métiers, c’est sans doute celui qui fait appel aux compétences les plus diverses, et met en concurrence au même moment des tâches très variées sur des [[milieu naturel|milieux de culture]] hétérogènes. Un agriculteur doit penser à plusieurs choses en même temps, prendre des décisions à des échelles de temps qui vont de l’heure à plusieurs années, alors qu’il fait face à un maximum d’incertitudes : biologiques (sous influence météo et phytosanitaire), météorologiques pour les travaux des champs, commerciales… De façon à première vue paradoxale, ce n’est qu’en ayant des routines – éprouvées par l’expérience pratique – qu’il peut faire les meilleurs choix possibles… en évitant d’avoir le cerveau qui explose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi que, étudiant la façon dont des agriculteurs organisent la mise en place des [[Betterave|betteraves]] sucrières ([[préparation du sol]] et [[semis]]) en fonction de l’état du [[sol]] sur leurs différentes [[Champ, pièce, parcelle|parcelles]], du climat, de leur équipement et de leur [[calendrier de travail]], Marianne Cerf (1994, 1996 a &amp;amp; b, 1997) observe que chacun de ces agriculteurs a construit au cours du temps&amp;lt;ref&amp;gt; La construction de telles procédures exige un environnement climatique et réglementaire stable.&amp;lt;/ref&amp;gt; ce qu’on appelle une “procédure de routine”, qui est dans ce cas la combinaison d’outils qu’il applique le plus souvent, ou qu’il cherche à appliquer le plus souvent possible. Cette procédure oriente son regard : est-ce que la situation va lui permettre d’appliquer sa procédure de routine pour atteindre le résultat qu’il en attend ? Les observations qu’il fait alors ne visent pas à imaginer une façon de travailler le sol adaptée à ce qu’il voit, mais à savoir s’il peut appliquer sa procédure de routine, et dans le cas contraire, quelle autre procédure. Il y a donc une grande différence entre la façon dont un agriculteur porte son regard sur une situation, et la pratique de [[diagnostic]] de l’agronome (conseiller, chercheur). Le semis étant un moment clé pour la réussite de la culture des betteraves, et la procédure de routine donnant satisfaction lorsqu’elle s’applique sur un certain état du sol, certains agriculteurs cherchent à créer les conditions pour avoir cet état du sol à ce moment, ce qui se gère au labour à l’automne précédent. La procédure de routine du semis structure alors en amont d’autres procédures. Pour l’agronome, il peut sembler étrange de labourer des [[limon : le mot|limons]] tôt en hiver, car ils vont « [[battance|battre]] » ; mais c’est justement ce que recherche l’agriculteur car la croûte de battance assure une portance suffisante pour passer les outils de sa procédure de routine, tout en ne créant pas de difficultés pour créer le [[lit de semence]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De telles procédures de routine ont été observées dans d’autres domaines, comme la lutte contre les [[adventice]]s tout au long de la campagne agricole (Macé ''et al''., 2007 ; Compagnone ''et al.'', 2008 ; voir l’annexe 3 de l’article [[Mauvaise herbe]]). La routine permet l’efficacité quand les situations qu’on rencontre se répètent – même si ce n’est jamais totalement à l’identique- :  ce qu’on met en œuvre résiste à une certaine variabilité des situations, il faut simplement avoir en tête la classe de situations pour laquelle la routine est efficace pour atteindre l’objectif visé, et savoir repérer quand la routine n’est pas pertinente et ne doit pas être appliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le progrès consiste… à trouver de nouvelles routines===&lt;br /&gt;
Traitant d’&amp;lt;u&amp;gt;Action et rationalité des acteurs&amp;lt;/u&amp;gt;, après avoir évoqué les travaux de Herbert Simon sur la « rationalité limitée » des acteurs qui ne sont pas des « ''homo œeconomicus'' », [[A pour personne citée:: Michel Sebillotte| Sebillotte]] (1994 : 56-57) écrit : &lt;br /&gt;
« “ ''Là se déterminent les conditions de succès, ou d’échec, des organisations économiques, par un processus analogue à celui de la sélection naturelle. En économie, cette sélection fonctionne par le couplage de deux procédures, la routine et la recherche (de nouvelles routines).'' [...]. ''Par routine, on entend une structure de comportements régulière et prévisible, conduisant à des schémas d’activité répétitifs. Ces schémas constituent la mémoire organisationnelle où les participants puisent les références qui vont garantir la rapidité et la pertinence de leurs choix'' ” (Ménard, 1990, p. 111, à propos des travaux de R. Nelson et S. Winter, 1982). C’est bien ce que disaient déjà les pionniers (March et Simon, 1958, p. 134-167). Ce qui est intéressant, c’est une mise en valeur positive, si l’on peut dire, des “ ''rigidités internes qu’on a habituellement tendance à identifier à des facteurs d’inefficience'' ”, alors qu’habituellement on valorise plutôt “ ''la flexibilité comme le font les modèles du cycle de vie'' ” (Ménard, 1990, p. 111). Les agronomes évoquaient aussi le double rôle des modèles pour l’action de l’agriculteur : source d’efficacité et contrainte pour des changements. La recherche de nouvelles routines, quant à elle, se fait sous les pressions de l’environnement, qui ont pour origine principale des modifications de la structure des marchés et/ou des actions de l’État. En revanche, ces travaux ne soulignent pas assez le rôle des innovations technologiques dans la nécessité d’élaborer de nouvelles routines, alors qu’elles étaient l’un des facteurs majeurs dans les travaux cités des agronomes. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, la variabilité des situations agricoles que l’agriculteur rencontre, que ce soit du fait du changement climatique, du retrait de certains produits (comme dans le cas de l’[[agriculture biologique]]) ou modes d’action (par exemple le labour dans le cas de l’[[agriculture de conservation]]) peut questionner ces formes d’économie cognitive ou organisationnelle telles qu’elles ont été mises en évidence : il devient plus difficile de stabiliser des modes d’action. D’autres routines, comme l’habitude d’enquête (Slimi, 2022) peuvent éventuellement s’y substituer pour faire avec cette variabilité et s’y adapter sans la réduire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
Pour la période s’étendant jusqu’au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cet article n’utilise que les textes de la littérature agricole, et pas les travaux des historiens. Parmi ces derniers, signalons :&lt;br /&gt;
*Antoine A., Boehler J.M., Brumont F., 2000. ''L’agriculture européenne à l’époque moderne''. Belin, Paris, 448 p.&lt;br /&gt;
*Bloch M., 1930. La lutte pour l’individualisme agraire dans la France du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : l’œuvre des pouvoirs d’ancien régime. ''Annales d’Histoire économique et sociale'', II : 329-381 [http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/issue/ahess_0003-441x_1930_num_2_8 Texte intégral]. Réimpression : Mélanges Historiques, SEVPEN, Paris, 1963, p. 593-637.&lt;br /&gt;
*Boehler J.M., 1995. Tradition et innovation dans un pays de petite culture au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Du cas alsacien au modèle rhénan. ''Histoire et sociétés rurales'', 4 : 67-103. [https://hsr.hypotheses.org/700#more-700 Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Boehler J.M., 2004. ''La terre, le ciel et les hommes à l’époque moderne. Des réalités de la plaine d’Alsace aux horizons européens''. Société Savante d’Alsace, Strasbourg, 729 p. &lt;br /&gt;
*Bousbaci R., 2020. ''L’Homme comme un «être d’habitude». Essai d’anthropologie et d’épistémologie pour les Sciences du design''. Presses de l’Université Laval, Québec, 410 p..&lt;br /&gt;
*Moriceau J.M., 1994. Le changement agricole. Transformations culturales et innovation (XII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle). ''Histoire et Sociétés rurales'', 1 : 37-66.&lt;br /&gt;
*Moriceau J.M., 1998. ''Les fermiers de l’Ile-de-France'', XV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles. 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, Paris, Fayard, 1069 p.&lt;br /&gt;
*Tits-Dieuaide M.J., 1984. Les campagnes flamandes du XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; au XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, ou les succès d’une agriculture traditionnelle. ''Annales Histoire, Sciences Sociales,'' 39 (3) : 590-610. [Sur Jstor]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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*Voisin A., 1963. Les enseignements de la tétanie d’herbe. ''C.R. Acad. Agric. Fr.'', 49 : 621-651. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34348106j/date Texte intégral]&lt;br /&gt;
*Yvart V.J.A., Huzard J.B., 1804. Notes à la réédition du ''Théâtre d’Agriculture et Mesnage des champs'' d’Olivier de Serres, t. 1. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9617551r] Texte intégral&lt;br /&gt;
*Yvart V.J.A., 1809. Article « Jachère ». In : A. Thouin ''et al.'', ''Nouveau cours complet d’Agriculture théorique et pratique ou Dictionnaire raisonné et universel d’agriculture''. Paris, t. 7 : 333-358. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722249s Texte intégral]&lt;br /&gt;
Zola E., 1887. La terre. (Les Rougon-Macquart, histoire naturelle d’une famille sous le Second Empire, t. 15). Nombreuses éditions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:R]] [[Catégorie:Article]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Signification_des_rendements&amp;diff=5193</id>
		<title>Signification des rendements</title>
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		<updated>2026-01-28T10:07:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''&amp;lt;big&amp;gt;''Auteurs'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]] et [[A pour auteur::François Sigaut]]&amp;lt;/big&amp;gt;'''&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Note&lt;br /&gt;
|note 1=Le dossier consacré à la thématique du Rendement sera composé d'au moins deux articles : celui-ci et [[Élaboration et composantes du rendement]].&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Article 1=Biomasse végétale&lt;br /&gt;
|Article 2=Croissance&lt;br /&gt;
|Article 3=Densité de semis&lt;br /&gt;
|Article 4=Efficience d'interception du rayonnement&lt;br /&gt;
|Article 5=Efficience de conversion de l'énergie&lt;br /&gt;
|Article 6=Fertilité&lt;br /&gt;
|Article 7=Productivité&lt;br /&gt;
|Anglais=yield&lt;br /&gt;
|Espagnol=rendimiento&lt;br /&gt;
|Allemand=Ertrag&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Expression des rendements au Moyen Âge&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Rendements ordinaires et techniques de semis (Sigaut, 1992)&lt;br /&gt;
|Annexe 3=Boussingault (1864) commente Humboldt (1811)&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 mars 2010&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=30 juillet 2010, complété le 28 décembre 2021 et le 28 janvier 2026.&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
'''Le rendement d’une [[culture]] se dit du rapport entre la quantité récoltée et le facteur de production (terre, semence, travail, eau, ...) jugé pertinent dans la situation agricole considérée. C’est un moyen de juger l’efficacité de cette culture, par comparaison avec les rendements obtenus dans d’autres [[milieu naturel|milieux]] ou avec d’autres [[technique]]s ou [[variété]]s'''.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces comparaisons ne conduisent à des conclusions valables et à des actions efficaces et utiles, que si on choisit de façon pertinente le numérateur (quelle mesure de la production) et surtout le dénominateur (par quel critère ou facteur limitant on divise cette production), en fonction des buts qu’on se propose ou des questions qu’on se pose, et de la situation dans laquelle on se trouve. La façon d’exprimer « le » rendement dans une société indique quel facteur elle perçoit ou a perçu comme le plus [[facteur limitant | limitant]] ou [[contrainte | contraignant]]. Partout où ce n’est pas la terre (la surface) mais un autre facteur, c’est le « rendement » de cet autre facteur qui permet de juger l’efficience des [[pratique]]s de l’agriculteur, le rendement à l’hectare n’étant alors un critère pertinent ni pour comparer des agriculteurs différents, ni pour comprendre ce que fait un agriculteur, ni par conséquent pour proposer des améliorations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons que l'emploi habituel du terme en agriculture est impropre car, au sens strict, un rendement est une grandeur sans dimension, le numérateur et le dénominateur étant de même nature et exprimés dans la même unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Un rendement, c’est fait pour être comparé à d’autres rendements==&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« Voici : le semeur sort pour semer. Il sème et il en tombe le long de la route. Les oiseaux viennent et les mangent. D’autres tombent sur les pierrailles, où ils n’ont pas beaucoup de terre ; (…) parce qu’ils n’ont pas de racines, ils se dessèchent. D’autres tombent sur les épines. Les épines montent et les étouffent. D’autres tombent sur la belle terre ; ils donnent du fruit : l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente [pour un]. » (''Évangile'' de Matthieu, chap.13, 3-8).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« (...) sur l’acre il convient de semer au moins deux boisseaux (...) ; au triple de votre semence, vous devez donc avoir 6 boisseaux de cette acre » (''sur lacre couent il semer al meyns deus bussels (...) ; al tierz de votre semayl donc deuent avoyr vi bussels de cele acre'') » ([[A pour personne citée::Gautier de Henley|de Henley]], ''ca''. 1280).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce froment a rendu chez moi quarante pour un, semé dans un jardin : et employé en terre commune, douze à quinze » ([[A pour personne citée::Olivier de Serres|O. de Serres]], 1604 : 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« A Iakoustk le froment et le seigle rendent quelquefois le quinzième grain, quoique à la profondeur d'un mètre le sol qui les porte soit constamment gelé » ([[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1844 : 656).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auditeurs de la parabole du semeur devaient comparer les rendements de cent, soixante et trente [pour un] dans la bonne [[terre]] à ceux, sans doute moindres, qu’ils avaient en tête. Gautier de Henley indique au seigneur propriétaire des terres à quel rendement de référence il doit comparer ce que ses gens ont engrangé, pour savoir s’ils ne l’ont pas volé. Et le lecteur de Boussingault devait comparer celui de 15 pour 1 parfois obtenu au fond de la Sibérie à ceux habituels dans sa propre région. Annoncer un rendement, quel qu’il soit, ne dit en effet rien à des gens qui n’ont pas de point de repère : ce qui est notre cas lorsque nous lisons ces textes, puisque nous n’avons plus de [[références]] calculées de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une donnée de rendement isolée ne signifie rien, ne sert à rien ; elle ne prend son sens que comparée, explicitement ou non, à d’autres rendements obtenus dans d’autres conditions ou avec des moyens différents, dont elle permet de juger l’efficacité. Un rendement de blé de 40 q/ha est excellent (comparé à ceux qu’on y obtient habituellement) en agriculture non [[irrigation|irriguée]] dans les montagnes [[aride]]s du Maghreb, mais très médiocre (comparé ...) en Picardie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci est vrai tant en [[expérimentation]], pour trouver « la meilleure » technique ou variété, qu’en [[vulgarisation]] (extension), pour conseiller à des agriculteurs d’en imiter un autre jugé « meilleur » (plus efficace) ou d’adopter des techniques jugées plus efficaces que les leurs. '''Mais que veut dire « meilleur » ou « plus efficace » ? Pour juger une technique, il faut au préalable définir l'objectif (le critère) par rapport auquel on juge ; or ce critère diffère selon les situations'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rendement ne se mesure pas, il se calcule : c’est un rapport - &amp;lt;u&amp;gt;une&amp;lt;/u&amp;gt; mesure de la production divisée par &amp;lt;u&amp;gt;un&amp;lt;/u&amp;gt; facteur de production. Mais lesquels ? Ni le numérateur, ni le dénominateur ne sont donnés à priori : ils résultent d’un choix, qui doit être à la fois conscient et raisonné. Nous commencerons par le dénominateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel rendement (quels critères de comparaison) ? Le dénominateur==&lt;br /&gt;
« J'ai semé, dans un demi-arpent, quatorze livres d'orge, c'est-à-dire, environ un boisseau de Paris, et néanmoins j'ai récolté 75 bottes d'orge, qui m'ont produit 40 boisseaux, ce qui fait 40 pour un. Existe-t-il un grain plus productif ? » ([[A pour personne citée::Chrestien de Lihus]], 1804 : 318&amp;lt;ref&amp;gt;Accéder directement à la [[wicri-agronomie.fr:C de Lihus 1804 Principes d'agriculture et d'économie - Ch11 P3#Semence d'orge.|citation]] dans l'ouvrage.&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les [[agronome, agronomie : étymologie|agronome]]s ne connaissent et ne calculent que « le » « rendement » par hectare - avec, au numérateur, d’abord un volume, puis un poids. Mais il n’existe pas qu’un moyen et un seul, universel et [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnel]], pour juger les résultats d’une production : il en existe plusieurs, qui ont des significations différentes et correspondent à des situations techniques et sociales différentes. C’est parmi tous ces rendements – il vaudrait mieux parler de rapports ou ratios – différents que nous devons essayer de nous reconnaître, si nous ne voulons pas que toutes nos discussions sur les résultats quantitatifs des agricultures anciennes soient biaisées dès le départ ([[A pour personne citée::François Sigaut|Sigaut]], 1992), et que nos jugements sur ceux des paysanneries du Tiers-Monde soient tout aussi biaisés et les conseils qu’on en tire, inapplicables ou nocifs ([[signification des rendements - Annexe 2|annexe 2]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En économie, on admet souvent que le producteur rationnel cherche à maximiser l’efficience du facteur le plus limitant ou contraignant dans son exploitation. Les facteurs que l’on peut ainsi mettre au dénominateur sont nombreux : la surface, la semence, le travail, l’eau, etc. Le choix de l’un ou l’autre n’est pas indifférent ; est pertinent celui qui est perçu comme le plus limitant ou contraignant par la société ou le producteur considéré. '''L’expression du rendement est donc révélatrice d'unee la situation historique, géographique et sociale'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La semence===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« ... car il est ainsi qu’en semant le blé, on a espérance qu’un grain en apportera plusieurs » ([[A pour personne citée::Bernard Palissy]], [1563] 1988 : 65).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rendement vient de rendre. Le rendement a d’abord été exprimé par rapport à la semence qu’on a prêté ou confié à la terre : un rendement de 5 pour 1, de 100 pour 1... C’est le rendement vrai : on met dans un processus une certaine quantité de quelque chose, et on en retire une autre quantité de la même chose. C’est donc une grandeur sans dimension, le numérateur et le dénominateur ayant la même unité, comme partout ailleurs qu’en agriculture : le rendement d’une machine est le quotient, inférieur à 1 depuis Carnot, de l’énergie qu’elle restitue par celle qu’elle consomme (des Watts divisés par des Watts ou des Joules par des Joules). Celui d’un placement financier, qu’on espère au contraire supérieur à 1, est le quotient de la somme rendue par la somme placée (des euros sur des euros).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce rendement que le producteur cherche à maximiser - et qui est donc le critère de jugement pertinent - lorsqu'il se trouve devant le choix cornélien : « ce que je viens de récolter, ou bien je le garde comme semence pour l’an prochain, et je continue à avoir faim ; ou bien je le consomme maintenant, et je n’aurai rien à semer l’an prochain » (un rendement de 4 pour 1 signifie qu’on doit réserver comme semence le quart de la récolte). Ce qui a été la situation de l’humanité pendant des millénaires, et l’est encore parfois dans certaines régions du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, aux XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles, des cultivateurs et agronomes de toute l’Europe ont cherché à battre le record du plus grand nombre d’épis ou de grains sur un pied de blé.&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« M. Georges Villers présente une plante de blé (...) offrant un exemple de fécondité remarquable (...) 116 épis ayant en moyenne 35 grains, ce qui donne un nombre total de 4 060 grains » (Bull Soc. Agric. Bayeux, 1850-51, 1 : 296). Les histoires de ce genre ne sont pas rares. (...). Le record absolu est sans doute détenu par un pied d’orge qui, d’après Davy (1820 : 240) aurait produit 249 tiges et plus de 18 000 grains. ». (Sigaut, 1992).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien entendu, pour obtenir de tels rendements, on éliminait toute [[compétition]] entre pieds (voir ci-dessous), et on favorisait très artificiellement le [[tallage]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Inversement, de fortes [[densité de semis|densités de semis]] pour étouffer les [[mauvaise herbe|mauvaises herbes]] étaient cause de bas rendements à la semence (Campbell, 1983).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais attention : les apparences peuvent être trompeuses. Autrefois en Europe, on exprimait le rendement par rapport à la semence, mais on semait à la volée, méthode qui épargne le travail en gaspillant de la semence...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le travail===&lt;br /&gt;
Dans les agricultures non [[motorisation | motorisées]], le travail est souvent limitant, en particulier lors du [[labour]]. Ce que le producteur cherche à maximiser est alors la production par jour de travail de labour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’une unité de mesure de la surface des terres n’est pas fixe et uniforme, mais calée sur la surface labourée en un jour ([[Mesures de surface agraires|acre, arpent, journal, hommée…)]], qui dépend des caractéristiques du sol, un rendement calculé par rapport cette unité est, de fait, une mesure de la productivité du travail de labour et non, contrairement aux apparences, de l’efficience de la conversion de l’énergie solaire ! C’est ce qu’illustre le texte suivant - et c’est ainsi que l’on devrait commencer par lire les autres, avant de chercher à traduire ces données en quintaux par hectare :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot; align=&amp;quot;center&amp;quot; width=&amp;quot;30%&amp;quot;|« Quantité de terres qu’un homme peut labourer en un jour, avec des chevaux ou avec des bœufs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journal&amp;lt;br/&amp;gt;''Jugerum''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Acre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Produit d’un arpent de terres en blé&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot;|L’arpent est la valeur de ce qu’un homme avec 2 ou 3 chevaux, selon la force des terres, peut labourer en un jour, ou en deux jours avec des bœufs. Ce rapport avec la journée d’un homme fait qu’en plusieurs pays, comme en Picardie, &amp;amp;c. on compte par journal, qui est à-peu-près l’arpent de Paris, &amp;amp; aussi à-peu-près la même chose que le jugerum d’Italie, ainsi nommé parce qu’il contient ce que deux bœufs peuvent labourer en un jour. En Bretagne on mesure aussi par journal. Les deux journaux reviennent à l’acre de Normandie, peu plus, &amp;amp;c.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arpent des terres ordinaires peut produire 200 gerbes de blé qui rendent année commune quatre septiers de blé. Il y a des terres qui passent ce produit, &amp;amp; qui portent jusqu’à 300 gerbes, &amp;amp; rendent six septiers de grains, selon les années. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(La Bretonnerie, 1782, t. 2 : 86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’eau===&lt;br /&gt;
Le « [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|coefficient de transpiration]] » de la littérature agronomique, quantité d’eau évaporée par le [[couvert végétal]] pour produire 1 kg de [[matière sèche]] récoltée ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1956 : 111-112), est l’inverse arithmétique d’un rendement : il est équivalent de dire « 500 litres d’eau par kg de matière sèche » ou « 2 kg de matière sèche par m&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; d’eau ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu’à présent, il a surtout été utilisé dans les régions arides où ce que l’on cherche à maximiser est la production par mètre cube d’eau d’[[irrigation]]. Le changement climatique et la concurrence croissante entre différents usages de l’eau, même dans les régions tempérées humides, pourront donner une importance croissante à ce critère et à ce mode d’expression du rendement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La surface===&lt;br /&gt;
Pour l’écophysiologiste, le « rendement » par unité de surface permet de juger l’efficacité de l’[[interception]] et de la [[conversion du rayonnement solaire]] par le couvert végétal cultivé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le producteur, ce critère n’est pertinent que lorsque les facteurs limitants ci-dessus ont été levés, et que ce qui limite sa production ou le revenu qu’il en tire est principalement la surface qu’il peut exploiter. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Demain, les combustibles fossiles ?===&lt;br /&gt;
L’épuisement des énergies fossiles et l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre feront sans doute bientôt calculer, à côté du rendement par hectare, un rendement par tonne de combustible fossile utilisé (ou de CO&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt; rejeté), en prenant en compte la totalité des consommations, y compris l’énergie utilisée pour la fabrication des engrais. Sachant que, en gros, la fabrication de 20 unités d’azote consomme autant d’énergie que le labour d’un hectare, cela pourra conduire à de profondes modifications dans les techniques et les [[système de culture|systèmes de culture]] ([[rotation]]s avec [[légumineuses]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Avec quels choix techniques pour chacun d’eux ?==&lt;br /&gt;
On ne peut maximiser qu’un seul critère à la fois. On ne peut pas maximiser en même temps les rendements à la semence, au travail, à l’eau, à l’hectare... Pire : certains sont strictement antinomiques. Et les choix techniques qui permettent de maximiser l’un ou l’autre sont différents, parfois radicalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour maximiser le rendement par rapport à la semence, il faut éviter toute [[concurrence]] entre plantes, d’où des [[densité de semis | densités de semis]] très faibles et un [[indice foliaire]] longtemps très bas, qui ne permet pas de valoriser toute l’énergie solaire disponible : viser un rendement / semence élevé conduit forcément à un « rendement » à l’hectare bas. Et inversement : pour maximiser le « rendement » à l’hectare, il faut avoir très tôt un indice foliaire élevé pour capter le rayonnement solaire, donc des densités de semis élevées et une forte concurrence entre plantes, qui conduisent à un faible rendement par rapport à la semence (fig. 1 et  [[Signification des rendements - Annexe 3|annexe 3]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Signification_des_rendements1.jpg|450px|thumb|right]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela ne devrait-il pas faire partie du B-A-BA de l’agronomie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se trompe donc du tout au tout, celui qui prend le critère « rendement à l’hectare » pour juger l’efficacité du paysan qui, en situation de disette, a cherché et réussi à maximiser le rendement à la semence, avec une très faible densité de semis ! C’est pourtant ce que font, de nos jours, de nombreux agronomes - et, pour le passé, les historiens qui cherchent à ramener à l’hectare les rendements donnés à la semence - alors même que la densité de semis est très rarement indiquée en même temps que le rendement/semence… (Rappelons que : Rendement / hectare = rendement / semence   x   densité de semis / ha). Pour économiser la semence après une année de mauvaise récolte, on semait plus clair que de coutume : ce qui, sauf nouvelle calamité, donnait une rendement à la semence plus élevé, mais un rendement à la surface - et donc un produit total - plus bas. Comment alors interpréter, des siècles plus tard, des données isolées conservées par les hasards de l'histoire ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première chose est que le rendement à la semence ne dit rien de la fertilité d'une terre : « une terre qui rend cinq (ou dix, ou n'importe quelle quantité) pour un », comme on peut le lire, ça ne veut absolument rien dire, puisque ça dépend de la densité de semis.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les Andes du Pérou (Bourliaud ''et al''., 1986 ; Morlon ''et al''., 1992), le labour à la bêche andine (''chaquitaclla'') de toute la surface du champ permet de meilleurs rendements de [[pommes de terre]] à l’hectare que celui en [[Ados, billon, planche de labour : les mots|billon]]s, où seule une bande de terre sur deux est retournée et posée sur la bande non retournée. Mais ce dernier, qui demande 2 à 3 fois moins de travail par hectare, donne de meilleurs rendements (productivités) par jour de travail de labour. Dans un même village, un paysan qui a peu de terres et beaucoup de main d’œuvre choisira donc le labour complet, et à l’inverse celui qui a beaucoup de terres et peu de main d’œuvre celui en billons : et cela n’a aucun sens de dire que l’un a été plus efficace, car ils ne peuvent pas être jugés suivant le même critère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis des milliers d’années sans doute, existe dans les techniques de [[semis]] des agricultures « traditionnelles » une nette opposition entre l’Occident (de l’Atlantique à l’Afghanistan) et les autres régions du monde. En Occident, on semait le plus souvent les [[céréale]]s à la volée, ce qui donnait des rendements à la semence de 4 à 10 pour 1. Dans le reste du monde, les techniques de semis sont diverses, mais le semis à la volée est assez rare. On sème ordinairement en lignes (à la main ou au semoir) ou en [[poquets]], ou encore en [[pépinière]] avec repiquage (le [[riz, rizière, riziculture | riz]]) ; et dans de nombreux cas, on fait prégermer les graines avant de les semer. Les rendements permis par ces techniques sont de l’ordre de 50 à 150 pour 1, soit 10 à 20 fois plus qu’avec le semis à la volée. Le rendement à la surface, lui, ne diffère pas ; ce qui change, c’est la quantité de semence, et la quantité de travail nécessaire pour semer ou planter. Les rendements à la semence élevés résultent de techniques de semis exigeantes en main d'œuvre, par opposition au semis à la volée qui consomme beaucoup moins de travail mais plus de semence. Les rendements à la semence relativement faibles (4 ou 5 pour 1) ne signifient pas forcément une agriculture pauvre, mais seulement qu’on sème à la volée et qu’on sème épais, c’est à dire qu’on prodigue la semence pour épargner la main d’œuvre parce que celle-ci est limitée ou chère. A l’inverse, des rendements à la semence élevés (100 pour 1 et plus) indiquent presque à coup sûr que la main d’œuvre est abondante et peu coûteuse (Sigaut, 1992; Comet, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du seul critère « rendement à l’hectare », propre aux agricultures [[mécanisation | mécanisées]] où les [[champ, pièce, parcelle|champs]] sont uniformément cultivés et ensemencés d’une seule espèce, pour juger de l’efficacité des techniques employées par des paysans ou des agriculteurs dans n’importe quel (autre) type d’agriculture et situation, est ainsi la cause d’innombrables erreurs de jugement et de l’échec ou des résultats désastreux de nombreuses actions de « vulgarisation » ou « développement agricole » dans le monde. On peut se demander s’il n’y a pas un lien entre l’utilisation exclusive de ce critère et une forme d’agriculture entrepreneuriale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, l'expression du rendement par rapport à la surface s'est fortement et brutalement développée au début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (on la trouvait certes déjà avant, mais beaucoup moins). Les statistiques administratives, qui prennent un développement spectaculaire sous la Révolution et surtout sous l'Empire, ont joué un rôle majeur. On peut aussi penser que, sous l’Ancien Régime, l’expression du rendement à la surface a pu être freinée par la grande variabilité des unités de mesure d’une province à l’autre, alors qu’un rendement à la semence, indépendant des unités de mesure, est universellement comparable. Mais cela pourrait aussi s'expliquer par les changements dans le rapport à la propriété foncière provoqués par la Révolution : le passage d'une propriété aristocratique héritée, souvent vaste, d'où on tirait du prestige et un revenu sans grande considération de la surface, à une propriété achetée par des bourgeois qui, ayant payé chaque arpent, voulaient en tirer le maximum de profit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le numérateur ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Quelques pièges===&lt;br /&gt;
Si le choix du dénominateur dépend des conditions de la production, celui du numérateur dépend de l’objectif de la comparaison, c’est à dire de la question qu’on se pose – et, pour être valable, il exige dans tous les cas au moins une condition. Un exemple, pris parmi beaucoup d’autres, permettra d’illustrer les pièges à éviter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« La canne à sucre constitue, en 2004, la plus importante production agricole mondiale avec 1 318 millions de tonnes (Mt) produites annuellement, sur 20,1 millions d’hectares (Mha), avec un rendement moyen mondial de 65,5 tonnes/hectare. Le maïs est la seconde production : 705 Mt, sur 145 Mha ; le blé est la troisième : 624 Mt, sur 217 Mha » (Fahrasmane, 2005). &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que compare ce texte ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une récolte contenant 70% d'eau à des graines ([[céréale]]s) qui en ont 15% - or il n’y a de production végétale, et donc de rendement, que de matière sèche (MS) (voir [[croissance]]) : loin d’être une production, l’eau contenue dans la récolte doit être éliminée pour en permettre la conservation, et représente un coût de transport inutile. La condition de validité de toute comparaison est donc de ne retenir que la MS – à moins que la question posée ne concerne le poids à transporter des champs aux lieux de stockage ou transformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la question porte sur l’alimentation humaine, d’un côté une plante récoltée entière, en comptant ce qui ne sert pas et sera brûlé, de l’autre les seuls grains, sans compter la paille… Si l’on retire encore les fibres et autres déchets, il reste d’un côté (sur le tonnage récolté) 14% de sucre, et de l’autre 70 à 75% d’amidon, protéines et sels minéraux...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c’est l’efficacité photosynthétique des deux espèces que l’on veut comparer, est-il pertinent d’utiliser des moyennes mondiales ? Pour l’essentiel, le [[froment | blé]] est produit dans des conditions (climats secs ou avec hiver marqué, ou petits paysans ne pouvant acheter d’intrants) dans lesquelles la [[canne à sucre]], cultivée toujours de façon intensive en climat tropical humide ou avec irrigation, ne donnerait rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Plusieurs cultures dans un même champ : les cultures associées=== &lt;br /&gt;
Lorsque plusieurs espèces annuelles sont [[cultures associées |associées]] ou [[cultures intercalées | intercalées]] dans un même champ, on peut certes calculer le rendement de l’ensemble en prenant la matière sèche totale récoltée. Mais cela n’a de sens que si les différents produits récoltés sont de qualité similaire, comme c’était le cas pour le [[méteil]] (mélange blé-[[seigle]]) ; ou bien s’ils sont complémentaires et utilisés ensemble : on prend ainsi la valeur fourragère totale d’un [[foin]] de prairie, sans séparer les espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, lorsque les produits récoltés sont de qualité différente ou utilisés séparément, comme, par exemple, l’association niébé-[[coton]] en Afrique, ou [[maïs]]-[[haricot]] en Amérique tropicale, ou de très nombreux jardins, il a fallu trouver autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour comparer la performance de l’association à celle des mêmes espèces cultivées séparément (avec les mêmes techniques, bien sûr), on utilise le [[LER]] (''Land Equivalent Ratio''), défini comme la surface relative nécessaire en cultures pures pour avoir la même production que l’association :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''LER = (rendement culture 1 associée / rendement culture 1 pure) + (rendement culture 2 associée / rendement culture 2 pure) + ...'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un LER supérieur à 1 indique que l’association est plus performante que les cultures pures, et inversement – par exemple, un LER de 1,15 signifie que, pour obtenir la même quantité en cultures pures, il faudrait 15% de surface en plus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune traduction française de ce terme ne s’est imposée, parmi les nombreuses proposées : « utilisation équivalente de terrain », « coefficient de rendement équivalent », « rendement relatif total », « rapport de surface équivalente » « rapport de production par unité de terrain » « ratio de productivité relative »... (Dagnélie., 2003 : 313 ; Endondo &amp;amp; Samatana, 1999 ; Justes ''et al''., 2009 ; Kafara, 2003 ; Nouri &amp;amp; Reddy, 1991 ; Salez, 1986 ; Samson &amp;amp; Autfray, 1992).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas d’associations avec des cultures pérennes ou semi-pérennes en climat tropical humide où le stockage des récoltes est problématique, la notion de rendement – équivalent ou pas – est peu pertinente en agriculture de subsistance, ce qui compte est l’échelonnement programmé des récoltes pour fournir de la nourriture tout au long de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Plusieurs produits d’une même culture : quand il n’y a pas de « sous-produits » mais des « co-produits »===&lt;br /&gt;
Dans notre société d’abondance et notre agriculture de surproduction, on ne s’intéresse qu’au rendement en grains (ou en sucre, fécule, etc.) des cultures, le reste étant considéré comme des « sous-produits », voire des déchets. Mais il n’en a pas toujours été ainsi : les autres organes servaient de litière, [[fourrage]], toiture, combustible... et l’on s’intéressait aux rendements de tous ces produits : « Et que nul chaume ne soit vendu d’aucun manoir mais soit cueilli, et assemblé tant qu’il y en aura besoin pour couvrir les maisons (...) » (« ''E nul estuble ne seit vendu a nul maner mes seit coilli, e asemble tant cum lem avera mester a mesons coverir...'' », ''Seneschaucie'', ~1275) ; « et le fourrage (la paille) payera le battage » (« ''e le forage aqitera la baterie'' », de Henley, ~1280) ; « Quatre acres ainsi semés ont rendu jusqu'à 40 quarters de graine, &amp;amp; 14 charretées de fourrage, sans compter l'engrais de sept à huit vaches au printemps, &amp;amp; autant dans l'automne. » (Forbonnais, 1754 : 563).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et il n’en est pas ainsi partout. Au Pérou, « C'est ainsi que les agriculteurs déclaraient automatiquement les trois usages que l'on donne au maïs : fourrage, chicha (boisson fermentée) et alimentation humaine (...) Un autre facteur qui affecte le rendement [en grains] est l'objectif de la culture : grain seul ou grain et fourrage, car en général le maïs contribue fortement à la production de fourrages. Plus le climat est froid (altitude) ou sec, et plus le rendement en grain, faible et aléatoire, devient secondaire par rapport au fourrage. A partir du moment où il y a plusieurs productions, il n'y a pas d'unité commune (on n'ajoute pas des kg de grain à des kg de paille) qui permette de juger &amp;quot;le&amp;quot; rendement le plus élevé » (Morlon ''et al''., 1992 : 311-312).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles échelles de temps et d’espace ? Les rendements à l’échelle d’un territoire et d’une rotation==&lt;br /&gt;
Jusqu’à ce qu’on sache fabriquer des [[engrais]] chimiques en grandes quantités, et en dehors de petites zones comme le pourtour des villes ou les côtes maritimes, le maintien de la [[fertilité]] des terres labourées - et donc des rendements, quel qu’en soit le mode de calcul - n’était possible que grâce à deux moyens : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le premier était le transfert, le plus souvent via le bétail ([[fumier]] ou [[parcage]]), d’éléments provenant des [[prairies permanentes]], landes et forêts. C’est ce que [[A pour personne citée::Adrien de Gasparin|Gasparin]] appelle les « systèmes avec engrais extérieurs » :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« On obtient de plusieurs manières les engrais extérieurs : 1° des bestiaux nourris sur des pâturages sont amenés la nuit sur des terres en culture, et y laissent une partie de leurs déjections; c'est le parcage; 2° on coupe la broussaille, le bois, les herbes vertes sur des terrains non cultivés et on les transporte sur le terrain cultivé pour les y brûler, les y enfouir, l'en couvrir ; 3° on enlève le gazon d'un terrain non cultivé, et on le transporte sur les terres cultivées, pour l'y répandre ou l'y brûler; c'est ce que l'on nomme l'étrépage ; 5° on achète les engrais fabriqués ou produits au dehors » (1849 : 209 ss) - le mot engrais désignant ici le fumier et les engrais verts : « la fabrication d'engrais suppose que l'on a obtenu du sol les matériaux de ces engrais, c'est-à-dire des tiges, des feuilles, dont l'usage définitif est d'être soumis à la fermentation qui désagrège leurs éléments, en les faisant servir à la nourriture des animaux (...) » (id. : 3).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le second était la « suspension [dans le temps] de la culture la plus avantageuse », soit par un temps de « [[repos et fatigue des terres | repos]] », soit en lui « substituant une culture qui, isolément, n'est pas aussi productive. C'est ainsi qu'a été introduite la culture intercalaire du fourrage ». « Dans tous les cas la nécessité de pourvoir à l'alimentation de la plante s'oppose à la généralité de la culture » (id. : 3).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en est ainsi de nos jours dans d’autres régions du monde (Orlove ''et al''., 1992 : 106-112). Le rendement d’un champ de blé, une année donnée, dépend alors soit de la proximité de terrains ne produisant pas de récolte, soit du fait que ce champ ne produit pas de grain tous les ans. Dans de tels cas, que signifie « le » rendement par hectare (en oubliant de préciser « et par an ») du seul terrain qui est cultivé, l’année où il l’est ? Ne faudrait-il pas chercher à évaluer l’efficacité ou la productivité de l’ensemble du système, à l’échelle de la rotation et du territoire ? C’est ce que suggérait déjà [[A pour personne citée::Antoine-Laurent de Lavoisier|Lavoisier]] : « Des calculs très ingénieux, et dont les résultats peuvent être regardés comme des approximations assez exactes, établissent que, tandis qu'en Angleterre chaque mille carré produit 48,000 livres, une même superficie ne produit, en France, que 18,000 livres ([1788] 1893 : 256). Cela à une époque où les résultats obtenus par les Anglais, tant admirés en France, l’étaient sur des terres labourées considérablement réduites pour faire des prairies qui les alimentaient en fumier : quel était le rendement en blé du système ou de l’ensemble du territoire ?  « Aucune des deux grandes manières connues pour mesurer des rendements (en masse par surface, en grain récolté / grain semé) ne tient compte du fait global de l’économie agricole, pour se contenter de repérer ce qui se passe sur une parcelle, comme s’il n’y avait pas de système agricole. ainsi, si des amendements sont apportés au sol, que ce soit par des déjections animales ou par l’épandage de végétaux épandus ailleurs sur le finage, il faudrait pouvoir faire apparaître la quantité de travail, la quantité de sol utilisée pour ces tâches préalables et indispensables. en fait, le plus souvent, des travaux parfois nombreux ont lieu sur des superficies autres que celles emblavées et qui conditionnent le rendement des pièces à blé, mais cela n’est pas pris en compte dans la mesure » (Comet, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Anonyme, ca. 1275. ''Seneschaucie''. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Bourliaud J., Reau R., Morlon P., Hervé D., 1986. Chaquitaclla, stratégies de labour et intensification en agriculture andine. ''Techniques et Culture'', 7 : 181-225. [http://tc.revues.org/897 Texte intégral] sur le site revues.org.&lt;br /&gt;
*Boussingault J.B., 1844. ''Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique et la météorologie''. Paris, Béchet jeune, t. 2, 742 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5462841x.r=.langFR Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Campbell B.M.S., 1983. Agricultural Progress in Medieval England : Some Evidence from Eastern Norfolk. ''The Economic History Review'', New Series, 36 (1) : 26-46.&lt;br /&gt;
*Comet G., 2003. Mesures agraires et métrologie des grains : rendements et densités. In : Hocquet J. (éd.), 1996. La diversité locale des poids et mesures dans l’ancienne France. ''Cahiers de métrologie'', 14-15 : 127-136.&lt;br /&gt;
*Dagnelie P., 2003. ''Principes d’expérimentation. Planification des expériences et analyse de leurs résultats''. Les presses agronomiques de Gembloux, 397 p. [http://www.dagnelie.be/exacces1.html Texte intégral] sur le site de Pierre Dagnélie. [http://institutosondage.com.br/textos_pdf/texto_121.pdf Texte intégral] sur le site de l’Instituto Sondage de Pesquisas, Brésil.&lt;br /&gt;
*Davy H. (Sir), 1820. ''Élémens de chimie appliqués à l’agriculture, suivis d’un traité sur la chimie des terres''. Traduction par M. Marchais de Migneaux, Audin &amp;amp; Crevot, Paris, x + 537 p.&lt;br /&gt;
*de Henley G. (Walter of Henley), ''ca''. 1280. ''Le dit de hosebondrie''. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Demolon A, 1956. ''Croissance des végétaux cultivés''. 5è. Édition. Dunod, Paris, 576 p.&lt;br /&gt;
*Endondo C., Samatana M., 1999. Influence de la date de semis du niébé sur le rendement du cotonnier dans l’association cotonnier-niébé. ''Cahiers Agricultures'', 8 : 215-217. [http://www.cahiersagricultures.fr/archives/sommaire.phtml?cle_parution=336 Texte intégral] sur le site des ''Cahiers Agricultures''.&lt;br /&gt;
*Fahrasmane L., 2005. La canne à sucre. Encadré de l’article « Le rhum. Trente ans de recherches à l’INRA », ''INRA mensuel'', 124 : 37.&lt;br /&gt;
*Forbonnais F.V.D. de, 1754. Culture des terres. In : Diderot, d’Alembert, eds., Encyclopédie, t. 4 : 552-566. [http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?p.27:132./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/ texte intégral] sur le site de l'ATILF.&lt;br /&gt;
*Gasparin A. (de), 1849. ''Cours complet d’Agriculture''. t. V., Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 638 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411602x.r=.langFR Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Justes E., Bedoussac L., Prieur L., 2009. Est-il possible d’améliorer le rendement et la teneur en protéines du blé en agriculture biologique au moyen de cultures intermédiaires ou de cultures associées ? ''Innovations Agronomiques'' 4 : 165-176. [https://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_4_janvier_2009 Texte intégral] sur le site d'''Innovations agronomiques''.&lt;br /&gt;
*Kafara JM., 2003. Pratiques paysannes d’association de cultures dans les systèmes cotonniers des savanes centrafricaines. In : Jamin J.Y., Seiny Boukar L., Floret C. (éds.), ''Savanes africaines : des espaces en mutation, des acteurs face à de nouveaux défis''. Prasac, N’Djamena - Cirad, Montpellier.&lt;br /&gt;
*La Bretonnerie (de), 1783. ''Correspondance rurale''. Tome II, Onfroy, Paris, 590 p.&lt;br /&gt;
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*Morlon P., Hibon A., Horton D., Tapia M., Tardieu F., 1992. Les rendements obtenus par les paysans, face à la recherche agronomique et à la vulgarisation. Quelles mesures et quels critères d’évaluation ? In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA Editions : 283-327. [http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site des Éditions Quae.&lt;br /&gt;
*Nouri M., Reddy C., 1991. Utilisation de l'eau par le mil et le niébé en association et en culture pure. ''Soil Water Balance in the Sudano-Sahelian Zone''. IAHS Publ. no. 199 : 421-429. [http://iahs.info/redbooks/a199/iahs_199_0421.pdf Texte intégral] sur le site de l’IAHS.&lt;br /&gt;
*Orlove B.S., Godoy R., Morlon P., 1992. Les assolements collectifs. In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA Editions : 88-120. [http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site des Éditions Quae.&lt;br /&gt;
*Oschinsky D., 1971. ''Walter of Henley and Other Treatises on Estate Management and Accounting''. Oxford, Clarendon Press,  xxiv + 504 p.&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors... [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q.r=.langFR Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Salez P., 1986. Quelques facteurs influençant le comportement du maïs et du soja cultivés en association. ''L'Agronomie tropicale'', 41 (2) : 101-109.&lt;br /&gt;
*Samson C., Autfray P., 1992. Influence de l'aménagement spatial et d'une fertilisation azotée sur la production d'une association maïs/soja. ''Agronomie Tropicale'', 46 (3) : 175-184.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
====Liens externes====&lt;br /&gt;
*&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
*[https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/grand-theme-4-faits-sociaux-et-controverses/chapitre-0401-etat-des Comment lire les rendements agricoles d'autrefois ?], fiches 04.01.Q13 et 04.01.Q14 dans l'Encyclopédie de l'Académie d'Agriculture de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Autres langues==&lt;br /&gt;
*Anglais : ''yield''&lt;br /&gt;
*Espagnol : ''rendimiento''&lt;br /&gt;
*Allemand : ''Ertrag''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voir aussi [https://agrovoc.fao.org/browse/agrovoc/en/search?clang=fr&amp;amp;q=rendement rendement] dans Agrovoc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:R]] [[Catégorie:Indicateur]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Signification_des_rendements&amp;diff=5192</id>
		<title>Signification des rendements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Signification_des_rendements&amp;diff=5192"/>
		<updated>2026-01-28T10:02:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Avec quels choix techniques pour chacun d’eux ? */ petit ajout&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''&amp;lt;big&amp;gt;''Auteurs'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]] et [[A pour auteur::François Sigaut]]&amp;lt;/big&amp;gt;'''&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Note&lt;br /&gt;
|note 1=Le dossier consacré à la thématique du Rendement sera composé d'au moins deux articles : celui-ci et [[Élaboration et composantes du rendement]].&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Article 1=Biomasse végétale&lt;br /&gt;
|Article 2=Croissance&lt;br /&gt;
|Article 3=Densité de semis&lt;br /&gt;
|Article 4=Efficience d'interception du rayonnement&lt;br /&gt;
|Article 5=Efficience de conversion de l'énergie&lt;br /&gt;
|Article 6=Fertilité&lt;br /&gt;
|Article 7=Productivité&lt;br /&gt;
|Anglais=yield&lt;br /&gt;
|Espagnol=rendimiento&lt;br /&gt;
|Allemand=Ertrag&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Expression des rendements au Moyen Âge&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Rendements ordinaires et techniques de semis (Sigaut, 1992)&lt;br /&gt;
|Annexe 3=Boussingault (1864) commente Humboldt (1811)&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=9 mars 2010&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=30 juillet 2010, complété le 28 décembre 2021.&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
'''Le rendement d’une [[culture]] se dit du rapport entre la quantité récoltée et le facteur de production (terre, semence, travail, eau, ...) jugé pertinent dans la situation agricole considérée. C’est un moyen de juger l’efficacité de cette culture, par comparaison avec les rendements obtenus dans d’autres [[milieu naturel|milieux]] ou avec d’autres [[technique]]s ou [[variété]]s'''.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces comparaisons ne conduisent à des conclusions valables et à des actions efficaces et utiles, que si on choisit de façon pertinente le numérateur (quelle mesure de la production) et surtout le dénominateur (par quel critère ou facteur limitant on divise cette production), en fonction des buts qu’on se propose ou des questions qu’on se pose, et de la situation dans laquelle on se trouve. La façon d’exprimer « le » rendement dans une société indique quel facteur elle perçoit ou a perçu comme le plus [[facteur limitant | limitant]] ou [[contrainte | contraignant]]. Partout où ce n’est pas la terre (la surface) mais un autre facteur, c’est le « rendement » de cet autre facteur qui permet de juger l’efficience des [[pratique]]s de l’agriculteur, le rendement à l’hectare n’étant alors un critère pertinent ni pour comparer des agriculteurs différents, ni pour comprendre ce que fait un agriculteur, ni par conséquent pour proposer des améliorations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons que l'emploi habituel du terme en agriculture est impropre car, au sens strict, un rendement est une grandeur sans dimension, le numérateur et le dénominateur étant de même nature et exprimés dans la même unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Un rendement, c’est fait pour être comparé à d’autres rendements==&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« Voici : le semeur sort pour semer. Il sème et il en tombe le long de la route. Les oiseaux viennent et les mangent. D’autres tombent sur les pierrailles, où ils n’ont pas beaucoup de terre ; (…) parce qu’ils n’ont pas de racines, ils se dessèchent. D’autres tombent sur les épines. Les épines montent et les étouffent. D’autres tombent sur la belle terre ; ils donnent du fruit : l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente [pour un]. » (''Évangile'' de Matthieu, chap.13, 3-8).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« (...) sur l’acre il convient de semer au moins deux boisseaux (...) ; au triple de votre semence, vous devez donc avoir 6 boisseaux de cette acre » (''sur lacre couent il semer al meyns deus bussels (...) ; al tierz de votre semayl donc deuent avoyr vi bussels de cele acre'') » ([[A pour personne citée::Gautier de Henley|de Henley]], ''ca''. 1280).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce froment a rendu chez moi quarante pour un, semé dans un jardin : et employé en terre commune, douze à quinze » ([[A pour personne citée::Olivier de Serres|O. de Serres]], 1604 : 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« A Iakoustk le froment et le seigle rendent quelquefois le quinzième grain, quoique à la profondeur d'un mètre le sol qui les porte soit constamment gelé » ([[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]], 1844 : 656).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auditeurs de la parabole du semeur devaient comparer les rendements de cent, soixante et trente [pour un] dans la bonne [[terre]] à ceux, sans doute moindres, qu’ils avaient en tête. Gautier de Henley indique au seigneur propriétaire des terres à quel rendement de référence il doit comparer ce que ses gens ont engrangé, pour savoir s’ils ne l’ont pas volé. Et le lecteur de Boussingault devait comparer celui de 15 pour 1 parfois obtenu au fond de la Sibérie à ceux habituels dans sa propre région. Annoncer un rendement, quel qu’il soit, ne dit en effet rien à des gens qui n’ont pas de point de repère : ce qui est notre cas lorsque nous lisons ces textes, puisque nous n’avons plus de [[références]] calculées de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une donnée de rendement isolée ne signifie rien, ne sert à rien ; elle ne prend son sens que comparée, explicitement ou non, à d’autres rendements obtenus dans d’autres conditions ou avec des moyens différents, dont elle permet de juger l’efficacité. Un rendement de blé de 40 q/ha est excellent (comparé à ceux qu’on y obtient habituellement) en agriculture non [[irrigation|irriguée]] dans les montagnes [[aride]]s du Maghreb, mais très médiocre (comparé ...) en Picardie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci est vrai tant en [[expérimentation]], pour trouver « la meilleure » technique ou variété, qu’en [[vulgarisation]] (extension), pour conseiller à des agriculteurs d’en imiter un autre jugé « meilleur » (plus efficace) ou d’adopter des techniques jugées plus efficaces que les leurs. '''Mais que veut dire « meilleur » ou « plus efficace » ? Pour juger une technique, il faut au préalable définir l'objectif (le critère) par rapport auquel on juge ; or ce critère diffère selon les situations'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rendement ne se mesure pas, il se calcule : c’est un rapport - &amp;lt;u&amp;gt;une&amp;lt;/u&amp;gt; mesure de la production divisée par &amp;lt;u&amp;gt;un&amp;lt;/u&amp;gt; facteur de production. Mais lesquels ? Ni le numérateur, ni le dénominateur ne sont donnés à priori : ils résultent d’un choix, qui doit être à la fois conscient et raisonné. Nous commencerons par le dénominateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel rendement (quels critères de comparaison) ? Le dénominateur==&lt;br /&gt;
« J'ai semé, dans un demi-arpent, quatorze livres d'orge, c'est-à-dire, environ un boisseau de Paris, et néanmoins j'ai récolté 75 bottes d'orge, qui m'ont produit 40 boisseaux, ce qui fait 40 pour un. Existe-t-il un grain plus productif ? » ([[A pour personne citée::Chrestien de Lihus]], 1804 : 318&amp;lt;ref&amp;gt;Accéder directement à la [[wicri-agronomie.fr:C de Lihus 1804 Principes d'agriculture et d'économie - Ch11 P3#Semence d'orge.|citation]] dans l'ouvrage.&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les [[agronome, agronomie : étymologie|agronome]]s ne connaissent et ne calculent que « le » « rendement » par hectare - avec, au numérateur, d’abord un volume, puis un poids. Mais il n’existe pas qu’un moyen et un seul, universel et [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnel]], pour juger les résultats d’une production : il en existe plusieurs, qui ont des significations différentes et correspondent à des situations techniques et sociales différentes. C’est parmi tous ces rendements – il vaudrait mieux parler de rapports ou ratios – différents que nous devons essayer de nous reconnaître, si nous ne voulons pas que toutes nos discussions sur les résultats quantitatifs des agricultures anciennes soient biaisées dès le départ ([[A pour personne citée::François Sigaut|Sigaut]], 1992), et que nos jugements sur ceux des paysanneries du Tiers-Monde soient tout aussi biaisés et les conseils qu’on en tire, inapplicables ou nocifs ([[signification des rendements - Annexe 2|annexe 2]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En économie, on admet souvent que le producteur rationnel cherche à maximiser l’efficience du facteur le plus limitant ou contraignant dans son exploitation. Les facteurs que l’on peut ainsi mettre au dénominateur sont nombreux : la surface, la semence, le travail, l’eau, etc. Le choix de l’un ou l’autre n’est pas indifférent ; est pertinent celui qui est perçu comme le plus limitant ou contraignant par la société ou le producteur considéré. '''L’expression du rendement est donc révélatrice d'unee la situation historique, géographique et sociale'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La semence===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« ... car il est ainsi qu’en semant le blé, on a espérance qu’un grain en apportera plusieurs » ([[A pour personne citée::Bernard Palissy]], [1563] 1988 : 65).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rendement vient de rendre. Le rendement a d’abord été exprimé par rapport à la semence qu’on a prêté ou confié à la terre : un rendement de 5 pour 1, de 100 pour 1... C’est le rendement vrai : on met dans un processus une certaine quantité de quelque chose, et on en retire une autre quantité de la même chose. C’est donc une grandeur sans dimension, le numérateur et le dénominateur ayant la même unité, comme partout ailleurs qu’en agriculture : le rendement d’une machine est le quotient, inférieur à 1 depuis Carnot, de l’énergie qu’elle restitue par celle qu’elle consomme (des Watts divisés par des Watts ou des Joules par des Joules). Celui d’un placement financier, qu’on espère au contraire supérieur à 1, est le quotient de la somme rendue par la somme placée (des euros sur des euros).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce rendement que le producteur cherche à maximiser - et qui est donc le critère de jugement pertinent - lorsqu'il se trouve devant le choix cornélien : « ce que je viens de récolter, ou bien je le garde comme semence pour l’an prochain, et je continue à avoir faim ; ou bien je le consomme maintenant, et je n’aurai rien à semer l’an prochain » (un rendement de 4 pour 1 signifie qu’on doit réserver comme semence le quart de la récolte). Ce qui a été la situation de l’humanité pendant des millénaires, et l’est encore parfois dans certaines régions du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, aux XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles, des cultivateurs et agronomes de toute l’Europe ont cherché à battre le record du plus grand nombre d’épis ou de grains sur un pied de blé.&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« M. Georges Villers présente une plante de blé (...) offrant un exemple de fécondité remarquable (...) 116 épis ayant en moyenne 35 grains, ce qui donne un nombre total de 4 060 grains » (Bull Soc. Agric. Bayeux, 1850-51, 1 : 296). Les histoires de ce genre ne sont pas rares. (...). Le record absolu est sans doute détenu par un pied d’orge qui, d’après Davy (1820 : 240) aurait produit 249 tiges et plus de 18 000 grains. ». (Sigaut, 1992).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien entendu, pour obtenir de tels rendements, on éliminait toute [[compétition]] entre pieds (voir ci-dessous), et on favorisait très artificiellement le [[tallage]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Inversement, de fortes [[densité de semis|densités de semis]] pour étouffer les [[mauvaise herbe|mauvaises herbes]] étaient cause de bas rendements à la semence (Campbell, 1983).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais attention : les apparences peuvent être trompeuses. Autrefois en Europe, on exprimait le rendement par rapport à la semence, mais on semait à la volée, méthode qui épargne le travail en gaspillant de la semence...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le travail===&lt;br /&gt;
Dans les agricultures non [[motorisation | motorisées]], le travail est souvent limitant, en particulier lors du [[labour]]. Ce que le producteur cherche à maximiser est alors la production par jour de travail de labour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’une unité de mesure de la surface des terres n’est pas fixe et uniforme, mais calée sur la surface labourée en un jour ([[Mesures de surface agraires|acre, arpent, journal, hommée…)]], qui dépend des caractéristiques du sol, un rendement calculé par rapport cette unité est, de fait, une mesure de la productivité du travail de labour et non, contrairement aux apparences, de l’efficience de la conversion de l’énergie solaire ! C’est ce qu’illustre le texte suivant - et c’est ainsi que l’on devrait commencer par lire les autres, avant de chercher à traduire ces données en quintaux par hectare :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot; align=&amp;quot;center&amp;quot; width=&amp;quot;30%&amp;quot;|« Quantité de terres qu’un homme peut labourer en un jour, avec des chevaux ou avec des bœufs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journal&amp;lt;br/&amp;gt;''Jugerum''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Acre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Produit d’un arpent de terres en blé&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
|valign=&amp;quot;top&amp;quot;|L’arpent est la valeur de ce qu’un homme avec 2 ou 3 chevaux, selon la force des terres, peut labourer en un jour, ou en deux jours avec des bœufs. Ce rapport avec la journée d’un homme fait qu’en plusieurs pays, comme en Picardie, &amp;amp;c. on compte par journal, qui est à-peu-près l’arpent de Paris, &amp;amp; aussi à-peu-près la même chose que le jugerum d’Italie, ainsi nommé parce qu’il contient ce que deux bœufs peuvent labourer en un jour. En Bretagne on mesure aussi par journal. Les deux journaux reviennent à l’acre de Normandie, peu plus, &amp;amp;c.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arpent des terres ordinaires peut produire 200 gerbes de blé qui rendent année commune quatre septiers de blé. Il y a des terres qui passent ce produit, &amp;amp; qui portent jusqu’à 300 gerbes, &amp;amp; rendent six septiers de grains, selon les années. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(La Bretonnerie, 1782, t. 2 : 86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’eau===&lt;br /&gt;
Le « [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|coefficient de transpiration]] » de la littérature agronomique, quantité d’eau évaporée par le [[couvert végétal]] pour produire 1 kg de [[matière sèche]] récoltée ([[A pour personne citée::Albert Demolon|Demolon]], 1956 : 111-112), est l’inverse arithmétique d’un rendement : il est équivalent de dire « 500 litres d’eau par kg de matière sèche » ou « 2 kg de matière sèche par m&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; d’eau ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu’à présent, il a surtout été utilisé dans les régions arides où ce que l’on cherche à maximiser est la production par mètre cube d’eau d’[[irrigation]]. Le changement climatique et la concurrence croissante entre différents usages de l’eau, même dans les régions tempérées humides, pourront donner une importance croissante à ce critère et à ce mode d’expression du rendement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La surface===&lt;br /&gt;
Pour l’écophysiologiste, le « rendement » par unité de surface permet de juger l’efficacité de l’[[interception]] et de la [[conversion du rayonnement solaire]] par le couvert végétal cultivé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le producteur, ce critère n’est pertinent que lorsque les facteurs limitants ci-dessus ont été levés, et que ce qui limite sa production ou le revenu qu’il en tire est principalement la surface qu’il peut exploiter. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Demain, les combustibles fossiles ?===&lt;br /&gt;
L’épuisement des énergies fossiles et l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre feront sans doute bientôt calculer, à côté du rendement par hectare, un rendement par tonne de combustible fossile utilisé (ou de CO&amp;lt;sub&amp;gt;2&amp;lt;/sub&amp;gt; rejeté), en prenant en compte la totalité des consommations, y compris l’énergie utilisée pour la fabrication des engrais. Sachant que, en gros, la fabrication de 20 unités d’azote consomme autant d’énergie que le labour d’un hectare, cela pourra conduire à de profondes modifications dans les techniques et les [[système de culture|systèmes de culture]] ([[rotation]]s avec [[légumineuses]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Avec quels choix techniques pour chacun d’eux ?==&lt;br /&gt;
On ne peut maximiser qu’un seul critère à la fois. On ne peut pas maximiser en même temps les rendements à la semence, au travail, à l’eau, à l’hectare... Pire : certains sont strictement antinomiques. Et les choix techniques qui permettent de maximiser l’un ou l’autre sont différents, parfois radicalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour maximiser le rendement par rapport à la semence, il faut éviter toute [[concurrence]] entre plantes, d’où des [[densité de semis | densités de semis]] très faibles et un [[indice foliaire]] longtemps très bas, qui ne permet pas de valoriser toute l’énergie solaire disponible : viser un rendement / semence élevé conduit forcément à un « rendement » à l’hectare bas. Et inversement : pour maximiser le « rendement » à l’hectare, il faut avoir très tôt un indice foliaire élevé pour capter le rayonnement solaire, donc des densités de semis élevées et une forte concurrence entre plantes, qui conduisent à un faible rendement par rapport à la semence (fig. 1 et  [[Signification des rendements - Annexe 3|annexe 3]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Signification_des_rendements1.jpg|450px|thumb|right]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela ne devrait-il pas faire partie du B-A-BA de l’agronomie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se trompe donc du tout au tout, celui qui prend le critère « rendement à l’hectare » pour juger l’efficacité du paysan qui, en situation de disette, a cherché et réussi à maximiser le rendement à la semence, avec une très faible densité de semis ! C’est pourtant ce que font, de nos jours, de nombreux agronomes - et, pour le passé, les historiens qui cherchent à ramener à l’hectare les rendements donnés à la semence - alors même que la densité de semis est très rarement indiquée en même temps que le rendement/semence… (Rappelons que : Rendement / hectare = rendement / semence   x   densité de semis / ha). Pour économiser la semence après une année de mauvaise récolte, on semait plus clair que de coutume : ce qui, sauf nouvelle calamité, donnait une rendement à la semence plus élevé, mais un rendement à la surface - et donc un produit total - plus bas. Comment alors interpréter, des siècles plus tard, des données isolées conservées par les hasards de l'histoire ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première chose est que le rendement à la semence ne dit rien de la fertilité d'une terre : « une terre qui rend cinq (ou dix, ou n'importe quelle quantité) pour un », comme on peut le lire, ça ne veut absolument rien dire, puisque ça dépend de la densité de semis.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les Andes du Pérou (Bourliaud ''et al''., 1986 ; Morlon ''et al''., 1992), le labour à la bêche andine (''chaquitaclla'') de toute la surface du champ permet de meilleurs rendements de [[pommes de terre]] à l’hectare que celui en [[Ados, billon, planche de labour : les mots|billon]]s, où seule une bande de terre sur deux est retournée et posée sur la bande non retournée. Mais ce dernier, qui demande 2 à 3 fois moins de travail par hectare, donne de meilleurs rendements (productivités) par jour de travail de labour. Dans un même village, un paysan qui a peu de terres et beaucoup de main d’œuvre choisira donc le labour complet, et à l’inverse celui qui a beaucoup de terres et peu de main d’œuvre celui en billons : et cela n’a aucun sens de dire que l’un a été plus efficace, car ils ne peuvent pas être jugés suivant le même critère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis des milliers d’années sans doute, existe dans les techniques de [[semis]] des agricultures « traditionnelles » une nette opposition entre l’Occident (de l’Atlantique à l’Afghanistan) et les autres régions du monde. En Occident, on semait le plus souvent les [[céréale]]s à la volée, ce qui donnait des rendements à la semence de 4 à 10 pour 1. Dans le reste du monde, les techniques de semis sont diverses, mais le semis à la volée est assez rare. On sème ordinairement en lignes (à la main ou au semoir) ou en [[poquets]], ou encore en [[pépinière]] avec repiquage (le [[riz, rizière, riziculture | riz]]) ; et dans de nombreux cas, on fait prégermer les graines avant de les semer. Les rendements permis par ces techniques sont de l’ordre de 50 à 150 pour 1, soit 10 à 20 fois plus qu’avec le semis à la volée. Le rendement à la surface, lui, ne diffère pas ; ce qui change, c’est la quantité de semence, et la quantité de travail nécessaire pour semer ou planter. Les rendements à la semence élevés résultent de techniques de semis exigeantes en main d'œuvre, par opposition au semis à la volée qui consomme beaucoup moins de travail mais plus de semence. Les rendements à la semence relativement faibles (4 ou 5 pour 1) ne signifient pas forcément une agriculture pauvre, mais seulement qu’on sème à la volée et qu’on sème épais, c’est à dire qu’on prodigue la semence pour épargner la main d’œuvre parce que celle-ci est limitée ou chère. A l’inverse, des rendements à la semence élevés (100 pour 1 et plus) indiquent presque à coup sûr que la main d’œuvre est abondante et peu coûteuse (Sigaut, 1992; Comet, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du seul critère « rendement à l’hectare », propre aux agricultures [[mécanisation | mécanisées]] où les [[champ, pièce, parcelle|champs]] sont uniformément cultivés et ensemencés d’une seule espèce, pour juger de l’efficacité des techniques employées par des paysans ou des agriculteurs dans n’importe quel (autre) type d’agriculture et situation, est ainsi la cause d’innombrables erreurs de jugement et de l’échec ou des résultats désastreux de nombreuses actions de « vulgarisation » ou « développement agricole » dans le monde. On peut se demander s’il n’y a pas un lien entre l’utilisation exclusive de ce critère et une forme d’agriculture entrepreneuriale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, l'expression du rendement par rapport à la surface s'est fortement et brutalement développée au début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (on la trouvait certes déjà avant, mais beaucoup moins). Les statistiques administratives, qui prennent un développement spectaculaire sous la Révolution et surtout sous l'Empire, ont joué un rôle majeur. On peut aussi penser que, sous l’Ancien Régime, l’expression du rendement à la surface a pu être freinée par la grande variabilité des unités de mesure d’une province à l’autre, alors qu’un rendement à la semence, indépendant des unités de mesure, est universellement comparable. Mais cela pourrait aussi s'expliquer par les changements dans le rapport à la propriété foncière provoqués par la Révolution : le passage d'une propriété aristocratique héritée, souvent vaste, d'où on tirait du prestige et un revenu sans grande considération de la surface, à une propriété achetée par des bourgeois qui, ayant payé chaque arpent, voulaient en tirer le maximum de profit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le numérateur ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Quelques pièges===&lt;br /&gt;
Si le choix du dénominateur dépend des conditions de la production, celui du numérateur dépend de l’objectif de la comparaison, c’est à dire de la question qu’on se pose – et, pour être valable, il exige dans tous les cas au moins une condition. Un exemple, pris parmi beaucoup d’autres, permettra d’illustrer les pièges à éviter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« La canne à sucre constitue, en 2004, la plus importante production agricole mondiale avec 1 318 millions de tonnes (Mt) produites annuellement, sur 20,1 millions d’hectares (Mha), avec un rendement moyen mondial de 65,5 tonnes/hectare. Le maïs est la seconde production : 705 Mt, sur 145 Mha ; le blé est la troisième : 624 Mt, sur 217 Mha » (Fahrasmane, 2005). &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que compare ce texte ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une récolte contenant 70% d'eau à des graines ([[céréale]]s) qui en ont 15% - or il n’y a de production végétale, et donc de rendement, que de matière sèche (MS) (voir [[croissance]]) : loin d’être une production, l’eau contenue dans la récolte doit être éliminée pour en permettre la conservation, et représente un coût de transport inutile. La condition de validité de toute comparaison est donc de ne retenir que la MS – à moins que la question posée ne concerne le poids à transporter des champs aux lieux de stockage ou transformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la question porte sur l’alimentation humaine, d’un côté une plante récoltée entière, en comptant ce qui ne sert pas et sera brûlé, de l’autre les seuls grains, sans compter la paille… Si l’on retire encore les fibres et autres déchets, il reste d’un côté (sur le tonnage récolté) 14% de sucre, et de l’autre 70 à 75% d’amidon, protéines et sels minéraux...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c’est l’efficacité photosynthétique des deux espèces que l’on veut comparer, est-il pertinent d’utiliser des moyennes mondiales ? Pour l’essentiel, le [[froment | blé]] est produit dans des conditions (climats secs ou avec hiver marqué, ou petits paysans ne pouvant acheter d’intrants) dans lesquelles la [[canne à sucre]], cultivée toujours de façon intensive en climat tropical humide ou avec irrigation, ne donnerait rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Plusieurs cultures dans un même champ : les cultures associées=== &lt;br /&gt;
Lorsque plusieurs espèces annuelles sont [[cultures associées |associées]] ou [[cultures intercalées | intercalées]] dans un même champ, on peut certes calculer le rendement de l’ensemble en prenant la matière sèche totale récoltée. Mais cela n’a de sens que si les différents produits récoltés sont de qualité similaire, comme c’était le cas pour le [[méteil]] (mélange blé-[[seigle]]) ; ou bien s’ils sont complémentaires et utilisés ensemble : on prend ainsi la valeur fourragère totale d’un [[foin]] de prairie, sans séparer les espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, lorsque les produits récoltés sont de qualité différente ou utilisés séparément, comme, par exemple, l’association niébé-[[coton]] en Afrique, ou [[maïs]]-[[haricot]] en Amérique tropicale, ou de très nombreux jardins, il a fallu trouver autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour comparer la performance de l’association à celle des mêmes espèces cultivées séparément (avec les mêmes techniques, bien sûr), on utilise le [[LER]] (''Land Equivalent Ratio''), défini comme la surface relative nécessaire en cultures pures pour avoir la même production que l’association :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''LER = (rendement culture 1 associée / rendement culture 1 pure) + (rendement culture 2 associée / rendement culture 2 pure) + ...'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un LER supérieur à 1 indique que l’association est plus performante que les cultures pures, et inversement – par exemple, un LER de 1,15 signifie que, pour obtenir la même quantité en cultures pures, il faudrait 15% de surface en plus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune traduction française de ce terme ne s’est imposée, parmi les nombreuses proposées : « utilisation équivalente de terrain », « coefficient de rendement équivalent », « rendement relatif total », « rapport de surface équivalente » « rapport de production par unité de terrain » « ratio de productivité relative »... (Dagnélie., 2003 : 313 ; Endondo &amp;amp; Samatana, 1999 ; Justes ''et al''., 2009 ; Kafara, 2003 ; Nouri &amp;amp; Reddy, 1991 ; Salez, 1986 ; Samson &amp;amp; Autfray, 1992).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas d’associations avec des cultures pérennes ou semi-pérennes en climat tropical humide où le stockage des récoltes est problématique, la notion de rendement – équivalent ou pas – est peu pertinente en agriculture de subsistance, ce qui compte est l’échelonnement programmé des récoltes pour fournir de la nourriture tout au long de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Plusieurs produits d’une même culture : quand il n’y a pas de « sous-produits » mais des « co-produits »===&lt;br /&gt;
Dans notre société d’abondance et notre agriculture de surproduction, on ne s’intéresse qu’au rendement en grains (ou en sucre, fécule, etc.) des cultures, le reste étant considéré comme des « sous-produits », voire des déchets. Mais il n’en a pas toujours été ainsi : les autres organes servaient de litière, [[fourrage]], toiture, combustible... et l’on s’intéressait aux rendements de tous ces produits : « Et que nul chaume ne soit vendu d’aucun manoir mais soit cueilli, et assemblé tant qu’il y en aura besoin pour couvrir les maisons (...) » (« ''E nul estuble ne seit vendu a nul maner mes seit coilli, e asemble tant cum lem avera mester a mesons coverir...'' », ''Seneschaucie'', ~1275) ; « et le fourrage (la paille) payera le battage » (« ''e le forage aqitera la baterie'' », de Henley, ~1280) ; « Quatre acres ainsi semés ont rendu jusqu'à 40 quarters de graine, &amp;amp; 14 charretées de fourrage, sans compter l'engrais de sept à huit vaches au printemps, &amp;amp; autant dans l'automne. » (Forbonnais, 1754 : 563).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et il n’en est pas ainsi partout. Au Pérou, « C'est ainsi que les agriculteurs déclaraient automatiquement les trois usages que l'on donne au maïs : fourrage, chicha (boisson fermentée) et alimentation humaine (...) Un autre facteur qui affecte le rendement [en grains] est l'objectif de la culture : grain seul ou grain et fourrage, car en général le maïs contribue fortement à la production de fourrages. Plus le climat est froid (altitude) ou sec, et plus le rendement en grain, faible et aléatoire, devient secondaire par rapport au fourrage. A partir du moment où il y a plusieurs productions, il n'y a pas d'unité commune (on n'ajoute pas des kg de grain à des kg de paille) qui permette de juger &amp;quot;le&amp;quot; rendement le plus élevé » (Morlon ''et al''., 1992 : 311-312).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles échelles de temps et d’espace ? Les rendements à l’échelle d’un territoire et d’une rotation==&lt;br /&gt;
Jusqu’à ce qu’on sache fabriquer des [[engrais]] chimiques en grandes quantités, et en dehors de petites zones comme le pourtour des villes ou les côtes maritimes, le maintien de la [[fertilité]] des terres labourées - et donc des rendements, quel qu’en soit le mode de calcul - n’était possible que grâce à deux moyens : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le premier était le transfert, le plus souvent via le bétail ([[fumier]] ou [[parcage]]), d’éléments provenant des [[prairies permanentes]], landes et forêts. C’est ce que [[A pour personne citée::Adrien de Gasparin|Gasparin]] appelle les « systèmes avec engrais extérieurs » :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|border=&amp;quot;0&amp;quot; style=&amp;quot;margin-left:25px&amp;quot;&lt;br /&gt;
|« On obtient de plusieurs manières les engrais extérieurs : 1° des bestiaux nourris sur des pâturages sont amenés la nuit sur des terres en culture, et y laissent une partie de leurs déjections; c'est le parcage; 2° on coupe la broussaille, le bois, les herbes vertes sur des terrains non cultivés et on les transporte sur le terrain cultivé pour les y brûler, les y enfouir, l'en couvrir ; 3° on enlève le gazon d'un terrain non cultivé, et on le transporte sur les terres cultivées, pour l'y répandre ou l'y brûler; c'est ce que l'on nomme l'étrépage ; 5° on achète les engrais fabriqués ou produits au dehors » (1849 : 209 ss) - le mot engrais désignant ici le fumier et les engrais verts : « la fabrication d'engrais suppose que l'on a obtenu du sol les matériaux de ces engrais, c'est-à-dire des tiges, des feuilles, dont l'usage définitif est d'être soumis à la fermentation qui désagrège leurs éléments, en les faisant servir à la nourriture des animaux (...) » (id. : 3).&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le second était la « suspension [dans le temps] de la culture la plus avantageuse », soit par un temps de « [[repos et fatigue des terres | repos]] », soit en lui « substituant une culture qui, isolément, n'est pas aussi productive. C'est ainsi qu'a été introduite la culture intercalaire du fourrage ». « Dans tous les cas la nécessité de pourvoir à l'alimentation de la plante s'oppose à la généralité de la culture » (id. : 3).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en est ainsi de nos jours dans d’autres régions du monde (Orlove ''et al''., 1992 : 106-112). Le rendement d’un champ de blé, une année donnée, dépend alors soit de la proximité de terrains ne produisant pas de récolte, soit du fait que ce champ ne produit pas de grain tous les ans. Dans de tels cas, que signifie « le » rendement par hectare (en oubliant de préciser « et par an ») du seul terrain qui est cultivé, l’année où il l’est ? Ne faudrait-il pas chercher à évaluer l’efficacité ou la productivité de l’ensemble du système, à l’échelle de la rotation et du territoire ? C’est ce que suggérait déjà [[A pour personne citée::Antoine-Laurent de Lavoisier|Lavoisier]] : « Des calculs très ingénieux, et dont les résultats peuvent être regardés comme des approximations assez exactes, établissent que, tandis qu'en Angleterre chaque mille carré produit 48,000 livres, une même superficie ne produit, en France, que 18,000 livres ([1788] 1893 : 256). Cela à une époque où les résultats obtenus par les Anglais, tant admirés en France, l’étaient sur des terres labourées considérablement réduites pour faire des prairies qui les alimentaient en fumier : quel était le rendement en blé du système ou de l’ensemble du territoire ?  « Aucune des deux grandes manières connues pour mesurer des rendements (en masse par surface, en grain récolté / grain semé) ne tient compte du fait global de l’économie agricole, pour se contenter de repérer ce qui se passe sur une parcelle, comme s’il n’y avait pas de système agricole. ainsi, si des amendements sont apportés au sol, que ce soit par des déjections animales ou par l’épandage de végétaux épandus ailleurs sur le finage, il faudrait pouvoir faire apparaître la quantité de travail, la quantité de sol utilisée pour ces tâches préalables et indispensables. en fait, le plus souvent, des travaux parfois nombreux ont lieu sur des superficies autres que celles emblavées et qui conditionnent le rendement des pièces à blé, mais cela n’est pas pris en compte dans la mesure » (Comet, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Anonyme, ca. 1275. ''Seneschaucie''. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Bourliaud J., Reau R., Morlon P., Hervé D., 1986. Chaquitaclla, stratégies de labour et intensification en agriculture andine. ''Techniques et Culture'', 7 : 181-225. [http://tc.revues.org/897 Texte intégral] sur le site revues.org.&lt;br /&gt;
*Boussingault J.B., 1844. ''Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique et la météorologie''. Paris, Béchet jeune, t. 2, 742 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5462841x.r=.langFR Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Campbell B.M.S., 1983. Agricultural Progress in Medieval England : Some Evidence from Eastern Norfolk. ''The Economic History Review'', New Series, 36 (1) : 26-46.&lt;br /&gt;
*Comet G., 2003. Mesures agraires et métrologie des grains : rendements et densités. In : Hocquet J. (éd.), 1996. La diversité locale des poids et mesures dans l’ancienne France. ''Cahiers de métrologie'', 14-15 : 127-136.&lt;br /&gt;
*Dagnelie P., 2003. ''Principes d’expérimentation. Planification des expériences et analyse de leurs résultats''. Les presses agronomiques de Gembloux, 397 p. [http://www.dagnelie.be/exacces1.html Texte intégral] sur le site de Pierre Dagnélie. [http://institutosondage.com.br/textos_pdf/texto_121.pdf Texte intégral] sur le site de l’Instituto Sondage de Pesquisas, Brésil.&lt;br /&gt;
*Davy H. (Sir), 1820. ''Élémens de chimie appliqués à l’agriculture, suivis d’un traité sur la chimie des terres''. Traduction par M. Marchais de Migneaux, Audin &amp;amp; Crevot, Paris, x + 537 p.&lt;br /&gt;
*de Henley G. (Walter of Henley), ''ca''. 1280. ''Le dit de hosebondrie''. Voir Lamond, 1890 et Oschinsky, 1971.&lt;br /&gt;
*Demolon A, 1956. ''Croissance des végétaux cultivés''. 5è. Édition. Dunod, Paris, 576 p.&lt;br /&gt;
*Endondo C., Samatana M., 1999. Influence de la date de semis du niébé sur le rendement du cotonnier dans l’association cotonnier-niébé. ''Cahiers Agricultures'', 8 : 215-217. [http://www.cahiersagricultures.fr/archives/sommaire.phtml?cle_parution=336 Texte intégral] sur le site des ''Cahiers Agricultures''.&lt;br /&gt;
*Fahrasmane L., 2005. La canne à sucre. Encadré de l’article « Le rhum. Trente ans de recherches à l’INRA », ''INRA mensuel'', 124 : 37.&lt;br /&gt;
*Forbonnais F.V.D. de, 1754. Culture des terres. In : Diderot, d’Alembert, eds., Encyclopédie, t. 4 : 552-566. [http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?p.27:132./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/ texte intégral] sur le site de l'ATILF.&lt;br /&gt;
*Gasparin A. (de), 1849. ''Cours complet d’Agriculture''. t. V., Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 638 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411602x.r=.langFR Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Justes E., Bedoussac L., Prieur L., 2009. Est-il possible d’améliorer le rendement et la teneur en protéines du blé en agriculture biologique au moyen de cultures intermédiaires ou de cultures associées ? ''Innovations Agronomiques'' 4 : 165-176. [https://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_4_janvier_2009 Texte intégral] sur le site d'''Innovations agronomiques''.&lt;br /&gt;
*Kafara JM., 2003. Pratiques paysannes d’association de cultures dans les systèmes cotonniers des savanes centrafricaines. In : Jamin J.Y., Seiny Boukar L., Floret C. (éds.), ''Savanes africaines : des espaces en mutation, des acteurs face à de nouveaux défis''. Prasac, N’Djamena - Cirad, Montpellier.&lt;br /&gt;
*La Bretonnerie (de), 1783. ''Correspondance rurale''. Tome II, Onfroy, Paris, 590 p.&lt;br /&gt;
*Lamond E., 1890. ''Walter of Henley's Husbandry, together with an anonymous husbandry, Seneschaucie and Robert Grosseteste's Rules''. Longman, Green &amp;amp; Co, London, 171 p. [http://www.archive.org/stream/walterhenleyshu01cunngoog#page/n7/mode/1up Texte intégral] sur le site archive.org.&lt;br /&gt;
*Lavoisier A.L., [1788] 1893. Sur l’agriculture et le commerce de l’Orléanais. ''Œuvres complètes'', Imprimerie Nationale, Paris, t. VI, p. 256-275. [http://www.lavoisier.cnrs.fr/ice/ice_page_detail.php?lang=fr&amp;amp;type=text&amp;amp;bdd=lavosier&amp;amp;table=Lavoisier&amp;amp;typeofbookDes=Memoires&amp;amp;bookId=327&amp;amp;pageChapter=Sur%20l%27agriculture%20et%20le%20commerce%20de%20l%27Orl%E9anais&amp;amp;pageOrder=18&amp;amp;facsimile=off&amp;amp;search=no&amp;amp;num=&amp;amp;nav=1 Texte intégral] sur le site Lavoisier du CNRS.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Bourliaud J., Reau R., Hervé D., 1992. Un outil, un symbole, un débat : la &amp;quot;chaquitaclla&amp;quot; et sa persistance dans l’agriculture andine. In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA Editions : 40-86.[http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site des Éditions Quae.&lt;br /&gt;
*Morlon P., Hibon A., Horton D., Tapia M., Tardieu F., 1992. Les rendements obtenus par les paysans, face à la recherche agronomique et à la vulgarisation. Quelles mesures et quels critères d’évaluation ? In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA Editions : 283-327. [http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site des Éditions Quae.&lt;br /&gt;
*Nouri M., Reddy C., 1991. Utilisation de l'eau par le mil et le niébé en association et en culture pure. ''Soil Water Balance in the Sudano-Sahelian Zone''. IAHS Publ. no. 199 : 421-429. [http://iahs.info/redbooks/a199/iahs_199_0421.pdf Texte intégral] sur le site de l’IAHS.&lt;br /&gt;
*Orlove B.S., Godoy R., Morlon P., 1992. Les assolements collectifs. In P. Morlon (coord.), ''Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie)''. INRA Editions : 88-120. [http://www.quae.com/fr/livre/?GCOI=27380100604420 Présentation] sur le site des Éditions Quae.&lt;br /&gt;
*Oschinsky D., 1971. ''Walter of Henley and Other Treatises on Estate Management and Accounting''. Oxford, Clarendon Press,  xxiv + 504 p.&lt;br /&gt;
*Palissy B., 1563. Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors... [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70461q.r=.langFR Texte intégral] sur Gallica. Réédition : Droz, Genève, 1988.&lt;br /&gt;
*Salez P., 1986. Quelques facteurs influençant le comportement du maïs et du soja cultivés en association. ''L'Agronomie tropicale'', 41 (2) : 101-109.&lt;br /&gt;
*Samson C., Autfray P., 1992. Influence de l'aménagement spatial et d'une fertilisation azotée sur la production d'une association maïs/soja. ''Agronomie Tropicale'', 46 (3) : 175-184.&lt;br /&gt;
*Sigaut F., 1992. Rendements, semis et fertilité. Signification analytique des rendements. In : Patricia Anderson, ed, ''Préhistoire de l'agriculture : nouvelles approches expérimentales et ethnographiques''. CNRS, Paris : 395-403.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour en savoir plus==&lt;br /&gt;
====Liens externes====&lt;br /&gt;
*&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
*[https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/grand-theme-4-faits-sociaux-et-controverses/chapitre-0401-etat-des Comment lire les rendements agricoles d'autrefois ?], fiches 04.01.Q13 et 04.01.Q14 dans l'Encyclopédie de l'Académie d'Agriculture de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Autres langues==&lt;br /&gt;
*Anglais : ''yield''&lt;br /&gt;
*Espagnol : ''rendimiento''&lt;br /&gt;
*Allemand : ''Ertrag''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voir aussi [https://agrovoc.fao.org/browse/agrovoc/en/search?clang=fr&amp;amp;q=rendement rendement] dans Agrovoc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:R]] [[Catégorie:Indicateur]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Accueil&amp;diff=5189</id>
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		<updated>2025-12-13T10:07:51Z</updated>

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&lt;div&gt;{| class=&amp;quot;topbandeau&amp;quot;&lt;br /&gt;
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|   colspan=&amp;quot;2&amp;quot; class=&amp;quot;class1&amp;quot; style=&amp;quot;width:66%; font-size: 1.1em; font-weight: 700;font-style: italic; text-align: center;&amp;quot; | « Si les noms sont incorrects, on ne peut tenir de discours cohérent.&lt;br /&gt;
Si le langage est incohérent, les affaires de l'État ne peuvent se régler. » (Confucius, ca. 500 avant J.C.).&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width:34%; text-align: right;&amp;quot; | [[Fichier:Inrae.png|class=INRAETOP|link=https://www.inrae.fr/departements/act|alt=INRAE, Département ACT|INRAE, département ACT]]&lt;br /&gt;
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| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcolvc txtszxl txtw600&amp;quot;&amp;gt;'''Article du mois'''&amp;lt;/span&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; [[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_3.jpg|250px|thumb|right|class=articlemois|&amp;lt;center&amp;gt;'''Dispositif utilisé en 1869 et 1870 par Dehérain pour mesurer la transpiration d'une feuille'''&amp;lt;/center&amp;gt;|class=articlemois]] &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcolvf txtszl txtw800&amp;quot;&amp;gt;'''Une histoire de l'évapotranspiration'''&amp;lt;/span&amp;gt; :&lt;br /&gt;
&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
La compréhension des mécanismes du transport de l’eau du sol à l’atmosphère à travers les plantes est à la fois un des problèmes les plus anciennement étudiés et l’un de ceux qui a le plus résisté aux investigations. Cet article tente d’expliquer un paradoxe.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’un côté, l’évaporation de l’eau par, ou à travers, les (couverts) végétaux est une observation aussi ancienne que l’agriculture.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
De l’autre, bien qu’on ait compris dès le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle le lien entre la transpiration des végétaux et l’absorption par les racines des « sucs nourriciers », ce n’est que bien avancé le XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle – après l’alimentation minérale, la photosynthèse, la respiration, la fixation symbiotique, l’hérédité – que ses mécanismes ont pu être compris et quantifiés (« modélisés ») à partir de données facilement mesurées.&lt;br /&gt;
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|- &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | Cet ouvrage se propose de définir et surtout de mettre en perspective historique et critique les mots et expressions utilisés par les agronomes dans leur activité professionnelle, qu'il s'agisse d'objets matériels, de techniques, de méthodes, de concepts... D'où viennent-ils ? Dans quels contextes et pour quels usages ont-ils été créés ? À quels débats et controverses ont-ils donné lieu et donnent-ils encore lieu ? Ce dictionnaire s'adresse à tous ceux qui s'intéressent aux débats actuels sur l'agriculture et le monde rural : agronomes, historiens et géographes, enseignants et étudiants, et toute personne désireuse de mieux connaître l'activité agricole et le vocabulaire qui la décrit.&amp;lt;/span&amp;gt;. &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
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&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;tab name=&amp;quot;Derniers articles mis en ligne&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
*[[Limon : le mot]] ''(novembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Tarière]] ''(septembre 2025)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;tab name=&amp;quot;Articles à compléter&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Parmi les propositions ou ébauches d’articles que nous avons reçus, certaines ne peuvent être publiées telles quelles, mais constituent des bases pouvant être complétées ou achevées par d’autres personnes. Si, sur un de ces sujets, vous avez des choses à dire qui s’inscrivent dans les objectifs des ''Mots de l'agronomie'', contactez-nous vite ! &lt;br /&gt;
* « Ados, billon, planche de labour : agronomie »&lt;br /&gt;
* « Fruit » ou « Fruits et légumes »&lt;br /&gt;
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* « Ségala »&lt;br /&gt;
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* « Terrain »&lt;br /&gt;
* « Territoire »&lt;br /&gt;
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|-&lt;br /&gt;
|  align=&amp;quot;&amp;quot;| Les articles du dictionnaire ''Les mots de l'agronomie'' peuvent également être consultés par :&lt;br /&gt;
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* [[Dossiers des Mots de l'agronomie|dossiers thématiques]]&lt;br /&gt;
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&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;''Les Mots de l'agronomie'' est un travail collaboratif, écrit par toute personne ou équipe souhaitant mener une discussion critique sur les concepts et méthodes, mais aussi les objets matériels et les techniques, de l'agronomie (productions végétales).&lt;br /&gt;
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| Le dictionnaire &amp;lt;i&amp;gt;Les mots de l'agronomie&amp;lt;/i&amp;gt; est publié par le département ACT (Action, Transitions et Territoires) d'INRAE (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).&lt;br /&gt;
* Directeur de la publication : '''Christophe Soulard''', INRAE, chef du département ACT&lt;br /&gt;
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* Coordinateur : [mailto:philippe.prevost@inrae.fr|'''&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Philippe Prévost&amp;lt;/span&amp;gt;''']&lt;br /&gt;
* Secrétaire de rédaction : [[Pierre Morlon|'''&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Pierre Morlon&amp;lt;/span&amp;gt;''']]&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Accueil&amp;diff=5188</id>
		<title>Accueil</title>
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		<updated>2025-12-13T10:07:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : mise en page article du mois&lt;/p&gt;
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Si le langage est incohérent, les affaires de l'État ne peuvent se régler. » (Confucius, ca. 500 avant J.C.).&lt;br /&gt;
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La compréhension des mécanismes du transport de l’eau du sol à l’atmosphère à travers les plantes est à la fois un des problèmes les plus anciennement étudiés et l’un de ceux qui a le plus résisté aux investigations. Cet article tente d’expliquer un paradoxe.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’un côté, l’évaporation de l’eau par, ou à travers, les (couverts) végétaux est une observation aussi ancienne que l’agriculture.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
De l’autre, bien qu’on ait compris dès le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle le lien entre la transpiration des végétaux et l’absorption par les racines des « sucs nourriciers », ce n’est que bien avancé le XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle – après l’alimentation minérale, la photosynthèse, la respiration, la fixation symbiotique, l’hérédité – que ses mécanismes ont pu être compris et quantifiés (« modélisés ») à partir de données facilement mesurées.&lt;br /&gt;
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{{Tableau B}}&lt;br /&gt;
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&amp;lt;tab name=&amp;quot;C&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
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&amp;lt;tab name=&amp;quot;Derniers articles mis en ligne&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
*[[Limon : le mot]] ''(novembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Tarière]] ''(septembre 2025)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/tab&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;tab name=&amp;quot;Articles à compléter&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Parmi les propositions ou ébauches d’articles que nous avons reçus, certaines ne peuvent être publiées telles quelles, mais constituent des bases pouvant être complétées ou achevées par d’autres personnes. Si, sur un de ces sujets, vous avez des choses à dire qui s’inscrivent dans les objectifs des ''Mots de l'agronomie'', contactez-nous vite ! &lt;br /&gt;
* « Ados, billon, planche de labour : agronomie »&lt;br /&gt;
* « Fruit » ou « Fruits et légumes »&lt;br /&gt;
* « Prophylaxie » (en productions végétales)&lt;br /&gt;
* « Ségala »&lt;br /&gt;
* « Stock semencier du sol » ou « Banque de graines du sol »&lt;br /&gt;
* « Terrain »&lt;br /&gt;
* « Territoire »&lt;br /&gt;
* « Xénobiotiques »&lt;br /&gt;
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|-&lt;br /&gt;
|  align=&amp;quot;&amp;quot;| Les articles du dictionnaire ''Les mots de l'agronomie'' peuvent également être consultés par :&lt;br /&gt;
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* [[Dossiers des Mots de l'agronomie|dossiers thématiques]]&lt;br /&gt;
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|-&lt;br /&gt;
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*[[Personnalités citées dans les Mots de l'agronomie|personnalités citées dans ''les Mots de l'agronomie'']]&lt;br /&gt;
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*[[Institutions agronomiques|institutions agronomiques]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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| '''Qui écrit cet ouvrage ? Comment contribuer ?'''&lt;br /&gt;
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&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;''Les Mots de l'agronomie'' est un travail collaboratif, écrit par toute personne ou équipe souhaitant mener une discussion critique sur les concepts et méthodes, mais aussi les objets matériels et les techniques, de l'agronomie (productions végétales).&lt;br /&gt;
Chaque article est rédigé suivant un processus coordonné par un '''[[Les_mots_de_l'agronomie|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;comité éditorial&amp;lt;/span&amp;gt;]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
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|- &lt;br /&gt;
| Le dictionnaire &amp;lt;i&amp;gt;Les mots de l'agronomie&amp;lt;/i&amp;gt; est publié par le département ACT (Action, Transitions et Territoires) d'INRAE (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).&lt;br /&gt;
* Directeur de la publication : '''Christophe Soulard''', INRAE, chef du département ACT&lt;br /&gt;
* Appui à la publication : '''Sabine Arbeille''', INRAE,  Direction pour la science ouverte (DipSO INRAE)&lt;br /&gt;
* Coordinateur : [mailto:philippe.prevost@inrae.fr|'''&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Philippe Prévost&amp;lt;/span&amp;gt;''']&lt;br /&gt;
* Secrétaire de rédaction : [[Pierre Morlon|'''&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Pierre Morlon&amp;lt;/span&amp;gt;''']]&lt;br /&gt;
* '''[[Les_mots_de_l'agronomie|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;Comité éditorial du ''dictionnaire des Mots de l'agronomie''&amp;lt;/span&amp;gt;]]'''&lt;br /&gt;
* Appui technique : '''Alexis Grillon''', INRAE, département ACT&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;cctab&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Fichier:By-nc-nd.jpg|class=cctag|alt=Licence CC BY NC ND]] ||&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;|| style=&amp;quot;white-space: nowrap;&amp;quot; | '''[https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;CC BY-NC-ND 4.0&amp;lt;/span&amp;gt;]''' ||&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;|| &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;Les articles sont publiés sous la licence Creative Commons 4.0. La citation ou la reproduction de tout article doit mentionner son titre, le nom de tous les auteurs, la mention de sa publication dans Les mots de l'agronomie - Histoire et critique, son URL, ainsi que sa date de publication.&amp;lt;/span&amp;gt; &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
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{| class=&amp;quot;LOGORIGHT&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtszs&amp;quot;&amp;gt;En complémentarité éditoriale avec le Dictionnaire d'agroécologie (dicoAE) :&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
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{|&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &amp;lt;span class=&amp;quot;txtszs&amp;quot;&amp;gt;En partenariat avec :&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|[[Fichier:Association Francaise d'Agronomie.jpg|class=LOGOLEFT|link=https://agronomie.asso.fr/|alt=Association Francaise d'Agronomie|Association Francaise d'Agronomie]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Accueil&amp;diff=5187</id>
		<title>Accueil</title>
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		<updated>2025-12-12T15:35:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Article du mois&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{| class=&amp;quot;topbandeau&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|   colspan=&amp;quot;2&amp;quot; class=&amp;quot;class1&amp;quot; style=&amp;quot;width:66%; font-size: 1.1em; font-weight: 700;font-style: italic; text-align: center;&amp;quot; | « Si les noms sont incorrects, on ne peut tenir de discours cohérent.&lt;br /&gt;
Si le langage est incohérent, les affaires de l'État ne peuvent se régler. » (Confucius, ca. 500 avant J.C.).&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width:34%; text-align: right;&amp;quot; | [[Fichier:Inrae.png|class=INRAETOP|link=https://www.inrae.fr/departements/act|alt=INRAE, Département ACT|INRAE, département ACT]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;3&amp;quot; | [[Fichier:Bandeau des mots de l'agronomie.jpeg|class=bandeaumots]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;3&amp;quot;  align=&amp;quot;center&amp;quot; | &amp;lt;big&amp;gt;'''Un ouvrage collectif sur le vocabulaire et les concepts utilisés en agronomie francophone'''&amp;lt;/big&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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|- &lt;br /&gt;
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|- &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcolvc txtszxl txtw600&amp;quot;&amp;gt;'''Article du mois'''&amp;lt;/span&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; [[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_3.jpg|500px|thumb|right|class=articlemois|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 3 : Dispositif utilisé en 1869 et 1870 par Dehérain'''&amp;lt;/center&amp;gt;|class=articlemois]] &amp;lt;span class=&amp;quot;txtcolvf txtszl txtw800&amp;quot;&amp;gt;'''Une histoire de l'évapotranspiration'''&amp;lt;/span&amp;gt; :&lt;br /&gt;
&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln txtszs&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
La compréhension des mécanismes du transport de l’eau du sol à l’atmosphère à travers les plantes est à la fois un des problèmes les plus anciennement étudiés et l’un de ceux qui a le plus résisté aux investigations. Cet article tente d’expliquer un paradoxe.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’un côté, l’évaporation de l’eau par, ou à travers, les (couverts) végétaux est une observation aussi ancienne que l’agriculture.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
De l’autre, bien qu’on ait compris dès le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle le lien entre la transpiration des végétaux et l’absorption par les racines des « sucs nourriciers », ce n’est que bien avancé le XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle – après l’alimentation minérale, la photosynthèse, la respiration, la fixation symbiotique, l’hérédité – que ses mécanismes ont pu être compris et quantifiés (« modélisés ») à partir de données facilement mesurées.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| align=&amp;quot;right&amp;quot; | [[Une histoire de l'évapotranspiration|'''Lire la suite...''']] &lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 10%;&amp;quot; | &lt;br /&gt;
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{| style=&amp;quot;width: 100%; padding: 1em; border-radius: 0.5em 0 1em 0; background-color: #abc36b !important; line-height: 100%;&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align: justify; text-justify: auto;&amp;quot; | Cet ouvrage se propose de définir et surtout de mettre en perspective historique et critique les mots et expressions utilisés par les agronomes dans leur activité professionnelle, qu'il s'agisse d'objets matériels, de techniques, de méthodes, de concepts... D'où viennent-ils ? Dans quels contextes et pour quels usages ont-ils été créés ? À quels débats et controverses ont-ils donné lieu et donnent-ils encore lieu ? Ce dictionnaire s'adresse à tous ceux qui s'intéressent aux débats actuels sur l'agriculture et le monde rural : agronomes, historiens et géographes, enseignants et étudiants, et toute personne désireuse de mieux connaître l'activité agricole et le vocabulaire qui la décrit.&amp;lt;/span&amp;gt;. &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
| align=&amp;quot;right&amp;quot; | '''[[Fonctionnement éditorial|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;En savoir plus&amp;lt;/span&amp;gt;]]...'''&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 5%;&amp;quot; | &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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{{Tableau J}}&lt;br /&gt;
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{{Tableau M}}&lt;br /&gt;
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*[[Limon : le mot]] ''(novembre 2025)''&lt;br /&gt;
*[[Tarière]] ''(septembre 2025)''&lt;br /&gt;
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* « Ados, billon, planche de labour : agronomie »&lt;br /&gt;
* « Fruit » ou « Fruits et légumes »&lt;br /&gt;
* « Prophylaxie » (en productions végétales)&lt;br /&gt;
* « Ségala »&lt;br /&gt;
* « Stock semencier du sol » ou « Banque de graines du sol »&lt;br /&gt;
* « Terrain »&lt;br /&gt;
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* « Xénobiotiques »&lt;br /&gt;
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Chaque article est rédigé suivant un processus coordonné par un '''[[Les_mots_de_l'agronomie|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtcoln&amp;quot;&amp;gt;comité éditorial&amp;lt;/span&amp;gt;]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
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| Le dictionnaire &amp;lt;i&amp;gt;Les mots de l'agronomie&amp;lt;/i&amp;gt; est publié par le département ACT (Action, Transitions et Territoires) d'INRAE (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).&lt;br /&gt;
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|}&lt;br /&gt;
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{| class=&amp;quot;LOGORIGHT&amp;quot;&lt;br /&gt;
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|&amp;lt;span class=&amp;quot;txtszs&amp;quot;&amp;gt;En complémentarité éditoriale avec le Dictionnaire d'agroécologie (dicoAE) :&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
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|}&lt;br /&gt;
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|-&lt;br /&gt;
| &amp;lt;span class=&amp;quot;txtszs&amp;quot;&amp;gt;En partenariat avec :&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
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|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration&amp;diff=5186</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration&amp;diff=5186"/>
		<updated>2025-12-08T09:13:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Annulation renumérotation annexes&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Avertissement&lt;br /&gt;
|note 1=La circulation d’eau dans les plantes est un sujet vaste et complexe, qui sera traité en plusieurs articles. Celui-ci est une '''lecture particulière de 4 siècles d’histoire''' (1674-1961).&lt;br /&gt;
|note 2=((Citations : nous avons modernisé l’orthographe et l’écriture des données quantitatives ; les traductions à partir d’autres langues sont de nous)).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Remarques sur l’eau de la pluie, &amp;amp; sur l’origine des Fontaines… (La Hire, [1703] 1720).&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Le dispositif de Guettard (1748) pour mesurer la transpiration d’un organe végétal.&lt;br /&gt;
|Annexe 3=De la transpiration des plantes (Duhamel du Monceau, 1758).&lt;br /&gt;
|Annexe 4=Article TRANSPIRATION (Sénebier, 1791).&lt;br /&gt;
|Annexe 5=Trois mémoires de Risler sur l’évaporation du sol et des plantes (1869, 70, 71).&lt;br /&gt;
|Annexe 6=Définition commentée de l’évapotranspiration potentielle (Turc, 1961).&lt;br /&gt;
|Annexe 7=La théorie vitaliste, jusqu'au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)&lt;br /&gt;
|Article 1=Bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2=Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots&lt;br /&gt;
|Article 3=Évapotranspiration &lt;br /&gt;
|Article 4=Lysimétrie &lt;br /&gt;
|Article 5=Régulation stomatique&lt;br /&gt;
|Article 6=Transpiration végétale&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 2017&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 2017&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= « … tout se réduira donc à considérer la dépense que les végétaux font de la pluie, comme une espèce d’évaporation, puisque tout ce qui entre dans la circulation est fourni par les racines. Ainsi l’on doit entendre que les végétaux tirent de la terre plus ou moins humide, par leurs racines, de l’eau qui s’évapore le jour par les pores des feuilles. Cette dépense est considérable, mais il ne faut pas en abuser pour conclure l’insuffisance des pluies ; car quand un terrain est recouvert de plantes, il ne s’évapore que très-peu d’eau immédiatement du fond de la terre ; tout s’opère par les végétaux : d’ailleurs cette évaporation ne dure qu’une petite partie de l’année »|référence citation= Desmarest, 1757 : 89.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction.==&lt;br /&gt;
« La compréhension des mécanismes du transport de l’eau du sol à l’atmosphère à travers l’arbre [ou plus généralement toute plante] est à la fois un des problèmes (…) les plus anciennement étudiés et l’un de ceux qui a suscité le plus de polémiques et qui a le plus résisté aux investigations » (Cruiziat, 2007). Cet article tente d’expliquer un paradoxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’un côté, l’évaporation de l’eau par, ou à travers, les [[Couvert végétal|(couverts)]] végétaux est une observation aussi ancienne que l’agriculture. Citons seulement un passage du livre d’Isaïe dans la Bible (500 av. J.-C.) : « Oui, comme la pluie et la neige tombent des ciels et n’y retournent pas sans avoir désaltéré la terre, sans l’avoir fait enfanter et germer (…) » (traduction Chouraqui, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’autre, bien qu’on ait compris dès le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle le lien entre la transpiration des végétaux et la « suction » (l’absorption par les [[racine]]s des « [[sucs nourriciers]] » alors non identifiés), ce n’est que bien avancé le XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle – après l’[[alimentation minérale]], la [[photosynthèse]], la respiration, la [[fixation symbiotique]], l’[[hérédité]] – que ses mécanismes ont pu être compris et quantifiés (« [[Modèle, modélisation|modélisés]] ») à partir de données facilement mesurées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet est certes difficile et complexe. « Il est très difficile de faire ces expériences d’une manière un peu constante, parce que l’état de la plante, de l'eau, &amp;amp; l'action du soleil varient beaucoup. (…) Il est assez difficile d'estimer la transpiration, parce qu'il est très difficile de pouvoir tenir compte de tout ce qui influe sur elle » (Sénebier, 1791, article TRANSPIRATION : 284 &amp;amp; 285).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Et comment relier entre elles des observations portant sur les mêmes phénomènes mais faites à des échelles très différentes pour répondre à des questions différentes (tableau 1) : le bassin versant d’un cours d’eau (quelle proportion des pluies alimente les sources et rivières ?) ; le [[Champ, pièce, parcelle|champ]] cultivé (quand [[Irrigation|irriguer]] et combien ?) ; la plante isolée, le rameau ou la feuille (comment fonctionnent les plantes ? Le font-elles toutes de la même façon ?) ; le stomate ou le vaisseau (id.) ? « Ce qui manque le plus pour dégager cette science nouvelle qu'est l'hydrométéorologie de ses tâtonnements de début, c'est, à notre avis, la coordination des études et des méthodes de recherches », constatent Coutagne &amp;amp; de Martonne en 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Tableau 1'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Échelles et méthodes d’estimation ou de mesure de la transpiration de plantes ou de l’évapotranspiration, dans quelques études.&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;| Méthode&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Échelle espace&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Échelle temps&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Déficit d’écoulement de cours d’eau (pluies estimées moins eau écoulée)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|&amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; km&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|an&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Perrault&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Coutagne &amp;amp; de Martonne (1933), Hénin ''et al''. (1944), Turc (1951, 1954)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Champ cultivé (pluie + irrigation – drainage)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|&amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; à 10&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|mois&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Risler&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Thornthwaite&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Lysimètre à drainage (pluie + irrigation – drainage)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|dm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; à m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; &lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|mois à jour&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|La Hire&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Thornthwaite, Penman&amp;lt;ref&amp;gt;Après avoir calibré sa formule sur les données de lysimètres, Penman en compare les résultats avec les mesures faites avec d’autres méthodes et à d’autres échelles en divers endroits du monde&amp;lt;/ref&amp;gt;, Turc (1955, 1961), Bouchet&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Plante entière ou organe (perte d’eau)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|dm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|jour à heure&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Mariotte, Woodward&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Hales, Miller, Sénebier&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Saussure, Risler&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Organe végétal (eau condensée) &lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|cm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|jour à heure&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Hales, Guettard, Duhamel, Sénebier&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Saussure, Dehérain, Risler&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela a joué. Mais '''notre thèse ici est qu’une idée fausse, énoncée au départ comme une hypothèse parmi d’autres mais vite implicitement admise sans discuter, a empêché des savants parmi les plus grands de tirer les conclusions que leurs observations suggéraient, et les a conduits à préférer des chiffres en apparence précis, mais entachés de (très) gros biais non maîtrisés, à des chiffres non biaisés mais moins précis'''. D’où deux siècles de piétinements, voire de reculs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques repères chronologiques aideront à caler cette histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelques repères chronologiques.==&lt;br /&gt;
===Évaporation de l’eau dans l’air.===&lt;br /&gt;
L’action du soleil, de la chaleur et du vent sur l’évaporation de l’eau, qu’elle soit libre ou contenue dans la [[terre]] humide, est une observation immémoriale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''En physique, c’est à l’aube du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les lois de l’évaporation sont établies :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle consomme beaucoup d’énergie et refroidit donc la surface où elle se produit. Sa chaleur latente (restituée lorsque la vapeur se condense) est proche de 600 calories par gramme d’eau évaporée. La calorie étant définie comme la quantité de chaleur mise en jeu dans une variation de température de 1°C d’un gramme d’eau, cela veut dire, par exemple, que l’évaporation d’un seul gramme d’eau refroidit de 10°C une masse de 60 g d’eau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autre part, elle ne peut se faire que si l’air n’est pas saturé d’humidité. Sa vitesse dépend du '''déficit de saturation''' de l’air, qui est la '''différence''' entre la pression de vapeur saturante à la température de cet air et la pression partielle de la vapeur d’eau qu’il contient (l’'''humidité relative''' étant, elle, le '''rapport''' entre ces deux grandeurs). Plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau : dans la gamme de températures où poussent les végétaux, la pression de vapeur saturante double tous les 10 à 12°C (Dalton, 1802). Ce que [[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]] (1844 : 691) et [[A pour personne citée::Adrien de Gasparin|Gasparin]] (1860 : 65-66) exposent dans leurs ouvrages d’agriculture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Découlant de la physique, l’idée d’un maximum climatique possible d’évaporation pour une surface d’eau libre (en allemand ''klimatischen Evaporationskraf''t, Mühry, 1860 ; Vivenot, 1866) apparaît au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transpiration végétale===&lt;br /&gt;
La circulation de la [[sève]] (eau + « sucs » nourriciers dissous) des racines jusqu’aux feuilles où elle s’évapore, était connue au Moyen-âge (Crescens, [''ca.'' 1306] 1373, livre II) ; et le lien entre transpiration et [[absorption racinaire]] (« suction ») établi au milieu du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : d’un côté, pour qu’il y ait transpiration, il faut que les racines puissent fournir assez d’eau pour remplacer celle qui s’évapore ; de l’autre, tout ce qui réduit ou arrête la transpiration réduit ou arrête la « suction » et donc la [[nutrition]] de la plante. &lt;br /&gt;
Le lien entre transpiration, respiration et échanges gazeux de la photosynthèse qui, passant par les stomates, sont réduits ou arrêtés par la [[régulation stomatique]], s’est fait progressivement, de la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle à celle du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des débuts prometteurs, puis on piétine… ou recule.==&lt;br /&gt;
A la fin du XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, Pierre Perrault, le frère de l’auteur des ''Contes'', estime le débit de la Seine à 3 lieues de sa source et la pluie tombée pendant un an sur son bassin. En unités actuelles, cela donne 485 mm de pluie, 78 mm d’écoulement de la Seine, soit un déficit d’écoulement apparent (« déchet ») de 407 mm, qui est une estimation de ce que nous appelons [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration réelle]]. Estimation qu’il reconnaît très grossière : « Je sais bien que cette déduction n’a aucune sûreté : mais qui pourrait en donner une qui fût certaine ? » (1674 : 200-205)… mais qui n’est pas très éloignée de celles faites actuellement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Dispositif de Hales (1727)'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son contemporain La Hire mesure la pluviométrie annuelle à Paris, et installe en 1688 ce qu’on appelle maintenant un [[lysimètre]] à drainage, de 4 pieds de superficie (0,169 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;) et de 8 pieds (2,6 m) de profondeur, avec des rebords pour éviter le ruissellement, et entouré par ce que nous appelons un anneau de garde. Il met au fond des cailloux pour éviter que le tuyau de sortie ne se bouche, puis remplit d’une terre perméable ([1703] 1720 : 57-61) ([[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 1|Annexe 1]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1720, Hales calcule que « l’évaporation de la surface de l’eau est à l’évaporation de la surface de la terre [nue], comme 10 sont à 3&amp;lt;ref&amp;gt;Hales compare des mesures faites par lui en Angleterre avec celles faites par Cruquius (1724) à l’actuelle frontière entre les Pays-Bas et l’Allemagne... Ce qui importe est d’avoir pris l’évaporation de l’eau libre comme référence.&amp;lt;/ref&amp;gt; »  ([1727] 1735 : 48). Avec un dispositif (fig. 1, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]]) pesé matin et soir dans différentes conditions météorologiques, il mesure la transpiration d’un pied de [[tournesol]] et la rapporte à la surface totale des feuilles de la plante ainsi qu’à celle des racines ; dans une autre expérience, il calcule en pouces la hauteur d’eau transpirée sur un arpent de [[houblon]] (id : 3ss ; 27-28). En 1726 Miller établit que la quantité d’eau évaporée est en général proportionnelle à la température du jour ; Guettard en 1748-49 (fig. 2 et [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 2|annexe 2]]) sépare l’action du rayonnement solaire de celle de la température et affirme le rôle du renouvellement de l’air… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_2.jpg|300px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2 : Dispositif de Guettard (1748 et 1749)'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1758, [[A pour personne citée dans les annexes::Henri-Louis Duhamel du Monceau|Duhamel du Monceau]] conclut de leurs expériences « La différente température de l’air influe beaucoup sur la transpiration ; le froid, l’humidité la diminuent ou la suppriment entièrement (…) la transpiration des plantes est peu considérable dans les temps de pluie, &amp;amp; même quand le ciel est couvert de nuages ; &amp;amp; elle n’est jamais plus abondante que quand le soleil est net &amp;amp; ardent, &amp;amp; encore lorsqu’il fait du vent &amp;amp; du hâle, pourvu toutefois que la terre ne soit pas extrêmement sèche, &amp;amp; que les racines en puissent pomper toute la sève dont la plante a besoin » (p. 141 &amp;amp; 148) – ce qui ne répond pas à toutes les questions posées alors, ni n’empêche d’autres conclusions qui, plus tard, se révélèrent erronées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_3.jpg|400px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 3 : Dispositif utilisé en 1869 et 1870 par Dehérain'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ensuite, on piétine. En physiologie, [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain| Dehérain]] (1873) se pose les mêmes questions que Guettard en 1748-48 et, pour y répondre, emploie un [[dispositif expérimental]] similaire (fig. C) ; en hydrologie, on n’a que bien peu avancé entre l’estimation de Perrault en 1674 et la synthèse de Coutagne et de Martonne en 1933.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ayant établi mois par mois le [[bilan hydrique]] d’une [[Champ, pièce, parcelle|pièce]] de terre de 1,23 ha, dont il s’est assuré qu’elle est hydrauliquement isolée et que « toute l'eau qui n'est pas évaporée est recueillie par les drains », Risler (1869, 1870, 1871) (voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 5|annexe 5]]) n’utilise ces données que pour borner les résultats de mesures sur organes végétaux, compte tenu des très gros biais qui doivent entacher ces dernières ! Pourquoi ? Il explique à la fin : « Dans les deux Mémoires que j’ai déjà publiés sur l’évaporation du sol, j’avais cherché à déterminer cette évaporation par la différence entre la quantité de pluie tombée sur une certaine surface et la quantité d’eau écoulée par les drains. '''Mais cette différence comprend à la fois l’eau évaporée directement par le sol et l’eau évaporée ou transpirée par l’intermédiaire des plantes''' ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Séparer à tout prix, fût-ce celui de biais expérimentaux non contrôlés, la transpiration des plantes de l’évaporation du sol, '''n’a de sens que si l’on pense que transpiration végétale et évaporation de l’eau libre ne sont pas de même nature'''. Or, '''même lorsqu’elle n’est pas explicite, l’idée que les plantes ont un rôle actif dans la transpiration est, jusque très tard, sous-jacente à une grande partie de la littérature'''. Par des mécanismes - éventuellement différents selon les [[espèces]], d’où la multiplication des mêmes [[expérience]]s sur des plantes différentes - que les physiologistes ont passé beaucoup de temps à vouloir découvrir, la transpiration des plantes était ainsi supposée pouvoir être supérieure à l’évaporation d’une surface d’eau libre dans les mêmes conditions.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A une époque où les savants avaient pourtant une vue plus large des choses que les chercheurs de maintenant, seule cette conviction peut expliquer que, étudiant la transpiration des végétaux, certains d’entre eux ne tiennent pas compte des connaissances en physique de leur époque&amp;lt;ref&amp;gt;Pas tous cependant ! Parlant de la transpiration des plantes, Boussingault écrit « cette transpiration, on le comprend aisément, est favorisée par la température, la sécheresse et l’agitation de l’air » et « la proportion de vapeur qu'un gaz peut retenir est d'autant plus grande que la température est plus élevée » (1843 : 30 ; 1844 : 691).&amp;lt;/ref&amp;gt; . D’où : pas de calcul d’un bilan d’énergie ; pas de limitation par l’énergie disponible, proportionnelle à la surface du terrain et non des organes végétaux, car fournie par le rayonnement solaire et redistribuée par divers mécanismes dont les mouvements de l’air. C’est elle qui conduisait à rapporter la quantité d’eau transpirée, non à la surface du [[terrain]] comme on le fait maintenant (ou comme Hales l’avait fait dès 1727), mais à la [[surface foliaire]] ou, celle-ci étant difficile à évaluer, au [[matière sèche|poids vert]]…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des théories sur la transpiration des plantes.==&lt;br /&gt;
Toute observation est guidée par la [[théorie]] que l’on a. Comment expliquer que l’eau monte des racines aux feuilles dans le sens contraire de celui qu’impose la gravité ? Et que, dans les arbres, elle monte plus haut que les 10 mètres équilibrés par la pression atmosphérique ? Deux types d’explications sont avancées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Explications physiques.===&lt;br /&gt;
Elles furent très diverses. Voici deux exemples tirés d’une vaste littérature :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
	« Il n’y a pas tant de difficulté à expliquer comment les sucs de la terre entrent dans la racine des Plantes. La pluie, ou l’eau des arrosements détrempe les sels de la terre : voilà les sucs en mouvement. Il ne faut plus que la chaleur souterraine, pour les pousser en haut ; après cela survient la chaleur du Soleil qui dilate les pores de la Plante, &amp;amp; qui ouvre un passage aux sucs, pour s’élever dans la tige, &amp;amp; dans les branches. (…) Voilà donc notre Acteur trouvé, pour faire entrer les sucs nourriciers dans les racines des Plantes : le feu souterrain pousse ces sucs jusqu’à la tige ; alors la chaleur du Soleil survient, qui fait le reste, en les élevant jusqu’aux extrémités des branches : peut-être parce qu’il dilate leurs pores &amp;amp; leurs fibres ; ou bien parce qu’il subtilise la matière des sucs, en les réduisant en vapeurs &amp;amp; en fumées ; ou plutôt parce qu’il fait tous les deux à la fois. » (Vallemont, 1705 : 105-106 &amp;amp; 116-117). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	« La première question qui se présente ici, c’est comment ces sucs montent au haut des plantes &amp;amp; des arbres (…) La raison qu'on en donne ordinairement, c’est à dire l'action des vaisseaux capillaires, me paraît très suffisante. (…) Une autre force qui contribue beaucoup à élever la sève, c’est l'attraction naturelle entre les parties constitutives de ce fluide. (…) Ces deux causes agissant ensemble, &amp;amp; l'évaporation se faisant continuellement par les parties supérieures des vaisseaux, la sève s'élève des racines des plantes jusqu'aux extrémités de leurs branches. » (Home, [1757] 1761 : 129-130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Explications vitalistes.===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Les plantes transpirent, poussent au-dehors la matière de la transpiration, &amp;amp; elle s’évapore [...] La plante, après s’être approprié les principes qu’elle reçoit de l’atmosphère, lui renvoie le surplus pour y éprouver de nouvelles décompositions &amp;amp; de nouvelles recombinaisons ; la végétation reçoit la vie par cette circulation générale… |référence citation= [[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|Rozier]], 1783, 408.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les explications « vitalistes », postulent un '''rôle actif de la plante''', par analogie entre plantes et animaux, suite à la publication de la circulation du sang par Harvey en 1628. Bien que dès 1727 Hales ait démontré que, dans les plantes, la sève ne circule pas dans un circuit fermé sous pression, ces analogies ont joué un grand rôle. « Ayant ici donné le rapport du poids, de la grosseur, grandeur &amp;amp; surface de cette plante, &amp;amp; des quantités qu’elle tire &amp;amp; transpire, ne conviendrait-il pas à présent d’en faire la comparaison avec la nourriture &amp;amp; la transpiration du corps humain ? (…) Ainsi la transpiration d’un homme est à celle d’un Soleil ((tournesol)), comme 141 sont à 100. » (Hales [1727] 1735 : 7ss ; voir en [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]] un résumé de la suite par Duhamel du Monceau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les animaux secrétant de l’urine et excrétant des déjections, il fallait bien que les plantes fassent de même. La transpiration fut ainsi vue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*- soit comme un moyen d’'''évacuer l’eau supposée « en excès »''' dans la plante - '''une idée  aussi fausse qu’ancienne&amp;lt;ref&amp;gt;Au Moyen-âge, Pietro de Crescenzi écrit « Et la finale intencion de la fuelle ((feuille)) est couvrir le fruit et purgier, pource que nature a mestier de purgacion, '''pour oster la superfluité de l’umeur qui y est'''. » ([''ca.'' 1306] 1373, livre II, chapitre 6. C’est nous qui soulignons)&amp;lt;/ref&amp;gt;.  mais qui a la vie dure''' : « TRANSPIRATION. Biol. vég. Rejet de vapeur d'eau dans l'atmosphère de l'excès d'eau amené par la sève brute » (Habault, 1983 : 140) ; « Transpiration végétale. Émission dans l'atmosphère, sous forme de vapeur d'eau, de l'excès d'eau amené par la sève brute » ([http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Trésor de la Langue Française], consulté le 26 décembre 2016).&lt;br /&gt;
*- soit comme une '''sécrétion''' qui '''épure''' la sève en '''éliminant des déchets (excréments)''', et on nomma '''glandes''' les stomates observés au microscope comme des points lumineux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’où on conclut qu’elles [les feuilles] sont des organes destinés à opérer une sécrétion très-importante à l’économie végétale », écrit Duhamel du Monceau (1750, Préface, viii) qui parle de la transpiration comme « dépuration de la sève » (id. : 15) et affirme plus tard « Les feuilles sont donc des organes sécrétoires, par lesquels les arbres se déchargent d’un suc trop abondant ou inutile. (…) On sait qu’indépendamment des gros excréments dont les animaux se déchargent, leurs liqueurs se dépurent encore, &amp;amp; fournissent d’autres évacuations connues sous les noms de transpiration sensible, &amp;amp; transpiration insensible. (…) Cette prodigieuse transpiration est d’autant plus nécessaire que les plantes n’ont que cette seule voie pour se décharger de ce qui devient inutile pour leur nourriture : il était donc nécessaire que les feuilles eussent de grandes surfaces pour suffire à cette sécrétion; au lieu que l’homme, outre cette faculté de transpirer, a encore l’évacuation des gros excréments, des urines, de la salive, de ce qui s’échappe par les narines, par la respiration, etc. » (1758 : 133-134 &amp;amp; 139, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’ayant montré qu’on peut reproduire expérimentalement les caractéristiques de la montée de la sève et de la transpiration sur des feuilles artificielles de toile, donc par des forces purement physiques, Sénebier (1791, article TRANSPIRATION : 283, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 4|annexe 4]]) écrit dans le même ouvrage : « Mais quand on réfléchit à la force d'ascension des pleurs de la vigne, quand on pense que les tiges mortes avec leurs feuilles ne sucent presque point d'eau, il faut reconnaître qu'il doit y avoir plus qu'une impulsion purement mécanique pour donner le branle à la végétation et pour l’entretenir. » (article ANALOGIE ENTRE LES PLANTES ET LES ANIMAUX : 11).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne pas appliquer les lois de la physique ne vient pas forcément de l’ignorance de ces lois, mais de la conviction que la transpiration des plantes n’obéit pas à ces lois et peut même les violer, comme l’illustre le cas du météorologue Marié-Davy en 1875 ([[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7|annexe 7]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conséquences méthodologiques : à quelles échelles, avec quelles extrapolations… et quels biais ?===&lt;br /&gt;
On a ici un exemple de comment la représentation que l’on a d’un phénomène - la théorie - détermine la façon d’observer ce phénomène, et en retour comment les observations ainsi faites empêchent l’éclosion d’une autre théorie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la transpiration est passive, physique - rien que de l’évaporation - il est logique de la rapporter à l’énergie reçue, proportionnelle à la surface du terrain car d’origine solaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si par contre elle est active, il est logique de la rapporter à la surface des organes transpirants, les feuilles, et on peut le faire dans des conditions pouvant être très éloignées des naturelles. Mais cette surface étant difficile à estimer avec précision, on l’a vite remplacée par leur poids. Hales avait rapporté l’eau évaporée à la surface des feuilles, et Guettard affirmé que « deux parties semblables d'une même plante transpirent en raison de leur surface ». Mais, pendant 150 ans, préférant la précision apparente de la mesure du poids à l’imprécision de celle de la surface, on rapporta l’eau transpirée au poids de la plante ou de l’organe : '''plus on a voulu contrôler, moins les mesures ont signifié quelque chose !'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Or toute quantification pose la question de l’extrapolation à d’autres échelles que celle à laquelle on a fait les mesures. Tous les dispositifs n’étaient pas adaptés pour mesurer, sans biais et de façon généralisable et extrapolable, l’influence des différents facteurs. « Ces méthodes sont très artificielles, et la généralisation à partir d’elles donne parfois des résultats impossibles. Par exemple, dans une étude, la transpiration d’une forêt de chênes a été calculée comme étant plus de huit fois le total des pluies », constate Thornthwaite en 1948.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’extrapolation au couvert végétal se fit en multipliant la transpiration par unité de poids du végétal par la masse de la végétation par unité de surface de terrain, avec des résultats hasardeux. Au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, Gasparin fait le calcul suivant : « Quelle est cette quantité d’eau suffisante pour fournir à l’évaporation des plantes ? Avant et pendant sa floraison, la luzerne évapore en 24 heures 112,94 g d’eau par kg de son poids à l’état vert, ce qui revient à 451,76 g par kg de son poids à l’état sec. On obtient d’un hectare de luzerne, du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 30 juin, une repousse donnant une coupe de 2 000 kg de fourrage sec. Pendant la durée de sa croissance, elle avait donc un poids moyen de 1 000 kg de fourrage équivalant à 4 000 kg à l’état vert ou 0,4 kg par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; de surface de sol. Il y aura donc, pour chaque jour, une évaporation moyenne de 45,18 g d’eau par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, et pour le mois de juin entier 1355,4g. Pendant ce même mois de juin 1852 (…), une surface aqueuse a évaporé 130,8 kg par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, l’évaporation de la luzerne est donc d’environ 1,04/100 de l’évaporation de l’eau » (1860 : 67). Même en l’absence d’irrigation, la valeur de la transpiration, 1,35 mm pour un mois de juin (sec, selon la note de bas de page) est aberrante ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque, avec le même genre d’extrapolation, Dehérain (1873 : 184) aboutit à 3 mm pour une journée claire de juillet près de Paris, une valeur vraisemblable, est-ce parce que les biais de sens contraire se sont compensés ? Ce qu’évoque Risler en 1871 : « On pourrait croire que la transpiration est beaucoup plus grande dans ces tubes ou flacons qu’à l’air libre. Mais on verra, en comparant les résultats de cette méthode à ceux des premières, que cela n’est pas. Si la chaleur est plus forte dans les tubes qu’à l’air extérieur, elle tend à accroître la transpiration, mais la vapeur d’eau y est également plus abondante et tend à la diminuer. (…) Une bonne précaution à prendre lorsqu’on emploie les tubes ou flacons, c’est de ne pas les exposer à un soleil ardent avant qu’il s’y soit dégagé une certaine quantité de vapeur qui, en se condensant sur leurs parois, forme une sorte d’écran ». C’est ainsi qu’il arrive à un résultat surprenant : « Je n'ai pu constater aucune variation de la transpiration avec l'humidité ou avec l'agitation de l'air. Si ces rapports existent, comme on l'a affirmé, ils sont ordinairement effacés par les autres »…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre leur poids, Risler (1871) mesure la surface des feuilles et calcule l’eau transpirée pour 100 cm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; de cette surface. « Pour passer de là à la transpiration moyenne par hectare, il fallait déterminer la surface des feuilles qui couvrent un hectare ou du moins un mètre carré. J’ai fait un certain nombre de ces déterminations » Mais il fait remarquer que « dans un champ de blé, de maïs-fourrage et de trèfle très épais, comme dans une forêt touffue, les feuilles supérieures font ombre aux feuilles inférieures, et par conséquent diminuent leur transpiration ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La sortie du tunnel.==&lt;br /&gt;
Nous n’évoquerons ici que quelques points.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dixon, 1914 : la transpiration et la montée de la sève.===&lt;br /&gt;
C’est en 1914 que Dixon donne de la transpiration et de la montée de la sève contre la gravité l’explication purement physique actuellement bien vérifiée, liée à la courbure des surfaces d’évaporation et à la pression négative dans les vaisseaux de sève (Cruiziat, 2007). L’eau s’évapore de la paroi des cellules sous-stomatiques et dans les aérenchymes. L’eau liquide se replie alors dans des pores de plus en plus fins (jusqu’à l’ordre du nanomètre) au sein des parois, ce qui engendre des ménisques et des tensions de plusieurs dizaines de bars, bien supérieures à la pression atmosphérique, ce qui explique que l’eau puisse monter à plus de 10 mètres de haut dans des arbres. La cohésion de l’eau liquide transmet ces tensions aux colonnes d’eau circulant dans les vaisseaux qui se mettent donc sous tension, provoquant le mouvement dans le système vasculaire de la plante. A l’extrémité de ce réseau, il s’instaure donc entre l’eau du sol et celle des racines une différence de potentiel hydrique qui entretient le flux transpiratoire. '''Dans les plantes, l’eau se déplace sous la seule action des forces physiques'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en Europe, 1914 n’était pas le meilleur moment pour diffuser une théorie de physiologie végétale : l’idée d’un rôle actif des plantes, donc d’une transpiration pouvant être supérieure à l’évaporation d’une surface d’eau libre, perdura… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Deux obstacles.===&lt;br /&gt;
====Des évaporations dépassant celle d’une surface d’eau libre ?====&lt;br /&gt;
Et il n’y avait pas que la transpiration qui fût supposée pouvoir être supérieure à l’évaporation de l’eau libre ; on a imaginé que ce pouvait aussi être le cas de l’évaporation depuis la surface du sol. En 1933 encore, Coutagne et de Martonne définissent l’« &amp;lt;u&amp;gt;évaporation hydrologique&amp;lt;/u&amp;gt; » : « la dissipation de l'eau des précipitations, d'où résulte le déficit d'écoulement, est due avant tout à un processus qui n'est pas identique à l'évaporation physique définie plus haut. Ce n'est pas généralement une nappe d'eau qui évapore, c'est le sol, plus ou moins humide en surface et en profondeur. Il s'agit d'une évaporation physique de caractère spécial, à laquelle s'ajoute l'évaporation physiologique de la végétation. Cette « évaporation hydrologique » (…) est généralement inférieure à l'évaporation physique, pour différentes raisons », mais « il n'est pas impossible que l'évaporation hydrologique atteigne ou dépasse l'évaporation physique pendant une partie de l'année. (…) il n'est pas impossible que l'évaporation hydrologique de la saison chaude atteigne ou dépasse l'évaporation physique (d'autant plus que l'évaporation physiologique s'y ajoute) ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Une voie sans issue : l’évaporation, fonction directe de la pluie.====&lt;br /&gt;
Sans doute parce que sa question de départ porte plus sur l’alimentation des sources et rivières que sur les [[besoins en eau]] des cultures, Risler applique, pour un champ cultivé, l’idée d’un maximum possible non à la valeur absolue de l’évaporation, mais au pourcentage d’eau de pluie qui s’est évaporé – d’abord à l’échelle annuelle puis, ayant mesuré l’humidité du sol à la fin de chaque mois, mensuelle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A partir du bilan de bassins versants de rivières, à l’échelle annuelle, c’est encore en fonction de la pluie que [[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]] &amp;amp; Ternissien (1944) construisent une formule de l’évaporation mathématiquement basée à priori sur 2 hypothèses : les faibles pluies s’évaporent entièrement, et « pour des pluviosités très élevées, l’évaporation tend vers zéro, l’air étant sensiblement saturé dans ces conditions », en laissant à un coefficient γ le soin de synthétiser l’influence du climat, du sol et de la végétation. Pour de grands bassins fluviaux, « l’effet propre du terrain et de la végétation est sensiblement constant et la température domine le phénomène » (Hénin et Godard, 1944). Constatant que cette formule sous-estime l’évaporation dans le cas de pluviosités élevées, Turc en 1951 en propose une autre, empirique, prenant en compte la température et basée sur l’hypothèse (qu’il vérifie en 1954) que, lorsque P croît, E tend vers une limite supérieure qui est fonction de la température. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Thornthwaite, 1948 : évapotranspiration potentielle et réelle.===&lt;br /&gt;
Géographe climatologue, Thornthwaite veut cartographier les climats des USA de la meilleure façon possible. En suivant les travaux de l’Allemand Köppen, il le fait d’abord sur la base de la végétation naturelle, considérée comme intégratrice du [[climat]]. Mais cela ne le satisfait pas car non « [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnel]] », au sens de basé sur des chiffres. Il cherche alors à utiliser la masse de données météo enregistrées. Mais une donnée essentielle n’est pas mesurée : l’évaporation du sol et des couverts végétaux. Peut-on l’estimer à partir des autres ? Il doute d’abord que ce soit possible : « La quantité d’eau enlevée d’un champ par transpiration dépend des besoins en eau des plantes qui y poussent et de leur croissance, qui à son tour peut être limitée par la quantité d’eau disponible. Il s’ensuit que les pertes d’eau depuis les surfaces de terrain, résultant de l’évaporation et de la transpiration, n’ont pas de relation directe aux pertes par évaporation à partir de surfaces d’eau libre. Par conséquent, on ne peut attendre aucune formule empirique donnant des valeurs fiables de l’évaporation et de la transpiration des surfaces de terrain en utilisant les données météorologiques ordinaires » (1942). Il connaît les avancées théoriques de l’époque sur les transferts verticaux dans la basse atmosphère, mais il s’en faut encore de beaucoup pour qu’elles puissent être utilisées en pratique dans ce but.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il est avant tout pragmatique. Personne n’ayant réussi à séparer de façon satisfaisante l’évaporation depuis la surface du sol et la transpiration des végétaux, il les regroupe en 1948 sous le nom d’&amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration&amp;lt;/u&amp;gt;. Ayant constaté empiriquement que celle-ci croît jusqu’à une valeur maximale lorsque les apports d’eau d’irrigation augmentent, il nomme cette valeur maximale &amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration potentielle&amp;lt;/u&amp;gt;, (et &amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration réelle&amp;lt;/u&amp;gt; celle mesurée dans n’importe quelles conditions).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= « La combinaison de l'évaporation depuis la surface du sol et de la transpiration des plantes, appelée « évapotranspiration », représente le transport en retour d'eau de la terre vers l'atmosphère, l'inverse des précipitations. (…) La végétation du désert est clairsemée et utilise peu d’eau parce que l’eau manque. Si plus d’eau était disponible, la végétation serait moins clairsemée et utiliserait plus d’eau. Il y a donc une différence entre la quantité d’eau réellement transpirée et évaporée, et celle qui serait transpirée et évaporée si elle était disponible. Quand l’apport d’eau augmente, comme dans un projet d’irrigation dans le désert, l’évapotranspiration s’élève jusqu’à un maximum qui dépend seulement du climat, et que nous pouvons appeler « évapotranspiration potentielle », pour la distinguer de l’évapotranspiration réelle ». |référence citation=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se résout à estimer cette valeur maximale à partir de la seule température moyenne, qu’il dit plus étroitement corrélée à l’ET que le rayonnement solaire. Mais il reconnaît que « le principal obstacle au développement d’une équation rationnelle est le fait qu’on ne comprend pas pourquoi l’évapotranspiration potentielle correspondant à une température donnée n’est pas la même partout » (1948 : 90-91). S’ensuivent alors des ajustements très laborieux, avec des corrections fonction de la latitude et du mois de l’année, pour produire, à l’échelle du mois, une estimation qui n’est qu’une étape pour calculer des indices d’aridité et d’humidité. '''La méthode (ou formule) de Thornthwaite n’a pas été créée pour le calcul des besoins de couverts végétaux ou de doses d’[[irrigation]], mais pour une classification géographique des climats, à des échelles de temps (le mois) et d’espace (de l’ordre du dix millionième) éloignées de la pratique agricole'''.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Malgré les limites exposées par Thornthwaite lui-même et les critiques qui lui ont été faites tôt (Gentili, 1953), sa formule est encore souvent utilisée dans le monde, de façon directe et explicite ou, plus insidieusement, indirecte et implicite, dans la classification climatique de Holdridge&amp;lt;ref&amp;gt;[http://en.wikipedia.org/wiki/Holdridge_life_zones article de Wikipedia]&amp;lt;/ref&amp;gt; (1947, 1967), ou l’indice de sécheresse de Palmer&amp;lt;ref&amp;gt;[http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_sécheresse_de_Palmer article de Wikipedia]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son usage est parfois même recommandé, par exemple par le cours numérique ''Gestion des ressources en eau : des concepts aux territoires de l'action''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://uved.univ-lemans.fr/Grain-1_Kit_1-Bilan/co/grain_Exo_03.html Site de l'Université du Mans], consulté le 17 janvier 2017&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui affirme qu’elle « a l'avantage d'être robuste sous différentes latitudes », ce qui est faux. Deux exemples : en climat méditerranéen dans le sud de la France, un fort vent de mistral en été fait monter l’ETP de 6 à 9 mm par jour, mais la formule de Thornthwaite indique une baisse à 5 mm/j à cause de la température plus basse (Seguin, 1975). Inversement, derrière un brise-vent qui réduit l'ETP (c’est pour cela qu’on les fait), elle donne un résultat plus élevé puisqu'il fait plus chaud… En haute altitude dans les Andes, elle sous-estime l’ETP de près de moitié, conduisant à des diagnostics climatiques, et donc des politiques agricoles, aberrants (Frère ''et al''., 1974 ; Vacher ''et al''., 1989 ; Morlon &amp;amp; Vacher, 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’usage de celle de Penman-Monteith est donc infiniment préférable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Penman, 1948 : formulation physique.===&lt;br /&gt;
La même année mais de façon indépendante, Penman propose, sur la base d’un bilan d’énergie et de transfert de vapeur, une première formulation théorique, qui fut précisée en 1965 par Monteith (formule de Penman-Monteith&amp;lt;ref&amp;gt;Voir [https://en.wikipedia.org/wiki/Penman%E2%80%93Monteith_equation article de Wikipedia] ou [http://www.fao.org/docrep/X0490E/x0490e06.htm#formulation%20of%20the%20penman%20monteith%20equation exposé] sur le site de la FAO.)&amp;lt;/ref&amp;gt;) et s’est imposée dans le monde comme la référence pour estimer l’ETP ('''voir article [[Évapotranspiration]]'''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ironie de l’histoire, Penman calibre cette formule en exploitant les données obtenues sur un dispositif expérimental (des lysimètres de 6 pieds de profondeur, contenant les uns de l’eau, d’autres du sol resté nu et d’autres du sol avec du [[gazon]]) dont la conception de base était proche de celui installé par La Hire en 1688… Il exprime l’évapotranspiration du gazon et l’évaporation du sol nu comme des fractions de l’évaporation de l’eau libre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant longtemps, l’usage de la formule de Penman-Monteith fut restreint à ceux qui disposaient de moyens de calculs puissants et aux rares stations météo où les nombreuses données qu’elle exige étaient mesurées, d’où la création d’autres formules - aussi diverses que nombreuses - moins sûres mais d’emploi plus facile. L’avènement de la micro-informatique et des stations météo automatiques en permet maintenant une utilisation beaucoup plus large, rendant les autres sans intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En France…===&lt;br /&gt;
L’article de Thornthwaite est présenté en 1950 dans la revue ''La Météorologie'' par Curé, qui emploie les expressions d’évapotranspiration potentielle et « actuelle » (anglicisme pour &amp;lt;u&amp;gt;réelle&amp;lt;/u&amp;gt;). Mais il a fallu du temps pour que celles-ci soient largement admises dans le domaine agronomique. Bien qu’il y cite Thornthwaite, Turc ne les emploie pas dans sa grosse étude publiée en 1954 et 1955, ni Demolon dans la dernière édition (1956) de ''Croissance des végétaux cultivés'', etc. C’est en 1961 qu’elles sont consacrées dans un numéro des ''Annales agronomiques'' de l’INRA faisant suite à une réunion de travail entre bioclimatologues de l’INRA et ingénieurs du Service Hydraulique du Génie Rural.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir défini l’ETP en référence à Thornthwaite et Penman (voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 6|annexe 6]]), Turc y expose une méthode de calcul à l’échelle du mois ou de la décade, à partir de données météorologiques standard (température, rayonnement global, humidité relative). Exigeant moins de données et de calculs que celle de Penman, cette méthode a été largement utilisée en France et dans de nombreux pays francophones sous le nom de formule de Turc. A sa suite, Bouchet, comparant (à l’échelle mensuelle) les résultats des formules de Penman (1948), Thornthwaite et Turc, avec des mesures faites sur « évapotranspiromètres » (lysimètres), obtient des « résultats (qui) paraissent assez chaotiques ». En effet, tous les couverts végétaux ne réfléchissent pas la même fraction (albedo) du rayonnement solaire, et, sous un même climat, ne reçoivent donc pas exactement la même quantité d’énergie ; et l’évaporation modifie des facteurs du climat (température et humidité de l’air) qui la déterminent, d’où d’importants effets d’échelle par les transferts latéraux : « ainsi, la mesure de l’ETP n’aura un sens climatique que si l’on prend soin d’éliminer cette action latérale ou « effet d’oasis » parasite à l’échelle où l’on définit le climat. (…) Il en résulte que ETP en tant que facteur climatique n’est accessible à la mesure que sur une échelle d’espace relativement importante, de l’ordre de quelques hectares » (au minimum).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Autres langues==&lt;br /&gt;
Voir article [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:E]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration&amp;diff=5185</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration&amp;diff=5185"/>
		<updated>2025-12-08T09:03:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Renumérotation annexes&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Avertissement&lt;br /&gt;
|note 1=La circulation d’eau dans les plantes est un sujet vaste et complexe, qui sera traité en plusieurs articles. Celui-ci est une '''lecture particulière de 4 siècles d’histoire''' (1674-1961).&lt;br /&gt;
|note 2=((Citations : nous avons modernisé l’orthographe et l’écriture des données quantitatives ; les traductions à partir d’autres langues sont de nous)).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Remarques sur l’eau de la pluie, &amp;amp; sur l’origine des Fontaines… (La Hire, [1703] 1720).&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Le dispositif de Guettard (1748) pour mesurer la transpiration d’un organe végétal.&lt;br /&gt;
|Annexe 3=De la transpiration des plantes (Duhamel du Monceau, 1758).&lt;br /&gt;
|Annexe 4=Article TRANSPIRATION (Sénebier, 1791).&lt;br /&gt;
|Annexe 5=Trois mémoires de Risler sur l’évaporation du sol et des plantes (1869, 70, 71).&lt;br /&gt;
|Annexe 6=La théorie vitaliste, jusqu'au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)&lt;br /&gt;
|Annexe 7=Définition commentée de l’évapotranspiration potentielle (Turc, 1961).&lt;br /&gt;
|Article 1=Bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2=Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots&lt;br /&gt;
|Article 3=Évapotranspiration &lt;br /&gt;
|Article 4=Lysimétrie &lt;br /&gt;
|Article 5=Régulation stomatique&lt;br /&gt;
|Article 6=Transpiration végétale&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 2017&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 2017&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= « … tout se réduira donc à considérer la dépense que les végétaux font de la pluie, comme une espèce d’évaporation, puisque tout ce qui entre dans la circulation est fourni par les racines. Ainsi l’on doit entendre que les végétaux tirent de la terre plus ou moins humide, par leurs racines, de l’eau qui s’évapore le jour par les pores des feuilles. Cette dépense est considérable, mais il ne faut pas en abuser pour conclure l’insuffisance des pluies ; car quand un terrain est recouvert de plantes, il ne s’évapore que très-peu d’eau immédiatement du fond de la terre ; tout s’opère par les végétaux : d’ailleurs cette évaporation ne dure qu’une petite partie de l’année »|référence citation= Desmarest, 1757 : 89.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction.==&lt;br /&gt;
« La compréhension des mécanismes du transport de l’eau du sol à l’atmosphère à travers l’arbre [ou plus généralement toute plante] est à la fois un des problèmes (…) les plus anciennement étudiés et l’un de ceux qui a suscité le plus de polémiques et qui a le plus résisté aux investigations » (Cruiziat, 2007). Cet article tente d’expliquer un paradoxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’un côté, l’évaporation de l’eau par, ou à travers, les [[Couvert végétal|(couverts)]] végétaux est une observation aussi ancienne que l’agriculture. Citons seulement un passage du livre d’Isaïe dans la Bible (500 av. J.-C.) : « Oui, comme la pluie et la neige tombent des ciels et n’y retournent pas sans avoir désaltéré la terre, sans l’avoir fait enfanter et germer (…) » (traduction Chouraqui, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’autre, bien qu’on ait compris dès le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle le lien entre la transpiration des végétaux et la « suction » (l’absorption par les [[racine]]s des « [[sucs nourriciers]] » alors non identifiés), ce n’est que bien avancé le XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle – après l’[[alimentation minérale]], la [[photosynthèse]], la respiration, la [[fixation symbiotique]], l’[[hérédité]] – que ses mécanismes ont pu être compris et quantifiés (« [[Modèle, modélisation|modélisés]] ») à partir de données facilement mesurées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet est certes difficile et complexe. « Il est très difficile de faire ces expériences d’une manière un peu constante, parce que l’état de la plante, de l'eau, &amp;amp; l'action du soleil varient beaucoup. (…) Il est assez difficile d'estimer la transpiration, parce qu'il est très difficile de pouvoir tenir compte de tout ce qui influe sur elle » (Sénebier, 1791, article TRANSPIRATION : 284 &amp;amp; 285).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Et comment relier entre elles des observations portant sur les mêmes phénomènes mais faites à des échelles très différentes pour répondre à des questions différentes (tableau 1) : le bassin versant d’un cours d’eau (quelle proportion des pluies alimente les sources et rivières ?) ; le [[Champ, pièce, parcelle|champ]] cultivé (quand [[Irrigation|irriguer]] et combien ?) ; la plante isolée, le rameau ou la feuille (comment fonctionnent les plantes ? Le font-elles toutes de la même façon ?) ; le stomate ou le vaisseau (id.) ? « Ce qui manque le plus pour dégager cette science nouvelle qu'est l'hydrométéorologie de ses tâtonnements de début, c'est, à notre avis, la coordination des études et des méthodes de recherches », constatent Coutagne &amp;amp; de Martonne en 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Tableau 1'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Échelles et méthodes d’estimation ou de mesure de la transpiration de plantes ou de l’évapotranspiration, dans quelques études.&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;| Méthode&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Échelle espace&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Échelle temps&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Déficit d’écoulement de cours d’eau (pluies estimées moins eau écoulée)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|&amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; km&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|an&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Perrault&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Coutagne &amp;amp; de Martonne (1933), Hénin ''et al''. (1944), Turc (1951, 1954)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Champ cultivé (pluie + irrigation – drainage)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|&amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; à 10&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|mois&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Risler&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Thornthwaite&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Lysimètre à drainage (pluie + irrigation – drainage)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|dm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; à m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; &lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|mois à jour&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|La Hire&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Thornthwaite, Penman&amp;lt;ref&amp;gt;Après avoir calibré sa formule sur les données de lysimètres, Penman en compare les résultats avec les mesures faites avec d’autres méthodes et à d’autres échelles en divers endroits du monde&amp;lt;/ref&amp;gt;, Turc (1955, 1961), Bouchet&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Plante entière ou organe (perte d’eau)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|dm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|jour à heure&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Mariotte, Woodward&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Hales, Miller, Sénebier&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Saussure, Risler&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Organe végétal (eau condensée) &lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|cm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|jour à heure&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Hales, Guettard, Duhamel, Sénebier&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Saussure, Dehérain, Risler&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela a joué. Mais '''notre thèse ici est qu’une idée fausse, énoncée au départ comme une hypothèse parmi d’autres mais vite implicitement admise sans discuter, a empêché des savants parmi les plus grands de tirer les conclusions que leurs observations suggéraient, et les a conduits à préférer des chiffres en apparence précis, mais entachés de (très) gros biais non maîtrisés, à des chiffres non biaisés mais moins précis'''. D’où deux siècles de piétinements, voire de reculs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques repères chronologiques aideront à caler cette histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelques repères chronologiques.==&lt;br /&gt;
===Évaporation de l’eau dans l’air.===&lt;br /&gt;
L’action du soleil, de la chaleur et du vent sur l’évaporation de l’eau, qu’elle soit libre ou contenue dans la [[terre]] humide, est une observation immémoriale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''En physique, c’est à l’aube du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les lois de l’évaporation sont établies :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle consomme beaucoup d’énergie et refroidit donc la surface où elle se produit. Sa chaleur latente (restituée lorsque la vapeur se condense) est proche de 600 calories par gramme d’eau évaporée. La calorie étant définie comme la quantité de chaleur mise en jeu dans une variation de température de 1°C d’un gramme d’eau, cela veut dire, par exemple, que l’évaporation d’un seul gramme d’eau refroidit de 10°C une masse de 60 g d’eau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autre part, elle ne peut se faire que si l’air n’est pas saturé d’humidité. Sa vitesse dépend du '''déficit de saturation''' de l’air, qui est la '''différence''' entre la pression de vapeur saturante à la température de cet air et la pression partielle de la vapeur d’eau qu’il contient (l’'''humidité relative''' étant, elle, le '''rapport''' entre ces deux grandeurs). Plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau : dans la gamme de températures où poussent les végétaux, la pression de vapeur saturante double tous les 10 à 12°C (Dalton, 1802). Ce que [[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]] (1844 : 691) et [[A pour personne citée::Adrien de Gasparin|Gasparin]] (1860 : 65-66) exposent dans leurs ouvrages d’agriculture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Découlant de la physique, l’idée d’un maximum climatique possible d’évaporation pour une surface d’eau libre (en allemand ''klimatischen Evaporationskraf''t, Mühry, 1860 ; Vivenot, 1866) apparaît au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transpiration végétale===&lt;br /&gt;
La circulation de la [[sève]] (eau + « sucs » nourriciers dissous) des racines jusqu’aux feuilles où elle s’évapore, était connue au Moyen-âge (Crescens, [''ca.'' 1306] 1373, livre II) ; et le lien entre transpiration et [[absorption racinaire]] (« suction ») établi au milieu du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : d’un côté, pour qu’il y ait transpiration, il faut que les racines puissent fournir assez d’eau pour remplacer celle qui s’évapore ; de l’autre, tout ce qui réduit ou arrête la transpiration réduit ou arrête la « suction » et donc la [[nutrition]] de la plante. &lt;br /&gt;
Le lien entre transpiration, respiration et échanges gazeux de la photosynthèse qui, passant par les stomates, sont réduits ou arrêtés par la [[régulation stomatique]], s’est fait progressivement, de la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle à celle du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des débuts prometteurs, puis on piétine… ou recule.==&lt;br /&gt;
A la fin du XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, Pierre Perrault, le frère de l’auteur des ''Contes'', estime le débit de la Seine à 3 lieues de sa source et la pluie tombée pendant un an sur son bassin. En unités actuelles, cela donne 485 mm de pluie, 78 mm d’écoulement de la Seine, soit un déficit d’écoulement apparent (« déchet ») de 407 mm, qui est une estimation de ce que nous appelons [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration réelle]]. Estimation qu’il reconnaît très grossière : « Je sais bien que cette déduction n’a aucune sûreté : mais qui pourrait en donner une qui fût certaine ? » (1674 : 200-205)… mais qui n’est pas très éloignée de celles faites actuellement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Dispositif de Hales (1727)'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son contemporain La Hire mesure la pluviométrie annuelle à Paris, et installe en 1688 ce qu’on appelle maintenant un [[lysimètre]] à drainage, de 4 pieds de superficie (0,169 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;) et de 8 pieds (2,6 m) de profondeur, avec des rebords pour éviter le ruissellement, et entouré par ce que nous appelons un anneau de garde. Il met au fond des cailloux pour éviter que le tuyau de sortie ne se bouche, puis remplit d’une terre perméable ([1703] 1720 : 57-61) ([[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 1|Annexe 1]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1720, Hales calcule que « l’évaporation de la surface de l’eau est à l’évaporation de la surface de la terre [nue], comme 10 sont à 3&amp;lt;ref&amp;gt;Hales compare des mesures faites par lui en Angleterre avec celles faites par Cruquius (1724) à l’actuelle frontière entre les Pays-Bas et l’Allemagne... Ce qui importe est d’avoir pris l’évaporation de l’eau libre comme référence.&amp;lt;/ref&amp;gt; »  ([1727] 1735 : 48). Avec un dispositif (fig. 1, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]]) pesé matin et soir dans différentes conditions météorologiques, il mesure la transpiration d’un pied de [[tournesol]] et la rapporte à la surface totale des feuilles de la plante ainsi qu’à celle des racines ; dans une autre expérience, il calcule en pouces la hauteur d’eau transpirée sur un arpent de [[houblon]] (id : 3ss ; 27-28). En 1726 Miller établit que la quantité d’eau évaporée est en général proportionnelle à la température du jour ; Guettard en 1748-49 (fig. 2 et [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 2|annexe 2]]) sépare l’action du rayonnement solaire de celle de la température et affirme le rôle du renouvellement de l’air… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_2.jpg|300px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2 : Dispositif de Guettard (1748 et 1749)'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1758, [[A pour personne citée dans les annexes::Henri-Louis Duhamel du Monceau|Duhamel du Monceau]] conclut de leurs expériences « La différente température de l’air influe beaucoup sur la transpiration ; le froid, l’humidité la diminuent ou la suppriment entièrement (…) la transpiration des plantes est peu considérable dans les temps de pluie, &amp;amp; même quand le ciel est couvert de nuages ; &amp;amp; elle n’est jamais plus abondante que quand le soleil est net &amp;amp; ardent, &amp;amp; encore lorsqu’il fait du vent &amp;amp; du hâle, pourvu toutefois que la terre ne soit pas extrêmement sèche, &amp;amp; que les racines en puissent pomper toute la sève dont la plante a besoin » (p. 141 &amp;amp; 148) – ce qui ne répond pas à toutes les questions posées alors, ni n’empêche d’autres conclusions qui, plus tard, se révélèrent erronées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_3.jpg|400px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 3 : Dispositif utilisé en 1869 et 1870 par Dehérain'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ensuite, on piétine. En physiologie, [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain| Dehérain]] (1873) se pose les mêmes questions que Guettard en 1748-48 et, pour y répondre, emploie un [[dispositif expérimental]] similaire (fig. C) ; en hydrologie, on n’a que bien peu avancé entre l’estimation de Perrault en 1674 et la synthèse de Coutagne et de Martonne en 1933.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ayant établi mois par mois le [[bilan hydrique]] d’une [[Champ, pièce, parcelle|pièce]] de terre de 1,23 ha, dont il s’est assuré qu’elle est hydrauliquement isolée et que « toute l'eau qui n'est pas évaporée est recueillie par les drains », Risler (1869, 1870, 1871) (voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 5|annexe 5]]) n’utilise ces données que pour borner les résultats de mesures sur organes végétaux, compte tenu des très gros biais qui doivent entacher ces dernières ! Pourquoi ? Il explique à la fin : « Dans les deux Mémoires que j’ai déjà publiés sur l’évaporation du sol, j’avais cherché à déterminer cette évaporation par la différence entre la quantité de pluie tombée sur une certaine surface et la quantité d’eau écoulée par les drains. '''Mais cette différence comprend à la fois l’eau évaporée directement par le sol et l’eau évaporée ou transpirée par l’intermédiaire des plantes''' ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Séparer à tout prix, fût-ce celui de biais expérimentaux non contrôlés, la transpiration des plantes de l’évaporation du sol, '''n’a de sens que si l’on pense que transpiration végétale et évaporation de l’eau libre ne sont pas de même nature'''. Or, '''même lorsqu’elle n’est pas explicite, l’idée que les plantes ont un rôle actif dans la transpiration est, jusque très tard, sous-jacente à une grande partie de la littérature'''. Par des mécanismes - éventuellement différents selon les [[espèces]], d’où la multiplication des mêmes [[expérience]]s sur des plantes différentes - que les physiologistes ont passé beaucoup de temps à vouloir découvrir, la transpiration des plantes était ainsi supposée pouvoir être supérieure à l’évaporation d’une surface d’eau libre dans les mêmes conditions.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A une époque où les savants avaient pourtant une vue plus large des choses que les chercheurs de maintenant, seule cette conviction peut expliquer que, étudiant la transpiration des végétaux, certains d’entre eux ne tiennent pas compte des connaissances en physique de leur époque&amp;lt;ref&amp;gt;Pas tous cependant ! Parlant de la transpiration des plantes, Boussingault écrit « cette transpiration, on le comprend aisément, est favorisée par la température, la sécheresse et l’agitation de l’air » et « la proportion de vapeur qu'un gaz peut retenir est d'autant plus grande que la température est plus élevée » (1843 : 30 ; 1844 : 691).&amp;lt;/ref&amp;gt; . D’où : pas de calcul d’un bilan d’énergie ; pas de limitation par l’énergie disponible, proportionnelle à la surface du terrain et non des organes végétaux, car fournie par le rayonnement solaire et redistribuée par divers mécanismes dont les mouvements de l’air. C’est elle qui conduisait à rapporter la quantité d’eau transpirée, non à la surface du [[terrain]] comme on le fait maintenant (ou comme Hales l’avait fait dès 1727), mais à la [[surface foliaire]] ou, celle-ci étant difficile à évaluer, au [[matière sèche|poids vert]]…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des théories sur la transpiration des plantes.==&lt;br /&gt;
Toute observation est guidée par la [[théorie]] que l’on a. Comment expliquer que l’eau monte des racines aux feuilles dans le sens contraire de celui qu’impose la gravité ? Et que, dans les arbres, elle monte plus haut que les 10 mètres équilibrés par la pression atmosphérique ? Deux types d’explications sont avancées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Explications physiques.===&lt;br /&gt;
Elles furent très diverses. Voici deux exemples tirés d’une vaste littérature :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
	« Il n’y a pas tant de difficulté à expliquer comment les sucs de la terre entrent dans la racine des Plantes. La pluie, ou l’eau des arrosements détrempe les sels de la terre : voilà les sucs en mouvement. Il ne faut plus que la chaleur souterraine, pour les pousser en haut ; après cela survient la chaleur du Soleil qui dilate les pores de la Plante, &amp;amp; qui ouvre un passage aux sucs, pour s’élever dans la tige, &amp;amp; dans les branches. (…) Voilà donc notre Acteur trouvé, pour faire entrer les sucs nourriciers dans les racines des Plantes : le feu souterrain pousse ces sucs jusqu’à la tige ; alors la chaleur du Soleil survient, qui fait le reste, en les élevant jusqu’aux extrémités des branches : peut-être parce qu’il dilate leurs pores &amp;amp; leurs fibres ; ou bien parce qu’il subtilise la matière des sucs, en les réduisant en vapeurs &amp;amp; en fumées ; ou plutôt parce qu’il fait tous les deux à la fois. » (Vallemont, 1705 : 105-106 &amp;amp; 116-117). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	« La première question qui se présente ici, c’est comment ces sucs montent au haut des plantes &amp;amp; des arbres (…) La raison qu'on en donne ordinairement, c’est à dire l'action des vaisseaux capillaires, me paraît très suffisante. (…) Une autre force qui contribue beaucoup à élever la sève, c’est l'attraction naturelle entre les parties constitutives de ce fluide. (…) Ces deux causes agissant ensemble, &amp;amp; l'évaporation se faisant continuellement par les parties supérieures des vaisseaux, la sève s'élève des racines des plantes jusqu'aux extrémités de leurs branches. » (Home, [1757] 1761 : 129-130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Explications vitalistes.===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Les plantes transpirent, poussent au-dehors la matière de la transpiration, &amp;amp; elle s’évapore [...] La plante, après s’être approprié les principes qu’elle reçoit de l’atmosphère, lui renvoie le surplus pour y éprouver de nouvelles décompositions &amp;amp; de nouvelles recombinaisons ; la végétation reçoit la vie par cette circulation générale… |référence citation= [[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|Rozier]], 1783, 408.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les explications « vitalistes », postulent un '''rôle actif de la plante''', par analogie entre plantes et animaux, suite à la publication de la circulation du sang par Harvey en 1628. Bien que dès 1727 Hales ait démontré que, dans les plantes, la sève ne circule pas dans un circuit fermé sous pression, ces analogies ont joué un grand rôle. « Ayant ici donné le rapport du poids, de la grosseur, grandeur &amp;amp; surface de cette plante, &amp;amp; des quantités qu’elle tire &amp;amp; transpire, ne conviendrait-il pas à présent d’en faire la comparaison avec la nourriture &amp;amp; la transpiration du corps humain ? (…) Ainsi la transpiration d’un homme est à celle d’un Soleil ((tournesol)), comme 141 sont à 100. » (Hales [1727] 1735 : 7ss ; voir en [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]] un résumé de la suite par Duhamel du Monceau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les animaux secrétant de l’urine et excrétant des déjections, il fallait bien que les plantes fassent de même. La transpiration fut ainsi vue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*- soit comme un moyen d’'''évacuer l’eau supposée « en excès »''' dans la plante - '''une idée  aussi fausse qu’ancienne&amp;lt;ref&amp;gt;Au Moyen-âge, Pietro de Crescenzi écrit « Et la finale intencion de la fuelle ((feuille)) est couvrir le fruit et purgier, pource que nature a mestier de purgacion, '''pour oster la superfluité de l’umeur qui y est'''. » ([''ca.'' 1306] 1373, livre II, chapitre 6. C’est nous qui soulignons)&amp;lt;/ref&amp;gt;.  mais qui a la vie dure''' : « TRANSPIRATION. Biol. vég. Rejet de vapeur d'eau dans l'atmosphère de l'excès d'eau amené par la sève brute » (Habault, 1983 : 140) ; « Transpiration végétale. Émission dans l'atmosphère, sous forme de vapeur d'eau, de l'excès d'eau amené par la sève brute » ([http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Trésor de la Langue Française], consulté le 26 décembre 2016).&lt;br /&gt;
*- soit comme une '''sécrétion''' qui '''épure''' la sève en '''éliminant des déchets (excréments)''', et on nomma '''glandes''' les stomates observés au microscope comme des points lumineux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’où on conclut qu’elles [les feuilles] sont des organes destinés à opérer une sécrétion très-importante à l’économie végétale », écrit Duhamel du Monceau (1750, Préface, viii) qui parle de la transpiration comme « dépuration de la sève » (id. : 15) et affirme plus tard « Les feuilles sont donc des organes sécrétoires, par lesquels les arbres se déchargent d’un suc trop abondant ou inutile. (…) On sait qu’indépendamment des gros excréments dont les animaux se déchargent, leurs liqueurs se dépurent encore, &amp;amp; fournissent d’autres évacuations connues sous les noms de transpiration sensible, &amp;amp; transpiration insensible. (…) Cette prodigieuse transpiration est d’autant plus nécessaire que les plantes n’ont que cette seule voie pour se décharger de ce qui devient inutile pour leur nourriture : il était donc nécessaire que les feuilles eussent de grandes surfaces pour suffire à cette sécrétion; au lieu que l’homme, outre cette faculté de transpirer, a encore l’évacuation des gros excréments, des urines, de la salive, de ce qui s’échappe par les narines, par la respiration, etc. » (1758 : 133-134 &amp;amp; 139, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’ayant montré qu’on peut reproduire expérimentalement les caractéristiques de la montée de la sève et de la transpiration sur des feuilles artificielles de toile, donc par des forces purement physiques, Sénebier (1791, article TRANSPIRATION : 283, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 4|annexe 4]]) écrit dans le même ouvrage : « Mais quand on réfléchit à la force d'ascension des pleurs de la vigne, quand on pense que les tiges mortes avec leurs feuilles ne sucent presque point d'eau, il faut reconnaître qu'il doit y avoir plus qu'une impulsion purement mécanique pour donner le branle à la végétation et pour l’entretenir. » (article ANALOGIE ENTRE LES PLANTES ET LES ANIMAUX : 11).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne pas appliquer les lois de la physique ne vient pas forcément de l’ignorance de ces lois, mais de la conviction que la transpiration des plantes n’obéit pas à ces lois et peut même les violer, comme l’illustre le cas du météorologue Marié-Davy en 1875 ([[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 6|annexe 6]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conséquences méthodologiques : à quelles échelles, avec quelles extrapolations… et quels biais ?===&lt;br /&gt;
On a ici un exemple de comment la représentation que l’on a d’un phénomène - la théorie - détermine la façon d’observer ce phénomène, et en retour comment les observations ainsi faites empêchent l’éclosion d’une autre théorie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la transpiration est passive, physique - rien que de l’évaporation - il est logique de la rapporter à l’énergie reçue, proportionnelle à la surface du terrain car d’origine solaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si par contre elle est active, il est logique de la rapporter à la surface des organes transpirants, les feuilles, et on peut le faire dans des conditions pouvant être très éloignées des naturelles. Mais cette surface étant difficile à estimer avec précision, on l’a vite remplacée par leur poids. Hales avait rapporté l’eau évaporée à la surface des feuilles, et Guettard affirmé que « deux parties semblables d'une même plante transpirent en raison de leur surface ». Mais, pendant 150 ans, préférant la précision apparente de la mesure du poids à l’imprécision de celle de la surface, on rapporta l’eau transpirée au poids de la plante ou de l’organe : '''plus on a voulu contrôler, moins les mesures ont signifié quelque chose !'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Or toute quantification pose la question de l’extrapolation à d’autres échelles que celle à laquelle on a fait les mesures. Tous les dispositifs n’étaient pas adaptés pour mesurer, sans biais et de façon généralisable et extrapolable, l’influence des différents facteurs. « Ces méthodes sont très artificielles, et la généralisation à partir d’elles donne parfois des résultats impossibles. Par exemple, dans une étude, la transpiration d’une forêt de chênes a été calculée comme étant plus de huit fois le total des pluies », constate Thornthwaite en 1948.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’extrapolation au couvert végétal se fit en multipliant la transpiration par unité de poids du végétal par la masse de la végétation par unité de surface de terrain, avec des résultats hasardeux. Au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, Gasparin fait le calcul suivant : « Quelle est cette quantité d’eau suffisante pour fournir à l’évaporation des plantes ? Avant et pendant sa floraison, la luzerne évapore en 24 heures 112,94 g d’eau par kg de son poids à l’état vert, ce qui revient à 451,76 g par kg de son poids à l’état sec. On obtient d’un hectare de luzerne, du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 30 juin, une repousse donnant une coupe de 2 000 kg de fourrage sec. Pendant la durée de sa croissance, elle avait donc un poids moyen de 1 000 kg de fourrage équivalant à 4 000 kg à l’état vert ou 0,4 kg par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; de surface de sol. Il y aura donc, pour chaque jour, une évaporation moyenne de 45,18 g d’eau par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, et pour le mois de juin entier 1355,4g. Pendant ce même mois de juin 1852 (…), une surface aqueuse a évaporé 130,8 kg par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, l’évaporation de la luzerne est donc d’environ 1,04/100 de l’évaporation de l’eau » (1860 : 67). Même en l’absence d’irrigation, la valeur de la transpiration, 1,35 mm pour un mois de juin (sec, selon la note de bas de page) est aberrante ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque, avec le même genre d’extrapolation, Dehérain (1873 : 184) aboutit à 3 mm pour une journée claire de juillet près de Paris, une valeur vraisemblable, est-ce parce que les biais de sens contraire se sont compensés ? Ce qu’évoque Risler en 1871 : « On pourrait croire que la transpiration est beaucoup plus grande dans ces tubes ou flacons qu’à l’air libre. Mais on verra, en comparant les résultats de cette méthode à ceux des premières, que cela n’est pas. Si la chaleur est plus forte dans les tubes qu’à l’air extérieur, elle tend à accroître la transpiration, mais la vapeur d’eau y est également plus abondante et tend à la diminuer. (…) Une bonne précaution à prendre lorsqu’on emploie les tubes ou flacons, c’est de ne pas les exposer à un soleil ardent avant qu’il s’y soit dégagé une certaine quantité de vapeur qui, en se condensant sur leurs parois, forme une sorte d’écran ». C’est ainsi qu’il arrive à un résultat surprenant : « Je n'ai pu constater aucune variation de la transpiration avec l'humidité ou avec l'agitation de l'air. Si ces rapports existent, comme on l'a affirmé, ils sont ordinairement effacés par les autres »…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre leur poids, Risler (1871) mesure la surface des feuilles et calcule l’eau transpirée pour 100 cm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; de cette surface. « Pour passer de là à la transpiration moyenne par hectare, il fallait déterminer la surface des feuilles qui couvrent un hectare ou du moins un mètre carré. J’ai fait un certain nombre de ces déterminations » Mais il fait remarquer que « dans un champ de blé, de maïs-fourrage et de trèfle très épais, comme dans une forêt touffue, les feuilles supérieures font ombre aux feuilles inférieures, et par conséquent diminuent leur transpiration ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La sortie du tunnel.==&lt;br /&gt;
Nous n’évoquerons ici que quelques points.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dixon, 1914 : la transpiration et la montée de la sève.===&lt;br /&gt;
C’est en 1914 que Dixon donne de la transpiration et de la montée de la sève contre la gravité l’explication purement physique actuellement bien vérifiée, liée à la courbure des surfaces d’évaporation et à la pression négative dans les vaisseaux de sève (Cruiziat, 2007). L’eau s’évapore de la paroi des cellules sous-stomatiques et dans les aérenchymes. L’eau liquide se replie alors dans des pores de plus en plus fins (jusqu’à l’ordre du nanomètre) au sein des parois, ce qui engendre des ménisques et des tensions de plusieurs dizaines de bars, bien supérieures à la pression atmosphérique, ce qui explique que l’eau puisse monter à plus de 10 mètres de haut dans des arbres. La cohésion de l’eau liquide transmet ces tensions aux colonnes d’eau circulant dans les vaisseaux qui se mettent donc sous tension, provoquant le mouvement dans le système vasculaire de la plante. A l’extrémité de ce réseau, il s’instaure donc entre l’eau du sol et celle des racines une différence de potentiel hydrique qui entretient le flux transpiratoire. '''Dans les plantes, l’eau se déplace sous la seule action des forces physiques'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en Europe, 1914 n’était pas le meilleur moment pour diffuser une théorie de physiologie végétale : l’idée d’un rôle actif des plantes, donc d’une transpiration pouvant être supérieure à l’évaporation d’une surface d’eau libre, perdura… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Deux obstacles.===&lt;br /&gt;
====Des évaporations dépassant celle d’une surface d’eau libre ?====&lt;br /&gt;
Et il n’y avait pas que la transpiration qui fût supposée pouvoir être supérieure à l’évaporation de l’eau libre ; on a imaginé que ce pouvait aussi être le cas de l’évaporation depuis la surface du sol. En 1933 encore, Coutagne et de Martonne définissent l’« &amp;lt;u&amp;gt;évaporation hydrologique&amp;lt;/u&amp;gt; » : « la dissipation de l'eau des précipitations, d'où résulte le déficit d'écoulement, est due avant tout à un processus qui n'est pas identique à l'évaporation physique définie plus haut. Ce n'est pas généralement une nappe d'eau qui évapore, c'est le sol, plus ou moins humide en surface et en profondeur. Il s'agit d'une évaporation physique de caractère spécial, à laquelle s'ajoute l'évaporation physiologique de la végétation. Cette « évaporation hydrologique » (…) est généralement inférieure à l'évaporation physique, pour différentes raisons », mais « il n'est pas impossible que l'évaporation hydrologique atteigne ou dépasse l'évaporation physique pendant une partie de l'année. (…) il n'est pas impossible que l'évaporation hydrologique de la saison chaude atteigne ou dépasse l'évaporation physique (d'autant plus que l'évaporation physiologique s'y ajoute) ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Une voie sans issue : l’évaporation, fonction directe de la pluie.====&lt;br /&gt;
Sans doute parce que sa question de départ porte plus sur l’alimentation des sources et rivières que sur les [[besoins en eau]] des cultures, Risler applique, pour un champ cultivé, l’idée d’un maximum possible non à la valeur absolue de l’évaporation, mais au pourcentage d’eau de pluie qui s’est évaporé – d’abord à l’échelle annuelle puis, ayant mesuré l’humidité du sol à la fin de chaque mois, mensuelle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A partir du bilan de bassins versants de rivières, à l’échelle annuelle, c’est encore en fonction de la pluie que [[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]] &amp;amp; Ternissien (1944) construisent une formule de l’évaporation mathématiquement basée à priori sur 2 hypothèses : les faibles pluies s’évaporent entièrement, et « pour des pluviosités très élevées, l’évaporation tend vers zéro, l’air étant sensiblement saturé dans ces conditions », en laissant à un coefficient γ le soin de synthétiser l’influence du climat, du sol et de la végétation. Pour de grands bassins fluviaux, « l’effet propre du terrain et de la végétation est sensiblement constant et la température domine le phénomène » (Hénin et Godard, 1944). Constatant que cette formule sous-estime l’évaporation dans le cas de pluviosités élevées, Turc en 1951 en propose une autre, empirique, prenant en compte la température et basée sur l’hypothèse (qu’il vérifie en 1954) que, lorsque P croît, E tend vers une limite supérieure qui est fonction de la température. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Thornthwaite, 1948 : évapotranspiration potentielle et réelle.===&lt;br /&gt;
Géographe climatologue, Thornthwaite veut cartographier les climats des USA de la meilleure façon possible. En suivant les travaux de l’Allemand Köppen, il le fait d’abord sur la base de la végétation naturelle, considérée comme intégratrice du [[climat]]. Mais cela ne le satisfait pas car non « [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnel]] », au sens de basé sur des chiffres. Il cherche alors à utiliser la masse de données météo enregistrées. Mais une donnée essentielle n’est pas mesurée : l’évaporation du sol et des couverts végétaux. Peut-on l’estimer à partir des autres ? Il doute d’abord que ce soit possible : « La quantité d’eau enlevée d’un champ par transpiration dépend des besoins en eau des plantes qui y poussent et de leur croissance, qui à son tour peut être limitée par la quantité d’eau disponible. Il s’ensuit que les pertes d’eau depuis les surfaces de terrain, résultant de l’évaporation et de la transpiration, n’ont pas de relation directe aux pertes par évaporation à partir de surfaces d’eau libre. Par conséquent, on ne peut attendre aucune formule empirique donnant des valeurs fiables de l’évaporation et de la transpiration des surfaces de terrain en utilisant les données météorologiques ordinaires » (1942). Il connaît les avancées théoriques de l’époque sur les transferts verticaux dans la basse atmosphère, mais il s’en faut encore de beaucoup pour qu’elles puissent être utilisées en pratique dans ce but.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il est avant tout pragmatique. Personne n’ayant réussi à séparer de façon satisfaisante l’évaporation depuis la surface du sol et la transpiration des végétaux, il les regroupe en 1948 sous le nom d’&amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration&amp;lt;/u&amp;gt;. Ayant constaté empiriquement que celle-ci croît jusqu’à une valeur maximale lorsque les apports d’eau d’irrigation augmentent, il nomme cette valeur maximale &amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration potentielle&amp;lt;/u&amp;gt;, (et &amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration réelle&amp;lt;/u&amp;gt; celle mesurée dans n’importe quelles conditions).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= « La combinaison de l'évaporation depuis la surface du sol et de la transpiration des plantes, appelée « évapotranspiration », représente le transport en retour d'eau de la terre vers l'atmosphère, l'inverse des précipitations. (…) La végétation du désert est clairsemée et utilise peu d’eau parce que l’eau manque. Si plus d’eau était disponible, la végétation serait moins clairsemée et utiliserait plus d’eau. Il y a donc une différence entre la quantité d’eau réellement transpirée et évaporée, et celle qui serait transpirée et évaporée si elle était disponible. Quand l’apport d’eau augmente, comme dans un projet d’irrigation dans le désert, l’évapotranspiration s’élève jusqu’à un maximum qui dépend seulement du climat, et que nous pouvons appeler « évapotranspiration potentielle », pour la distinguer de l’évapotranspiration réelle ». |référence citation=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se résout à estimer cette valeur maximale à partir de la seule température moyenne, qu’il dit plus étroitement corrélée à l’ET que le rayonnement solaire. Mais il reconnaît que « le principal obstacle au développement d’une équation rationnelle est le fait qu’on ne comprend pas pourquoi l’évapotranspiration potentielle correspondant à une température donnée n’est pas la même partout » (1948 : 90-91). S’ensuivent alors des ajustements très laborieux, avec des corrections fonction de la latitude et du mois de l’année, pour produire, à l’échelle du mois, une estimation qui n’est qu’une étape pour calculer des indices d’aridité et d’humidité. '''La méthode (ou formule) de Thornthwaite n’a pas été créée pour le calcul des besoins de couverts végétaux ou de doses d’[[irrigation]], mais pour une classification géographique des climats, à des échelles de temps (le mois) et d’espace (de l’ordre du dix millionième) éloignées de la pratique agricole'''.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Malgré les limites exposées par Thornthwaite lui-même et les critiques qui lui ont été faites tôt (Gentili, 1953), sa formule est encore souvent utilisée dans le monde, de façon directe et explicite ou, plus insidieusement, indirecte et implicite, dans la classification climatique de Holdridge&amp;lt;ref&amp;gt;[http://en.wikipedia.org/wiki/Holdridge_life_zones article de Wikipedia]&amp;lt;/ref&amp;gt; (1947, 1967), ou l’indice de sécheresse de Palmer&amp;lt;ref&amp;gt;[http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_sécheresse_de_Palmer article de Wikipedia]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son usage est parfois même recommandé, par exemple par le cours numérique ''Gestion des ressources en eau : des concepts aux territoires de l'action''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://uved.univ-lemans.fr/Grain-1_Kit_1-Bilan/co/grain_Exo_03.html Site de l'Université du Mans], consulté le 17 janvier 2017&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui affirme qu’elle « a l'avantage d'être robuste sous différentes latitudes », ce qui est faux. Deux exemples : en climat méditerranéen dans le sud de la France, un fort vent de mistral en été fait monter l’ETP de 6 à 9 mm par jour, mais la formule de Thornthwaite indique une baisse à 5 mm/j à cause de la température plus basse (Seguin, 1975). Inversement, derrière un brise-vent qui réduit l'ETP (c’est pour cela qu’on les fait), elle donne un résultat plus élevé puisqu'il fait plus chaud… En haute altitude dans les Andes, elle sous-estime l’ETP de près de moitié, conduisant à des diagnostics climatiques, et donc des politiques agricoles, aberrants (Frère ''et al''., 1974 ; Vacher ''et al''., 1989 ; Morlon &amp;amp; Vacher, 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’usage de celle de Penman-Monteith est donc infiniment préférable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Penman, 1948 : formulation physique.===&lt;br /&gt;
La même année mais de façon indépendante, Penman propose, sur la base d’un bilan d’énergie et de transfert de vapeur, une première formulation théorique, qui fut précisée en 1965 par Monteith (formule de Penman-Monteith&amp;lt;ref&amp;gt;Voir [https://en.wikipedia.org/wiki/Penman%E2%80%93Monteith_equation article de Wikipedia] ou [http://www.fao.org/docrep/X0490E/x0490e06.htm#formulation%20of%20the%20penman%20monteith%20equation exposé] sur le site de la FAO.)&amp;lt;/ref&amp;gt;) et s’est imposée dans le monde comme la référence pour estimer l’ETP ('''voir article [[Évapotranspiration]]'''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ironie de l’histoire, Penman calibre cette formule en exploitant les données obtenues sur un dispositif expérimental (des lysimètres de 6 pieds de profondeur, contenant les uns de l’eau, d’autres du sol resté nu et d’autres du sol avec du [[gazon]]) dont la conception de base était proche de celui installé par La Hire en 1688… Il exprime l’évapotranspiration du gazon et l’évaporation du sol nu comme des fractions de l’évaporation de l’eau libre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant longtemps, l’usage de la formule de Penman-Monteith fut restreint à ceux qui disposaient de moyens de calculs puissants et aux rares stations météo où les nombreuses données qu’elle exige étaient mesurées, d’où la création d’autres formules - aussi diverses que nombreuses - moins sûres mais d’emploi plus facile. L’avènement de la micro-informatique et des stations météo automatiques en permet maintenant une utilisation beaucoup plus large, rendant les autres sans intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En France…===&lt;br /&gt;
L’article de Thornthwaite est présenté en 1950 dans la revue ''La Météorologie'' par Curé, qui emploie les expressions d’évapotranspiration potentielle et « actuelle » (anglicisme pour &amp;lt;u&amp;gt;réelle&amp;lt;/u&amp;gt;). Mais il a fallu du temps pour que celles-ci soient largement admises dans le domaine agronomique. Bien qu’il y cite Thornthwaite, Turc ne les emploie pas dans sa grosse étude publiée en 1954 et 1955, ni Demolon dans la dernière édition (1956) de ''Croissance des végétaux cultivés'', etc. C’est en 1961 qu’elles sont consacrées dans un numéro des ''Annales agronomiques'' de l’INRA faisant suite à une réunion de travail entre bioclimatologues de l’INRA et ingénieurs du Service Hydraulique du Génie Rural.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir défini l’ETP en référence à Thornthwaite et Penman (voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7|annexe 7]]), Turc y expose une méthode de calcul à l’échelle du mois ou de la décade, à partir de données météorologiques standard (température, rayonnement global, humidité relative). Exigeant moins de données et de calculs que celle de Penman, cette méthode a été largement utilisée en France et dans de nombreux pays francophones sous le nom de formule de Turc. A sa suite, Bouchet, comparant (à l’échelle mensuelle) les résultats des formules de Penman (1948), Thornthwaite et Turc, avec des mesures faites sur « évapotranspiromètres » (lysimètres), obtient des « résultats (qui) paraissent assez chaotiques ». En effet, tous les couverts végétaux ne réfléchissent pas la même fraction (albedo) du rayonnement solaire, et, sous un même climat, ne reçoivent donc pas exactement la même quantité d’énergie ; et l’évaporation modifie des facteurs du climat (température et humidité de l’air) qui la déterminent, d’où d’importants effets d’échelle par les transferts latéraux : « ainsi, la mesure de l’ETP n’aura un sens climatique que si l’on prend soin d’éliminer cette action latérale ou « effet d’oasis » parasite à l’échelle où l’on définit le climat. (…) Il en résulte que ETP en tant que facteur climatique n’est accessible à la mesure que sur une échelle d’espace relativement importante, de l’ordre de quelques hectares » (au minimum).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Autres langues==&lt;br /&gt;
Voir article [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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*Duhamel du Monceau H.L., 1750. ''Traité de la culture des terres, suivant les Principes de M. Tull, Anglois''. Vol. 1, Paris, XXXVI + 488 p. + figures.&lt;br /&gt;
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*Frère M., Rijks J.Q., Rea J., 1975. ''Estudio agroclimatológico de la zona andina''. FAO / UNESCO / OMM, Rome, 375 p. + annexes.&lt;br /&gt;
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*Quemada B. (dir), 1983. [http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm ''Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle (1789-1960)'']. CNRS, Paris, t. 10, 1381 p. ]&lt;br /&gt;
*Risler E., 1869. Sur l’évaporation du sol. Bibliothèque universelle et Revue Suisse, ''Archives des sciences physiques et naturelles'', Genève, Lausanne, Neuchâtel, t. 36 : 27-33.&lt;br /&gt;
*Risler E., 1870. Évaporation du sol et des plantes. 2me mémoire. Bibliothèque universelle et Revue Suisse, ''Archives des sciences physiques et naturelles'', Genève, Lausanne, Neuchâtel, t. 37 : 214-228.&lt;br /&gt;
*Risler E., 1871. Recherches sur l’évaporation du sol et des plantes. Troisième mémoire. Bibliothèque universelle et Revue Suisse, ''Archives des sciences physiques et naturelles'', Genève, Lausanne, Paris, t. 42 : 220-263.&lt;br /&gt;
*Robelin M., 1962. Évaporation réelle de différents couverts végétaux bien alimentés en eau et évapotranspiration potentielle. Détermination expérimentale. ''Ann. Agron. INRA'', 13 (6) : 493-520&lt;br /&gt;
*Rozier F. (abbé), 1783. Article &amp;lt;u&amp;gt;Évaporation&amp;lt;/u&amp;gt;. ''Cours complet d'agriculture...'' : 408-410. [https://fr.m.wikisource.org/wiki/Cours_d%E2%80%99agriculture_(Rozier)/%C3%89VAPORATION Texte intégral] sur Wikisource.&lt;br /&gt;
*Sammis T.W., Wang J., Miller D.R., 2011. The Transition of the Blaney-Criddle Formula to the Penman-Monteith Equation in the Western United States. ''J. of Service climatology'', 5 (1): 1-11. [https://www.stateclimate.org/sites/default/files/upload/pdf/journal-articles/2011_Sammis.A.11-working2A.pdf texte intégral] sur le site stateclimate.org.&lt;br /&gt;
*Seguin B., 1975. Étude comparée des méthodes d’estimation d’ETP en climat méditerranéen du sud de la France (région d’Avignon). ''Ann. agron. INRA'', 26 (6) : 671-691.&lt;br /&gt;
*Sénebier J., 1791. Physiologie végétale. In : ''Encyclopédie méthodique'', t. 1, viii + 196 p. Paris, Panckoucke. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5831291k Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Thornthwaite C.W., 1942. Measurement of Evaporation from Land and Water Surfaces. ''U.S. Dept. of Agric. Tech. Bull.'' 817, 143 p. [https://encrypted.google.com/search?hl=fr&amp;amp;q=U.%20S.%20Dept.%20of%20Agric.%20Tech.%20Bull.%20817%201942 texte intégral] su Googlebooks.&lt;br /&gt;
*Thornthwaite C.W., 1948. An approach toward a rational classification of climate. ''Geogr. Rev.'', 38: 81-86. [http://links.jstor.org/sici?sici=0016-7428%28194801%2938%3A1%3C55%3AAATARC%3E2.0.CO%3B2-O texte intégral] sur Jstor.&lt;br /&gt;
*Turc L., 1951. Nouvelle formule pour le calcul du bilan de l’eau en fonction des valeurs annuelles moyennes des précipitations et de la température. ''C.R. Acad. Sci''., 233 : 633- &lt;br /&gt;
*Turc L., 1954. Le bilan d’eau des sols: relations entre les précipitations, l’évaporation et l’écoulement. I : l’écoulement annuel moyen des cours d’eau. ''Ann. Agron. INRA'', 5 (4) : 491-595.&lt;br /&gt;
*Turc L., 1955. Le bilan d’eau des sols: relations entre les précipitations, l’évaporation et l’écoulement. II : le drainage mensuel des cases lysimétriques. ''Ann. Agron. INRA'', 6 (1) : 5-131.&lt;br /&gt;
*Turc L., 1961. Évaluation des besoins en eau d’irrigation, évapotranspiration potentielle. ''Ann. Agron. INRA'', 12 (1) : 13-50.&lt;br /&gt;
*Vacher J., Atteia O., Imana E., Choquevilca J., Maldonado R, 1989. Net radiation and Evapotranspiration on the Bolivian Altiplano. 3d Intl. ''Conf. on Southern Hemisphere Meteorology and Oceanography'', Buenos Aires, Amer. Met. Soc., Boston: 169-172.&lt;br /&gt;
*Vallemont (Pierre Le Lorrain, abbé de), 1705. ''Curiositez de la nature et de l’art sur la végétation ou l’Agriculture et le jardinage dans leur perfection…'' Claude Cellier, Paris, xxxvii + 708 p.&lt;br /&gt;
*Vivenot R. von, 1866. ''Beiträge zur Kenntniss der klimatischan Evaporationskraft und deren Beziehung zu Temperatur, Feuchtigkeit, Luftströmungen und Niederschlägen''. Ferdinand Enke Verlag, Erlangen, 104 p. [http://reader.digitale-sammlungen.de/de/fs1/object/display/bsb10134936_00005.html texte intégral].&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:E]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration_-_Annexe_7&amp;diff=5184</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T17:02:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Une histoire de l'évapotranspiration&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; ''Météorologie et Physique agricoles'' (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les postulats.==&lt;br /&gt;
===Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.===&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. '''L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante'''. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. '''Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec'''. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les plantes vivantes ''évaporent'' à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant'''. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’'''aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes'''. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la ''transpiration'', phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux'''. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.===&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que '''la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines'''. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. '''Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande''' » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des conséquences en cascade==&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque tige de blé transpire pour son propre compte'''. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, '''la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm''', ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Notes'''&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. ''Mém. Acad. Royale des Sciences'' : 569-592.&lt;br /&gt;
*Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration_-_Annexe_7&amp;diff=5183</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T17:01:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en forme texte&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Une histoire de l'évapotranspiration&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; ''Météorologie et Physique agricoles'' (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les postulats.==&lt;br /&gt;
===Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.===&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. '''L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante'''. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. '''Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec'''. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les plantes vivantes ''évaporent'' à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant'''. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’'''aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes'''. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la ''transpiration'', phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux'''. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.===&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que '''la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines'''. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. '''Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande''' » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des conséquences en cascade==&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque tige de blé transpire pour son propre compte'''. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, '''la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm''', ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. ''Mém. Acad. Royale des Sciences'' : 569-592.&lt;br /&gt;
*Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration&amp;diff=5182</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration</title>
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		<updated>2025-12-07T16:53:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : /* Explications vitalistes. */ Lien interne&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Avertissement&lt;br /&gt;
|note 1=La circulation d’eau dans les plantes est un sujet vaste et complexe, qui sera traité en plusieurs articles. Celui-ci est une '''lecture particulière de 4 siècles d’histoire''' (1674-1961).&lt;br /&gt;
|note 2=((Citations : nous avons modernisé l’orthographe et l’écriture des données quantitatives ; les traductions à partir d’autres langues sont de nous)).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;'''''Auteur'' : [[A pour auteur::Pierre Morlon]]'''&amp;lt;/big&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Infobox article&lt;br /&gt;
|Anglais=&lt;br /&gt;
|Allemand=&lt;br /&gt;
|Espagnol=&lt;br /&gt;
|Complément 1=&lt;br /&gt;
|Annexe 1=Remarques sur l’eau de la pluie, &amp;amp; sur l’origine des Fontaines… (La Hire, [1703] 1720).&lt;br /&gt;
|Annexe 2=Le dispositif de Guettard (1748) pour mesurer la transpiration d’un organe végétal.&lt;br /&gt;
|Annexe 3=De la transpiration des plantes (Duhamel du Monceau, 1758).&lt;br /&gt;
|Annexe 4=Article TRANSPIRATION (Sénebier, 1791).&lt;br /&gt;
|Annexe 5=Trois mémoires de Risler sur l’évaporation du sol et des plantes (1869, 70, 71).&lt;br /&gt;
|Annexe 6=Définition commentée de l’évapotranspiration potentielle (Turc, 1961).&lt;br /&gt;
|Annexe 7=La théorie vitaliste, jusqu'au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)&lt;br /&gt;
|Article 1=Bilan hydrique&lt;br /&gt;
|Article 2=Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots&lt;br /&gt;
|Article 3=Évapotranspiration &lt;br /&gt;
|Article 4=Lysimétrie &lt;br /&gt;
|Article 5=Régulation stomatique&lt;br /&gt;
|Article 6=Transpiration végétale&lt;br /&gt;
|Article 7=&lt;br /&gt;
|Date d'acceptation=1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 2017&lt;br /&gt;
|Mise en ligne=1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 2017&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= « … tout se réduira donc à considérer la dépense que les végétaux font de la pluie, comme une espèce d’évaporation, puisque tout ce qui entre dans la circulation est fourni par les racines. Ainsi l’on doit entendre que les végétaux tirent de la terre plus ou moins humide, par leurs racines, de l’eau qui s’évapore le jour par les pores des feuilles. Cette dépense est considérable, mais il ne faut pas en abuser pour conclure l’insuffisance des pluies ; car quand un terrain est recouvert de plantes, il ne s’évapore que très-peu d’eau immédiatement du fond de la terre ; tout s’opère par les végétaux : d’ailleurs cette évaporation ne dure qu’une petite partie de l’année »|référence citation= Desmarest, 1757 : 89.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Introduction.==&lt;br /&gt;
« La compréhension des mécanismes du transport de l’eau du sol à l’atmosphère à travers l’arbre [ou plus généralement toute plante] est à la fois un des problèmes (…) les plus anciennement étudiés et l’un de ceux qui a suscité le plus de polémiques et qui a le plus résisté aux investigations » (Cruiziat, 2007). Cet article tente d’expliquer un paradoxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’un côté, l’évaporation de l’eau par, ou à travers, les [[Couvert végétal|(couverts)]] végétaux est une observation aussi ancienne que l’agriculture. Citons seulement un passage du livre d’Isaïe dans la Bible (500 av. J.-C.) : « Oui, comme la pluie et la neige tombent des ciels et n’y retournent pas sans avoir désaltéré la terre, sans l’avoir fait enfanter et germer (…) » (traduction Chouraqui, 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’autre, bien qu’on ait compris dès le XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle le lien entre la transpiration des végétaux et la « suction » (l’absorption par les [[racine]]s des « [[sucs nourriciers]] » alors non identifiés), ce n’est que bien avancé le XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle – après l’[[alimentation minérale]], la [[photosynthèse]], la respiration, la [[fixation symbiotique]], l’[[hérédité]] – que ses mécanismes ont pu être compris et quantifiés (« [[Modèle, modélisation|modélisés]] ») à partir de données facilement mesurées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet est certes difficile et complexe. « Il est très difficile de faire ces expériences d’une manière un peu constante, parce que l’état de la plante, de l'eau, &amp;amp; l'action du soleil varient beaucoup. (…) Il est assez difficile d'estimer la transpiration, parce qu'il est très difficile de pouvoir tenir compte de tout ce qui influe sur elle » (Sénebier, 1791, article TRANSPIRATION : 284 &amp;amp; 285).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Et comment relier entre elles des observations portant sur les mêmes phénomènes mais faites à des échelles très différentes pour répondre à des questions différentes (tableau 1) : le bassin versant d’un cours d’eau (quelle proportion des pluies alimente les sources et rivières ?) ; le [[Champ, pièce, parcelle|champ]] cultivé (quand [[Irrigation|irriguer]] et combien ?) ; la plante isolée, le rameau ou la feuille (comment fonctionnent les plantes ? Le font-elles toutes de la même façon ?) ; le stomate ou le vaisseau (id.) ? « Ce qui manque le plus pour dégager cette science nouvelle qu'est l'hydrométéorologie de ses tâtonnements de début, c'est, à notre avis, la coordination des études et des méthodes de recherches », constatent Coutagne &amp;amp; de Martonne en 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Tableau 1'''&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;'''Échelles et méthodes d’estimation ou de mesure de la transpiration de plantes ou de l’évapotranspiration, dans quelques études.&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
{|class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; style=&amp;quot;width:75%&amp;quot;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;| Méthode&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Échelle espace&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Échelle temps&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; s.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Déficit d’écoulement de cours d’eau (pluies estimées moins eau écoulée)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|&amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; km&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|an&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Perrault&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Coutagne &amp;amp; de Martonne (1933), Hénin ''et al''. (1944), Turc (1951, 1954)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Champ cultivé (pluie + irrigation – drainage)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|&amp;gt; 10&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; à 10&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|mois&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Risler&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Thornthwaite&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Lysimètre à drainage (pluie + irrigation – drainage)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|dm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; à m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; &lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|mois à jour&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|La Hire&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Thornthwaite, Penman&amp;lt;ref&amp;gt;Après avoir calibré sa formule sur les données de lysimètres, Penman en compare les résultats avec les mesures faites avec d’autres méthodes et à d’autres échelles en divers endroits du monde&amp;lt;/ref&amp;gt;, Turc (1955, 1961), Bouchet&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Plante entière ou organe (perte d’eau)&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|dm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|jour à heure&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Mariotte, Woodward&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Hales, Miller, Sénebier&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Saussure, Risler&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Organe végétal (eau condensée) &lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|cm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|jour à heure&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Hales, Guettard, Duhamel, Sénebier&lt;br /&gt;
|align=&amp;quot;center&amp;quot;|Saussure, Dehérain, Risler&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela a joué. Mais '''notre thèse ici est qu’une idée fausse, énoncée au départ comme une hypothèse parmi d’autres mais vite implicitement admise sans discuter, a empêché des savants parmi les plus grands de tirer les conclusions que leurs observations suggéraient, et les a conduits à préférer des chiffres en apparence précis, mais entachés de (très) gros biais non maîtrisés, à des chiffres non biaisés mais moins précis'''. D’où deux siècles de piétinements, voire de reculs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques repères chronologiques aideront à caler cette histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelques repères chronologiques.==&lt;br /&gt;
===Évaporation de l’eau dans l’air.===&lt;br /&gt;
L’action du soleil, de la chaleur et du vent sur l’évaporation de l’eau, qu’elle soit libre ou contenue dans la [[terre]] humide, est une observation immémoriale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''En physique, c’est à l’aube du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les lois de l’évaporation sont établies :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle consomme beaucoup d’énergie et refroidit donc la surface où elle se produit. Sa chaleur latente (restituée lorsque la vapeur se condense) est proche de 600 calories par gramme d’eau évaporée. La calorie étant définie comme la quantité de chaleur mise en jeu dans une variation de température de 1°C d’un gramme d’eau, cela veut dire, par exemple, que l’évaporation d’un seul gramme d’eau refroidit de 10°C une masse de 60 g d’eau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autre part, elle ne peut se faire que si l’air n’est pas saturé d’humidité. Sa vitesse dépend du '''déficit de saturation''' de l’air, qui est la '''différence''' entre la pression de vapeur saturante à la température de cet air et la pression partielle de la vapeur d’eau qu’il contient (l’'''humidité relative''' étant, elle, le '''rapport''' entre ces deux grandeurs). Plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau : dans la gamme de températures où poussent les végétaux, la pression de vapeur saturante double tous les 10 à 12°C (Dalton, 1802). Ce que [[A pour personne citée::Jean-Baptiste Boussingault|Boussingault]] (1844 : 691) et [[A pour personne citée::Adrien de Gasparin|Gasparin]] (1860 : 65-66) exposent dans leurs ouvrages d’agriculture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Découlant de la physique, l’idée d’un maximum climatique possible d’évaporation pour une surface d’eau libre (en allemand ''klimatischen Evaporationskraf''t, Mühry, 1860 ; Vivenot, 1866) apparaît au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transpiration végétale===&lt;br /&gt;
La circulation de la [[sève]] (eau + « sucs » nourriciers dissous) des racines jusqu’aux feuilles où elle s’évapore, était connue au Moyen-âge (Crescens, [''ca.'' 1306] 1373, livre II) ; et le lien entre transpiration et [[absorption racinaire]] (« suction ») établi au milieu du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : d’un côté, pour qu’il y ait transpiration, il faut que les racines puissent fournir assez d’eau pour remplacer celle qui s’évapore ; de l’autre, tout ce qui réduit ou arrête la transpiration réduit ou arrête la « suction » et donc la [[nutrition]] de la plante. &lt;br /&gt;
Le lien entre transpiration, respiration et échanges gazeux de la photosynthèse qui, passant par les stomates, sont réduits ou arrêtés par la [[régulation stomatique]], s’est fait progressivement, de la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle à celle du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des débuts prometteurs, puis on piétine… ou recule.==&lt;br /&gt;
A la fin du XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, Pierre Perrault, le frère de l’auteur des ''Contes'', estime le débit de la Seine à 3 lieues de sa source et la pluie tombée pendant un an sur son bassin. En unités actuelles, cela donne 485 mm de pluie, 78 mm d’écoulement de la Seine, soit un déficit d’écoulement apparent (« déchet ») de 407 mm, qui est une estimation de ce que nous appelons [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots|évapotranspiration réelle]]. Estimation qu’il reconnaît très grossière : « Je sais bien que cette déduction n’a aucune sûreté : mais qui pourrait en donner une qui fût certaine ? » (1674 : 200-205)… mais qui n’est pas très éloignée de celles faites actuellement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_1.jpg|250px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 1 : Dispositif de Hales (1727)'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son contemporain La Hire mesure la pluviométrie annuelle à Paris, et installe en 1688 ce qu’on appelle maintenant un [[lysimètre]] à drainage, de 4 pieds de superficie (0,169 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;) et de 8 pieds (2,6 m) de profondeur, avec des rebords pour éviter le ruissellement, et entouré par ce que nous appelons un anneau de garde. Il met au fond des cailloux pour éviter que le tuyau de sortie ne se bouche, puis remplit d’une terre perméable ([1703] 1720 : 57-61) ([[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 1|Annexe 1]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1720, Hales calcule que « l’évaporation de la surface de l’eau est à l’évaporation de la surface de la terre [nue], comme 10 sont à 3&amp;lt;ref&amp;gt;Hales compare des mesures faites par lui en Angleterre avec celles faites par Cruquius (1724) à l’actuelle frontière entre les Pays-Bas et l’Allemagne... Ce qui importe est d’avoir pris l’évaporation de l’eau libre comme référence.&amp;lt;/ref&amp;gt; »  ([1727] 1735 : 48). Avec un dispositif (fig. 1, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]]) pesé matin et soir dans différentes conditions météorologiques, il mesure la transpiration d’un pied de [[tournesol]] et la rapporte à la surface totale des feuilles de la plante ainsi qu’à celle des racines ; dans une autre expérience, il calcule en pouces la hauteur d’eau transpirée sur un arpent de [[houblon]] (id : 3ss ; 27-28). En 1726 Miller établit que la quantité d’eau évaporée est en général proportionnelle à la température du jour ; Guettard en 1748-49 (fig. 2 et [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 2|annexe 2]]) sépare l’action du rayonnement solaire de celle de la température et affirme le rôle du renouvellement de l’air… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_2.jpg|300px|thumb|right|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 2 : Dispositif de Guettard (1748 et 1749)'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1758, [[A pour personne citée dans les annexes::Henri-Louis Duhamel du Monceau|Duhamel du Monceau]] conclut de leurs expériences « La différente température de l’air influe beaucoup sur la transpiration ; le froid, l’humidité la diminuent ou la suppriment entièrement (…) la transpiration des plantes est peu considérable dans les temps de pluie, &amp;amp; même quand le ciel est couvert de nuages ; &amp;amp; elle n’est jamais plus abondante que quand le soleil est net &amp;amp; ardent, &amp;amp; encore lorsqu’il fait du vent &amp;amp; du hâle, pourvu toutefois que la terre ne soit pas extrêmement sèche, &amp;amp; que les racines en puissent pomper toute la sève dont la plante a besoin » (p. 141 &amp;amp; 148) – ce qui ne répond pas à toutes les questions posées alors, ni n’empêche d’autres conclusions qui, plus tard, se révélèrent erronées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:MotsAgro_Une histoire de l'évapotranspiration_3.jpg|400px|thumb|left|&amp;lt;center&amp;gt;'''Fig. 3 : Dispositif utilisé en 1869 et 1870 par Dehérain'''&amp;lt;/center&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ensuite, on piétine. En physiologie, [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain| Dehérain]] (1873) se pose les mêmes questions que Guettard en 1748-48 et, pour y répondre, emploie un [[dispositif expérimental]] similaire (fig. C) ; en hydrologie, on n’a que bien peu avancé entre l’estimation de Perrault en 1674 et la synthèse de Coutagne et de Martonne en 1933.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ayant établi mois par mois le [[bilan hydrique]] d’une [[Champ, pièce, parcelle|pièce]] de terre de 1,23 ha, dont il s’est assuré qu’elle est hydrauliquement isolée et que « toute l'eau qui n'est pas évaporée est recueillie par les drains », Risler (1869, 1870, 1871) (voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 5|annexe 5]]) n’utilise ces données que pour borner les résultats de mesures sur organes végétaux, compte tenu des très gros biais qui doivent entacher ces dernières ! Pourquoi ? Il explique à la fin : « Dans les deux Mémoires que j’ai déjà publiés sur l’évaporation du sol, j’avais cherché à déterminer cette évaporation par la différence entre la quantité de pluie tombée sur une certaine surface et la quantité d’eau écoulée par les drains. '''Mais cette différence comprend à la fois l’eau évaporée directement par le sol et l’eau évaporée ou transpirée par l’intermédiaire des plantes''' ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Séparer à tout prix, fût-ce celui de biais expérimentaux non contrôlés, la transpiration des plantes de l’évaporation du sol, '''n’a de sens que si l’on pense que transpiration végétale et évaporation de l’eau libre ne sont pas de même nature'''. Or, '''même lorsqu’elle n’est pas explicite, l’idée que les plantes ont un rôle actif dans la transpiration est, jusque très tard, sous-jacente à une grande partie de la littérature'''. Par des mécanismes - éventuellement différents selon les [[espèces]], d’où la multiplication des mêmes [[expérience]]s sur des plantes différentes - que les physiologistes ont passé beaucoup de temps à vouloir découvrir, la transpiration des plantes était ainsi supposée pouvoir être supérieure à l’évaporation d’une surface d’eau libre dans les mêmes conditions.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A une époque où les savants avaient pourtant une vue plus large des choses que les chercheurs de maintenant, seule cette conviction peut expliquer que, étudiant la transpiration des végétaux, certains d’entre eux ne tiennent pas compte des connaissances en physique de leur époque&amp;lt;ref&amp;gt;Pas tous cependant ! Parlant de la transpiration des plantes, Boussingault écrit « cette transpiration, on le comprend aisément, est favorisée par la température, la sécheresse et l’agitation de l’air » et « la proportion de vapeur qu'un gaz peut retenir est d'autant plus grande que la température est plus élevée » (1843 : 30 ; 1844 : 691).&amp;lt;/ref&amp;gt; . D’où : pas de calcul d’un bilan d’énergie ; pas de limitation par l’énergie disponible, proportionnelle à la surface du terrain et non des organes végétaux, car fournie par le rayonnement solaire et redistribuée par divers mécanismes dont les mouvements de l’air. C’est elle qui conduisait à rapporter la quantité d’eau transpirée, non à la surface du [[terrain]] comme on le fait maintenant (ou comme Hales l’avait fait dès 1727), mais à la [[surface foliaire]] ou, celle-ci étant difficile à évaluer, au [[matière sèche|poids vert]]…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des théories sur la transpiration des plantes.==&lt;br /&gt;
Toute observation est guidée par la [[théorie]] que l’on a. Comment expliquer que l’eau monte des racines aux feuilles dans le sens contraire de celui qu’impose la gravité ? Et que, dans les arbres, elle monte plus haut que les 10 mètres équilibrés par la pression atmosphérique ? Deux types d’explications sont avancées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Explications physiques.===&lt;br /&gt;
Elles furent très diverses. Voici deux exemples tirés d’une vaste littérature :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
	« Il n’y a pas tant de difficulté à expliquer comment les sucs de la terre entrent dans la racine des Plantes. La pluie, ou l’eau des arrosements détrempe les sels de la terre : voilà les sucs en mouvement. Il ne faut plus que la chaleur souterraine, pour les pousser en haut ; après cela survient la chaleur du Soleil qui dilate les pores de la Plante, &amp;amp; qui ouvre un passage aux sucs, pour s’élever dans la tige, &amp;amp; dans les branches. (…) Voilà donc notre Acteur trouvé, pour faire entrer les sucs nourriciers dans les racines des Plantes : le feu souterrain pousse ces sucs jusqu’à la tige ; alors la chaleur du Soleil survient, qui fait le reste, en les élevant jusqu’aux extrémités des branches : peut-être parce qu’il dilate leurs pores &amp;amp; leurs fibres ; ou bien parce qu’il subtilise la matière des sucs, en les réduisant en vapeurs &amp;amp; en fumées ; ou plutôt parce qu’il fait tous les deux à la fois. » (Vallemont, 1705 : 105-106 &amp;amp; 116-117). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	« La première question qui se présente ici, c’est comment ces sucs montent au haut des plantes &amp;amp; des arbres (…) La raison qu'on en donne ordinairement, c’est à dire l'action des vaisseaux capillaires, me paraît très suffisante. (…) Une autre force qui contribue beaucoup à élever la sève, c’est l'attraction naturelle entre les parties constitutives de ce fluide. (…) Ces deux causes agissant ensemble, &amp;amp; l'évaporation se faisant continuellement par les parties supérieures des vaisseaux, la sève s'élève des racines des plantes jusqu'aux extrémités de leurs branches. » (Home, [1757] 1761 : 129-130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Explications vitalistes.===&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= Les plantes transpirent, poussent au-dehors la matière de la transpiration, &amp;amp; elle s’évapore [...] La plante, après s’être approprié les principes qu’elle reçoit de l’atmosphère, lui renvoie le surplus pour y éprouver de nouvelles décompositions &amp;amp; de nouvelles recombinaisons ; la végétation reçoit la vie par cette circulation générale… |référence citation= [[A pour personne citée::Jean-Baptiste François Rozier|Rozier]], 1783, 408.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les explications « vitalistes », postulent un '''rôle actif de la plante''', par analogie entre plantes et animaux, suite à la publication de la circulation du sang par Harvey en 1628. Bien que dès 1727 Hales ait démontré que, dans les plantes, la sève ne circule pas dans un circuit fermé sous pression, ces analogies ont joué un grand rôle. « Ayant ici donné le rapport du poids, de la grosseur, grandeur &amp;amp; surface de cette plante, &amp;amp; des quantités qu’elle tire &amp;amp; transpire, ne conviendrait-il pas à présent d’en faire la comparaison avec la nourriture &amp;amp; la transpiration du corps humain ? (…) Ainsi la transpiration d’un homme est à celle d’un Soleil ((tournesol)), comme 141 sont à 100. » (Hales [1727] 1735 : 7ss ; voir en [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]] un résumé de la suite par Duhamel du Monceau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les animaux secrétant de l’urine et excrétant des déjections, il fallait bien que les plantes fassent de même. La transpiration fut ainsi vue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*- soit comme un moyen d’'''évacuer l’eau supposée « en excès »''' dans la plante - '''une idée  aussi fausse qu’ancienne&amp;lt;ref&amp;gt;Au Moyen-âge, Pietro de Crescenzi écrit « Et la finale intencion de la fuelle ((feuille)) est couvrir le fruit et purgier, pource que nature a mestier de purgacion, '''pour oster la superfluité de l’umeur qui y est'''. » ([''ca.'' 1306] 1373, livre II, chapitre 6. C’est nous qui soulignons)&amp;lt;/ref&amp;gt;.  mais qui a la vie dure''' : « TRANSPIRATION. Biol. vég. Rejet de vapeur d'eau dans l'atmosphère de l'excès d'eau amené par la sève brute » (Habault, 1983 : 140) ; « Transpiration végétale. Émission dans l'atmosphère, sous forme de vapeur d'eau, de l'excès d'eau amené par la sève brute » ([http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm Trésor de la Langue Française], consulté le 26 décembre 2016).&lt;br /&gt;
*- soit comme une '''sécrétion''' qui '''épure''' la sève en '''éliminant des déchets (excréments)''', et on nomma '''glandes''' les stomates observés au microscope comme des points lumineux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’où on conclut qu’elles [les feuilles] sont des organes destinés à opérer une sécrétion très-importante à l’économie végétale », écrit Duhamel du Monceau (1750, Préface, viii) qui parle de la transpiration comme « dépuration de la sève » (id. : 15) et affirme plus tard « Les feuilles sont donc des organes sécrétoires, par lesquels les arbres se déchargent d’un suc trop abondant ou inutile. (…) On sait qu’indépendamment des gros excréments dont les animaux se déchargent, leurs liqueurs se dépurent encore, &amp;amp; fournissent d’autres évacuations connues sous les noms de transpiration sensible, &amp;amp; transpiration insensible. (…) Cette prodigieuse transpiration est d’autant plus nécessaire que les plantes n’ont que cette seule voie pour se décharger de ce qui devient inutile pour leur nourriture : il était donc nécessaire que les feuilles eussent de grandes surfaces pour suffire à cette sécrétion; au lieu que l’homme, outre cette faculté de transpirer, a encore l’évacuation des gros excréments, des urines, de la salive, de ce qui s’échappe par les narines, par la respiration, etc. » (1758 : 133-134 &amp;amp; 139, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 3|annexe 3]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’ayant montré qu’on peut reproduire expérimentalement les caractéristiques de la montée de la sève et de la transpiration sur des feuilles artificielles de toile, donc par des forces purement physiques, Sénebier (1791, article TRANSPIRATION : 283, voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 4|annexe 4]]) écrit dans le même ouvrage : « Mais quand on réfléchit à la force d'ascension des pleurs de la vigne, quand on pense que les tiges mortes avec leurs feuilles ne sucent presque point d'eau, il faut reconnaître qu'il doit y avoir plus qu'une impulsion purement mécanique pour donner le branle à la végétation et pour l’entretenir. » (article ANALOGIE ENTRE LES PLANTES ET LES ANIMAUX : 11).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne pas appliquer les lois de la physique ne vient pas forcément de l’ignorance de ces lois, mais de la conviction que la transpiration des plantes n’obéit pas à ces lois et peut même les violer, comme l’illustre le cas du météorologue Marié-Davy en 1875 ([[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7|annexe 7]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conséquences méthodologiques : à quelles échelles, avec quelles extrapolations… et quels biais ?===&lt;br /&gt;
On a ici un exemple de comment la représentation que l’on a d’un phénomène - la théorie - détermine la façon d’observer ce phénomène, et en retour comment les observations ainsi faites empêchent l’éclosion d’une autre théorie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la transpiration est passive, physique - rien que de l’évaporation - il est logique de la rapporter à l’énergie reçue, proportionnelle à la surface du terrain car d’origine solaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si par contre elle est active, il est logique de la rapporter à la surface des organes transpirants, les feuilles, et on peut le faire dans des conditions pouvant être très éloignées des naturelles. Mais cette surface étant difficile à estimer avec précision, on l’a vite remplacée par leur poids. Hales avait rapporté l’eau évaporée à la surface des feuilles, et Guettard affirmé que « deux parties semblables d'une même plante transpirent en raison de leur surface ». Mais, pendant 150 ans, préférant la précision apparente de la mesure du poids à l’imprécision de celle de la surface, on rapporta l’eau transpirée au poids de la plante ou de l’organe : '''plus on a voulu contrôler, moins les mesures ont signifié quelque chose !'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Or toute quantification pose la question de l’extrapolation à d’autres échelles que celle à laquelle on a fait les mesures. Tous les dispositifs n’étaient pas adaptés pour mesurer, sans biais et de façon généralisable et extrapolable, l’influence des différents facteurs. « Ces méthodes sont très artificielles, et la généralisation à partir d’elles donne parfois des résultats impossibles. Par exemple, dans une étude, la transpiration d’une forêt de chênes a été calculée comme étant plus de huit fois le total des pluies », constate Thornthwaite en 1948.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’extrapolation au couvert végétal se fit en multipliant la transpiration par unité de poids du végétal par la masse de la végétation par unité de surface de terrain, avec des résultats hasardeux. Au milieu du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, Gasparin fait le calcul suivant : « Quelle est cette quantité d’eau suffisante pour fournir à l’évaporation des plantes ? Avant et pendant sa floraison, la luzerne évapore en 24 heures 112,94 g d’eau par kg de son poids à l’état vert, ce qui revient à 451,76 g par kg de son poids à l’état sec. On obtient d’un hectare de luzerne, du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 30 juin, une repousse donnant une coupe de 2 000 kg de fourrage sec. Pendant la durée de sa croissance, elle avait donc un poids moyen de 1 000 kg de fourrage équivalant à 4 000 kg à l’état vert ou 0,4 kg par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; de surface de sol. Il y aura donc, pour chaque jour, une évaporation moyenne de 45,18 g d’eau par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, et pour le mois de juin entier 1355,4g. Pendant ce même mois de juin 1852 (…), une surface aqueuse a évaporé 130,8 kg par m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, l’évaporation de la luzerne est donc d’environ 1,04/100 de l’évaporation de l’eau » (1860 : 67). Même en l’absence d’irrigation, la valeur de la transpiration, 1,35 mm pour un mois de juin (sec, selon la note de bas de page) est aberrante ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque, avec le même genre d’extrapolation, Dehérain (1873 : 184) aboutit à 3 mm pour une journée claire de juillet près de Paris, une valeur vraisemblable, est-ce parce que les biais de sens contraire se sont compensés ? Ce qu’évoque Risler en 1871 : « On pourrait croire que la transpiration est beaucoup plus grande dans ces tubes ou flacons qu’à l’air libre. Mais on verra, en comparant les résultats de cette méthode à ceux des premières, que cela n’est pas. Si la chaleur est plus forte dans les tubes qu’à l’air extérieur, elle tend à accroître la transpiration, mais la vapeur d’eau y est également plus abondante et tend à la diminuer. (…) Une bonne précaution à prendre lorsqu’on emploie les tubes ou flacons, c’est de ne pas les exposer à un soleil ardent avant qu’il s’y soit dégagé une certaine quantité de vapeur qui, en se condensant sur leurs parois, forme une sorte d’écran ». C’est ainsi qu’il arrive à un résultat surprenant : « Je n'ai pu constater aucune variation de la transpiration avec l'humidité ou avec l'agitation de l'air. Si ces rapports existent, comme on l'a affirmé, ils sont ordinairement effacés par les autres »…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre leur poids, Risler (1871) mesure la surface des feuilles et calcule l’eau transpirée pour 100 cm&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; de cette surface. « Pour passer de là à la transpiration moyenne par hectare, il fallait déterminer la surface des feuilles qui couvrent un hectare ou du moins un mètre carré. J’ai fait un certain nombre de ces déterminations » Mais il fait remarquer que « dans un champ de blé, de maïs-fourrage et de trèfle très épais, comme dans une forêt touffue, les feuilles supérieures font ombre aux feuilles inférieures, et par conséquent diminuent leur transpiration ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La sortie du tunnel.==&lt;br /&gt;
Nous n’évoquerons ici que quelques points.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dixon, 1914 : la transpiration et la montée de la sève.===&lt;br /&gt;
C’est en 1914 que Dixon donne de la transpiration et de la montée de la sève contre la gravité l’explication purement physique actuellement bien vérifiée, liée à la courbure des surfaces d’évaporation et à la pression négative dans les vaisseaux de sève (Cruiziat, 2007). L’eau s’évapore de la paroi des cellules sous-stomatiques et dans les aérenchymes. L’eau liquide se replie alors dans des pores de plus en plus fins (jusqu’à l’ordre du nanomètre) au sein des parois, ce qui engendre des ménisques et des tensions de plusieurs dizaines de bars, bien supérieures à la pression atmosphérique, ce qui explique que l’eau puisse monter à plus de 10 mètres de haut dans des arbres. La cohésion de l’eau liquide transmet ces tensions aux colonnes d’eau circulant dans les vaisseaux qui se mettent donc sous tension, provoquant le mouvement dans le système vasculaire de la plante. A l’extrémité de ce réseau, il s’instaure donc entre l’eau du sol et celle des racines une différence de potentiel hydrique qui entretient le flux transpiratoire. '''Dans les plantes, l’eau se déplace sous la seule action des forces physiques'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en Europe, 1914 n’était pas le meilleur moment pour diffuser une théorie de physiologie végétale : l’idée d’un rôle actif des plantes, donc d’une transpiration pouvant être supérieure à l’évaporation d’une surface d’eau libre, perdura… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Deux obstacles.===&lt;br /&gt;
====Des évaporations dépassant celle d’une surface d’eau libre ?====&lt;br /&gt;
Et il n’y avait pas que la transpiration qui fût supposée pouvoir être supérieure à l’évaporation de l’eau libre ; on a imaginé que ce pouvait aussi être le cas de l’évaporation depuis la surface du sol. En 1933 encore, Coutagne et de Martonne définissent l’« &amp;lt;u&amp;gt;évaporation hydrologique&amp;lt;/u&amp;gt; » : « la dissipation de l'eau des précipitations, d'où résulte le déficit d'écoulement, est due avant tout à un processus qui n'est pas identique à l'évaporation physique définie plus haut. Ce n'est pas généralement une nappe d'eau qui évapore, c'est le sol, plus ou moins humide en surface et en profondeur. Il s'agit d'une évaporation physique de caractère spécial, à laquelle s'ajoute l'évaporation physiologique de la végétation. Cette « évaporation hydrologique » (…) est généralement inférieure à l'évaporation physique, pour différentes raisons », mais « il n'est pas impossible que l'évaporation hydrologique atteigne ou dépasse l'évaporation physique pendant une partie de l'année. (…) il n'est pas impossible que l'évaporation hydrologique de la saison chaude atteigne ou dépasse l'évaporation physique (d'autant plus que l'évaporation physiologique s'y ajoute) ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Une voie sans issue : l’évaporation, fonction directe de la pluie.====&lt;br /&gt;
Sans doute parce que sa question de départ porte plus sur l’alimentation des sources et rivières que sur les [[besoins en eau]] des cultures, Risler applique, pour un champ cultivé, l’idée d’un maximum possible non à la valeur absolue de l’évaporation, mais au pourcentage d’eau de pluie qui s’est évaporé – d’abord à l’échelle annuelle puis, ayant mesuré l’humidité du sol à la fin de chaque mois, mensuelle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A partir du bilan de bassins versants de rivières, à l’échelle annuelle, c’est encore en fonction de la pluie que [[A pour personne citée::Stéphane Hénin|Hénin]] &amp;amp; Ternissien (1944) construisent une formule de l’évaporation mathématiquement basée à priori sur 2 hypothèses : les faibles pluies s’évaporent entièrement, et « pour des pluviosités très élevées, l’évaporation tend vers zéro, l’air étant sensiblement saturé dans ces conditions », en laissant à un coefficient γ le soin de synthétiser l’influence du climat, du sol et de la végétation. Pour de grands bassins fluviaux, « l’effet propre du terrain et de la végétation est sensiblement constant et la température domine le phénomène » (Hénin et Godard, 1944). Constatant que cette formule sous-estime l’évaporation dans le cas de pluviosités élevées, Turc en 1951 en propose une autre, empirique, prenant en compte la température et basée sur l’hypothèse (qu’il vérifie en 1954) que, lorsque P croît, E tend vers une limite supérieure qui est fonction de la température. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Thornthwaite, 1948 : évapotranspiration potentielle et réelle.===&lt;br /&gt;
Géographe climatologue, Thornthwaite veut cartographier les climats des USA de la meilleure façon possible. En suivant les travaux de l’Allemand Köppen, il le fait d’abord sur la base de la végétation naturelle, considérée comme intégratrice du [[climat]]. Mais cela ne le satisfait pas car non « [[Raison, rationnel &amp;amp; Cie : mots piégés !|rationnel]] », au sens de basé sur des chiffres. Il cherche alors à utiliser la masse de données météo enregistrées. Mais une donnée essentielle n’est pas mesurée : l’évaporation du sol et des couverts végétaux. Peut-on l’estimer à partir des autres ? Il doute d’abord que ce soit possible : « La quantité d’eau enlevée d’un champ par transpiration dépend des besoins en eau des plantes qui y poussent et de leur croissance, qui à son tour peut être limitée par la quantité d’eau disponible. Il s’ensuit que les pertes d’eau depuis les surfaces de terrain, résultant de l’évaporation et de la transpiration, n’ont pas de relation directe aux pertes par évaporation à partir de surfaces d’eau libre. Par conséquent, on ne peut attendre aucune formule empirique donnant des valeurs fiables de l’évaporation et de la transpiration des surfaces de terrain en utilisant les données météorologiques ordinaires » (1942). Il connaît les avancées théoriques de l’époque sur les transferts verticaux dans la basse atmosphère, mais il s’en faut encore de beaucoup pour qu’elles puissent être utilisées en pratique dans ce but.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il est avant tout pragmatique. Personne n’ayant réussi à séparer de façon satisfaisante l’évaporation depuis la surface du sol et la transpiration des végétaux, il les regroupe en 1948 sous le nom d’&amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration&amp;lt;/u&amp;gt;. Ayant constaté empiriquement que celle-ci croît jusqu’à une valeur maximale lorsque les apports d’eau d’irrigation augmentent, il nomme cette valeur maximale &amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration potentielle&amp;lt;/u&amp;gt;, (et &amp;lt;u&amp;gt;évapotranspiration réelle&amp;lt;/u&amp;gt; celle mesurée dans n’importe quelles conditions).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation dictionnaire&lt;br /&gt;
|texte citation= « La combinaison de l'évaporation depuis la surface du sol et de la transpiration des plantes, appelée « évapotranspiration », représente le transport en retour d'eau de la terre vers l'atmosphère, l'inverse des précipitations. (…) La végétation du désert est clairsemée et utilise peu d’eau parce que l’eau manque. Si plus d’eau était disponible, la végétation serait moins clairsemée et utiliserait plus d’eau. Il y a donc une différence entre la quantité d’eau réellement transpirée et évaporée, et celle qui serait transpirée et évaporée si elle était disponible. Quand l’apport d’eau augmente, comme dans un projet d’irrigation dans le désert, l’évapotranspiration s’élève jusqu’à un maximum qui dépend seulement du climat, et que nous pouvons appeler « évapotranspiration potentielle », pour la distinguer de l’évapotranspiration réelle ». |référence citation=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se résout à estimer cette valeur maximale à partir de la seule température moyenne, qu’il dit plus étroitement corrélée à l’ET que le rayonnement solaire. Mais il reconnaît que « le principal obstacle au développement d’une équation rationnelle est le fait qu’on ne comprend pas pourquoi l’évapotranspiration potentielle correspondant à une température donnée n’est pas la même partout » (1948 : 90-91). S’ensuivent alors des ajustements très laborieux, avec des corrections fonction de la latitude et du mois de l’année, pour produire, à l’échelle du mois, une estimation qui n’est qu’une étape pour calculer des indices d’aridité et d’humidité. '''La méthode (ou formule) de Thornthwaite n’a pas été créée pour le calcul des besoins de couverts végétaux ou de doses d’[[irrigation]], mais pour une classification géographique des climats, à des échelles de temps (le mois) et d’espace (de l’ordre du dix millionième) éloignées de la pratique agricole'''.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Malgré les limites exposées par Thornthwaite lui-même et les critiques qui lui ont été faites tôt (Gentili, 1953), sa formule est encore souvent utilisée dans le monde, de façon directe et explicite ou, plus insidieusement, indirecte et implicite, dans la classification climatique de Holdridge&amp;lt;ref&amp;gt;[http://en.wikipedia.org/wiki/Holdridge_life_zones article de Wikipedia]&amp;lt;/ref&amp;gt; (1947, 1967), ou l’indice de sécheresse de Palmer&amp;lt;ref&amp;gt;[http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_sécheresse_de_Palmer article de Wikipedia]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son usage est parfois même recommandé, par exemple par le cours numérique ''Gestion des ressources en eau : des concepts aux territoires de l'action''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://uved.univ-lemans.fr/Grain-1_Kit_1-Bilan/co/grain_Exo_03.html Site de l'Université du Mans], consulté le 17 janvier 2017&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui affirme qu’elle « a l'avantage d'être robuste sous différentes latitudes », ce qui est faux. Deux exemples : en climat méditerranéen dans le sud de la France, un fort vent de mistral en été fait monter l’ETP de 6 à 9 mm par jour, mais la formule de Thornthwaite indique une baisse à 5 mm/j à cause de la température plus basse (Seguin, 1975). Inversement, derrière un brise-vent qui réduit l'ETP (c’est pour cela qu’on les fait), elle donne un résultat plus élevé puisqu'il fait plus chaud… En haute altitude dans les Andes, elle sous-estime l’ETP de près de moitié, conduisant à des diagnostics climatiques, et donc des politiques agricoles, aberrants (Frère ''et al''., 1974 ; Vacher ''et al''., 1989 ; Morlon &amp;amp; Vacher, 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’usage de celle de Penman-Monteith est donc infiniment préférable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Penman, 1948 : formulation physique.===&lt;br /&gt;
La même année mais de façon indépendante, Penman propose, sur la base d’un bilan d’énergie et de transfert de vapeur, une première formulation théorique, qui fut précisée en 1965 par Monteith (formule de Penman-Monteith&amp;lt;ref&amp;gt;Voir [https://en.wikipedia.org/wiki/Penman%E2%80%93Monteith_equation article de Wikipedia] ou [http://www.fao.org/docrep/X0490E/x0490e06.htm#formulation%20of%20the%20penman%20monteith%20equation exposé] sur le site de la FAO.)&amp;lt;/ref&amp;gt;) et s’est imposée dans le monde comme la référence pour estimer l’ETP ('''voir article [[Évapotranspiration]]'''). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ironie de l’histoire, Penman calibre cette formule en exploitant les données obtenues sur un dispositif expérimental (des lysimètres de 6 pieds de profondeur, contenant les uns de l’eau, d’autres du sol resté nu et d’autres du sol avec du [[gazon]]) dont la conception de base était proche de celui installé par La Hire en 1688… Il exprime l’évapotranspiration du gazon et l’évaporation du sol nu comme des fractions de l’évaporation de l’eau libre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant longtemps, l’usage de la formule de Penman-Monteith fut restreint à ceux qui disposaient de moyens de calculs puissants et aux rares stations météo où les nombreuses données qu’elle exige étaient mesurées, d’où la création d’autres formules - aussi diverses que nombreuses - moins sûres mais d’emploi plus facile. L’avènement de la micro-informatique et des stations météo automatiques en permet maintenant une utilisation beaucoup plus large, rendant les autres sans intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En France…===&lt;br /&gt;
L’article de Thornthwaite est présenté en 1950 dans la revue ''La Météorologie'' par Curé, qui emploie les expressions d’évapotranspiration potentielle et « actuelle » (anglicisme pour &amp;lt;u&amp;gt;réelle&amp;lt;/u&amp;gt;). Mais il a fallu du temps pour que celles-ci soient largement admises dans le domaine agronomique. Bien qu’il y cite Thornthwaite, Turc ne les emploie pas dans sa grosse étude publiée en 1954 et 1955, ni Demolon dans la dernière édition (1956) de ''Croissance des végétaux cultivés'', etc. C’est en 1961 qu’elles sont consacrées dans un numéro des ''Annales agronomiques'' de l’INRA faisant suite à une réunion de travail entre bioclimatologues de l’INRA et ingénieurs du Service Hydraulique du Génie Rural.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir défini l’ETP en référence à Thornthwaite et Penman (voir [[Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 6|annexe 6]]), Turc y expose une méthode de calcul à l’échelle du mois ou de la décade, à partir de données météorologiques standard (température, rayonnement global, humidité relative). Exigeant moins de données et de calculs que celle de Penman, cette méthode a été largement utilisée en France et dans de nombreux pays francophones sous le nom de formule de Turc. A sa suite, Bouchet, comparant (à l’échelle mensuelle) les résultats des formules de Penman (1948), Thornthwaite et Turc, avec des mesures faites sur « évapotranspiromètres » (lysimètres), obtient des « résultats (qui) paraissent assez chaotiques ». En effet, tous les couverts végétaux ne réfléchissent pas la même fraction (albedo) du rayonnement solaire, et, sous un même climat, ne reçoivent donc pas exactement la même quantité d’énergie ; et l’évaporation modifie des facteurs du climat (température et humidité de l’air) qui la déterminent, d’où d’importants effets d’échelle par les transferts latéraux : « ainsi, la mesure de l’ETP n’aura un sens climatique que si l’on prend soin d’éliminer cette action latérale ou « effet d’oasis » parasite à l’échelle où l’on définit le climat. (…) Il en résulte que ETP en tant que facteur climatique n’est accessible à la mesure que sur une échelle d’espace relativement importante, de l’ordre de quelques hectares » (au minimum).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Autres langues==&lt;br /&gt;
Voir article [[Évaporation, transpiration végétale, évapotranspiration : les mots]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références citées==&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:E]]&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration_-_Annexe_7&amp;diff=5181</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T16:51:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
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}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; ''Météorologie et Physique agricoles'' (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les postulats.==&lt;br /&gt;
===Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.===&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les plantes vivantes évaporent à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la transpiration, phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.===&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des conséquences en cascade==&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
« Chaque tige de blé transpire pour son propre compte. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm, ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. ''Mém. Acad. Royale des Sciences'' : 569-592.&lt;br /&gt;
*Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration_-_Annexe_7&amp;diff=5180</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T16:51:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Lien interne et mise en page&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Une histoire de l'évapotranspiration&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; Météorologie et Physique agricoles (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les postulats.==&lt;br /&gt;
===Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.===&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les plantes vivantes évaporent à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la transpiration, phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.===&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et [[A pour personne citée:: Pierre-Paul Dehérain|Dehérain]] (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des conséquences en cascade==&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
« Chaque tige de blé transpire pour son propre compte. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm, ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. ''Mém. Acad. Royale des Sciences'' : 569-592.&lt;br /&gt;
*Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T16:48:57Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Une histoire de l'évapotranspiration&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; Météorologie et Physique agricoles (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les postulats.==&lt;br /&gt;
===Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.===&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les plantes vivantes évaporent à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la transpiration, phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.===&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et Dehérain (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des conséquences en cascade==&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
« Chaque tige de blé transpire pour son propre compte. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm, ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. ''Mém. Acad. Royale des Sciences'' : 569-592.&lt;br /&gt;
Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://mots-agronomie.inrae.fr/index.php?title=Une_histoire_de_l%27%C3%A9vapotranspiration_-_Annexe_7&amp;diff=5178</id>
		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T16:47:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en forme&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Une histoire de l'évapotranspiration&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; Météorologie et Physique agricoles (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==1. Les postulats.==&lt;br /&gt;
===Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.===&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les plantes vivantes évaporent à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la transpiration, phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.===&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et Dehérain (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==2. Des conséquences en cascade==&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
« Chaque tige de blé transpire pour son propre compte. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm, ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. Mém. Acad. Royale des Sciences : 569-592.&lt;br /&gt;
Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>PMorlon</name></author>
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		<title>Une histoire de l'évapotranspiration - Annexe 7</title>
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		<updated>2025-12-07T16:46:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;PMorlon : Mise en ligne annexe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{Note de haut de page&lt;br /&gt;
|titre 1=Date de mise en ligne&lt;br /&gt;
|note 1=&amp;lt;center&amp;gt; 7 décembre 2025&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Retour article&lt;br /&gt;
|article=Une histoire de l'évapotranspiration&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
=La théorie vitaliste, jusqu’au bout de ses conséquences (Marié-Davy, 1875)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Bas de page Mots agronomie}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les théories vitalistes de la transpiration des végétaux, celle exposée dans le livre de Marié-Davy &amp;lt;ref&amp;gt; Directeur de l’Observatoire météorologique de Montsouris à Paris&amp;lt;/ref&amp;gt; Météorologie et Physique agricoles (1875) a l’intérêt d’être à la fois explicite dans ses fondements, et poussée dans ses conséquences extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Les postulats.&lt;br /&gt;
Postulat 1 : la transpiration des plantes n’obéit pas aux lois physiques.&lt;br /&gt;
Après avoir exposé la physique de l’évaporation de l’eau (température et degré hygrométrique de l’air, point de rosée, vitesse du vent…), Marié-Davy affirme : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais il nous faut immédiatement faire observer que, dans tout ce qui précède, nous n’avons eu en vue que l’évaporation des corps humides tels que l’eau et la terre. L’évaporation des plantes est soumise à de tout autres lois : c’est un phénomène physiologique et non plus un fait physique. Elle dépend non de l’état hygrométrique de l’air, mais du degré de lumière qui éclaire la plante. » (p. 139)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, pour que les choses soient bien claires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évaporation du sol disparaîtrait complètement dans un air saturé. Il en est tout autrement pour les plantes qui émettent de l’eau dans un espace plein de vapeur, à peu près comme dans un air sec. » (p. 144-145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou –le zoomorphisme, comme au siècle précédent : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les plantes vivantes évaporent à l’air comme les plantes mortes, comme la terre, comme un corps quelconque renfermant plus d’eau que l’air ambiant. Cette évaporation a lieu la nuit comme le jour, dans l’obscurité comme en pleine lumière. Son activité dépend de la température, du vent, de l’humidité de l’air, de la proportion d’eau contenue dans la plante, du degré de perméabilité de son épiderme: c’est là un fait purement physique. Par cette voie la plante perd incontestablement de l’eau pendant les jours sans pluie ; elle peut en perdre aussi pendant un certain nombre de nuits. En quelles proportions ? Nul ne le sait, parce qu’aucune tentative, croyons-nous, n’a été faite pour isoler l’une de l’autre les deux causes de consommation d’eau par les plantes. Dans les jours pluvieux, dans les nuits à rosées abondantes, la plante peut gagner au contraire si, dans le jour précédent, elle s’était suffisamment appauvrie. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’évaporation, phénomène purement physique, se joint la transpiration, phénomène physiologique de toute autre nature, ne se produisant que sous l’influence de la vie et sous l’action de la lumière, phénomène indépendant des vents et de l’état hygrométrique de l’air, et que nous ne pouvons mieux comparer qu’au phénomène de transpiration cutanée chez les animaux. Quand la sueur perle à la surface de la peau, la cause en est interne et non externe. Sans doute si l’air est sec et agité, ces gouttelettes  peuvent être emportées par évaporation à mesure qu’elles tendent à se former, tandis que dans l’air immobile ou saturé elles pourront grossir et ruisseler; mais l’excrétion de l’eau au travers des pores de l’épiderme est étrangère à l’humidité de l’air qui en change seulement l’apparence extérieure et les effets physiologiques : la sueur évaporée à mesure qu’elle est sécrétée laissant sur place les produits solides qu’elle tient en dissolution, tandis que la sueur ruisselante les emporte avec elle. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il en est ainsi pour les plantes. Par les pores de leur épiderme, ou mieux par leurs stomates, elles excrètent physiologiquement de l’eau que l’air dissout à mesure qu’elle apparaît, ou qui forme à la surface des feuilles des gouttelettes plus ou moins volumineuses, ou qui, enfin, est projetée au loin par une contraction physiologique des stomates » (p. 264-265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Postulat 2 : la transpiration des plantes est proportionnelle à leurs besoins en éléments nutritifs.&lt;br /&gt;
On savait depuis deux siècles que c’est la transpiration qui, par la succion qu’elle exerce, fait monter dans la plante la sève avec les aliments puisés dans la terre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à la question de quelle quantité d’eau les plantes ont besoin pour produire, Marié-Davy révise la littérature, à commencer par les expériences de Woodward au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle : « La quantité d’eau consommée pour produire un accroissement de 1 g dans le poids de la plante a varié de 96 à 170 suivant la nature de l’eau. L’eau de pluie a donné lieu à la dépense la plus forte, l’eau de la Tamise à la plus faible. (…) Woodward n’a fait connaître ni la composition de ses eaux, ni l’accroissement réel en poids sec des plantes soumises à l’expérience, ce poids sec pouvant être très différent du poids apparent. Il n’en est pas moins très intéressant d’entrevoir que la quantité d’eau consommée par une plante pour produire un même poids de matière organisée varie avec la richesse en principes nutritifs des eaux qui baignent les racines. » (p. 262-263)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il conclut ensuite des expériences de Guettard et Dehérain (qu’il expose en détail) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on rapproche ces divers résultats de l’action bien constatée de la lumière sur le travail d’assimilation et d’organisation des plantes, on peut en induire aisément que la transpiration est liée d’une manière intime à l’acte même du développement utile de la plante. Le végétal expulse de ses tissus l’eau qui les remplit et qui y a fait pénétrer les matières salines indispensables à leur organisation. Par là, elle rend possible l’introduction de nouvelles quantités d’eau par les racines et, en même temps, de nouvelles provisions de matières salines. L’activité de ce double mouvement est en rapport avec l’agent qui règle le travail d’organisation. Mais une condition nécessaire est que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition. » (p. 267-268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conséquence qu’il en tire est logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En réalité, la transpiration n’est pas le but du végétal; elle est un moyen employé par lui pour se procurer les substances qui lui sont indispensables pour accomplir son évolution. Suivant que l’eau aspirée par les racines sera plus ou moins chargée de ces substances, la quantité qui en sera nécessaire sera elle-même plus ou moins grande » (p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette affirmation semble largement admise à l’époque ; elle est en tous cas reprise telle quelle par Garola en 1894. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Des conséquences en cascade&lt;br /&gt;
Guettard et Dehérain avaient mesuré la transpiration d’organes végétaux placés dans une enceinte fermée en verre d’où l’évacuation de la vapeur était impossible. Le postulat de la transpiration indépendante de l’état hydrique de l’air conduit Marié-Davy à ne pas juger que cela ôtait toute signification à leurs mesures. Ce postulat était à l’époque admis par tous, même si tous ne l’explicitaient pas ; Dehérain aurait employé un autre dispositif expérimental s’il n’avait pas été une évidence pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ses propres expériences faites sur des pots isolés (sans anneau de garde), Marié-Davy conclut :&lt;br /&gt;
« Chaque tige de blé transpire pour son propre compte. A égalité de développement de la plante, à égalité aussi dans la température, dans le degré actinométrique, dans le degré d’humidité de l’air et du sol, la quantité d’eau consommée sera proportionnelle au nombre des tiges ou au rendement total. Dans les conditions de nos expériences, une récolte de 12 hectolitres par hectare aurait pris au sol une tranche d’eau de 1,13 mm seulement par jour moyen. Une récolte de 30 hl en aurait pris 2,82 mm, ce qui est le nombre donné par M. E. Risler [dans des expérimentations en plein champ]. Les expériences faites en pot peuvent sans doute conduire à des résultats en apparence étrangers aux faits de la pratique, et cela est même inévitable ; mais en allant au fond des choses, on reconnaît que les lois de la végétation n’en sont nullement changées. Ces lois peuvent donc être ainsi mises en évidence d’autant plus sûrement que l’expérimentation isole successivement et au gré de l’opérateur chacun des facteurs du problème à résoudre. Que si ensuite les résultats obtenus sont en désaccord avec la pratique, c’est qu’il est des facteurs dont on n’a pas tenu compte et qu’il faut rechercher. » (p. 272)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proportionnalité entre consommation d’eau et rendement n’ayant pas de limite, la condition exprimée ci-dessus, « que l’eau ne fasse pas défaut à la plante, qu’il s’en trouve toujours des quantités suffisantes à sa disposition »a une conséquence logique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si du poids nous passons au volume de la récolte en grain, nous trouvons que, dans les conditions de l’expérience, le blé consommerait 143 680 kg d’eau pour produire 1 hectolitre de grain du poids de 80 kg. Ce poids d’eau correspond par hectare à une tranche d’eau de 14,37 mm d’épaisseur. Une récolte de 12 hl aurait donc enlevé au sol une quantité d’eau équivalente à une tranche de 0,172 m ; une récolte de 30 hl en enlèverait 0,431 m : c’est presque la totalité d’eau qui tombe à Paris en année moyenne. Une récolte de 45 hl en exigerait, toujours dans les mêmes conditions, 0,646 m, c’est plus qu’il n’en tombe à Paris dans tout le cours d’une année humide, d’autant plus que le blé n’occupant pas la terre pendant toute l’année, il faudrait ajouter à l’eau consommée par la plante celle qui est évaporée directement par le sol cultivé et qui forme une portion notable du total des pluies. (…) il en résulterait cette conséquence très grave, que dans les environs de Paris le rendement des terres aurait une limite que les fortes fumures ne permettraient pas de dépasser » (p. 273-275). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conséquence étant choquante, Marié-Davy cherche à la nuancer par les différentes qualités de terres, d’où d’autres expériences dans des flacons de verre, et d’autres dans les cases de végétation de l’observatoire de Montsouris, d’une surface individuelle de 1 m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, d’interprétation laborieuse et dont il conclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La fertilité d’une terre n’a donc rien d’absolu ; elle change de base suivant les climats, et même d’une année à une autre, suivant la somme de lumière, de chaleur et d’eau que cette terre reçoit. La quantité d’eau nécessaire pour produire une récolte donnée n’a rien non plus d’absolu ; elle dépend de la somme de matières minérales utiles dont l’eau peut se charger. » (p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Références citées&lt;br /&gt;
*Dehérain P.P., 1873. ''Cours de chimie agricole''. Paris, Hachette, 616 p. [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28698h texte intégral] sur Gallica, &lt;br /&gt;
*Garola C.V., 1894. ''Les céréales''. Firmin-Didot, Paris, 815 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k146834t Texte intégral] sur Gallica..&lt;br /&gt;
*Guettard J.E., 1748. Mémoire sur la transpiration insensible des plantes. Mém. Acad. Royale des Sciences : 569-592.&lt;br /&gt;
Marié-Davy E.H., 1875. ''Météorologie et Physique Agricoles'' La Maison rustique, Paris, 371 p. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413514h Texte intégral] sur Gallica.&lt;br /&gt;
*Woodward J., 1699. Some Thoughts and Experiments Concerning Vegetation. ''Phil. Trans''., 1699, 21: 193-227.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>PMorlon</name></author>
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